14e Opération Rosa Mystica aux Philippines – N° 05 : jeudi 20 février 2020

Rendez-​vous à Dansuli, petit baran­guay dépen­dant de Balingasag. Après plu­sieurs indi­ca­tions contra­dic­toires don­nées par les pas­sants, nous arri­vons sur un pla­teau avec quelques habi­ta­tions, et au milieu, la cha­pelle Saint Vincent Ferrier. A perte de vue, des champs de coco­tiers, d’a­na­nas et de bana­niers, encer­clés par de hauts som­mets. Les mili­taires armés jusqu’aux dents se posi­tionnent tout autour du site ; nous com­pre­nons que les mon­tagnes alen­tour ne sont pas encore sûres, il reste des membres de la NPI (nou­velle armée du peuple) qui sont prêts à défendre l’idéal com­mu­niste contre le gouvernement.

L’installation est encore plus pré­caire que les jours pré­cé­dents : la phar­ma­cie doit s’étaler sur le côté de l’église avec quelques tables, les méde­cins et les opti­ciens sont tous dans l’église, et le coin chi­rur­gie est dans la pièce à usages mul­tiples où nous venons de prendre le petit-​déjeuner. Quant aux Soeurs, elles s’installent où elles peuvent, avec assez d’espace pour réunir les enfants. Le mot d’Alexandra : « Ah ! Enfin une vraie mission ! »

Pendant la jour­née, deux patientes âgées reçoivent l’extrême-onction. La pre­mière a fait au moins deux acci­dents vas­cu­laires céré­braux. Quand elle arrive, sa ten­sion est à 21, elle marche dif­fi­ci­le­ment, et s’évanouit devant le méde­cin. Le pro­blème est de détec­ter la cause de ses AVC : soit elle a fait une hémor­ra­gie, soit c’est un caillot de sang ; le seul médi­ca­ment que nous pour­rions lui pro­po­ser sert à flui­di­fier le sang. Mais c’est trop ris­qué puisque nous ne sommes pas sûrs. Elle reçoit donc les der­niers sacre­ments, plus ou moins consciente. Monsieur l’abbé uti­lise les moyens du bord, à savoir du cala­man­si trop sec et du pain de mie pour se puri­fier les mains… Une fois que sa ten­sion a un peu bais­sé, elle va donc ren­trer chez elle, et devra se rendre le plus rapi­de­ment pos­sible à l’hôpital.

Cette année, les méde­cins sont par­fois ennuyés de ne pas pou­voir faire plus, car cer­tains patients devraient aller en urgence à l’hôpital ; mais vu les endroits de mis­sion, et le fait que nous bou­geons chaque jour, c’est impos­sible de faire venir une ambu­lance. Alors nous pro­met­tons de payer quelques soins, mais sans être sûrs que le patient se pren­dra en main et ira de lui-​même se faire soigner. 

L’hôpital fait peur, un peu comme le prêtre : ils sont pour beau­coup les signes avant-​coureurs de la mort. C’est ain­si que mon­sieur l’abbé Peron est allé visi­ter une femme qui est venue le matin se faire soi­gner. Vu son état et son âge, le méde­cin lui a pro­po­sé de voir un prêtre, mais elle ne vou­lait pas, elle a dit qu’elle revien­drait peut-​être pour la messe quand il ferait moins chaud… 

Les dames de la Légion de Marie prennent l’affaire en main : une âme à sau­ver, elles ne vont pas la lâcher ! Elle ne veut pas venir au prêtre ? Eh bien, le prêtre vien­dra à elle ! C’est ain­si qu’elle accepte de se confes­ser, et reçoit ensuite, toute pai­sible, l’extrême-onction. Son fils est per­tur­bé : pen­dant la céré­mo­nie, il reste dehors à cou­per du bois et traire la vache. Espérons que les grâces reçues par la mère auront une influence sur le fils !

A midi, tout le monde se réunit sur le terre-​plain cen­tral avec les gens du baran­guay qui nous accueillent : ils remer­cient le doc­teur Viray, l’armée et l’ACIM Asia d’être venus jusqu’à eux, parce qu’ils sont dans la zone habi­tée la plus éloi­gnée de la ville. Nous en savons quelque chose, vu les nom­breux détours du matin sur des che­mins à peine car­ros­sables, loin de toute vie humaine… Nos deux doc­teurs remer­cient aus­si de l’accueil et rap­pellent l’aspect reli­gieux de la mis­sion : nous soi­gnons les corps, mais le but est d’élever les âmes et de les ouvrir à la misé­ri­corde de Dieu. 

Toute la jour­née, les reli­gieux s’activent auprès des patients qui attendent. Ils repartent presque tous avec le sca­pu­laire et la médaille mira­cu­leuse, et beau­coup s’engagent dans la MI. C’est impres­sion­nant de com­pa­rer leur apos­to­lat avec celui de la France : le pour­cen­tage d’acceptation est lar­ge­ment à l’inverse de chez nous. Rares sont ceux qui n’acceptent pas d’écouter les leçons de caté­chisme, d’apprendre à dire leur cha­pe­let, et de s’engager à prier plus régulièrement. 

Après, le sui­vi n’est pas facile, mais Father Tim compte bien reve­nir pour aider ses nou­velles ouailles à per­sé­vé­rer. Et puis, avec la grâce de Dieu, et vos prières, nous comp­tons sur la puis­sance de la Vierge par l’intermédiaire de sa médaille miraculeuse.

Sources : Rosa Mystica 2020 /​Jeanne de Vençay

Suite des reportages 2020

Accès au repor­tage n° 06 du ven­dre­di 21 février 2020
Accès au repor­tage n° 07 du same­di 22 février 2020

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