9e Mission médicale Rosa Mystica – Journées des 13 et 14 février 2015

13 et 14 février 2015

Ce matin, mon­sieur l’ab­bé Marcille va célé­brer la messe dans une mai­son d’ar­rêt. Nous sommes trois à l’ac­com­pa­gner, escor­tés par l’ar­mée. Après avoir quit­té la ville, la jeep com­mence à gra­vir une col­line, s’en­fonce dans la forêt, redes­cend dans une clai­rière cachée au creux d’un val­lon : nous sommes arri­vés. Un por­tail impo­sant s’ouvre pour nous livrer pas­sage. Le direc­teur nous conduit dans un petit cou­loir entou­ré de grosses grilles der­rière les­quelles attendent les déte­nus. Les femmes sont « en liber­té », mais très tristes. Les hommes, en revanche, sont enfer­més sous solide cade­nas. Tous sont curieux de ce qui va se dérou­ler devant eux. L’abbé leur explique rapi­de­ment ce qu’est la messe, et leur dit qu’ils ne pour­ront pas com­mu­nier ; le temps manque mal­heu­reu­se­ment pour faire une tour­née géné­rale de confessions. 

C’est une messe bien émou­vante à laquelle nous assis­tons alors, dans un cadre on ne peut plus dépouillé, avec des assis­tants qui n’ont sans doute pas prié depuis long­temps, mais sur qui le St-​Esprit a vou­lu, aujourd’­hui, déver­ser ses grâces. A la fin, à notre grand éton­ne­ment, beau­coup récitent avec nous un Ave Maria. 

En reve­nant, nous lon­geons la mer pour voir de près les ter­rains en recons­truc­tion depuis un an. Au moment le plus cri­tique, beau­coup de gens sans toit s’étaient regrou­pés autour de l’astrodome pour avoir un peu d’eau, d’électricité, et de nour­ri­ture. Après quelques mois, il a bien fal­lu libé­rer le ter­rain, mais pour aller où ? Personne n’avait d’argent pour recons­truire, et les lieux d’habitation n’étaient pas encore déga­gés. Les nou­velles construc­tions que nous avons vues cette semaine sont encore bien piteuses : des planches, des tôles, des poutres, tout cela sans des­sus des­sous, avec quelques vagues loge­ments entre deux tas de détri­tus. L’état de panique est pas­sé, mais pas la misère. 

Pendant que nous arpen­tons les rues, les méde­cins conti­nuent leur tra­vail. Tous les jours, toutes les heures, en soi­gnant les gens, ils constatent comme le typhon est encore pré­sent dans tous les esprits. A un moment, alors qu’une pluie dilu­vienne se met à tom­ber, l’interprète de Didier com­mence à trem­bler, à pleu­rer : elle croit revivre « Yolanda ». 

Les patho­lo­gies majeures sont aus­si en lien avec la catas­trophe, prin­ci­pa­le­ment parce que les gens se nour­rissent très mal et n’ont pas d’argent pour aller chez le méde­cin. Beaucoup ont du dia­bète dû à la famine (le pan­créas très peu sol­li­ci­té ne fonc­tionne plus nor­ma­le­ment), de l’hypertension arté­rielle à cause de l’anxiété, des lom­bal­gies dues au gros tra­vail de manu­ten­tion pour tout déblayer. On trouve aus­si des infec­tions broncho-​pulmonaires, des syn­dromes du canal car­pien (sur­tout les lavan­dières et les conduc­teurs de tri­cycles), plu­sieurs cas de tuber­cu­lose, et par­fois des can­cers multiples.

Nos méde­cins, effi­ca­ce­ment secon­dés par les infir­mières, font de leur mieux pour apai­ser les maux, trou­ver les trai­te­ments adap­tés, et redon­ner un peu d’espoir à tous ces gens délaissés. 

Jeanne de Vençay pour LPL

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9ème Mission médi­cale Rosa Mystica – Journée des 15 et 16 février 2015

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