Sermon de l’abbé de Cacqueray à Lourdes le lundi 27 octobre 2008


Sermon de l’abbé Régis de Cacqueray-Valménier 

I°) Notre grand combat est le combat de la Foi.

Aucun d’entre nous n’a choi­si la période au cours de laquelle il aurait à vivre sur cette terre. Si nous l’avions pu, peut-​être aurions-​nous pré­fé­ré naître en des temps plus chré­tiens, dans un monde moins vio­lem­ment oppo­sé à Notre Seigneur Jésus-​Christ. Cependant, puisque c’est à cette époque et non à une autre que nous avons été appe­lés à pas­ser nos années ter­restres, il nous faut, bien loin de gas­piller le temps qui nous est impar­ti, tra­vailler de toutes nos forces, de tout notre cœur et sans jamais nous décou­ra­ger, à notre sanc­ti­fi­ca­tion et à l’accroissement du règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans les âmes et sur les sociétés.

Mais il doit être bien clair pour nous tous qu’aucune sanc­ti­fi­ca­tion, aucune exten­sion de ce règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ sur notre âme, sur les âmes et sur les socié­tés ne peut se pro­duire si, avant toute autre chose, il n’y a pas d’abord, en nous, une aug­men­ta­tion, un accrois­se­ment de la ver­tu de Foi, c’est-à-dire une convic­tion, à la fois plus intime et plus vive, plus inté­rieure et plus forte, plus pro­fonde et plus ardente, que rien n’est pos­sible sans Notre Seigneur Jésus-​Christ, que tout devient au contraire incroya­ble­ment pos­sible, jusqu’au dépla­ce­ment des mon­tagnes, avec Lui et en Lui : « Je puis tout en Celui qui me for­ti­fie. » Phil. IV,13. De Lui seul nous espé­rons fer­me­ment le Salut. Notre Foi doit nous ame­ner à cette cer­ti­tude brû­lante qu’en nous tour­nant tou­jours plus vers Lui, nous nous trou­ve­rons désor­mais revê­tus de sa force et de ses ver­tus, et admi­ra­ble­ment aptes au grand com­bat que nous devons mener de toute notre âme si nous ne vou­lons pas périr.

C’est pour­quoi, en cette époque d’autodestruction de l’Eglise où notre Foi se trouve rui­née par l’hérésie, où notre sainte reli­gion se trouve humi­liée comme elle ne l’a jamais été, où l’Islam vic­to­rieux mul­ti­plie la construc­tion de ses mina­rets sur les sols de nos chré­tien­tés détruites, nous avons d’abord conscience que notre plus grand devoir, notre pré­oc­cu­pa­tion essen­tielle, est que ne dis­pa­raisse pas ce qu’il reste encore comme miettes de la Foi et de la Confession de la Foi en ce monde. Il ne sub­siste en effet aucune autre espé­rance que celle qui pro­vient de ces braises demeu­rées allu­mées sur le tapis des cendres du Catholicisme.

Notre com­bat, le com­bat de la Fraternité, le com­bat de la Tradition est avant tout et par-​dessus tout le com­bat de la Foi et de la confes­sion de la Foi à la face de l’Eglise. Tout ce qui a été fait par Monseigneur Lefebvre et par nos anciens ne s’explique qu’ainsi : par la Foi en Notre Seigneur Jésus-​Christ qui était la leur et qu’ils vou­laient ser­vir. Nous n’avons, aujourd’hui, aucun autre désir que celui-​là : livrer encore et tou­jours le com­bat de la Foi, lut­ter pour que la Foi ne soit pas davan­tage étouf­fée par les fumées de l’erreur, de la confu­sion des idées et de l’hérésie.

Certes, mes bien chers frères, la Foi n’est pas la plus éle­vée ni la plus sublime des ver­tus, ni celle qui demeu­re­ra jusque dans l’éternité. Ce pri­vi­lège n’appartient qu’à la Charité. Mais fuyons, comme l’une des erreurs les plus per­ni­cieuses de notre époque, l’illusion qui consis­te­rait à pen­ser que nous pour­rions atteindre le moindre degré de Charité sans la Foi, et que la Charité pour­rait gran­dir dans les cœurs comme indé­pen­dam­ment de la Foi. Ce divorce entre la Foi et la Charité, véhi­cu­lé dans beau­coup d’esprits, y fait un mal consi­dé­rable : le motif essen­tiel de la fai­blesse de notre Charité, c’est la fai­blesse de notre Foi. Plus on connaît Notre Seigneur Jésus-​Christ ‑et la Foi, c’est sub­stan­tiel­le­ment de connaître Notre Seigneur Jésus-​Christ‑, plus on l’aime ‑car la Charité, c’est, sub­stan­tiel­le­ment, d’aimer Notre Seigneur Jésus-​Christ. Pour que fleu­risse davan­tage la Charité en nous, entre nous, par­mi nous, autour de nous, pour que l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ puisse gagner dans nos âmes et dans les âmes, il faut, par-​dessus tout, que la Foi, la connais­sance pro­fonde de Notre Seigneur Jésus-​Christ, s’accroisse d’abord en nous. 

II°) Nous ne pouvons espérer préserver ce qui reste de Foi que si nous voulons en même temps la propager. 

Alors, mes bien chers frères, vous pen­sez peut-​être que notre prière et notre sup­pli­ca­tion auprès de Notre Dame de Lourdes sont donc toutes trou­vées ? Pouvons-​nous mieux faire que de lui deman­der ins­tam­ment de conti­nuer à gar­der notre Foi et de la trans­mettre au moins à nos enfants ? Nos mil­liers de cœurs sem­ble­raient n’avoir rien de mieux à faire que de s’unir entre eux, dans une immense sup­pli­ca­tion com­mune, qui ne pour­ra man­quer de tou­cher Notre Dame de Lourdes, Siège de la Miséricorde.

Mes bien chers frères, il me semble pour­tant que Notre Dame de Lourdes serait bien déçue si nous ne lui deman­dions que cela. Certes, Elle veut de tout son cœur de Mère que tous ceux qui ont gar­dé la Foi jusqu’à aujourd’hui la conservent jusqu’au bout. Mais ne veut-​Elle pas aus­si, du cœur brû­lant de son amour mater­nel, que beau­coup d’autres âmes connaissent éga­le­ment Son divin Fils, que l’Evangile soit de nou­veau répan­du jusqu’aux extré­mi­tés du monde, que de nou­velles pha­langes d’âmes géné­reuses se consacrent au ser­vice de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans la voca­tion sacer­do­tale, dans la voca­tion reli­gieuse ? Cela pour la conver­sion des hommes et des socié­tés, pour que les âmes soient pré­ser­vées du feu de l’enfer grâce au zèle que l’on met­tra à empê­cher, de ses prières, de sa péni­tence, de son exemple et de sa pré­di­ca­tion, la chute des pauvres pécheurs en enfer ?

D’ailleurs, n’en est-​il pas de la Foi comme de la flamme d’un feu ? Celle-​ci se trouve mena­cée de s’éteindre non seule­ment si elle se trouve expo­sée à des intem­pé­ries trop vio­lentes qui risquent d’avoir rai­son d’elle, mais éga­le­ment si, par un excès de pré­cau­tions, on ne lui four­nit plus assez de com­bus­tibles à brû­ler ou si on la pro­tège de l’air ambiant jusqu’à l’étouffer. Le feu ne vit que de brû­ler tout ce qu’il ren­contre et meurt lorsqu’il n’a plus rien à brûler.

Il en est bien de même de la Foi. En ce monde d’apostasie, d’impiété et de triomphe de toutes les débauches, la vraie pru­dence sur­na­tu­relle demande aux âmes de ne pas s’exposer sans avoir revê­tu cette cui­rasse des ver­tus décrite par saint Paul. Mais c’est cette même pru­dence qui leur démontre aus­si le dan­ger de mort où elles se pla­ce­raient à vou­loir se cal­feu­trer dans leurs abris, aban­don­nant le sou­ci de ceux qui errent autour d’elles. Notre propre Foi, qui comme le feu ne vit et ne s’épanouit que de conquêtes, réclame pour pou­voir conti­nuer à vivre en nous d’être trans­mise autour de nous, et ne sur­vi­vra pas à cette pusil­la­ni­mi­té et à cet égoïsme asphyxiants : ain­si, ou l’on veut com­mu­ni­quer la Foi, ou l’on risque bien de ne même plus la gar­der en soi-même.

Quel croyant, sachant en consé­quence l’inestimable tré­sor qu’il pos­sède, pour­rait conte­nir dans les étroites limites de son cœur la flamme qui s’élance déjà de lui ? C’est pour­quoi, mes bien chers frères, si nous ne vou­lons pas perdre ce qu’il nous reste de Foi, nous nous devons d’en être des bran­dons. Nous devons, avec une ardeur toute nou­velle, avec un zèle ici renou­ve­lé, retrem­pé dans la doc­trine, dans la pié­té, dans la péni­tence géné­reu­se­ment vécue, tous deman­der la grâce d’être inté­rieu­re­ment embra­sés de la connais­sance et de l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ pour inlas­sa­ble­ment le com­mu­ni­quer autour de nous, sans nous lais­ser para­ly­ser par une timi­di­té orgueilleuse et paralysante.

Nous devons défendre nos bas­tions, les bas­tions de la Foi. Nous devons en édi­fier de nou­veaux au fur et à mesure que nos forces nous le per­mettent. Et nous devons, dans la déso­la­tion, dans l’obscurité et dans les décombres de ce monde sans Dieu, deman­der la grâce de rayon­ner ce que nous sommes, car « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le bois­seau, mais on la met sur le can­dé­labre, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la mai­son. » Matth. V,15 Nous devons expri­mer Notre Seigneur Jésus-​Christ par ce que nous sommes, par le par­fum des ver­tus chré­tiennes, par l’exemple que nous don­nons, par ce je ne sais quoi qui n’est pas de la terre et qui touche et qui suf­fit à faire pen­ser au Ciel, par cette parole calme, réso­lue et ardente par laquelle nous nous trou­vons tou­jours prêts à répondre « à qui­conque vous deman­de­ra rai­son de l’ espé­rance qui est en vous. » I Pe.III, 15. N’oublions pas le grand aver­tis­se­ment que saint Paul s’adressait à lui-​même mais qui vaut pour cha­cun d’entre nous : « Malheur à moi si je n’évangélise pas. » I Cor.IX, 16 

Comment ne serions-​nous pas étreints par une immense com­pas­sion spi­ri­tuelle devant le spec­tacle de ces bre­bis sans pas­teurs, de ces foules d’âmes qui ne sont pas seule­ment bap­ti­sées, pour qui le nom de Notre Seigneur Jésus-​Christ, pro­non­cé entre celui d’Allah et du Bouddha, n’évoque plus rien ? Le temps n’est-il pas reve­nu pour qu’à l’instar des apôtres, lorsque Notre Seigneur les appe­la pour la pre­mière fois, alors qu’ils rac­com­mo­daient leurs filets sur le lac de Galilée, nous soyons prêts éga­le­ment, cha­cun selon la grâce que Dieu lui donne, à lâcher tout l’inutile de nos exis­tences pour ne plus nous consa­crer, pour ne plus nous pas­sion­ner que pour ce com­bat gigan­tesque et déci­sif du règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ, du règne du Christ-​Roi, et pas seule­ment dans les taber­nacles et dans les âmes mais éga­le­ment sur les familles, sur les pays et sur toutes les socié­tés, parce que son règne doit néces­sai­re­ment être aus­si social et politique ?

III°) Servons-​nous des instruments infaillibles donnés par la très sainte Vierge Marie à travers les siècles.

Tout au long des siècles, la très sainte Vierge Marie, sur­tout dans les moments les plus dif­fi­ciles de la vie des chré­tiens, se penche vers eux pour leur don­ner des moyens de résis­tance incom­pa­rables face aux assauts dont leur Foi se trouve mena­cée. C’est le meilleur des géné­raux qui choi­sit admi­ra­ble­ment les armes les plus adé­quates pour cha­cun de ses sol­dats, selon le ter­rain où il a à se battre, selon la grâce qui lui a été dévo­lue. Grâce à Elle, nous béné­fi­cions ain­si d’une pano­plie qui ne laisse rien à dési­rer de tout ce qui nous est sur­abon­dam­ment offert pour nour­rir et for­ti­fier notre Foi, pour entre­te­nir notre zèle et notre cha­ri­té mis­sion­naires… sinon que l’on sen serve !

Nous vou­drions citer l’arme incroyable du rosaire révé­lée par Notre Dame à saint Dominique, arme infailli­ble­ment vic­to­rieuse s’il en est. Comment en serait-​il autre­ment ? Le rosaire nous donne, si nos le vou­lons, de revivre inté­gra­le­ment, dans le cœur même de la très sainte Vierge Marie, tous les mys­tères de la vie de son divin Fils, réca­pi­tu­lée par ses soins en quinze tableaux. Comment celui qui se livre à cet exer­cice quo­ti­dien ne se remplirait-​il pas infailli­ble­ment de la vie, des ver­tus et de l’esprit de Notre Seigneur Jésus-​Christ ? Arme de la vic­toire, à la por­tée de toutes les âmes tous les jours, infaillible assi­mi­la­tion à Notre Seigneur Jésus-​Christ qui ne manque pas de se faire en nous.

Cependant, lorsque le ciel de la chré­tien­té s’obscurcit, en rai­son de la fureur des­truc­trice de la Foi qui s’emparait du cœur de Luther, la très sainte Vierge Marie vit la néces­si­té de mettre à la dis­po­si­tion des catho­liques, désor­mais enga­gés dans des com­bats tou­jours plus vio­lents, des exer­cices spi­ri­tuels d’entraînement qui leur per­met­traient de s’aguerrir suf­fi­sam­ment pour mener des com­bats plus dan­ge­reux, plus insi­dieux, plus meur­triers. Avant de les juger ou de les cri­ti­quer, com­men­çons par nous rap­pe­ler que, tout comme le rosaire, les exer­cices spi­ri­tuels de saint Ignace nous viennent aus­si de Notre Dame qui les a don­nés au fon­da­teur des jésuites. Il n’est pas trop de dire que c’est à eux que nous devons la Foi, la force et le zèle d’apôtres incom­pa­rables, clercs, reli­gieux et laïcs, chaque année sou­cieux de retrem­per leur âme dans le cœur de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Puissions-​nous, prêtres et fidèles, pro­fi­ter ce ces retraites irrem­pla­çables. Il nous faut d’autres saint Paul et nous croyons que nous ne man­que­rons pas de les obte­nir par ces retraites du triomphe de l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans les âmes. Heureux ceux qui peuvent chaque année se livrer à ces Exercices de la sainteté !

Enfin, mes bien chers frères, en ces der­niers temps où l’Eglise elle-​même est deve­nue comme défi­gu­rée et mécon­nais­sable, Notre Dame nous a offert comme ultime recours et comme ultime refuge tout ce qui lui res­tait. Comme Notre Seigneur, qui avait déjà tout don­né, a vou­lu qu’une jave­line finisse par lui ouvrir le cœur, Notre Dame a éga­le­ment vou­lu ouvrir le sien pour que nous nous y réfu­giions. Pour que, dans ce lieu de toutes les ver­tus, nous puis­sions ne pas suc­com­ber à l’infection des pas­sions mau­vaises du monde.

C’est en ce cœur que nous ne ces­se­rons jamais de trou­ver tout ce dont nous avons besoin pour demeu­rer fidèles : la Foi, l’Espérance, la Charité, l’humilité, la force, le zèle, la paix, la joie et tous les autres dons de Dieu. Que nous trou­ve­rons ou que nous retrou­ve­rons le sens de la vraie pure­té chré­tienne, grand tré­sor de l’Immaculée, qui, aujourd’hui encore, en Elle, peut être pré­ser­vée. Inspirons-​nous de ce Cœur, et nous renon­ce­rons de nous-​mêmes à tant de vani­tés et à tant de futi­li­tés, que nous évi­te­rons de nous dis­per­ser et de nous fati­guer inuti­le­ment pour ne plus nous sus­ten­ter que de la vraie nour­ri­ture et ne plus vivre que de la vraie vie. Bienheureuse pure­té chré­tienne sur laquelle les parents doivent veiller dans leur foyer et dans les cœurs de leurs enfants comme sur une perle ines­ti­mable que rien ne doit venir ter­nir. Bienheureuses mères chré­tiennes ayant sans cesse à l’esprit que c’est la véri­té de leur pure­té inté­rieure, et donc exté­rieure, qui fera celle de leurs enfants.

Mes bien chers frères, nous ne devons pas nous quit­ter sans pro­mettre à Notre Dame de Lourdes, cha­cun dans son cœur et tous ensemble, de vou­loir consti­tuer, à l’occasion de ce pèle­ri­nage, une nou­velle légion de Marie, ani­mée de ce même esprit admi­rable de Foi et de dévo­tion mariale qui jaillit en Irlande dans les années 1920, et dont il est pos­sible qu’elle aurait eu un rôle déter­mi­nant dans la recon­quête du monde entier à Notre Seigneur Jésus-​Christ, par la très sainte Vierge Marie, si elle n’avait pas été stop­pée, elle aus­si, par les menées du faux œcu­mé­nisme. Au cœur de cette messe, renou­vel­le­ment du saint Sacrifice de Notre Seigneur Jésus-​Christ sur le Calvaire, à quelques ins­tants de notre com­mu­nion, accep­tons enfin de nous conver­tir pour de bon et de nous élan­cer de Lourdes comme une armée de mis­sion­naires. Nous vous pro­met­tons, ô Notre Dame de Lourdes, de ne pas quit­ter ce sanc­tuaire sans la volon­té de ne plus être autre chose qu’une infa­ti­gable légion toute dévouée au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

Abbé Régis de CACQUERAY , Supérieur du District de France 

Ecouter le ser­mon de l’ab­bé de Cacqueray en ver­sion audio

Capucin de Morgon

Le Père Joseph fut ancien­ne­ment l’ab­bé Régis de Cacqueray-​Valménier, FSSPX. Il a été ordon­né dans la FSSPX en 1992 et a exer­cé la charge de Supérieur du District de France durant deux fois six années de 2002 à 2014. Il quitte son poste avec l’ac­cord de ses supé­rieurs le 15 août 2014 pour prendre le che­min du cloître au Couvent Saint François de Morgon.