Le pape François promeut l’union civile entre les personnes de même sexe

Dans un film-​documentaire pro­je­té en avant-​première au Festival du film de Rome, qui se tient du 15 au 25 octobre, inti­tu­lé “Francesco”, François pro­nonce des pro­pos scan­da­leux sur l’union civile de per­sonnes de même sexe. Ces der­niers ont immé­dia­te­ment fait le tour de la planète.

Les faits

Quels sont exac­te­ment ces pro­pos et dans quel contexte ont-​ils été prononcés ?

Le docu­men­taire “Francesco” réa­li­sé par Evgeny Afineevsky, a été pré­sen­té mer­cre­di 21 octobre au Festival du ciné­ma à Rome. Le film pré­sente l’approche que le pape François adopte face aux divers pro­blèmes sociaux, ain­si que le minis­tère pas­to­ral qu’il exerce auprès de ceux qui vivent, selon ses propres mots, « à la péri­phé­rie de l’existence ».

Ce docu­men­taire contient une séquence pro­non­cée par le pape, en espa­gnol. La voi­ci telle que plu­sieurs médias la reproduisent.

Parlant de manière géné­rale, le pape dit que « les per­sonnes homo­sexuelles ont le droit de faire par­tie d’une famille ; elles sont enfants de Dieu, elles ont droit à une famille. Personne ne peut être expul­sé d’une famille, ni vivre une vie impos­sible à cause de cela. » Puis, de manière expli­cite, sur les unions homo­sexuelles, il ajoute : « Ce que nous devons faire, c’est une loi de coha­bi­ta­tion civile, ils ont le droit d’être léga­le­ment cou­verts. C’est ce que j’ai défendu. »

Comme le fait remar­quer Jean-​Marie Guénois sur Le Figaro : « Le docu­men­taire reprend de mul­tiples cita­tions du pape, mais aus­si des inter­views exclu­sives sur des sujets très variés, dont la ques­tion de l’homosexualité. Personne ne peut donc remettre en cause le fait que cette phrase a été authen­ti­que­ment pro­non­cée par François. »

Le cinéaste Afineevsky a décla­ré à la Catholic News Agency que François a émis sa décla­ra­tion sur les unions civiles dans une inter­view qu’il lui a accordée.

Valeur de cette déclaration

Il est bien évident que ces pro­pos n’ont aucune valeur offi­cielle dans ces cir­cons­tances. Mais leur reten­tis­se­ment mon­dial consti­tue un scan­dale extrê­me­ment grave.

Il faut d’abord sou­li­gner que cette posi­tion n’est pas nou­velle chez François.

En 2010, alors qu’il était arche­vêque de Buenos Aires, en Argentine, le pape François s’est oppo­sé aux efforts visant pré­ci­sé­ment à léga­li­ser le « mariage » homo­sexuel. Mais plu­sieurs témoi­gnages – dont celui de Sergio Rubin, bio­graphe du pape – sug­gèrent que dès cette époque, Bergoglio sou­te­nait l’idée d’une union pure­ment civile des homosexuels.

Dans le livre Sur la terre comme au ciel, le pape François n’a pas reje­té direc­te­ment la pos­si­bi­li­té d’unions civiles. Il décla­rait seule­ment que les lois qui rendent les rela­tions homo­sexuelles simi­laires au mariage sont « une régres­sion anthro­po­lo­gique », et il expri­mait sa pré­oc­cu­pa­tion que si les couples homo­sexuels sont auto­ri­sés à adop­ter « il pour­rait y avoir des enfants affectés ».

En 2014, dans le docu­ment pré­pa­ra­toire du synode sur la famille, François accep­tait la pos­si­bi­li­té pour l’Eglise catho­lique de recon­naître « l’amour » des couples homo­sexuels. Il s’agissait de recher­cher une pos­sible « codi­fi­ca­tion des droits qui peuvent être accor­dés aux per­sonnes vivant dans une union homo­sexuelle » selon Mgr Bruno Forte. Mais la pro­po­si­tion n’avait pas reçu un nombre suf­fi­sant de voix pour être rete­nue comme une pro­po­si­tion synodale.

En 2015, alors que les pro­jets d’union civile sont débat­tus en Italie, le père Thomas Rosica, du Bureau de presse du Saint-​Siège, sou­li­gnait que François ne com­men­tait pas le débat mais se conten­tait de mettre l’accent sur l’enseignement catho­lique au sujet du mariage.

Mgr Marcello Semeraro, à droite, lors d’un “Forum LGBT chré­tien” (sic)
Syrio, CC BY-​SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le contexte ecclésial

Le 3 juin 2003, la Congrégation pour la doc­trine de la foi avait publié des Considérations à pro­pos des pro­jets de recon­nais­sance juri­dique des unions entre per­sonnes homo­sexuelles, signées du car­di­nal Joseph Ratzinger. La conclu­sion (n° 11) dit ceci :

« L’Eglise enseigne que le res­pect envers les per­sonnes homo­sexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du com­por­te­ment homo­sexuel ou à la recon­nais­sance juri­dique des unions homo­sexuelles. Le bien com­mun exige que les lois recon­naissent, favo­risent et pro­tègent l’union matri­mo­niale comme base de la famille, cel­lule pri­mor­diale de la socié­té. Reconnaître léga­le­ment les unions homo­sexuelles ou les assi­mi­ler au mariage, signi­fie­rait non seule­ment approu­ver un com­por­te­ment déviant, et par consé­quent en faire un modèle dans la socié­té actuelle, mais aus­si mas­quer des valeurs fon­da­men­tales qui appar­tiennent au patri­moine com­mun de l’humanité. L’Eglise ne peut pas ne pas défendre de telles valeurs pour le bien des hommes et de toute la société. »

Mais le temps a pas­sé, et de dif­fé­rents hori­zons de l’Eglise, sur­gissent de nom­breuses demandes de « béné­dic­tion des unions homo­sexuelles » ou d’acceptation de la léga­li­sa­tion de ces unions. Tandis que des acro­ba­ties théo­lo­giques pré­tendent jus­ti­fier les « pas­sions d’ignominie ».

Rappelons à ce sujet le docu­ment de la Commission pour le mariage de la Conférence épis­co­pale alle­mande, du 4 décembre 2019, qui affir­mait que « l’orientation sexuelle humaine s’exprime à la puber­té et sup­pose une orien­ta­tion hété­ro­sexuelle ou homo­sexuelle [sic]. Les deux appar­tiennent aux formes nor­males de pré­dis­po­si­tion sexuelle, qui ne peuvent ou ne doivent pas être modi­fiées par une socia­li­sa­tion spé­ci­fique ». Ce qui n’est autre que la théo­rie du genre.

Le com­mu­ni­qué de la com­mis­sion conti­nue : « La ques­tion de savoir si l’interdiction de l’homosexualité par les auto­ri­tés ensei­gnantes [de l’Eglise] est tou­jours appro­priée aujourd’hui, a fait l’objet d’une controverse ».

Début octobre, un pro­fes­seur de théo­lo­gie morale ita­lien, don Aristide Fumagalli, a publié un livre au titre évo­ca­teur : L’amour pos­sible. Les per­sonnes homo­sexuelles et la morale chré­tienne. La pré­face est écrite par Mgr Marcello Semeraro, à l’époque encore évêque d’Albano et secré­taire du C6 – la com­mis­sion de car­di­naux char­gée de pré­pa­rer la réforme de la Curie. Il a été nom­mé le 15 octobre der­nier pré­fet de la Congrégation pour la cause des saints, en rem­pla­ce­ment du car­di­nal Becciu.

Dans ce livre, Fumagalli pré­tend que « la condam­na­tion des actes homo­sexuels n’envisage pas la pos­si­bi­li­té, incon­nue jusqu’à l’époque contem­po­raine, que les actes homo­sexuels cor­res­pondent à la nature de la per­sonne et expriment un amour per­son­nel ». Le théo­lo­gien ne nie pas les limites de l’amour homo­sexuel, mais il consi­dère qu’aujourd’hui « une théo­lo­gie plus atten­tive à l’histoire per­son­nelle consi­dère le che­min vers l’idéal, recon­nais­sant la gra­dua­li­té néces­saire pour le réa­li­ser et les obs­tacles pos­sibles qui le limitent ».

La ques­tion est donc la sui­vante : le pape François a‑t-​il conscience qu’il favo­rise posi­ti­ve­ment ces cou­rants qui tendent à rien moins qu’à jus­ti­fier pure­ment et sim­ple­ment un péché tou­jours condam­né par l’Eglise ? Il n’est mal­heu­reu­se­ment pas pos­sible d’éviter de répondre par l’affirmative. Ce qui consti­tue pré­ci­sé­ment un acte de scan­dale, au sens le plus fort du terme. Scandale d’autant plus reten­tis­sant et plus grave, qu’il émane du gar­dien suprême de la morale de l’Eglise.

Sources : FSSPX.Actualités (infobae/​infoCatholica/​Le Figaro)