11e Opération Rosa Mystica sur l’île de Mindanao – N° 06 : lundi 20 février 2017


Les sol­dats, au pied de la Vierge, se consacrent offi­ciel­le­ment à Notre Dame de Fatima

Après le dimanche fes­tif que nous ont pré­pa­ré les Philippins, l’effervescence reprend au gym­nase, en même temps que deux groupes vont à tour de rôle visi­ter le vil­lage musée de la tri­bu Blaan.

Imaginez une route tor­tueuse qui esca­lade la mon­tagne, entre rizières ver­doyantes et pal­miers luxu­riants. Somptueux. Dans un écrin de feuillage, le vil­lage appa­raît : quelques mai­sons mon­tées sur pilo­tis, un habi­tat très simple, et un accueil des plus cha­leu­reux. Trois femmes sont là en cos­tume tra­di­tion­nel. Après un gong, une prière et une danse rituelle, elles nous font entrer dans leur musée : quelques armes, une gui­tare oblongue, et des tis­sages faits sur place. 

Dans la mai­son sui­vante sont expo­sés leurs métiers à tis­ser, avec des femmes qui y tra­vaillent pour nous mon­trer leur fonc­tion­ne­ment : démê­lage des fils, ins­tal­la­tion dans l’ordre sur le métier, puis tis­sage lui-​même d’un joli écos­sais qui pour­rait faire concur­rence à de nom­breux tar­tans ! Après cela, il a fal­lu bien sûr faire hon­neur à la cui­sine locale, et empor­ter en cadeau ce que nous n’avions pas fini.

C’est l’heure de la classe. Nous allons ren­con­trer les enfants à l’école, pen­dant leur cours d’anglais. Cette tri­bu s’est don­né la mis­sion d’entretenir les tra­di­tions et les cou­tumes propres au peuple phi­lip­pin. Et cela passe par l’enseignement scolaire. 

Les enfants sont ravis de la diver­sion offerte par les visi­teurs, une classe nous chante ou plu­tôt nous clai­ronne un air anglais que l’oreille aver­tie d’Iris recon­naît ! Et quand elle le chante juste après, per­sonne n’a encore com­pris que c’est une reprise du chant des enfants ! Mais ils y ont mis tel­le­ment de cœur que même les plus dif­fi­ciles d’entre nous ont été attendris ! 

Pendant ce temps, le gym­nase reprend son acti­vi­té de ruche, mais le week-​end étant pas­sé, il y a moins de monde. Raphaëlle passe du temps avec un enfant de neuf ans obèse, qui fait de l’hypertension. Il est pani­qué, en larmes, elle met plus d’un quart d’heure à lui faire un simple test de gly­cé­mie. Un homme arrive avec un pied énorme : il s’est bles­sé à un cac­tus il y a un an, la plaie s’est infec­tée. Direction hôpi­tal en urgence, il ne risque rien moins que l’amputation… Les méde­cins remarquent qu’ils font ici beau­coup de soins aux­quels ils ne sont pas confron­tés en France, dans la mesure où les pro­blèmes médi­caux sont mieux pris en charge, et enrayés avant de deve­nir trop graves. 

Docteur Dickès trouve que les gens sont moins pauvres qu’il y a dix ans, quand la mis­sion avait eu lieu au même endroit. En fait, Asmah, la secré­taire du gou­ver­neur, lui explique qu’il y a dans la pro­vince de Sarangani tout un pro­gramme pour amé­lio­rer le niveau de vie. Elle s’y dévoue elle-​même beau­coup, et appré­cie d’autant plus notre mis­sion catho­lique qu’elle cor­res­pond exac­te­ment aux objec­tifs qu’elle se fixe. Elle a vu nos prêtres, assis­té à nos céré­mo­nies, et toute musul­mane qu’elle est, confie au doc­teur : « Je pense que, sans la spi­ri­tua­li­té, il ne peut y avoir de pro­grès du niveau de vie. »

Rendez-​vous main­te­nant chez notre amie Alexandra, opti­cienne, qui n’a plus l’ophtalmo avec elle depuis ven­dre­di après-​midi. Elle tra­vaille non stop, secon­dée par Raphaël et Joseph, qui ont par­fois du mal à conten­ter les patients, exi­geants sur la qua­li­té esthé­tique des lunettes. Ils veulent tous en avoir, comme si cela était un acces­soire de mode, ou peut-​être un signe exté­rieur de richesse… ? Plus de soixante paires sont dis­tri­buées chaque jour. Merci aux nom­breux dona­teurs qui nous four­nissent chaque année ! Les yeux bri­dés semblent déve­lop­per un astig­ma­tisme hori­zon­tal qui touche beau­coup de monde. 

Sinon, les pro­blèmes de vue sont cou­rants, mais ils sont trai­tés plus tard que chez nous. Un cas com­plexe : un enfant s’est fait opé­rer en 2015 d’un glau­come à chaque œil, mais l’un des deux ne s’est pas résor­bé, son œil gauche est tout bour­sou­flé et bien sûr ne voit rien. Quant au droit, il révèle une forte myo­pie. Sa vue bais­sait tel­le­ment que ses parents l’ont consi­dé­ré comme aveugle, et lui ont même appris le Braille. Et là, miracle : la fée Alexandra lui met des lunettes sur le nez, il VOIT et nomme un sty­lo, un verre, un télé­phone ! Il recon­naît des objets qu’il ne voyait plus, c’est comme un para­dis per­du auquel il peut de nou­veau accéder.

Tout le monde par­ti­cipe à ce moment de joie, c’est cela aus­si l’esprit d’entraide cha­leu­reuse qui existe à la mis­sion !

Jeanne de Vençay, envoyée spé­ciale de La Porte Latine aux Philippines

Suite des reportages de la Mission Acim Asia 2017

11° Opération Rosa Mystica sur l’île de Mindanao – N° 07 : mar­di 21 février 2017
11° Opération Rosa Mystica sur l’île de Mindanao – N° 08, fin de la mis­sion 2017

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2, route d’Equihen
62360 St-​Etienne-​du-​Mont
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ACIM-Asia / Rosa Mystica

Association d'aide médicale aux Philippines