Le synode sur la famille : une tâche qui salit l’honneur du Siège Apostolique, Mgr Schneider

Mgr Athanasius Schneider [1] revient sur le scan­da­leux Synode sur la famille avec des paroles vigou­reuses loin de la mol­lesse de ceux qui devraient être le plus en pointe et de la com­pro­mis­sion de la majo­ri­té de ses confrères dans l’épiscopat. Mgr Athanasius Schneider [2], est né le 7 avril 1961 à Tokmok en répu­blique socia­liste sovié­tique de Kirghizie, est l’évêque auxi­liaire de l’archidiocèse catho­lique d’Astana au Kazakhstan.

— Votre Excellence peut-​elle nous dire quelle est son opi­nion à pro­pos du Synode ? Quel est son mes­sage pour les familles ?

— Au cours du Synode il y a eu des moments de mani­pu­la­tion de la part de cer­tains clercs qui tiennent des positions-​clef sur la ligne édi­to­riale et dans la gou­ver­nance du synode. Le rap­port d’étape ou rela­tio post dis­cep­ta­tio­nem était de toute évi­dence un texte pré­fa­bri­qué qui ne fai­sait pas réfé­rence aux des décla­ra­tions effec­tives des pères syno­daux. Dans les para­graphes concer­nant homo­sexua­li­té, la sexua­li­té et les « divor­cés rema­riés », et leur accès aux sacre­ments, le texte est le reflet d’une idéo­lo­gie néo-​païenne radi­cale. C’est la pre­mière fois dans l’histoire de l’Eglise qu’un texte aus­si hété­ro­doxe a été publié en tant que docu­ment éma­nant d’une ren­contre offi­cielle des évêques catho­liques sous la conduite d’un pape, même si le texte n’avait qu’un carac­tère préliminaire

Grâce à Dieu, aux prières des fidèles du monde entier, un nombre impor­tant de pères syno­daux a réso­lu­ment reje­té ce pro­gramme ; ce pro­gramme qui reflète la pen­sée domi­nante cor­rom­pue et païenne de notre temps, que l’on impose au niveau glo­bal par la pres­sion poli­tique et à tra­vers les mass media offi­ciels qua­si tout-​puissants, qui sont fidèles aux prin­cipes du par­ti mon­dial de l’idéologie du genre. Un tel docu­ment syno­dal, même s’il n’est que pré­li­mi­naire, est une véri­table honte. Il donne une idée du degré d’extension de l’esprit du monde anti-​chrétien qui a déjà péné­tré à un tel niveau dans la vie de l’Eglise. Ce docu­ment res­te­ra pour les géné­ra­tions futures et pour les his­to­riens une marque noire qui a enta­ché l’honneur du siège apos­to­lique. Heureusement le Message des pères syno­daux est un véri­table docu­ment catho­lique qui expose la divine véri­té sur la famille sans se taire sur les racines plus pro­fondes des pro­blèmes, c’est-à-dire la réa­li­té du péché. Il pro­cure un vrai cou­rage et une vraie conso­la­tion aux familles catho­liques. Quelques citations :

« Pensons à la souf­france qui peut appa­raître lorsque qu’un enfant est han­di­ca­pé, lors d’une grave mala­die, lors de la dégé­né­res­cence neu­ro­lo­gique due à la vieillesse, lors de la mort d’une per­sonne chère. La fidé­li­té géné­reuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec cou­rage, foi et amour est admi­rable, lorsqu’elles les consi­dèrent non comme quelque chose qui leur a été arra­chée ou impo­sée, mais comme quelque chose qui leur a été don­né et qu’ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces per­sonnes éprou­vées le Christ souf­frant lui-​même. (…) L’amour conju­gal, unique et indis­so­luble, per­siste mal­gré les nom­breuses dif­fi­cul­tés des limites humaines, c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aus­si le plus com­mun. Cet amour se déploie au tra­vers de la fécon­di­té qui n’est pas seule­ment pro­créa­tion mais aus­si don de la vie divine dans le bap­tême, édu­ca­tion et caté­chèse des enfants. (…) Que demeure sur vous la pré­sence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. »

— Les groupes qui atten­daient un chan­ge­ment de l’enseignement de “l’Eglise en ce qui concerne les ques­tions morales (l’accès à la com­mu­nion des divor­cés rema­riés ou une quel­conque forme d’approbation à l’égard des unions homo­sexuelles) ont pro­ba­ble­ment été déçus par le conte­nu du rap­port final, la Relation syno­dii. N’y a‑t-​il pas pour­tant un dan­ger de voir l’ouverture au ques­tion­ne­ment et à la dis­cus­sion de sujets fon­da­men­taux pour l’enseignement de l’Eglise ouvrir la porte à de graves abus, et à de nou­velles ten­ta­tives de revoir cet ensei­gne­ment à l’avenir ?

— C’est un com­man­de­ment divin, dans ce cas pré­cis, le sixième com­man­de­ment sur l’absolue indis­so­lu­bi­li­té du mariage sacra­men­tel, une loi éta­blie de façon divine, qui inter­dit à ceux qui se trouvent dans un état de péché grave d’accéder à la Sainte Communion. C’est l’enseignement de saint Paul dans sa Lettre ins­pi­rée par le Saint-​Esprit (1 Cor. 11, 27–30). Cela ne peut faire l’objet d’un vote, de même que la divi­ni­té du Christ ne peut jamais être sou­mise à un vote. Une per­sonne qui se trouve encore dans les liens du mariage sacra­men­tel indis­so­luble, et qui en dépit de cela vit dans un état de coha­bi­ta­tion mari­tal stable avec une autre per­sonne, ne peut pas être admise à com­mu­nier, en rai­son de la loi divine. Dire cela consti­tue­rait une décla­ra­tion publique par l’Église légi­ti­mant de manière néfaste la néga­tion de l’indissolubilité du mariage chré­tien, révo­quant en même temps le sixième com­man­de­ment de Dieu : « Tu ne com­met­tras pas d’adultère. » Aucune ins­ti­tu­tion humaine, pas même le pape ou un Concile œcu­mé­nique, n’a auto­ri­té ou com­pé­tence pour inva­li­der, même de la manière la plus légère ou la plus indi­recte, l’un des dix com­man­de­ments divins, ou les paroles divines du Christ : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne sépare pas. »

En dépit de cette véri­té lim­pide qui a été ensei­gnée de manière constante et inva­riable – parce que non modi­fiable – à tra­vers les âges par le magis­tère de l’Église jusqu’à nos jours, par exemple dans Familiaris consor­tio de saint Jean-​Paul II, dans le Catéchisme de l’Église catho­lique et par le pape Benoît XVI, la ques­tion de l’admission à la Sainte Communion de ce que l’on appelle les « divor­cés rema­riés » a été mise au vote au synode. Ce fait est en lui-​même déplo­rable et reflète une atti­tude d’arrogance clé­ri­cale envers la divine véri­té de la Parole de Dieu. La ten­ta­tive de mettre la divine Vérité et la divine Parole au vote n’est pas digne de ceux qui, en tant que repré­sen­tant du Magistère, ont le devoir de trans­mettre avec zèle le dépôt divin, en ser­vi­teurs bons et fidèles (cf Math 24, 45). En admet­tant les divor­cés rema­riés à la Sainte Communion ces évêques éta­blissent une tra­di­tion nou­velle, fruit de leur propre vou­loir, et ils trans­gressent ain­si le com­man­de­ment de Dieu, ce pour quoi le Christ accu­sa jadis les Pharisiens et les scribes.

Encore plus grave est le fait que ces évêques tentent de jus­ti­fier leur infi­dé­li­té à la parole du Christ au moyen d’arguments de nécés­si­té pas­to­rale, de misé­ri­corde, d’ouverture à l’Esprit Saint. En outre ils ne craignent pas de per­ver­tir sans scru­pule, à la manière gnos­tique, le sens véri­table de ces mots, tout en pré­sen­tant ceux qui s’opposent à eux comme rigides, scru­pu­leux ou tra­di­tio­na­listes. Au cours de la grande crise arienne du IVe siècle, les défen­seurs de la divi­ni­té du Fils de Dieu était aus­si taxés d’intransigeance et de tra­di­tio­na­lisme. Saint Athanase a même été excom­mu­nié par le pape Libère ; le pape a jus­ti­fié cela en arguant qu’Athanase n’était pas en com­mu­nion avec les évêques orien­taux qui pour la plu­part étaient héré­tique ou semi-​hérétiques. Saint Basile le Grand decla­rait alors : « Aujourd’hui seul un péché est sévè­re­ment puni : l’observance atten­tive des tra­di­tions de nos pères. Pour cette rai­son les bons sont ren­voyés de chez eux et ame­nés au désert. »

En réa­li­té les évêques favo­rables à la com­mu­nion pour les divor­cés rema­riés sont les nou­veaux Pharisien et les scribes, parce qu’ils font fi du com­man­de­ment de Dieu. par­ti­ci­pant au fait que du corps et du cœur des « divor­cés rema­riés » les adul­tères conti­nue de pro­cé­der (Matth 15,19), parce qu’ils recherchent une solu­tion exté­rieu­re­ment propre, et qu’ils veulent être « propres » éga­le­ment aux yeux de ceux qui ont le pou­voir : les médias, l’opinion publique. Mais lorsqu’il paraî­tront devant le tri­bu­nal du Christ, ils enten­dront sûre­ment, avec un grand désar­roi, ces paroles du Christ : « Au méchant aus­si, Dieu s’adresse : « Pourquoi rabâches-​tu mes lois ? Tu as mon alliance à la bouche, mais tu détestes l’instruction et tu rejettes mes paroles au loin, der­rière toi. A peine as-​tu vu un voleur, tu deviens son com­plice, et puis, tu fais cause com­mune avec les adul­tères. » » (Ps 50, 16–18).

Le rap­port final du Synode conserve aus­si mal­heu­reu­se­ment le para­graphe à pro­pos de la com­mu­nion pour les « divor­cé rema­riés ». Bien qu’il n’ait pas atteint les deux tiers des voix requis, demeure le fait inquié­tant et éton­nant que la majo­ri­té abso­lue des évêques pré­sents a voté en faveur de la com­mu­nion pour les divor­cés rema­riés, triste reflet de la qua­li­té spi­ri­tuelle de l’épiscopat catho­lique de nos jours. Il est triste en outre que ce para­graphe, qui n’a pas obte­nu l’approbation requise de la majo­ri­té qua­li­fiée, n’en demeure pas moins dans le rap­port final et qu’il sera envoyé à tous les dio­cèses en vue de dis­cus­sions sup­plé­men­taires. Cela ne fera qu’accroître la confu­sion doc­tri­nale par­mi les prêtres et les fidèles, l’idée sera dans l’air que les com­man­de­ments divins et les paroles divines du Christ, ain­si que ceux de l’apôtre Paul, sont sus­cep­tibles de modi­fi­ca­tion par des groupes de déci­sion humains.

Un car­di­nal qui a ouver­te­ment et for­te­ment sou­te­nu l’idée de la com­mu­nion pour les « divor­cés rema­riés », et même les décla­ra­tions hon­teuses sur les « couples » homo­sexuels dans le rap­port d’étape, était mécon­tents du rap­port final ; il a décla­ré avec impu­dence que « le verre est à moi­tié plein ». Pour conti­nuer l’analogie il a décla­ré qu’il fal­lait tra­vailler afin que l’année pro­chaine lors du Synode, il soit plein. Nous devons croire fer­me­ment que Dieu dis­si­pe­ra ces mal­hon­nêtes, d’infidélité et de tra­hi­son. Le Christ garde infailli­ble­ment la barre du navire de son Eglise au milieu d’une telle tem­pête. Nous croyons et nous met­tons notre confiance dans le véri­table chef de l’église, Notre Seigneur Jésus-​Christ, qui est la Vérité.

— Nous vivons actuel­le­ment un paroxysme d’attaques contre la famille : une attaque accom­pa­gnée d’une confu­sion ter­rible par rap­port à l’humain et à l’identité humaine. Malheureusement cer­tains membres de l’Église catho­lique, en par­lant de ces sujets, expriment des opi­nions qui contre­disent l’enseignement de Notre Seigneur. Comment devons-​nous par­ler aux per­sonnes qui sont vic­times de cette confu­sion, pour raf­fer­mir leur foi et les aider sur le che­min vers la Rédemption ?

— En ces temps extra­or­di­nai­re­ment dif­fi­ciles le Christ puri­fie notre foi catho­lique pour qu’à tra­vers cette épreuve, l’Eglise finisse par briller davan­tage et devienne réel­le­ment sel et lumière pour ce monde néo-​païen insi­pide, grâce à la fidé­li­té et à la fois simple et pure des fidèles, des petits de l’Église, de l’ecclesia doc­ta, l’Église ensei­gnée, qui en nos jour don­ne­ra force à l’ecclesia docens, l’Eglise ensei­gnante, le Magistère, ain­si que cela s’est pro­duit lors de la grande crise de la foi au IVe siècle.

[Mgr Schneider cite ici un long pas­sage de Les ariens du 4e siècle du Cardinal Newman sur le rôle des petits et des humbles pour la sau­ve­garde de la foi : « L’époque des doc­teurs de l’Eglise, repré­sen­tés par les saints Athanase, Hilaire…, Augustin, qui auraient failli sans eux » : « Et pour­tant, au cours de cette même époque, ce sont les fidèles bien plus que l’Episcopat qui ont pro­cla­mé et pré­ser­vé la tra­di­tion divine confiée à l’Eglise infaillible. » « Pendant cette époque d’intense confu­sion, le dogme divin de la divi­ni­té de Notre Seigneur était pro­cla­mé, res­pec­té, main­te­nu, et (humai­ne­ment par­lant) davan­tage pré­ser­vé par l’Ecclesia doc­ta que par l’Ecclesia docens. »]

Nous devons encou­ra­ger les catho­liques de ordi­naires à res­ter fidèles au caté­chisme qu’ils ont appris, à être fidèle aux claires paroles du Christ dans l’Évangile, à être fidèles à la foi qui leur a été trans­mise par leurs pères et leurs aïeux. Nous devons orga­ni­ser des cercles d’études et de confé­rences sur l’enseignement constant de l’Eglise sur la ques­tion du mariage et de la chas­te­té, en y invi­tant spé­cia­le­ment les jeunes et les couples mariés. Nous devons mon­trer la beau­té même d’une vie chaste, la beau­té même du mariage chré­tien et de la famille, la grande valeur de la Croix et du sacri­fice dans nos vies. Nous devons pré­sen­ter tou­jours davan­tage les exemples des saints et des per­sonnes exem­plaires qui ont mon­tré qu’ayant pour­tant souf­fert les mêmes ten­ta­tion de la chair, et subi la même hos­ti­li­té et la même déri­sion de la part du monde païen, ils ont vécu avec la grâce du Christ une vie de joie dans la chas­te­té, au sein du mariage chré­tien et de la famille. La foi, la foi pure et inté­grale catho­lique et apos­to­lique vain­cra le monde.

Nous devons fon­der et pro­mou­voir des groupes de jeunes au cœur pur, des groupes de familles, des groupes d’époux catho­liques, qui s’engageront à res­ter fidèle à leurs vœux matri­mo­niaux. Nous devons orga­ni­ser des groupes qui aide­ront mora­le­ment et maté­riel­le­ment les famille bri­sées, les mères seules ; des groupes qui assis­te­ront, par la prière et par les bons conseils, les couples sépa­rés ; des groupes de per­sonnes qui aide­ront les « divor­cés rema­riés » à enta­mer un pro­ces­sus de conver­sion sérieuse, en recon­nais­sant avec humi­li­té leur situa­tion de péché qui viole le com­man­de­ment de Dieu et la sain­te­té du sacre­ment de mariage. Nous devons créer des groupes qui aide­ront avec pru­dence les per­sonnes ayant des ten­dances homo­sexuelles afin de les faire entrer sur le che­min de la conver­sion chré­tienne, ce che­min beau et joyeux d’une vie chaste, et pour leur pro­po­ser éven­tuel­le­ment, de manière déli­cate, une aide psy­cho­lo­gique. Nous devons mon­trer et prê­cher à nos contem­po­rains de ce monde néo-​païen le pou­voir libé­ra­teur de la bonne nou­velle de l’enseignement du Christ : que le com­man­de­ment de Dieu, y com­pris le sixième com­man­de­ment, est sagesse et beau­té. « La Loi de Dieu est par­faite, elle nous redonne vie. Toutes ses affir­ma­tions sont dignes de confiance. Aux gens sans détour elle donne la sagesse. Justes sont ses exi­gences, elles font la joie du cœur ; et ses ordres, si lim­pides, donnent du dis­cer­ne­ment. » (PS 19, 7–8.)

— Au cours du Synode, Mgr Gądecki, arche­vêque de Poznan, et d’autres dis­tin­gués pré­lats ont publi­que­ment expri­mé leur désac­cord avec le fait que les résul­tats des dis­cus­sions s’éloignaient de l’enseignement constant de l’Eglise. Existe-​t-​il un espoir qu’au milieu de cette confu­sion, il y ait un réveil des membres du cler­gé et des fidèles qui igno­raient jusqu’ici qu’au sein même de l’Eglise il y a des per­sonnes qui sapent l’enseignement de notre Seigneur ?

— Il est cer­tai­ne­ment tout à l’honneur du catho­li­cisme polo­nais que le pré­sident de la Conférence épis­co­pale, Son Excellence, Mgr Gądecki, ait défen­du avec clar­té et cou­rage la véri­té du Christ sur le mariage et la sexua­li­té humaine, se montre ain­si un vrai fils spi­ri­tuel de « saint » [3] Jean-​Paul II.

Le car­di­nal Georges Pell a bien décrit le pro­gramme sexuel libé­ral et le sou­tien pré­ten­du­ment misé­ri­cor­dieux et pas­to­ral à la com­mu­nion pour les divor­cés rema­riés que l’on a vu au cours du Synode, disant que il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg et d’une sorte de che­val de Troie dans l’Eglise. Qu’au sein même de l’Eglise, il existe des per­sonnes qui sapent l’enseignement de Notre Seigneur est deve­nu un fait visible pour le monde entier, grâce à Internet et au tra­vail de cer­tains jour­na­listes catho­liques qui n’était pas indif­fé­rents à ce qui se arri­vait à la foi catho­lique qu’ils consi­dèrent comme le tré­sor du Christ. J’ai été heu­reux de voir que cer­tains jour­na­listes catho­liques et blog­gueurs se sont com­por­tés en bons sol­dats du Christ en atti­rant l’attention sur ce pro­gramme clé­ri­cal de sape de l’enseignement pérenne de Notre Seigneur.

Les car­di­naux, les évêques, les prêtres, les familles catho­liques, les jeunes catho­liques doivent se dire : « Je refuse de me confor­mer à l’esprit néo-​païen de ce monde, même lorsque cet esprit est répan­du par cer­tains évêques et cer­tains car­di­naux, je n’accepterai pas leur uti­li­sa­tion fal­la­cieuse et per­verse de la sainte misé­ri­corde divine et d’une « nou­velle Pentecôte », je refuse de jeter des grains d’encens devant la sta­tue de l’idole de l’idéologie du genre, devant l’idole du rema­riage, du concu­bi­nage, même si mon évêque devait le faire, je ne lefe­rai pas ; avec la grâce de Dieu je choi­si­rai de souf­frir plu­tôt que de tra­hir l’entière véri­té du Christ sur la sexua­li­té humaine et sur le mariage. »

Ce sont les témoins qui convain­cront le monde, et non les pro­fes­seurs, a dit le « bien­heu­reux » [4] Paul VI dans Evangelii nun­tian­di. L’Eglise et le monde ont vrai­ment besoin de témoins intré­pides et sin­cère de la véri­té inté­grale du com­man­de­ment et de la volon­té de Dieu, de la véri­té inté­grale des paroles du Christ sur le mariage. Les Pharisiens et les scribes clé­ri­caux modernes, ces évêque et ces car­di­naux qui jettent des grains d’encens devant les idoles néo-​païennes de l’idéologie du genre et du concu­bi­nage, ne per­sua­de­ront per­sonne à croire au Christ ou à être prêts à offrir leur vie pour le Christ. En véri­té, « veri­tas Domini manet in aeter­num » (Ps 116, la véri­té du Seigneur demeure pour tou­jours), « le Christ est le même hier aujourd’hui et pour tou­jours » (Héb 13,8), et « la véri­té vous ren­dra libres » (Jn 8, 32). Cette der­nière phrase était l’une des cita­tions de la Bible pré­fé­rées de saint Jean)-Paul II, le pape de la famille. Nous pou­vons ajou­ter : la véri­té divine révé­lée et trans­mise sans chan­ge­ment sur la sexua­li­té humaine et le mariage appor­te­ra la vraie liber­té aux âmes, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. Au milieu de la crise de l’Eglise et du mau­vais exemple moral et doc­tri­nal de cer­tains évêques de son temps, saint Augustin récon­for­tait les simples fidèles avec ces paroles de : « Quels que nous soyons, nous évêques, vous êtes en sécu­ri­té, vous qui avez Dieu pour père et son Eglise pour mère » (Contra lit­te­ras Petiliani III, 9–10).

Entretien recueilli par Izabella Parowicz

Sources : Entretien accor­dé par Mgr Athanasius Schneider à Polonia Christiana [5]/​Traduction BlogJeanneSmits

Notes de bas de page

  1. Annonce d’une pos­sible scis­sion dans l’Eglise : Mgr Athanasius Schneider – 30 mai 2014[]
  2. Mgr Athanasius Schneider demande un Syllabus sur le Concile Vatican II – 17 déc. 2010[]
  3. NDLT de LPL : nous met­tons sys­té­ma­ti­que­ment des guille­mets pour ces nou­veaux « saints ou ces nou­veaux « béa­ti­fiés ». []
  4. Ibid[]
  5. Magazine polo­nais. Texte ori­gi­nal[]