Pèlerinage à l’Ile Madame 2004

Reportage et pho­tos du dimanche 3 octobre 2004 sur le

par Dominique Rémy

« L’Ile Madame est le sou­ve­nir de toutes ces misères avec cette grande croix de quelques 200 mètres de long, for­mée par l’ac­cu­mu­la­tion des galets dépo­sés par les pèle­rins. Galets, expres­sion sym­bo­lique de nos péchés, de nos sacri­fices et de nos prières. Galets accu­mu­lés qui montent peu à peu vers le ciel. »
« Chaque pèle­rin a ain­si été invi­té à dépo­ser son galet avec une prière dans son coeur. »

Une belle journée d’amitié chrétienne

Quelle belle jour­née de soleil en ce 3 octobre 2004 sur les côtes de la Charente-​Maritime, face à l’im­mense océan Atlantique !
On aurait pu croire à une bonne « balade de san­té » tant le pay­sage était apaisant.
Marche au milieu des marais, sur les digues nous sépa­rant de l’o­céan et sur cette plage de sable fin où s’ac­cu­mulent les traces de coquillages et d’huîtres. Nous sommes si près de Marennes.
Et pour­tant, c’est tout autre chose. Si dans les yeux nous avions ce soleil si géné­reux dans les coeurs nous sommes par­tis en marche pour quelques 17 km vers ce tom­beau de pierre des prêtres mar­tyrs de la Révolution.

Nous par­tions donc pour l’Ile Madame après rendez-​vous de départ à l’é­glise de Brouage, petit vil­lage de la com­mune de Hiers. Magnifique port qui a connu une grande pros­pé­ri­té du XIV° au XVII° siècle. C’était alors le prin­ci­pal centre pro­duc­teur et expor­ta­teur de sel du conti­nent. Richelieu en fit la base de son attaque contre La Rochelle.
Ainsi donc, c’est une ancienne place for­ti­fiée aux construc­tions mili­taires, impo­sante et harmonieuse.
L’océan ne vient plus battre les rem­parts mais les traces y sont encore visibles. Nous étions ain­si 100 au départ. Deux cha­pitres sont formés.

Cette jeunesse qui a pour tâche de relever la France

Les ban­nières cla­quaient en ce vent mati­nal, avec en tête les ban­nières et le bos­san des Cadets de France, nos scouts marins en bel uni­forme, menés par leur chef Louis de Sivry.
La ban­nière du MJCF, elle, pré­cé­dait le second cha­pitre sous l’au­to­ri­té vigi­lante de Jérôme.
Belle jeu­nesse que cette jeu­nesse de France, entou­rée aus­si des plus jeunes enfants et des parents de tout âge venant bien sûr de Notre-​Dame-​du-​Bon-​Conseil de Bordeaux, de Sainte-​Colombe de Saintes, Notre-​Dame-​de-​L’Espérance de La Rochelle.
Marche pieuse, scan­dée par le cha­pe­let médi­té et chants choi­sis sur le car­net du pèle­ri­nage de Montmartre. Nous allions vers cette croix de pierre de l’Ile Madame, seul ves­tige du mar­tyr de quelques 600 prêtres, vic­times du fana­tisme anti-​catholique de la Révolution dite Française.
Reclus sur cette bande de terre, pour la plu­part dans un hôpi­tal déla­bré où la mort dans d’hor­ribles souf­frances était iné­luc­table. Heureux témoins d’une époque de sau­va­ge­rie qui s’est ins­tal­lée par la des­truc­tion du trône et de l’au­tel pour enfan­ter une répu­blique qui vomit tou­jours cette France chré­tienne. Pèlerinage ô com­bien utile et sym­bo­lique dans cette époque où notre socié­té s’ins­talle dans l’apostasie.

Seigneur donner des prêtres, Seigneur donnez de saintes vocations religieuses !

Ces prêtres, qui ont dû tout quit­ter, leurs fidèles, leur paroisse et par­fois un confort sécu­ri­sant, sont ain­si les témoins d’une foi vive et cou­ra­geuse. Prêtres qui ont pré­fé­ré la misère et la mort plu­tôt que de renier Celui qui les cou­ron­ne­ra de gloire.
Image hideuse de l’en­fer que ces « grands anciens de la Révolution » qui se sont levés pour le soi-​disant bien du peuple. Tristes per­son­na­li­tés his­to­riques qui se sont livrées à de nom­breux crimes abo­mi­nables enfer­mant ces cen­taines de prêtres sur ces tris­te­ment célèbres pon­tons dits de Rochefort, lais­sant mou­rir à petit feu de faim, de soif et de pure misère ces clercs qui n’a­vaient com­mis qu’une seule faute devant ces impies, à savoir celle de ser­vir et d’ho­no­rer Dieu seul.
Souffrance et humi­lia­tion comme ces mariages appe­lés déri­soi­re­ment mariages répu­bli­cains, orga­ni­sés par ces tor­tion­naires, encor­dant deux à deux prêtres ou reli­gieuses et les jetant dans l’eau pour l’i­né­vi­table noyade.

« Le nou­veau prieur-​doyen d’Aquitaine, mon­sieur l’ab­bé Pierre Duverger, inau­gure son pre­mier pèle­ri­nage à l’Ile Madame. »

Ils ont été fidèles ces prêtres, jus­qu’au bout de leur enga­ge­ment, ne répon­dant aux insultes de leurs bour­reaux que par la prière, le chant des hymnes et le pardon.

L’Ile Madame est le sou­ve­nir de toutes ces misères avec cette grande croix de quelques 200 mètres de long, for­mée par l’ac­cu­mu­la­tion des galets dépo­sés par les pèle­rins. Galets, expres­sion sym­bo­lique de nos péchés, de nos sacri­fices et de nos prières. Galets accu­mu­lés qui montent peu à peu vers le ciel.

Chaque pèle­rin a ain­si été invi­té à dépo­ser son galet avec une prière dans son coeur.

La Sainte Messe, le trésor des familles catholiques

Puis nous sommes tous retour­nés au rivage, en médi­tant le che­min de croix, avant d’as­sis­ter à la Sainte Messe où nous nous retrou­vions 250 autour de l’autel.
Belle céré­mo­nie avec diacre et sous-​diacre, offi­ciée par l’ab­bé Loïc Duverger et ser­vie par les Cadets de France, si atta­chés à l’autel.
Nous n’a­vons pas man­qué, au cours de cette céré­mo­nie, comme nous y invi­tait l’ab­bé Duverger dans son ser­mon, à prier pour nos prêtres afin d’a­voir de nom­breuses voca­tions sacer­do­tales et religieuses.
C’est donc toute la sym­bo­lique de ce pèle­ri­nage car si la République laïque et franc-​maçonne dont nous déplo­rons les effets est fon­dée sur la révo­lu­tion, et cette der­nière fon­dée sur la haine de Dieu, il fau­dra pour que la France retrouve ses racines chré­tiennes que de nou­veau elle s’a­ge­nouille autour de l’autel.

Cette France chré­tienne n’a pas été facile à enfan­ter et a mis bien des siècles à se former.
Nos Francs du V° siècle n’é­taient pas tous des pre­miers prix de ver­tu. C’était pour la plu­part des guer­riers sans scru­pule, tueurs, voleurs, égor­geurs, pilleurs, et autres gracieusetés.
Mais, peu à peu, sous l’in­fluence des moines et des prêtres, les mœurs se sont réfor­mées et affi­nées pour en faire une socié­té civi­li­sée, c’est à dire catholique.
Cette socié­té s’est for­mée autour des sanc­tuaires et des cathé­drales. On ne pour­ra pas faire l’é­co­no­mie des prêtres si on veut redres­ser mora­le­ment la France. Toutes solu­tions humaines dîtes de « sagesse » seront inef­fi­caces pour enrayer cette des­cente constante de notre civi­li­sa­tion vers la barbarie.
C’est la catho­li­ci­té qui a rele­vé les peuples bar­bares. C’est la catho­li­ci­té qui devra nous sau­ver de cette pente fatale que nous vivons actuel­le­ment. Espérer une autre for­mule n’est qu’illu­sion, l’his­toire nous le démontre aisément.
Il faut que nos jeunes gens et nos jeunes filles, ceux qui ont un cœur ardent et qui ont soif d’un bel ave­nir, d’un ave­nir conqué­rant, d’un ave­nir enthou­sias­mant et géné­reux, tournent leur cœur et leur volon­té vers Dieu, prêt à un ” »Fiat » si l’ap­pel se révèle.

C’est là notre ave­nir et c’est par là que pas­se­ra le salut. Implorons avec insis­tance ces mar­tyrs de la Foi, Dieu est patient, il sau­ra nous exau­cer au temps pro­pice et, avec la grâce, à l’an pro­chain pour une nou­velle marche qui nous mène­ra bien un jour au Ciel.

Dominique REMY