PMA pour toutes : bientôt l’épilogue

L’Assemblée natio­nale a approu­vé en troi­sième lec­ture, le 10 juin 2021, l’examen du pro­jet de loi de bioé­thique, dont l’une des mesures emblé­ma­tiques consiste en l’extension de la PMA à toutes les femmes. Le texte devrait retour­ner devant le Sénat le 24 juin, et pour­rait être adop­té au mois de juillet, en pleine période estivale.

« La famille fran­çaise s’agrandit dans la diver­si­té de ses modèles », lance, pro­vo­ca­teur, Olivier Véran, à l’ouverture de la troi­sième lec­ture du pro­jet de révi­sion de la loi de bioéthique.

Si le très média­tique ministre de la Santé veut faire croire que le texte por­té à l’examen des dépu­tés est « le signe d’un pays qui regarde à nou­veau l’avenir avec confiance », à l’extérieur de l’Hémicycle, des mani­fes­tants pro­testent : « La pater­ni­té n’est pas une option et la mater­ni­té n’est pas une pres­ta­tion », peut-​on lire sur les banderoles.

Le débat prend l’allure d’un mara­thon, puisque l’opposition a dépo­sé plus de 1 500 amen­de­ments qui devront être exa­mi­nés dans un temps légis­la­tif pro­gram­mé de 12h30. Ni plus, ni moins.

Le pro­fes­seur Jean-​Louis Touraine, dépu­té LREM et co-​rapporteur du pro­jet de loi, pré­vient d’emblée : les oppo­sants au texte sont des « tra­di­tio­na­listes ». Un amal­game qui en dit long sur l’idéologie qui pré­side à la révi­sion en cours.

Si l’extension de la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée (PMA) à toutes les femmes occupe l’essentiel des débats, d’autres dis­po­si­tions, pas­sées au second plan, auront des effets graves et multiples.

A ce pro­pos, un son­dage com­man­dé à l’Ifop par Alliance Vita met en relief l’ignorance des Français sur le conte­nu du texte exa­mi­né par les dépu­tés : seul un quart des per­sonnes inter­ro­gées a connais­sance des consé­quences concrètes de la PMA pour toutes, comme le fait que « le pro­jet de loi auto­ri­se­rait la pro­créa­tion d’enfants sans aucun lien bio­lo­gique avec leurs parents via le double don de gamètes ».

Au sujet de l’embryon, l’absence d’information est encore plus pro­non­cée. Ainsi, seuls 9% des son­dés indiquent savoir que la loi auto­ri­se­ra à appor­ter des modi­fi­ca­tions géné­tiques aux embryons. Pire, 7% de nos com­pa­triotes ont eu vent que le pro­jet pré­voit la fabri­ca­tion de chi­mères animal-homme…

Une igno­rance qui per­met de com­prendre pour­quoi 67% des Français disent approu­ver le pro­jet de loi de bioé­thique actuel réduit au slo­gan incan­ta­toire de la « PMA pour toutes ».

Ainsi, le 10 juin 2021, les dépu­tés ont adop­té, en séance publique, par 84 voix contre 43, le pro­jet de loi de bioéthique.

Du côté de la Conférence des évêques des évêques de France (Cef), c’est le ser­vice mini­mum qui pré­vaut, signe d’un épis­co­pat inca­pable de par­ler d’une voix unie et forte, sur les sujets de socié­té : la veille du vote, le Conseil per­ma­nent de la Cef s’est bor­né à expri­mer « sa pro­fonde inquié­tude », déplo­rant que le « socle de la bioé­thique à la fran­çaise (…) [soit] défi­ni­ti­ve­ment gommé ».

On y cher­che­ra en vain les mots de « Dieu », « foi », « Christ » ou « loi natu­relle » : la perte des repères moraux même chez les évêques est navrante au pays de Bossuet et du car­di­nal Pie…

Après l’examen au Palais-​Bourbon, ce sera aux séna­teurs de don­ner leur avis le 24 juin pro­chain. Puis l’Assemblée natio­nale aura, in fine, le der­nier mot. Le vote ultime pour­rait avoir lieu au mois de juillet, en pleines vacances esti­vale des Français, qui – cette année plus que les autres, décon­fi­ne­ment oblige – esti­me­ront avoir d’autres chats à fouetter.

Au len­de­main du vote pré­vi­sible d’une loi mor­ti­fère aux consé­quences incal­cu­lables, les Français risquent fort d’avoir un réveil difficile.

Source : Fsspx.Actualités

Illustration : Le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale.