Interview du cardinal Burke : Vatican II, deux formes de la messe, synode 2014, FSSPX, etc.


Note de la rédac­tion de La Porte Latine :
il est bien enten­du que les com­men­taires repris dans la presse exté­rieure à la FSSPX
ne sont en aucun cas une quel­conque adhé­sion à ce qui y est écrit par ailleurs.


Interview du car­di­nal Leo Burke (1)

Vatican II

Votre Eminence, vous avez gran­di avant le Concile Vatican II, com­ment vous souvenez-​vous de cette époque ?

- J’ai gran­di dans une très belle époque de l’Eglise, où nous étions atten­ti­ve­ment édu­qués dans la Foi, tant à la mai­son qu’à l’é­cole catho­lique, sur­tout avec le caté­chisme de Baltimore. Je me sou­viens de la grande beau­té de la Liturgie Sacrée, même dans notre petite ville rurale, avec de belles Messes. Et puis, je suis recon­nais­sant à mes parents qui m’ont soli­de­ment édu­qué à vivre comme un catho­lique. Ainsi, c’é­taient de belles années.

-Un de mes amis qui était né après le Concile disait, « Tout n’é­tait pas bon dans le vieux temps, mais tout était meilleur ». Qu’est-​ce que vous en pensez ?

- Eh bien, il nous faut vivre dans le temps que Dieu nous donne. Certes, j’ai de très bon sou­ve­nirs du temps où j’ai gran­di dans les années 1950 et début 1960. Je pense que le plus impor­tant est d’ap­pré­cier la nature consti­tu­tive de la Foi Catholique et d’ap­pré­cier la Tradition à laquelle nous appar­te­nons et par laquelle la Foi nous est parvenue.

- Est-​ce que vous avez adop­té avec enthou­siasme les grands chan­ge­ments après le Concile ?

- Ce qui s’est pro­duit peu après le Concile – à l’é­poque j’é­tais au petit sémi­naire et nous sui­vions ce qui se pas­sait au Concile – mais l’ex­pé­rience après le Concile fut si forte et en cer­tain cas si vio­lente, que je dois dire que même étant jeune je com­men­çais à me poser des ques­tions, si c’é­tait vrai­ment dans l’in­ten­tion du Concile, car j’ai vu beau­coup de belles choses qui étaient dans l’Eglise, sou­dai­ne­ment n’y être plus, et même ne plus être consi­dé­rées belles. Je pense par exemple à la grande tra­di­tion du Chant Grégorien ou à l’u­sage du Latin dans la célé­bra­tion de la Liturgie Sacrée. Et puis aus­si, natu­rel­le­ment, le soi-​disant « esprit du Vatican II » a influen­cé d’autres domaines – la vie morale par exemple, l’en­sei­gne­ment de la Foi – ensuite nous avons vu tant de prêtres aban­don­ner le sacer­doce, tant de reli­gieuses aban­don­ner la vie reli­gieuse. Il y avait donc cer­tai­ne­ment des aspects de la période post-​conciliaire aptes à sou­le­ver des questions.

-Vous avez été ordon­né prêtre en 1975. Pensiez-​vous que quelque chose dans l’Eglise avait tour­né mal ?

- Oui, je le pense. Dans une cer­taine mesure, nous avons per­du un fort sen­ti­ment du carac­tère cen­tral de la Liturgie Sacrée et donc de l’of­fice et du minis­tère sacer­do­tal dans l’Eglise. Je dois dire que j’ai été éle­vé si fer­me­ment dans la Foi, et j’a­vais une si forte conscience de la voca­tion, que je n’au­rais jamais pu refu­ser ce que Notre Seigneur deman­dait. Mais je voyais qu’il y avait quelque chose qui cer­tai­ne­ment avait tour­né mal. Comme jeune prêtre je consta­tais, par exemple, la vacui­té de la caté­chèse. Les textes caté­chis­tiques étaient si pauvres. Et puis, je consta­tais les expé­ri­men­ta­tions litur­giques – de quelques-​unes je veux juste ne pas me sou­ve­nir – la perte de la vie de dévo­tion, la fré­quen­ta­tion de la Messe du Dimanche com­men­ça à dimi­nuer constam­ment : c’é­taient tous des signes que quelque chose avait tour­né mal.

Les deux formes de la Sainte Messe

- Auriez-​vous ima­gi­né en 1975 qu’un jour vous auriez célé­bré la Messe dans le rite qui avait été aban­don­né au nom du renouvellement ?

- Non, je ne l’au­rais pas ima­gi­né. Bien que je dois dire aus­si que je le trouve très nor­mal, car c’est un rite tel­le­ment beau que le fait que l’Eglise l’ait récu­pé­ré est un signe de très bonne san­té. Mais à l’é­poque je dois dire que la réforme litur­gique en par­ti­cu­lier était très radi­cale et comme je le disais, même vio­lente, et donc la pen­sée d’une res­tau­ra­tion ne parais­sait pas pos­sible, vrai­ment. Mais grâce à Dieu elle s’est produite.

- Juridiquement, le Novus Ordo et la Messe Latine Traditionnelle sont le même rite. Est-​ce aus­si votre expé­rience réelle lorsque vous célé­brez une grand-​messe pon­ti­fi­cale dans le nou­vel et le vieil ordre ?

- Oui, je réa­lise qu’ils sont le même rite, et je crois que lorsque le soi-​disant Nouveau Rite ou la Forme Ordinaire est célé­brée avec grand soin et une forte conscience que la Sainte Liturgie est l’ac­tion de Dieu, on peut voir plus clai­re­ment l’u­ni­té des deux formes du même rite. J’espère d’ailleurs que, avec le temps, quelques élé­ments qui avaient été peu sage­ment éli­mi­nés du rite de la Messe, deve­nu à pré­sent la Forme Ordinaire, pour­ront être res­tau­rés, car la dif­fé­rence entre les deux formes est très frappante.

- Dans quel sens ?

- La riche arti­cu­la­tion de la Forme Extraordinaire, qui indique tou­jours la nature théo­cen­trique de la litur­gie, est pra­ti­que­ment réduite au mini­mum dans la Forme Ordinaire.

Le Synode de 2014

- Le Synode sur la Famille a été un choc et par­fois même un scan­dale, sur­tout pour les jeunes familles catho­liques qui sont le futur de l’Eglise. Est-​ce qu’elles ont rai­son de s’inquiéter ?

- Oui. Je pense que le rap­port qui avait été pro­duit au milieu de la ses­sion du Synode, qui s’est conclu le 18 octobre, est peut-​être le docu­ment public de l’Eglise le plus scan­da­leux que je puisse ima­gi­ner (2). Il sus­cite donc une très vive pré­oc­cu­pa­tion et il est spé­cia­le­ment impor­tant que les bonnes familles catho­liques qui vivent la beau­té du sacre­ment du mariage se consacrent de façon nou­velle à une solide vie matri­mo­niale et aus­si qu’elles uti­lisent toutes les occa­sions pour témoi­gner de la beau­té de la véri­té sur le mariage dont elles font l’ex­pé­rience tous les jours de leur vie d’époux.

- Des pré­lats de haut rang conti­nuent de don­ner l’im­pres­sion que le « pro­grès » dans l’Eglise réside dans la pro­mo­tion de l’a­gen­da gay et de l’i­déo­lo­gie du divorce. Est-​ce qu’ils pensent que ces choses appor­te­ront un nou­veau prin­temps dans l’Eglise ?

- Je ne sais pas com­ment ils pour­raient pen­ser une chose pareille, car, par exemple, le divorce – que la Constitution Pastorale sur l’Eglise Gaudium et Spes qua­li­fie de fléau de la socié­té – com­ment pourrait-​on faire la pro­mo­tion des actes homo­sexuels, qui sont intrin­sè­que­ment mau­vais – com­ment du bien pourrait-​il venir d’un des deux ? Et en effet ce à quoi nous assis­tons est que les deux consistent en la des­truc­tion de la socié­té, un effon­dre­ment de la famille, la décom­po­si­tion de la fibre de la socié­té et, évi­dem­ment, dans le cas d’actes contre nature, en la cor­rup­tion de la sexua­li­té humaine qui est essen­tiel­le­ment des­ti­née au mariage et à la pro­créa­tion des enfants.

- Croyez-​vous que le pro­blème prin­ci­pal en de vastes ter­ri­toires de l’Eglise soit le manque de familles catho­liques et sur­tout le manque d’en­fants catho­liques ? Cela n’aurait-​il pas dû être le centre d’in­té­rêt du Synode ?

- J’en suis for­te­ment per­sua­dé. L’Eglise dépend d’une solide vie fami­liale catho­lique et cela dépend de solides familles catho­liques. Je crois que là où l’Eglise souffre le plus, là aus­si le mariage et la vie fami­liale souffrent. Nous voyons que lorsque dans le mariage les couples ne sont pas géné­reux dans l’ap­port de nou­velle vie humaine dans le monde, leur propre mariage dépé­rit, ain­si que la socié­té elle-​même. Nous voyons en de nom­breux pays que la popu­la­tion locale, qui en beau­coup de cas serait chré­tienne, est en train de dis­pa­raître à cause du faible taux des nais­sances. Et dans quelques-​uns de ces endroits – par exemple où il y a aus­si une forte pré­sence d’in­di­vi­dus appar­te­nant à l’is­lam – nous voyons que la vie musul­mane prend la relève en des pays qui étaient aupa­ra­vant chrétiens.

La Fraternité Saint Pie X

- Dans de nom­breuses régions d’Europe Occidentale et des Etats-​Unis, les seules paroisses qui encore ont des enfants appar­tiennent à la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X, alors que des dio­cèses entiers sont déserts. Les évêques se rendent-​ils compte de cela ?

- J’imagine que oui. Je n’ai pas une expé­rience directe de ce que vous décri­vez. De mon temps comme évêque de La Crosse, Wisconsin et comme arche­vêque de Saint Louis, Missouri, j’ai enten­du dire cela de dio­cèses dans cer­tains pays euro­péens où les dio­cèses sont pra­ti­que­ment inca­pables de conti­nuer et où pour­tant il y a une forte pré­sence de ceux qui appar­tiennent à la Fraternité Saint-​Pie X. Je ne peux pas m’empêcher de croire que les évêques de ces lieux en prennent note et y réfléchissent.

Les jeunes catholiques

- La majo­ri­té des catho­liques pra­ti­quants dans une paroisse moyenne d’Europe Occidentale et des Etats-​Unis sont ceux qui étaient bap­ti­sés et caté­chi­sés avant le Concile. Est-​ce que l’Eglise dans ces pays vit de son passé ?

- Je pense que ma géné­ra­tion, par exemple, était bénie d’a­voir gran­di dans une époque où il y avait une forte pra­tique de la Foi catho­lique, une forte par­ti­ci­pa­tion à la Messe du Dimanche et à la Liturgie Sacrée, une forte vie de dévo­tion, un solide ensei­gne­ment de la Foi. Mais d’une cer­taine façon, je crois, mal­heu­reu­se­ment nous le tenions pour acquis et il n’y a pas eu la même atten­tion à trans­mettre la Foi comme nous la connais­sions pour la suc­ces­sion des géné­ra­tions. Maintenant je vois que beau­coup de jeunes sont affa­més et assoif­fés – et cela depuis un moment – de connaître la foi catho­lique aux racines et de vivre plu­sieurs aspects de la richesse de la tra­di­tion de la Foi. Je crois donc qu’il y a une reprise jus­te­ment de ce qui avait été per­du pen­dant un moment ou dont on ne s’é­tait plus occu­pé de façon appro­priée. Je pense qu’à pré­sent une renais­sance est en cours par­mi les jeunes Catholiques.

- Est-​ce que le Synode sur la Famille a des plans afin de pro­mou­voir le mariage et encou­ra­ger et sou­te­nir les familles avec beau­coup d’enfants ?

- Je l’es­père sin­cè­re­ment. Je ne fais pas par­tie de la direc­tion cen­trale ou des car­di­naux et évêques qui assistent dans l’or­ga­ni­sa­tion et direc­tion du Synode des Evêques. Mais cer­tai­ne­ment je l’espère.

La proposition Kasper

- Beaucoup de gens craignent que fina­le­ment le Synode uti­li­se­ra un double lan­gage. Des rai­sons « pas­to­rales » sont uti­li­sées pour chan­ger de fac­to la doc­trine. De telles craintes sont-​elles justifiées ?

- Oui, elles le sont. En effet, un des argu­ments les plus insi­dieux uti­li­sés au Synode afin de pro­mou­voir des pra­tiques contraires à la doc­trine de la Foi est celui que, « nous ne tou­chons pas à la doc­trine ; nous croyons dans le mariage comme l’Eglise y a tou­jours cru ; nous ne fai­sons que des chan­ge­ments dans la dis­ci­pline « . Mais dans l’Eglise catho­lique cela ne peut jamais être car dans l’Eglise catho­lique la dis­ci­pline est tou­jours liée direc­te­ment à l’en­sei­gne­ment. En d’autres mots : la dis­ci­pline est au ser­vice de la véri­té de la Foi, de la vie en géné­ral dans l’Eglise catho­lique. Vous ne pou­vez donc pas dire que vous chan­gez la dis­ci­pline et que cela n’a pas d’ef­fets sur la doc­trine qu’elle pro­tège, sau­ve­garde ou promeut.

- Le terme « misé­ri­corde” » est uti­li­sé pour chan­ger la doc­trine de l’Eglise et même le nou­veau Testament afin de par­don­ner le péché. Est-​ce que cet usage mal­hon­nête du terme « misé­ri­corde » a été expo­sé pen­dant le Synode ?

- Oui, il l’a été. Des Pères Synodaux ont par­lé du faux sen­ti­ment de misé­ri­corde qui ne pren­drait pas en compte la réa­li­té du péché. Je me sou­viens d’un Père Synodal disant : « Le péché n’existe-​t-​il plus ? Est-​ce que nous ne le recon­nais­sons plus ? » Je pense que c’é­tait une réponse très forte de la part de cer­tains Pères syno­daux. Le pas­teur luthé­rien alle­mand, mort pen­dant la deuxième Guerre Mondiale, Dietrich Bonhoeffer uti­li­sait une ana­lo­gie inté­res­sante. Il par­lait de grâce « coû­teuse » et de grâce « bon mar­ché ». Quand la vie de Dieu nous est don­née comme c’est le cas dans l’Eglise, cela requiert de nous une nou­velle façon de vivre, une conver­sion quo­ti­dienne au Christ, et nous connais­sons la misé­ri­corde de Dieu dans la mesure où nous y adhé­rons et nous effor­çons de nous remettre tou­jours au Christ et de vaincre nos péchés et nos faiblesses.

- Pourquoi le terme « misé­ri­corde » est-​il uti­li­sé pour les adul­tères et pas pour les pédo­philes ? En d’autres mots : Est-​ce que ce sont les médias qui décident quand l’Eglise peut uti­li­ser le mot « misé­ri­corde » et quand elle ne peut pas

- Celui-​ci est un autre point sou­le­vé au Synode. La misé­ri­corde concerne la per­sonne qui, pour une rai­son quel­conque, com­met un péché. Nous devons tou­jours sus­ci­ter en cette per­sonne le bien – en d’autres mots, appe­ler cette per­sonne à être qui il ou elle est : un fils de Dieu. Mais en même temps, on doit recon­naître les péchés, qu’il soient l’a­dul­tère ou la pédo­phi­lie, ou le vol ou le meurtre – quel qu’ils soient – comme les grands maux, comme des péchés mor­tels et donc contraires à nous. Nous ne pou­vons pas les accep­ter. La plus grande cha­ri­té, la plus grande misé­ri­corde que nous pou­vons mon­trer au pécheur est de recon­naître le mal des actes que il ou elle sont en train de com­mettre et d’ap­pe­ler cette per­sonne à la vérité.

Le pouvoir et l’autorité du Pape

- Est-​ce que nous devons tou­jours croire que la Bible est la suprême auto­ri­té dans l’Eglise et qu’elle ne peut pas être mani­pu­lée, même pas par le Pape et les évêques ?

Absolument. La parole de Jésus est la véri­té à laquelle nous sommes appe­lés à obéir et, tout pre­mier, à laquelle le Saint Père doit obéir. Pendant le Synode, il a par­fois été fait réfé­rence à la plé­ni­tude du pou­voir du Saint Père, don­nant le sen­ti­ment que le Saint Père pour­rait même, par exemple, dis­soudre un mariage valide qui a été consom­mé. Et cela n’est pas vrai. La « plé­ni­tude du pou­voir » n’est pas pou­voir abso­lu. C’est la « plé­ni­tude du pou­voir » de faire ce que le Christ nous com­mande de faire en obéis­sance à Lui. Nous sui­vons donc Notre Seigneur Jésus Christ, à com­men­cer par le Saint Père.

- Un arche­vêque a dit récem­ment : « Evidemment nous sui­vons la doc­trine de l’Eglise sur la famille. »: Et a ajou­té : « jus­qu’à ce que le Pape décide autre­ment. » Est-​ce que le Pape a le pou­voir de chan­ger la doc­trine ?

- Non, c’est impos­sible. Nous savons ce que l’en­sei­gne­ment de l’Eglise a tou­jours été. Il a été expri­mé, par exemple, par le Pape Pie XI dans sa lettre ency­clique Casti connu­bii. Il a été expri­mé par le Pape Paul VI dans Humanae vitae. Il a été expri­mé d’une façon mer­veilleuse par le Pape saint Jean-​Paul II dans Familiaris Consortio. L’enseignement est immuable. Le Saint Père donne le ser­vice de main­te­nir cet ensei­gne­ment et de le pré­sen­ter avec nou­veau­té et fraî­cheur, mais pas de le changer.

- On dit que les car­di­naux s’ha­billent en pourpre afin de repré­sen­ter le sang des mar­tyrs morts pour le Christ. A l’ex­cep­tion de John Fisher, qui fut nom­mé car­di­nal alors qu’il était déjà en pri­son, aucun car­di­nal n’est jamais mort pour la Foi. Quelle est la rai­son de cela ?

- Je ne sais pas, je ne peux pas l’ex­pli­quer. Certains car­di­naux ont cer­tai­ne­ment beau­coup souf­fert pour la Foi. Je pense au car­di­nal Midszenty (1892–1975), par exemple, en Hongrie, ou pen­sons au car­di­nal Stepinac (1898–1960) en ce qui était la Yougoslavie. Et nous pen­sons à d’autres car­di­naux en d’autres périodes de l’his­toire de l’Eglise qui ont beau­coup souf­fert pour défendre la Foi. Le mar­tyre peut prendre des formes autres que san­glante. Nous par­lons de mar­tyre rouge, mais il y a aus­si un mar­tyre blanc qui porte sur l’enseignement fidèle de la véri­té de la Foi et sa défense, peut-​être d’être envoyé en exil comme cer­tains car­di­naux l’ont été, ou souf­frir en d’autres manières. L’important pour le car­di­nal est de défendre la Foi iusque ad effu­sio­nem san­gui­nis, jus­qu’à l’ef­fu­sion du sang. Le car­di­nal doit faire tout ce qu’il peut pour défendre la Foi, même si cela signi­fie ver­ser du sang. Mais aus­si tout ce qui vient avant ça.

Les choses préférées du Cardinal Burke, ses meilleurs souvenirs, et la peur du Jugement.

- Votre Eminence, quelques obser­va­tions rapides. Qui est votre saint favori ?

- Eh bien, la Sainte Vierge est évi­dem­ment la pré­fé­rée de nous tous.

- Cela ne compte pas !

- [Rire] J’ai aus­si une grande dévo­tion pour Saint Joseph. Mais un saint qui m’a aidé beau­coup pen­dant ma vie, depuis que j’é­tais enfant et au sémi­naire, est sainte Thérèse de Lisieux, la Petite Fleur. Sa Petite Voie conti­nue d’être, pour moi, de grande aide dans ma vie spirituelle.

- Quelle est votre prière préférée ?

- Le rosaire.

- Quel est votre livre favori ?

- J’imagine que le caté­chisme ne compte pas. [Rire]

- Non, ni la Bible.

- J’aime aus­si beau­coup les écrits du Bienheureux Columba Marmion (1858–1923), les écrits spi­ri­tuels, et j’aime aus­si les écrits de l’Archevêque Fulton Sheen (1895–1979).

- Quel est votre plus grand moment comme prêtre ?

- Mon ordi­na­tion au sacer­doce. Je conti­nue d’y pen­ser et tout y était et tout s’est déployé à par­tir de là. Ce que j’ai trou­vé de plus beau dans le sacer­doce, c’est que, dans les cinq pre­mières années comme prêtre, j’ai effec­tué un ser­vice sacer­do­tal très intense dans une paroisse avec le Sacrement de la Confession, avec beau­coup de confes­sions, et la célé­bra­tion, évi­dem­ment, de la Sainte Messe, et puis l’en­sei­gne­ment de la Foi aux enfants. Ces sou­ve­nirs – et ensuite, pen­dant une brève période de trois ans j’ai ensei­gné dans un lycée catho­lique – ce sont vrai­ment les meilleurs sou­ve­nirs de mon sacerdoce.

- Avez-​vous peur du Jugement Dernier ? 

- Bien sûr que oui. On pense par exemple à toute la res­pon­sa­bi­li­té que j’ai eue, d’a­bord comme prêtre, et encore plus comme évêque et car­di­nal, et cela me porte à exa­mi­ner ma conscience. Je sais qu’il y a des choses que j’ai faites, que j’au­rais pu faire beau­coup mieux et cela me cause de la peur. Mais j’es­père que le Seigneur sera misé­ri­cor­dieux avec moi et je prie pour cela.

Merci, Votre Eminence.

Sources : bernardus-media.gloria.tv/Benoit-et-moi.fr/Wikipedia/LPL

Notes de LPL

(1) Raymond Leo Burke est né le 30 juin 1948 à Richland Center (États-​Unis). Il est ordon­né prêtre à la basi­lique Saint-​Pierre par Paul VI en 1975. Il est nom­mé rec­teur à la cathé­drale Saint-​Joseph-​Artisan de La Crosse au Wisconsin. Il enseigne la reli­gion à l’é­cole secon­daire Aquinas de cette ville. En 1989, il est nom­mé membre du Tribunal suprême de la signa­ture apos­to­lique par Jean-​Paul II. Nommé évêque de La Crosse le 10 décembre 1994, il est consa­cré à Rome, par le pape Jean-​Paul II le 6 jan­vier 1995 et ins­tal­lé en sa cathé­drale le 22 février 1995. Raymond Leo Burke a été nom­mé arche­vêque de Saint-​Louis le 2 décembre 2003 suc­cé­dant ain­si au Cardinal Justin Francis Rigali (nom­mé comme Archevêque de Philadelphie(Missouri)). Il prend ses fonc­tions lors de son ins­tal­la­tion le 26 jan­vier 2004. Il a reçu le pal­lium des mains du pape Jean-​Paul II le 29 juin 2004. Durant son minis­tère à Saint-​Louis, il a reçu deux fois le titre hono­ri­fique de doc­teur en lettres humaines, une à l’Université Ave Maria et une autre au Christendom College. Le 6 mai 2008, le Pape Benoît XVI le nomme membre de deux congré­ga­tions du Vatican : le Conseil pon­ti­fi­cal pour les textes légis­la­tifs et la Congrégation pour le cler­gé. Puis le 17 octobre 2009 il le nomme membre de la Congrégation pour les évêques. Le 27 juin 2008, Benoît XVI le nomme pré­fet du Tribunal suprême de la signa­ture apos­to­lique en rem­pla­ce­ment du car­di­nal Agostino Vallini. Il est créé car­di­nal par Benoît XVI lors du consis­toire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre de cardinal-​diacre de Sant’Agata de’Goti. Il a pris pos­ses­sion de sa dia­co­nie le 5 février 2011. Outre sa fonc­tion de pré­fet du Tribunal suprême, il est membre de la Congrégation pour le cler­gé, membre du conseil pon­ti­fi­cal pour les textes légis­la­tifs et membre de la Congrégation pour les évêques. En décembre 2013, son man­dat à la Congrégation pour les évêques n’a pas été renou­ve­lé par le Pape François. Le 9 sep­tembre 2014 il est nom­mé par le pape François « père syno­dal » pour la troi­sième assem­blée géné­rale extra­or­di­naire du synode des évêques sur la famille se dérou­lant du 5 au 19 octobre, en qua­li­té de pré­fet de la signa­ture apos­to­lique. Il est aus­si copré­sident d’un groupe de tra­vail anglo­phone. Le 8 novembre 2014 il est nom­mé par le pape François Cardinal Patronus ou patron de l’Ordre de Malte, c’est à dire repré­sen­tant offi­ciel du Saint-​Siège auprès de l’Ordre Souverain de Malte .
(2) Lire aus­si : Cardinal Burke – Le limo­geage d’un grand car­di­nal, par R. de Mattei