Mindanao, Philippines, un nouveau prieuré pour les catholiques de la FSSPX

Communiqué de l’abbé Timothy PFEIFFER à l” Association « Missions » – Juillet 2011

Chers amis de MISSIONS,

C’est avec une grande joie que nous vous don­nons de bonnes nou­velles de la mis­sion FSSPX aux Philippines. Notre seul regret est d’être si peu nom­breux pour accom­plir l’énorme tâche de réta­blir la Tradition aux Philippines avec peu de talent et de sain­te­té. Mais vous êtes déjà notre conso­la­tion et notre aide, aus­si bien spi­ri­tuelle que matérielle.

Grande annonce

Les catho­liques tra­di­tion­nels de Mindanao aux Philippines ont lit­té­ra­le­ment sau­té de joie quand l’abbé Couture, supé­rieur du dis­trict FSSPX d’Asie, a annon­cé la créa­tion d’un nou­veau prieu­ré dans cette grande île du sud, dès cette année 2011.

Cette ini­tia­tive est une nou­velle étape logique dans la res­tau­ra­tion de la Tradition aux Philippines. A l’origine, les mis­sion­naires espa­gnols ont divi­sé le pays en trois zones géographiques :

- le Nord, avec Luçon et ses environs,
– le Centre, consti­tué par les Visayas,
– le Sud, consis­tant prin­ci­pa­le­ment dans l’île de Mindanao.

Puisque la FSSPX avait déjà un prieu­ré pour le Nord, à Manille, un pour le Centre, à Iloilo, il était logique d’en éta­blir un troi­sième dans la par­tie Sud des Philippines qui sou­la­ge­ra le tra­vail des deux pre­miers et per­met­tra d’atteindre de nou­veaux villages.

Un peu d’histoire

La Providence a vou­lu que la pre­mière cathé­drale du Nord ait été dédiée à Notre Dame de l’Immaculée Conception, celle du sec­teur Centre à l’Enfant Jésus, et celle de Mindanao à Saint Joseph. Il était natu­rel de choi­sir Saint Joseph comme patron du nou­veau prieu­ré. La déci­sion d’ouvrir ce prieu­ré de Davao coïn­ci­da avec la consé­cra­tion du dis­trict d’Asie de la FSSPX à Saint Joseph le 19 mars 2011. C’est le pre­mier acte de dévo­tion du dis­trict d’Asie à Saint Joseph. Nous voyons là le signe d’une assis­tance divine.

La belle île de Mindanao a été ter­ri­toire de mis­sion jusqu’aux années 1960, notam­ment pour les Columban Fathers dont le zèle apos­to­lique, mal­gré de faibles moyens, a per­mis de main­te­nir et de réani­mer la Foi par­mi cette vaste popu­la­tion catho­lique. Dans les années 1930 et 1940, quand les Columban Fathers sont venus pour la pre­mière fois à Mindanao, beau­coup de vil­lages n’avaient pas vu un prêtre depuis des années. C’étaient des tour­nées lors des fêtes de vil­lages, avec confes­sions, mariages régu­la­ri­sés, messes et bap­têmes après les messes. Ensuite, on orga­ni­sait la venue de l’évêque pour les confir­ma­tions, jusqu’à 3 000 confir­ma­tions pour un évêque en quatre jours.

Aujourd’hui le mis­sion­naire de Tradition n’est plus aus­si popu­laire et il n’y a pas de foules agi­tant des palmes à son arri­vée. Compte tenu du petit nombre de prêtres par rap­port au grand nombre de parois­siens, la solu­tion natu­relle avait été de for­mer des caté­chistes agis­sant sur place. Ce tra­vail fe for­ma­tion des caté­chistes fut fait très sérieu­se­ment et mené avec vigueur. Par exemple, l’université catho­lique d’Osamis fut à l’origine une ins­ti­tu­tion char­gée de bien for­mer un vaste corps de caté­chistes. Les mis­sion­naires, de Saint François Xavier à Mgr Lefebvre, ont tou­jours com­pris cette nécessité.

Témoignage sur le bouleversement des mentalités dans les années 1960

Puis vint Vatican II avec ses désas­treuses conséquences.

Voici quelques cita­tions tirées de « Mindanao Mission » écrit par Edward Fisher en 1978 :

« les pion­niers furent des construc­teurs d’églises et d’écoles, mais la ten­dance main­te­nant est de dépen­ser plus d’argent dans des pro­grammes d’action sociale, car les jeunes mis­sion­naires veulent voir les bonnes choses du monde de Dieu mieux dis­tri­buées. Les anciens pri­vi­lé­giaient le besoin de voca­tions, alors que les jeunes sont concer­nés par le déve­lop­pe­ment d’un apos­to­lat de laïcs. (…) Ces chan­ge­ments d’attitudes furent beau­coup dis­cu­tés à une confé­rence des évêques d’Asie, avec des prêtres, des reli­gieux et des laïcs, tenue à Hong-​Kong au prin­temps 1977. Ils dirent par exemple qu’un des pro­blèmes de l’Eglise est d’apprendre « com­ment enri­chir l’identité et la vie chré­tiennes en s’ouvrant soi-​même aux grandes reli­gions et tra­di­tions d’Asie. » (…) Le car­di­nal Béa, quand il était à la tête du Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens, au Vatican, dit en jan­vier 1964 : « la Contre-​Réforme est terminée » »

Corruption et catholicisme

Ce que disait Edward Fisher en 1978, les mis­sion­naires d’aujourd’hui en voient les fruits trop évi­dents. Le pro­tes­tan­tisme et les sectes pro­li­fèrent de telle façon que le catho­lique est prêt à les rece­voir, dans ce pays sup­po­sé être à 80% catholique.

Dans les vil­lages, il appa­raît que les catho­liques suivent sim­ple­ment la reli­gion de leur cama­rade le plus entraî­nant. Comme me l’a dit un prêtre de Manille : « le peuple suit la reli­gion basée sur leur rela­tion avec les autres. Les pro­tes­tants construisent ces rela­tions. »

La pra­tique cou­rante dans l’un de nos vil­lages est, pour le laïc mis­sion­naire de pas­sage, de lire la Bible et de dis­tri­buer la com­mu­nion tous les deux ou trois mois, sans confes­sions par conséquent.

Avec la géné­ra­li­sa­tion des ADAP (assem­blées domi­ni­cales en l’absence de prêtre), le fidèle ne sait plus s’il s’agit d’hosties consa­crées ou pseudo-« consa­crées ». Les popu­la­tions catho­liques ont ain­si du mal à dis­tin­guer ce qui est encore catho­lique de ce qui est déjà héré­tique, et conti­nuent à pas­ser sans bron­cher aux sectes pro­tes­tantes, sou­vent sans même réa­li­ser ce qu’ils sont en train de faire.

A pre­mière vue, les Philippines peuvent impres­sion­ner par leur dévo­tion catho­lique. Même à l’aéroport, Notre Dame de Fatima est hono­rée, et il n’est pas inha­bi­tuel d’y voir le peuple prier le Rosaire devant sa sta­tue. Pendant ce temps, leur pays est en che­min de mettre en place un contrôle des nais­sances mas­sif et agres­sif qui per­sé­cu­te­ra les catho­liques non coopé­ra­tifs. Le maté­ria­lisme et l’immoralité ne seront com­bat­tus que par l’enseignement de la doc­trine et du dogme.

Le nouveau prieuré, l’ACIM, et le travail de restauration :

Le tra­vail de res­tau­ra­tion via la réédu­ca­tion catho­lique com­mence avec des prêtres dans ces bas­tions de catho­li­ci­té que nous appe­lons prieu­rés. Davao est vrai­ment un bon endroit stra­té­gique, au centre du tran­sit logis­tique de l’île. Il per­met un accès aisé par bus à toute ville de Mindanao et dis­pose d’un aéro­port décent avec des vols jour­na­liers vers toutes les grandes villes des Philippines.

Le nou­veau prieu­ré est lui-​même à 3 km de ce ter­mi­nal aéro­por­tuaire. Les fidèles de nos mis­sions de Mindanao et asso­ciées repré­sentent à l’heure actuelle envi­ron 660 âmes, et il est pos­sible de dou­bler ce nombre. De plus, et c’est le plus encou­ra­geant, nous dis­po­sons de 10 prae­si­dia de la Légion de Marie et de 3 clans des Apôtres de Marie. Nos mis­sions com­prennent ce qui suit :

  • île de Bohol : 3 missions
  • île de Cebu : 1 mission
  • île de Mindanao : 5 mis­sions, dont Davao et General Santos (Gensan).

Une des grandes béné­dic­tions de notre nou­veau prieu­ré est la pré­sence à General Santos (Gensan) du Quartier Général de l’ACIM (Association Catholique des Infirmières et Médecins). Cette Association orga­nise à par­tir de son QG chaque année une mis­sion médi­cale dans les régions qui en ont le plus besoin aux Philippines.

Les tra­vaux de l’ACIM sont menés en étroite connec­tion, à la fois avec la Légion de Marie et avec les Apôtres de Marie, dans les vil­lages de Cotabato Sud et de la pro­vince de Sarangani. L’ACIM est une pré­cieuse clef de voûte d’une infra­struc­ture tra­di­tion­nelle, catho­lique et sociale, dans nos contrées. Une autre clef de voûte est la col­la­bo­ra­tion de nos prêtres avec ceux de Manille et de Iloilo pour la pré­di­ca­tion des Retraites de Saint Ignace.

Nous avons éga­le­ment pour objec­tif de refon­der à Davao les sœurs de Béthanie qui sont actuel­le­ment à Iloilo. Cela implique la dona­tion d’un ter­rain d’un hec­tare pour la construc­tion du Noviciat des sœurs oblates de la FSSPX.

Situation actuelle du prieuré et projets

Actuellement, nous amé­na­geons une mai­son située à 1,9 km du futur prieu­ré. Cette « mai­son alle­mande », alle­mande comme la natio­na­li­té de son pro­prié­taire, est d’une super­fi­cie de 544 m² sur 3 niveaux dans un ter­rain de plus de 800 m² . Nous avons trois besoins immé­diats maté­riels et un besoin per­ma­nent spirituel :

- nous devons encore payer une forte somme (envi­ron 70 000 €) pour l’achat de la propriété,
– nous devons ache­ter un véhicule,
– nous devons remo­de­ler le prieu­ré et trans­for­mer la mai­son alle­mande (10 chambres à cou­cher au lieu de 3 actuel­le­ment). Le prieu­ré aura ain­si une belle cha­pelle de 78 m². Coût esti­mé pour le § 3 : 40 000 €.

Notre besoin spi­ri­tuel et cultu­rel le plus pres­sant est de sau­ver et d’encourager les familles aux Philippines, grâce à nos Rosaires jour­na­liers et à ceux que nous disons dans le cadre de la croi­sade du Rosaire orga­ni­sée par la FSSPX. Il faut être vigi­lant, car une men­ta­li­té contra­cep­tive s’installe insidieusement.

Adios, mais auparavant « hasta luego »

Quand nos deux col­la­bo­ra­teurs, Fr Alexander Hora et Fr Joseph Pfeiffer, arri­ve­ront fin juillet 2011, l’équipe de trois prêtres du prieu­ré sera au com­plet et opé­ra­tion­nelle. Puisse Saint Joseph vous ins­pi­rer et vous conduire à nous aider, d’une façon ou d’une autre, par vos dons et par vos prières, et Dieu vous bénir,

Father J.Timothy PFEIFFER

Pour aider cette nouvelle implantation, vous pouvez envoyer vos dons à :

MISSIONS
6, parc de la Bérengère
92210 SAINT-​CLOUD missions.assoc@gmail.com

En pré­ci­sant « pour les Philippines »