Tous ensemble pour le règne de Dieu

A l’is­sue de deux man­dats, l’ab­bé Régis de Cacqueray a quit­té son poste de supé­rieur du dis­trict de France de la Fraternité Saint-​Pie X, et il se trouve que j’ai été nom­mé pour le remplacer.

Je quitte donc l’Amérique du Sud dont j’é­tais jus­qu’i­ci, par la volon­té de Dieu, supé­rieur de dis­trict. Que de belles années pas­sées là-​bas, dans cet immense conti­nent ! La Tradition y a de bons bas­tions en Argentine, au Brésil, au Chili, en République domi­ni­caine et ailleurs, avec des prieu­rés bien sûr, mais aus­si de plus en plus d’é­coles. Les familles sont fer­ventes. Il y a plus de restes de chré­tien­té là-​bas qu’en Europe, même si la révo­lu­tion de Vatican II, les sectes, etc., ont fait bien des ravages. De tout ce minis­tère, je rends grâces ; je gar­de­rai un sou­ve­nir enso­leillé des prêtres du dis­trict et des fidèles !

C’est aus­si avec grande joie que je reviens en France, où j’ai pas­sé déjà de nom­breuses années. Notre beau pays est celui de saint Louis, de sainte Jeanne d’Arc, de Bossuet… et aus­si de Mgr Marcel Lefebvre ! La Fraternité y est bien implan­tée, comme nulle part ailleurs, solide, entre­pre­nante. C’est le résul­tat de la grâce de Dieu, de tout le tra­vail accom­pli par les prêtres qui se sont suc­cé­dé à la tâche dans ce mor­ceau de la « vigne du Seigneur », et de la per­sé­vé­rance des fidèles français.

Je vou­drais remer­cier l’ab­bé Régis de Cacqueray pour toute l’aide qu’il m’a appor­tée au moment de la « pas­sa­tion du témoin ». Ce n’est pas à moi de le féli­ci­ter de l’ex­cellent tra­vail qu’il a fait avec force et abné­ga­tion. Il a déci­dé d’en­trer au couvent capu­cin d’Aurenque. Que cha­cun ait à coeur de prier pour lui, comme il l’a deman­dé. Cette voca­tion est belle, exi­geante. Votre ancien supé­rieur s’é­loigne phy­si­que­ment mais reste proche de vous par la prière !

On m’a deman­dé quelles étaient mes inten­tions en pre­nant la charge du dis­trict. Je ne ferai rien d’o­ri­gi­nal, mais conti­nue­rai ce qui a été déjà fait, je mar­che­rai dans les pas de mon pré­dé­ces­seur. Pour le reste, nous ver­rons bien, au fur et à mesure. En tant que supé­rieur de dis­trict, je serai tout à votre ser­vice, mais aus­si et sur­tout à celui des prêtres qui m’ont été confiés. C’est une tâche splen­dide mais difficile.

Même si notre temps est com­pli­qué, avec cette crise dans l’Église, la socié­té qui va si mal, soyons pleins d’en­thou­siasme et de confiance en Dieu. Il nous a fait naître à notre époque. C’est donc que nous pou­vons y faire notre salut et du bien autour de nous. Pour cela, soyons bien unis dans la foi catho­lique, c’est elle qui a l’a­ve­nir devant elle, et non pas les nou­veau­tés dans la litur­gie, la révo­lu­tion du Concile, l’oe­cu­mé­nisme… Voilà ce qui nous unit, et aus­si la cha­ri­té, la cor­dia­li­té, la paix entre nous. Au tra­vail ! tra­vail de notre sanc­ti­fi­ca­tion, de l’a­pos­to­lat, du règne de Jésus-​Christ. C’est cela, avec la prière, qui nous tien­dra sou­dés et efficaces.

Nous n’a­vons pas (pas encore ?) à souf­frir ce que souffrent aujourd’­hui les chré­tiens en Irak. Ils sont per­sé­cu­tés par les musul­mans de l’État isla­mique, qui ne cessent de com­mettre des mons­truo­si­tés. Ces chré­tiens sont obli­gés, pour ne pas mou­rir, de quit­ter leur pays, la terre de leurs ancêtres, d’a­ban­don­ner leurs églises, leurs mai­sons, d’al­ler s’ins­tal­ler ailleurs, sans savoir de quoi ils pour­ront vivre… Ils pré­fèrent cela plu­tôt que de deve­nir musul­mans. Quel exemple de cou­rage pour nous !

Pour finir, chers lec­teurs de Fideliter, je me recom­mande à vos prières, dont j’au­rai tant besoin durant ce man­dat qui m’a été confié, deman­dant à Dieu et à Notre-​Dame de me don­ner force et cou­rage pour mener le beau com­bat de la foi.

Abbé Christian Bouchacourt †, Supérieur du District de France

Source : Fideliter n° 221

FSSPX Second assistant général

Né en 1959 à Strasbourg, M. l’ab­bé Bouchacourt a exer­cé son minis­tère comme curé de Saint Nicolas du Chardonnet puis supé­rieur du District d’Amérique du Sud (où il a connu le car­di­nal Bergoglio, futur pape François) et supé­rieur du District de France. Il a enfin été nom­mé Second Assistant Général lors du cha­pitre élec­tif de 2018.