Benoît XVI situe le dialogue au plan doctrinal – Zenit du 16 octobre 2009

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ROME, Jeudi 15 octobre 2009 (ZENIT.org) – Le Saint-​Siège annonce la tenue de la pre­mière ren­contre pour des entre­tiens doc­tri­naux de l’Eglise catho­lique avec la Fraternité lefeb­vriste Saint-​Pie X, à Rome, lun­di 26 octobre.

Cette ren­contre s’ins­crit dans le sillage du motu pro­prio Ecclesiae Unitatem par lequel Benoît XVI déci­dait d’ou­vrir le dia­logue au plan doc­tri­nal avec la Fraternité Saint-​Pie X.

Les membres de la Commission vati­cane « Ecclesia Dei », char­gée des rela­tions avec la Fraternité Saint-​Pie X, qui par­ti­ci­pe­ront à cette ren­contre sont le secré­taire de cette com­mis­sion, Mgr Guido Pozzo, et le secré­taire de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, Mgr Luis F. Ladaria Ferrer, s.j.

Ils seront entou­rés de trois experts consul­teurs de la Congrégation pour la doc­trine de la Foi déjà nommés :
– le P. Charles Morerod, O.P., secré­taire de la Commission théo­lo­gique internationale,
Mgr Fernando Ocáriz, vicaire géné­ral de l’Opus Dei,
– le P. Karl Josef Becker, s.j.

La ren­contre aura lieu au siège de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, le Palais du Saint-Office.

Le conte­nu des entre­tiens concer­ne­ra des ques­tions doc­tri­nales, mais il aura un carac­tère réser­vé. Cependant, un com­mu­ni­qué de presse sera publié à l’is­sue de cette pre­mière rencontre.

Le 2 juillet der­nier, le pape Benoît XVI a restruc­tu­ré la Commission Ecclesia Dei par le Motu pro­prio « L’unité de l’Eglise », dont le titre rap­pelle une des prio­ri­tés du pon­ti­fi­cat, indi­quée par le pape dès son élec­tion, en avril 2005 (cf. Zenit du 2 juillet 2009).

Il s’a­git, a sou­li­gné le pape, de « ser­vir la com­mu­nion uni­ver­selle de l’Eglise ». Le pape s’a­dres­sait spé­cia­le­ment « à tous ceux qui dési­rent vrai­ment l’unité ».

Benoît XVI avait annon­cé dès mars der­nier vou­loir rat­ta­cher la Commission pon­ti­fi­cale à la Congrégation pour la doc­trine de la foi, les ques­tions dis­pu­tées tenant avant tout à la doc­trine de l’Eglise, et non pas à la liturgie.

Le pape expli­quait aus­si que par son motu pro­prio « Summorum Pontificum », du 7 juillet 2007, sur la litur­gie, il avait vou­lu « élar­gir et mettre à jour l’in­di­ca­tion géné­rale déjà conte­nue dans le motu pro­prio Ecclesia Dei, concer­nant la pos­si­bi­li­té d’u­ti­li­ser le Missel Romain de 1962, par des normes plus pré­cises et détaillées ».

Et à pro­pos de la levée des excom­mu­ni­ca­tions de quatre évêques, en jan­vier der­nier, Benoît XVI insis­tait sur le fait qu’il a fait ce geste dans « le même esprit » et avec « le même enga­ge­ment à favo­ri­ser le dépas­se­ment de toute frac­ture ou divi­sion dans l’Eglise, et de gué­rir une bles­sure res­sen­tie de façon tou­jours plus dou­lou­reuse dans le tis­su ecclésial ».

Le pape pré­ci­sait que sa déci­sion « enten­dait enle­ver un empê­che­ment qui pou­vait nuire à l’ou­ver­ture d’une porte pour le dia­logue » et vou­lait invi­ter ces quatre évêques et la « Fraternité Saint-​Pie X » à « retrou­ver le che­min de la pleine com­mu­nion avec l’Eglise ».

Mais ce geste posé, le pape dépla­çait le débat de la « dis­ci­pline » à la « doc­trine » en disant : « Les ques­tions doc­tri­nales, évi­dem­ment, demeurent, et, tant qu’elles ne sont pas éclair­cies, la Fraternité n’a pas de sta­tut cano­nique dans l’Eglise et ses ministres ne peuvent pas exer­cer de minis­tère de façon légitime ».

Et c’est jus­te­ment pour « trai­ter ces pro­blèmes » qui sont « de nature essen­tiel­le­ment doc­tri­nale », que le pape a déci­dé de « repen­ser la struc­ture de la com­mis­sion Ecclesia Dei en la reliant étroi­te­ment à la Congrégation pour la doc­trine de la foi ».
Le pré­fet de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, le car­di­nal William J. Levada (Etats-​Unis), a alors été nom­mé par Benoît XVI pré­sident de la Commission pontificale.

Le pré­sident et le secré­taire ont charge de sou­mettre les « prin­ci­paux cas » et les « ques­tions de carac­tère doc­tri­nal » à « l’é­tude » et au « dis­cer­ne­ment » des ins­tances ordi­naires de la Congrégation pour la doc­trine de la foi » et les résul­tats seront eux-​mêmes sou­mis aux « dis­po­si­tions supé­rieures du Souverain pontife ».

Benoît XVI concluait son motu pro­prio en sou­li­gnant que ces déci­sions sont une mani­fes­ta­tion de sa « sol­li­ci­tude pater­nelle » envers la Fraternité Saint-​Pie X, pour qu’elle puisse retrou­ver « la pleine com­mu­nion avec l’Eglise ».

Le pape ache­vait sur une invi­ta­tion « pres­sante », adres­sée à tous les catho­liques, à « prier sans cesse Notre Seigneur, par l’in­ter­ces­sion de la bien­heu­reuse Vierge Marie, « ut unum sint ».

Anita S. Bourdin, In ZENIT.org du 16 octobre 2009