Reportage du pèlerinage 2019 de Bordeaux à Notre-​Dame de Verdelais

Messe solen­nelle célé­brée par M. l’ab­bé Mérel, assis­té des abbés Coulomb et de Sainte-​Marie.

En 1099, un preux che­va­lier est pré­ser­vé mira­cu­leu­se­ment de la mort par la pro­tec­tion de la Vierge Marie, lors de la pre­mière Croisade. Le Sieur Géraud de Graves fait alors de voeu de lui consa­crer sa vie, ce qu’il fera en construi­sant un petit ermi­tage dans le bois du Luc. A sa mort, il lègue le site à l’ordre des Grandmontains qui élèvent là une cha­pelle en l’hon­neur de la Vierge Marie…

Plus de neuf cents ans plus tard, en ce 6 avril 2016, ce sont près de 80 pèle­rins qui se retrouvent au che­vet de la Cathédrale de Bordeaux, au pied de la Tour Pey-​Berland sur­mon­tée de la sta­tue de Notre-​Dame d’Aquitaine, pour se mettre en route vers ce lieu béni. Dans la pluie fine de ce matin de prin­temps, leurs chants réveillent peut-​être les bour­geois endor­mis, et amusent les fêtards pas encore cou­chés. Mais la ville avec ses arti­fices et ses bruits s’éloigne.

Et avant de se retrou­ver en pleine cam­pagne, la messe chan­tée par les sœurs de la Fraternité Saint-​Pie X dans la magni­fique église de Latresnes devant plus de 130 fidèles per­met de faire le plein de forces spi­ri­tuelles. C’est le Père Raymond O.P. qui la célèbre, venu en voi­sin de son couvent du Périgord où il s’est ins­tal­lé il y a quelques mois. Dans sa pré­di­ca­tion, il rap­pelle que « La France est le Royaume de Marie. Et le péché de la France moderne est double. Il y a en elle un péché d’origine : l’apostasie et le régi­cide – en un mot, la révo­lu­tion ; il y a en elle un péché actuel : la pré­ten­tion du peuple à la sou­ve­rai­ne­té, la mécon­nais­sance de toute auto­ri­té qui n’émane point de lui ; c’est-à-dire, l’impénitence dans le péché de révo­lu­tion. »

Si le ciel s’é­tait mon­tré humide le matin et même pen­dant le déjeu­ner (heu­reu­se­ment pas­sé au sec et au chaud dans la salle parois­siale, géné­reu­se­ment mise à dis­po­si­tion en der­nière minute…), l’après-midi per­met de sécher tout ça car les gibou­lées épargnent les pèle­rins. Qu’à cela ne tienne, des plus jeunes, lou­ve­teaux et lou­vettes, jusqu’aux anciens qui en sont à leur 29ème pèle­ri­nage, tout le monde avance en chan­tant et en priant. pour réap­prendre à ser­vir la Chrétienté ! Halte à Langoiran pour la nuit, avec une bonne soupe chaude et une sym­pa­thique veillée ani­mée avec brio par les chefs et chef­taines du . 

Le dimanche 2 avril, les rangs sont gros­sis par des ren­forts dès le matin. En effet, le Groupe Henri de la Rochejaquelein célé­brant ses 40 ans cette année, des anciens se retrouvent pour for­mer un cha­pitre. Et de nom­breux fidèles arrivent sur­tout à par­tir de la halte de midi dans le cadre magni­fique du châ­teau de Benauge. 

C’est ain­si que fidèles de Bordeaux, Vérac, Saintes et Saint-​Macaire, jeunes filles de la Société Saint-​André, Croisés de l’Eucharistie et Groupe scout se mettent en ordre de marche pour les der­niers kilo­mètres avant l’ar­ri­vée dans notre cher sanc­tuaire de Verdelais. Une délé­ga­tion des domi­ni­caines ensei­gnantes de Saint-​Macaire est pré­sente éga­le­ment, alors que les sœurs de la Fraternité Saint-​Pie X ont assu­ré, effi­ca­ce­ment et dis­crè­te­ment comme de cou­tume, la pré­pa­ra­tion de la sacris­tie et l’en­ca­dre­ment du cha­pitre de la Croisade Eucharistique.

Chaleureusement accueillis par le rec­teur du Sanctuaire, nous sommes plus de 450 fidèles à pou­voir dépo­ser aux pieds de la Vierge toutes nos inten­tions et la remer­cier pour les immenses grâces reçues. Avant la messe, Monsieur l’abbé Graff, Prieur de Bruges, renou­velle la consé­cra­tion du Prieuré et de ses fidèles au Cœur Immaculé de Marie. Puis c’est au tour des chefs du Groupe Henri de la Rochejaquelein de venir éga­le­ment renou­ve­ler la consé­cra­tion de leurs uni­tés, avant la béné­dic­tion d’une belle plaque votive qui sera fixée dans la basi­lique.
Monsieur l’abbé Mérel, aumô­nier des domi­ni­caines de Saint-​Macaire, célèbre alors la messe solen­nelle, assis­té des abbés Coulomb et de Sainte-​Marie. Ce der­nier prêche avec fougue, exhor­tant à gar­der et à trans­mettre l’amour de l’héritage de la civi­li­sa­tion chré­tienne. Notez les belles sou­ta­nelles bleu nuit des ser­vants de messe, cou­leur tra­di­tion­nel­le­ment usi­tée dans ce sanc­tuaire. Et c’est ain­si que s’a­chève avec le magni­fique chant de » l’Ave de Verdelais » notre pèle­ri­nage annuel.

Chacun repart chez soi l’âme ragaillar­die par Celle qui est invo­quée ici au titre spé­cial de « Consolatrice des affli­gés », et ne peut s’empêcher de pen­ser : « Vivement l’an prochain ! »

Sources : Prieuré Ste-​Marie de Bruges /​La Porte Latine du 24 avril 2019