Lettre sur les vocations n° 13 d’avril 2005 – Imitez le sacrifice que vous offrez

Pour l’é­veil des voca­tions sacer­do­tales dans le coeur des petits gar­çons ou des ado­les­cents, il est de la plus haute impor­tance que les gran­deurs du sacer­doce soient suf­fi­sam­ment connues du peuple catho­lique. Sans doute, l’exemple don­né par de bons prêtres est éga­le­ment déter­mi­nant mais nous esti­mons encore plus néces­saire que l’i­dée du sacer­doce soit com­prise et esti­mée par les parents qui sau­ront alors par­ler des prêtres à leurs enfants avec un res­pect et une véné­ra­tion que rien ne sau­rait émouvoir.

C’est cer­tai­ne­ment l’une des mis­sions les plus éle­vées de la Fraternité Saint-​Pie X, dans cette crise ter­rible où le sacer­doce catho­lique s’est trou­vé tel­le­ment dépré­cié et vili­pen­dé, que de devoir en rap­pe­ler les traits véri­tables. Nous ne pou­vons mieux le faire qu’en conviant nos chers croi­sés et nos chers fidèles à médi­ter avec nous les textes splen­dides que la litur­gie du Pontifical Romain uti­lise pour l’or­di­na­tion des prêtres. Y est expri­mée une théo­lo­gie si pré­cise du sacer­doce, des fonc­tions que doit rem­plir le prêtre et des ver­tus qui doivent l’a­ni­mer, que sa seule médi­ta­tion pour­rait suf­fire à toute son exis­tence pour ali­men­ter sa vie de prière.

Permettez-​moi d’ex­traire, par exemple, de la Monition que le Pontife adresse aux ordi­nands, ces trois mots sculp­tés par la conci­sion latine comme une devise pour les prêtres :

« Imitamini quod trac­ta­tis » (Imitez le sacri­fice que vous offrez).

Il ne s’a­git pas d’un conseil mais d’un ordre que les prêtres reçoivent de leur évêque au jour de leur ordi­na­tion. Ils doivent – et ce sera la grande oeuvre admi­rable de toute leur vie – faire de leur messe de chaque jour le cours de leur exis­tence et consi­dé­rer tous les autres actes minis­té­riels de leur quo­ti­dien comme devant être accom­plis sur le modèle de la messe offerte.

Tout homme aspire à trou­ver dans son exis­tence quelque prin­cipe d’u­ni­té. Nul ne s’é­ton­ne­ra que, dans la vie du prêtre, la messe – parce qu’elle est l’acte le plus sublime qu’il pose – devienne ce prin­cipe et qu’il ne puisse en trou­ver hors d’elle. Il s’a­git donc, très sim­ple­ment, au fur et à mesure que les messes se suc­cèdent, de se lais­ser enva­hir et sub­mer­ger par l’es­prit du sacri­fice qui a été offert sur l’au­tel, qu’il pénètre au plus pro­fond de l’âme du prêtre de telle manière qu’il l’ins­pire dans tout son apostolat.

De même que Notre-​Seigneur a souf­fert et est mort en s’of­frant à son Père pour l’ex­pia­tion de nos péchés et pour nous rache­ter de l’es­cla­vage de l’en­fer, ain­si le prêtre – alter Christus – se trouve au coeur de sa voca­tion lors­qu’il com­prend que chaque ins­tant de son exis­tence lui per­met à son tour de se don­ner à Dieu et aux âmes, de se livrer au bon plai­sir de la Sainte Trinité pour leur salut.

« Et je vis, non ce n’est plus moi, mais c’est le Christ qui vit en moi, et si je vis main­te­nant dans la chair, je vis dans la Foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré Lui-​même pour moi » (Ga 2, 20).

Le sacer­doce est une inven­tion tel­le­ment sublime qu’il n’y a qu’un Dieu pour avoir pu l’i­ma­gi­ner. Et l’on pour­rait sans doute régé­né­rer pro­fon­dé­ment une socié­té chré­tienne rien qu’à lui mon­trer l’a­mour qui doit exis­ter en Dieu pour avoir conçu cette mer­veille. Or, puisque les coups de bou­toir se sont prin­ci­pa­le­ment achar­nés sur la messe et le sacer­doce, n’y a‑t-​il pas comme une invite pro­vi­den­tielle à devoir recons­truire par­là ? Je crois que l’en­fer n’est pas très content de ces pen­sées et j’y vois donc, chers croi­sés et chers fidèles, un encou­ra­ge­ment sup­plé­men­taire à vous deman­der la per­sé­vé­rance : nous ne savons pas quand l’Église sor­ti­ra de cette ago­nie mais nous savons bien quels sont les moyens néces­saires qu’Elle uti­lise pour cela.

Courage ! Confiance ! « J’ai vain­cu le monde » (Jn 16, 33).

Abbé Régis DE CACQUERAY †
Supérieur du District de France

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Capucin de Morgon

Le Père Joseph fut ancien­ne­ment l’ab­bé Régis de Cacqueray-​Valménier, FSSPX. Il a été ordon­né dans la FSSPX en 1992 et a exer­cé la charge de Supérieur du District de France durant deux fois six années de 2002 à 2014. Il quitte son poste avec l’ac­cord de ses supé­rieurs le 15 août 2014 pour prendre le che­min du cloître au Couvent Saint François de Morgon.