Réaction de Mgr Athanasius Schneider au Rapport Final du Synode : non possumus !

« Je pré­fère être ridi­cu­li­sé et per­sé­cu­té plu­tôt que d’ac­cep­ter des textes ambi­gus et des méthodes hypocrites ».

Une porte est officiellement ouverte à la Communion pour les divorcés et remariés

Son Excellence Mgr Athanasius Schneider, un des pré­lats les plus visibles oeu­vrant pour le réta­blis­se­ment de la Messe Traditionnelle Latine nous donne sa réac­tion concer­nant le Rapport Final du Synode. Lui aus­si voit comme des « moyens détour­nés » (en anglais anglais : « une porte arrière ») les articles por­tant sur les divorcés/​remariés, articles qui favo­ri­se­ront la Sainte Communion pour les adul­tères, un rejet de l’en­sei­gne­ment du Christ et un Rapport Final plein de « bombes à retardement ».

Des moyens détour­nés pour des pra­tiques néo-​mosaïques (NDLR : rap­pe­lons ici que Moïse avait don­né le droit au mari de répu­dier sa femme pour­vu qu’une lettre de répu­dia­tion lui soit remise) dans le Rapport Final du Synode

La XIV° Assemblée géné­rale du Synode des Évêques (4–25 Octobre, 2015), qui a été consa­crée au thème de « La voca­tion et la mis­sion de l’Église et de la famille dans le monde contem­po­rain » a publié un Rapport Final avec des pro­po­si­tions pas­to­rales qui sont sou­mises main­te­nant au dis­cer­ne­ment exclu­sif du Pape. Le docu­ment lui-​même est seule­ment de nature consul­ta­tive et ne pos­sède pas une valeur magis­té­rielle formelle.

Pourtant, au cours du Synode, il semble que ces nou­veaux dis­ciples réels de Moïse et ces nou­veaux Pharisiens qui, dans les numé­ros 84–86 du Rapport Final, ont ouvert une porte arrière ou des bombes à retar­de­ment immi­nentes pour l’ad­mis­sion des divor­cés rema­riés à la Sainte Communion. Dans le même temps les Évêques qui ont intré­pi­de­ment défen­du « la fidé­li­té propre de l’Église au Christ et à Sa Vérité » (Jean-​Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris Consortio, 84) étaient injus­te­ment éti­que­tés comme étant des Pharisiens dans cer­tains repor­tages des médias.

Les nou­veaux dis­ciples de Moïse et les nou­veaux Pharisiens au cours des deux der­nières Assemblées du Synode (2014 et 2015) ont mas­qué de façon pra­tique leur déni de l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage et ont ame­né une sus­pen­sion du Sixième Commandement au cas par cas sous le cou­vert de la notion de la misé­ri­corde en uti­li­sant des expres­sions telles que : « voie du dis­cer­ne­ment », « accom­pa­gne­ment », « orien­ta­tions de l’Évêque », « dia­logue avec le prêtre », « for interne », « grâce à une plus grande et entière inté­gra­tion dans la vie de l’Église » ; ils ont ame­né une éven­tuelle sup­pres­sion de l’im­pu­ta­bi­li­té en ce qui concerne la coha­bi­ta­tion dans les unions irré­gu­lières (cf. Rapport Final, nos. 84–86).

Cette sec­tion de texte dans le Rapport Final contient en effet une trace d’une pra­tique néo-​mosaïque du divorce même si les rédac­teurs ont habi­le­ment et d’une manière rusée évi­té toute modi­fi­ca­tion directe de la Doctrine de l’Église. Par consé­quent, toutes les par­ties, à la fois les pro­mo­teurs du soi-​disant « Agenda Kasper » et leurs adver­saires sont appa­rem­ment satis­faits en décla­rant : « Tout est OK. Le Synode n’a pas chan­gé la Doctrine ». Pourtant, une telle per­cep­tion est assez naïve car elle ignore la porte arrière et les bombes à retar­de­ment en attente dans la sec­tion de texte sus­vi­sé qui deviennent mani­festes par un exa­men atten­tif du texte selon ses cri­tères d’in­ter­pré­ta­tion interne.

Même quand on parle d’une « voie de dis­cer­ne­ment », on parle de « repen­tance » (Rapport Final, n. 85), il reste néan­moins beau­coup d’am­bi­guï­té. En fait, selon les affir­ma­tions réité­rées du Cardinal Kasper et des Ecclésiastiques aux vues simi­laires, une telle repen­tance est en rela­tion avec les péchés pas­sés envers le conjoint du pre­mier mariage valide et le repen­tir du divor­cé ne peut même pas se réfé­rer aux actes de leur coha­bi­ta­tion conju­gale avec le nou­veau par­te­naire marié civilement.

L’assurance dans le texte aux numé­ros 85 et 86 du Rapport Final qu’un tel dis­cer­ne­ment doit être fait selon l’en­sei­gne­ment de l’Église et dans un juge­ment cor­rect reste néan­moins ambi­guë. En effet, le Cardinal Kasper et les Ecclésiastiques aux vues simi­laires ont assu­ré à plu­sieurs reprises et avec insis­tance que l’ad­mis­sion des divor­cés et rema­riés civi­le­ment à la Sainte Communion ne tou­che­ra pas le Dogme de l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage et de la Sacramentalité du Mariage et qu’un juge­ment en leur conscience dans ce cas doit être consi­dé­ré comme étant cor­rect même lorsque les divor­cés rema­riés conti­nuent à coha­bi­ter d’une manière matri­mo­niale et qu’ils ne devraient pas être tenus de vivre en com­plète conti­nence en tant que frère et sœur.

En citant le célèbre numé­ro 84 de l’Exhortation Apostolique Familiaris Consortio du Pape Jean Paul II dans le numé­ro 85 du Rapport Final, les rédac­teurs ont cen­su­ré le texte en cou­pant (NDLR : en évi­tant de rap­por­ter) la for­mu­la­tion déci­sive sui­vante de celui-​ci : « La façon à qui l’Eucharistie peut seule­ment être accor­dée sont ceux qui prennent l’en­ga­ge­ment de vivre en com­plète conti­nence, c’est-​à-​dire en s’abs­te­nant des actes réser­vés aux époux ».

Cette pra­tique de l’Église est fon­dée sur la Révélation Divine de la Parole de Dieu : écrite et trans­mise par la Tradition. Cette pra­tique de l’Église est l’ex­pres­sion de la Tradition inin­ter­rom­pue depuis les Apôtres et, par consé­quent, reste immuable pour tous les temps. Déjà Saint Augustin affirmait :

« Qui ren­voie sa femme adul­tère et épouse une autre femme alors que sa pre­mière femme vit tou­jours, demeure per­pé­tuel­le­ment dans l’é­tat d’a­dul­tère. Un tel homme ne peut pas béné­fi­cier de péni­tence effi­cace tant qu’il refuse d’a­ban­don­ner la nou­velle épouse. S’il est un caté­chu­mène, il ne peut être admis au bap­tême parce que sa volon­té reste ancrée dans le mal. S’il est un (bap­ti­sé) péni­tent, il ne peut pas rece­voir la récon­ci­lia­tion (ecclé­sias­tique) tant qu’il ne rompt pas avec sa mau­vaise atti­tude » (De adul­te­ri­nis coniu­giis, 2, 16).

En fait, la cen­sure ou l’omission inten­tion­nelle ci-​dessus de l’en­sei­gne­ment dans Familaris Consortio au numé­ro 85 du Rapport Final repré­sente pour tout her­mé­neu­tique sain la clé de l’in­ter­pré­ta­tion même de la com­pré­hen­sion de la sec­tion de texte sur les divor­cés rema­riés (numé­ros 84–86).

De nos jours, il existe une pres­sion idéo­lo­gique per­ma­nente et omni­pré­sente de la part des médias qui sont conformes à la pen­sée unique, impo­sée par les pou­voirs anti-​chrétiens mon­diaux avec l’ob­jec­tif d’a­bo­lir la Vérité sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage — bana­li­sant le carac­tère sacré de cette Divine Institution par la dif­fu­sion d’une anti-​culture de divorce et de concu­bi­nage. Déjà il y a 50 ans, le Concile Vatican II a décla­ré que les temps modernes sont infec­tés par le fléau du divorce (cf. Gaudium et Spes, 47). Le même Concile aver­tit que le mariage chré­tien comme Sacrement du Christ ne devrait « jamais être pro­fa­né par l’a­dul­tère ou le divorce » (Gaudium et Spes, 49).

La pro­fa­na­tion du « Grand Sacrement » (Ep 5, 32) du mariage par le divorce et l’a­dul­tère a pris des pro­por­tions mas­sives et ce, à un rythme alar­mant non seule­ment dans la socié­té civile mais aus­si par­mi les Catholiques. Lorsque les Catholiques au moyen du divorce et de l’adultère répu­dient théo­ri­que­ment ain­si que pra­ti­que­ment la Volonté de Dieu expri­mée dans le Sixième Commandement, ils se mettent en dan­ger spi­ri­tuel­le­ment grave de perdre leur salut éternel.

L’acte le plus misé­ri­cor­dieux au nom des Pasteurs de l’Église serait d’at­ti­rer l’at­ten­tion sur ce dan­ger au moyen d’une claire — et dans le même temps aimante — exhor­ta­tion au sujet de l’ac­cep­ta­tion néces­sai­re­ment com­plète du Sixième Commandement de Dieu. Ils doivent appe­ler les choses par leur vrai nom en exhor­tant le fait que : « le divorce est le divorce », « l’a­dul­tère est l’a­dul­tère » et « qui com­met consciem­ment et libre­ment des péchés graves contre les Commandements de Dieu — et dans ce cas contre le Sixième Commandement — meurt impé­ni­tent et rece­vra une condam­na­tion éter­nelle étant exclus à jamais du Royaume de Dieu ».

Une telle mise en garde et exhor­ta­tion sont le tra­vail même de l’Esprit Saint comme le Christ a ensei­gné : « Et il prou­ve­ra aux gens de ce monde leur erreur au sujet du péché, de la Justice et du Jugement de Dieu » (Jean 16 : 8). En expli­quant l’œuvre de l’Esprit Saint pour « convaincre du péché », le Pape Jean-​Paul II a dit : « Chaque péché com­mis n’importe quand ou n’importe où est en réfé­rence à la Croix du Christ — et donc aus­si indi­rec­te­ment à ceux qui « n’ont pas cru en Lui » et qui ont condam­né Jésus-​Christ à la mort sur la Croix » (ency­clique Dominum et vivi­fi­can­tem, 29). Ceux qui mènent une vie conju­gale avec un par­te­naire qui n’est pas leur conjoint légi­time, comme c’est le cas avec les divor­cés rema­riés civi­le­ment, rejettent la Volonté de Dieu. Pour convaincre ces per­sonnes concer­nant ce péché est un tra­vail mû par l’Esprit Saint et com­man­dé par Jésus-​Christ et donc une oeuvre émi­nem­ment pas­to­rale et miséricordieuse.

Le Rapport Final du Synode omet mal­heu­reu­se­ment de convaincre les divor­cés rema­riés concer­nant leur péché concret. Au contraire, sous le pré­texte de la misé­ri­corde et d’une fausse pas­to­rale, les Pères Synodaux qui ont sou­te­nu les for­mu­la­tions dans les numé­ros 84–86 du Rapport ont ten­té de dis­si­mu­ler l’é­tat spi­ri­tuel­le­ment dan­ge­reux des divor­cés remariés.

De fait, ils leur disent que leur péché d’a­dul­tère n’est pas un péché et que ce n’est cer­tai­ne­ment pas de l’a­dul­tère ou que, tout au moins, ce n’est pas un péché grave et qu’il n’y a pas de dan­ger spi­ri­tuel dans leur état de vie. Un tel com­por­te­ment de ces Pasteurs est direc­te­ment contraire à l’œuvre de l’Esprit Saint et est donc anti-​pastoral et un tra­vail des faux pro­phètes à qui on pour­rait appli­quer les paroles sui­vantes de l’Écriture Sainte : « Quel mal­heur de voir ces gens qui déclarent bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien ! Ils pré­tendent clair ce qui est sombre, et sombre ce qui est clair. De ce qui est doux ils font quelque chose d’a­mer, et de ce qui est amer quelque chose de doux ». (Isaïe 05 :20) et : « Tes pro­phètes n’ont eu pour toi que des mes­sages men­son­gers et creux. Ils n’ont pas démas­qué ta faute, ce qui aurait conduit à ton réta­blis­se­ment. Leur mes­sage pour toi n’é­tait que men­songe et poudre aux yeux » (Lam 2 : 14). Pour ces Évêques sans aucun doute l’Apôtre Paul dirait aujourd’­hui ces paroles : « Ces gens-​là ne sont que de faux apôtres, des tri­cheurs qui se déguisent en apôtres du Christ ». (2 Co 11 :13).

Le texte du Rapport Final du Synode omet non seule­ment de convaincre sans ambi­guï­té les per­sonnes divor­cées rema­riées civi­le­ment concer­nant l’a­dul­tère mais aus­si le carac­tère gra­ve­ment pec­ca­mi­neux de leur style de vie. Il jus­ti­fie indi­rec­te­ment un tel mode de vie en repor­tant cette ques­tion en fin de compte au domaine de la conscience indi­vi­duelle et en fai­sant une mau­vaise appli­ca­tion du prin­cipe moral de l’im­pu­ta­bi­li­té au cas de coha­bi­ta­tion des divor­cés rema­riés. En fait, le fait d’appliquer le prin­cipe de l’im­pu­ta­bi­li­té à une vie stable, per­ma­nente et publique dans l’a­dul­tère est incor­rect et trompeur.

La dimi­nu­tion de la res­pon­sa­bi­li­té sub­jec­tive est don­née seule­ment dans le cas où les par­te­naires ont la ferme inten­tion de vivre dans la conti­nence com­plète et qu’ils font des efforts sin­cères à ce faire. Tant que les par­te­naires conti­nuent à per­sis­ter inten­tion­nel­le­ment dans leur vie péche­resse, il ne peut y avoir aucune sus­pen­sion de l’im­pu­ta­bi­li­té. Le Rapport Final donne l’im­pres­sion que de sug­gé­rer qu’un style de vie publique dans l’a­dul­tère — comme c’est le cas des rema­riés civi­le­ment -—ne viole pas le lien indis­so­luble d’un mariage sacra­men­tel ou qu’il ne repré­sente pas un péché mor­tel ou grave et que cette ques­tion est en outre une ques­tion de conscience pri­vée. Par la pré­sente, on peut par­ler d’une dérive plus proche vers le prin­cipe Protestant du juge­ment sub­jec­tif sur les ques­tions de la foi, de la dis­ci­pline et de la proxi­mi­té intel­lec­tuelle en rela­tion avec la théo­rie erro­née de l’« option fon­da­men­tale », une théo­rie déjà condam­née par le Magistère (cf. Jean-​Paul II, Encyclique Veritatis Splendor, 65–70).

Les Bergers de l’Église ne devraient pas d’aucune manière pro­mou­voir une culture de divorce par­mi les Fidèles. Même la plus petite allu­sion de céder à la pra­tique ou à la culture du divorce devrait être évi­tée. L’Église dans son ensemble devrait don­ner un témoi­gnage convain­cant et fort en faveur de l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage. Le Pape Jean-​Paul II a dit que le divorce « est un mal, comme les autres, qui affecte de plus en plus de Catholiques aus­si, que le pro­blème doit être confron­té avec déter­mi­na­tion et sans délai ». (Familiaris consor­tio, 84)

L’Église doit aider les divor­cés rema­riés avec amour et patience à recon­naître leur propre péché, à les aider à se conver­tir de tout leur cœur à Dieu et à obéir à sa Sainte Volonté qui est expri­mée dans le Sixième Commandement. Tant qu’ils conti­nuent de don­ner un anti-​témoignage public de l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage et qu’ils contri­buent à une culture de divorce, les divor­cés rema­riés ne peuvent pas exer­cer des minis­tères litur­giques, caté­ché­tiques et ins­ti­tu­tion­nels dans l’Église qui demandent de par leur propre nature une vie publique en confor­mi­té avec les Commandements de Dieu.

Il est évident que les contre­ve­nants publics par exemple des Cinquième et Septième Commandements tels que les pro­prié­taires d’une cli­nique d’a­vor­te­ment ou des col­la­bo­ra­teurs dans un réseau de cor­rup­tion, non seule­ment ne peuvent-​ils pas rece­voir la Sainte Communion mais, évi­dem­ment, ils ne peuvent pas être admis aux ser­vices litur­giques et caté­ché­tiques publics. De manière ana­logue, les contre­ve­nants publics du Sixième Commandement, comme les divor­cés rema­riés, ne peuvent pas être admis aux rôles de lec­teurs, de par­rains ou de caté­chistes. Bien sûr, il faut dis­tin­guer la gra­vi­té du mal cau­sé par le style de vie des pro­mo­teurs publics de l’a­vor­te­ment et de la cor­rup­tion par rap­port à la vie adul­tère de per­sonnes divor­cées. On ne peut pas les mettre sur le même pied. Le plai­doyer en faveur de l’ad­mis­sion des divor­cés rema­riés à la tâche de par­rains, mar­raines et caté­chistes ne vise fina­le­ment pas le vrai bien spi­ri­tuel de ces enfants, mais se révèle être une ins­tru­men­ta­li­sa­tion d’un pro­gramme idéo­lo­gique spé­ci­fique. C’est une mal­hon­nê­te­té et une moque­rie de l’ins­ti­tu­tion des par­rains ou des caté­chistes qui, par l’in­ter­mé­diaire d’une pro­messe publique, ont pris la tâche d’é­du­ca­teurs de la foi.

Dans le cas des par­rains ou des caté­chistes qui sont divor­cés rema­riés, leur vie contre­dit conti­nuel­le­ment leurs paroles et, donc, ils doivent faire face à l’ex­hor­ta­tion du Saint-​Esprit, par la bouche de l’Apôtre Saint Jacques : « Ne vous faites pas des illu­sions sur vous-​mêmes en vous conten­tant d’é­cou­ter la Parole de Dieu ; mettez-​la réel­le­ment en pra­tique ». (Jacques 1 : 22). Malheureusement, le numé­ro 84 du Rapport Final plaide pour une admis­sion des divor­cés rema­riés aux offices litur­giques, pas­to­raux et édu­ca­tifs. Cette pro­po­si­tion repré­sente une aide indi­recte à la culture du divorce et un déni pra­tique d’un mode de vie objec­ti­ve­ment pécheur. Le Pape Jean-​Paul II au contraire a indi­qué seule­ment les pos­si­bi­li­tés sui­vantes de par­ti­ci­per à la vie de l’Église qui visent une vraie conver­sion de leur part : « On les invi­te­ra à écou­ter la Parole de Dieu, à assis­ter au Sacrifice de la Messe, à per­sé­vé­rer dans la prière, à appor­ter leur contri­bu­tion aux oeuvres de cha­ri­té et aux ini­tia­tives de la com­mu­nau­té en faveur de la jus­tice, à éle­ver leurs enfants dans la foi chré­tienne, à culti­ver l’es­prit de péni­tence et à en accom­plir les actes, afin d’im­plo­rer, jour après jour, la grâce de Dieu » (Familiaris consor­tio, 84).

Il devrait res­ter un domaine salu­taire d’ex­clu­sion (non-​admission aux Sacrements et aux rôles publics caté­ché­tiques et litur­giques) afin de rap­pe­ler aux divor­cés rema­riés leur état spi­ri­tuel véri­ta­ble­ment grave et dan­ge­reux et, en même temps, pro­mou­voir dans leurs âmes une atti­tude d’hu­mi­li­té, d’o­béis­sance et un désir pour une conver­sion authen­tique. L’humilité signi­fie le cou­rage de la Vérité et seule­ment ceux qui se sou­mettent hum­ble­ment à Dieu rece­vront Ses grâces.

Les fidèles, qui ne se sentent pas prêts et qui n’ont pas encore la volon­té d’ar­rê­ter leur vie adul­tère, devraient être spi­ri­tuel­le­ment aidés. Leur état spi­ri­tuel est sem­blable à une sorte de « caté­chu­mé­nat » en ce qui concerne le Sacrement de la Pénitence. Ils peuvent rece­voir le Sacrement de la Pénitence, qui a été appe­lée dans la Tradition de l’Église « le second bap­tême » ou « la seconde péni­tence », seule­ment s’ils rompent sin­cè­re­ment avec l’ha­bi­tude de la coha­bi­ta­tion adul­tère et qu’ils évitent le scan­dale public d’une manière ana­logue à celle que font les caté­chu­mènes, les can­di­dats au bap­tême. Le Rapport Final omet d’ap­pe­ler les divor­cés rema­riés à l’humble recon­nais­sance objec­tive de leur état pécheur et on empêche ain­si de les encou­ra­ger à accep­ter avec l’es­prit de la foi leur non-​admission aux sacre­ments et aux rôles publics caté­ché­tiques et litur­giques. Sans une telle recon­nais­sance réa­liste et humble de leur état spi­ri­tuel réel, il n’y a pas un pro­grès effec­tif vers la conver­sion chré­tienne authen­tique qui, dans le cas des divor­cés rema­riés, consiste en une vie de conti­nence com­plète, ces­sant de pécher contre la Sainteté du Sacrement du Mariage et déso­béis­sant publi­que­ment au Sixième Commandement de Dieu.

Les Pasteurs de l’Église, et en par­ti­cu­lier les textes publics du Magistère, ont à par­ler d’une manière la plus claire pos­sible car c’est la carac­té­ris­tique essen­tielle des tâches de l’en­sei­gne­ment offi­ciel. Le Christ a deman­dé à tous ses dis­ciples de par­ler d’une manière extrê­me­ment claire : « Si c’est oui, dites « oui », si c’est non, dites « non », tout sim­ple­ment ; ce que l’on dit en plus vient du Mauvais ». (Math 5 : 37). Ceci est encore plus valable lorsque les Pasteurs de l’Église prêchent ou quand le Magistère parle dans un document.

Dans la sec­tion de texte des numé­ros 84–86, le Rapport Final repré­sente, mal­heu­reu­se­ment, un écart grave de ce Commandement Divin. En effet, dans les pas­sages men­tion­nés, le texte ne plaide pas direc­te­ment en faveur de la légi­ti­mi­té de l’ad­mis­sion des divor­cés et rema­riés à la Sainte Communion, le texte évite même les expres­sions « la Sainte Communion » ou « les Sacrements ». Au lieu de cela, le texte, à l’aide de tac­tiques obs­cures, uti­lise des expres­sions ambi­guës comme « une par­ti­ci­pa­tion plus entière à la vie de l’Église » et « le dis­cer­ne­ment et l’intégration ».

Par de telles tac­tiques obs­cures, le Rapport Final, en fait, pose des bombes à retar­de­ment et pos­sède une porte arrière pour l’ad­mis­sion des divor­cés rema­riés à la Sainte Communion, pro­vo­quant par là une pro­fa­na­tion des deux grands Sacrements du Mariage ain­si que de l’Eucharistie et contri­buant au moins indi­rec­te­ment à la culture du divorce — à la pro­pa­ga­tion du « fléau du divorce » (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 47).

Lors de la lec­ture atten­tive du texte ambi­gu por­tant sur « le dis­cer­ne­ment et l’in­té­gra­tion » dans le Rapport Final, on a l’im­pres­sion d’une ambi­guï­té très habile et éla­bo­rée. On se sou­vient de ces paroles de Saint Irénée dans son « Adversus hae­reses » : « Ainsi en va-​t-​il de celui qui garde en soi, sans l’in­flé­chir, la règle de Vérité qu’il a reçue par son bap­tême : il pour­ra recon­naître les noms, les phrases et les para­boles pro­ve­nant des Écritures, il ne recon­naî­tra pas le sys­tème blas­phé­ma­toire inven­té par ces gens-​là. Il recon­naî­tra les pierres de la mosaïque, mais il ne pren­dra pas la sil­houette du renard pour le por­trait du Roi. En repla­çant cha­cune des paroles dans son contexte et en l’a­jus­tant au corps de la véri­té, il met­tra à nu leur fic­tion et en démon­tre­ra l’inconsistance.

Puisqu’à ce vau­de­ville il ne manque que le dénoue­ment, c’est-​à-​dire que quel­qu’un mette le point final à leur farce en y adjoi­gnant une réfu­ta­tion en règle, nous croyons néces­saire de sou­li­gner avant toute autre chose les points sur les­quels les pères de cette fable dif­fèrent entre eux, ins­pi­rés qu’ils sont par dif­fé­rents esprits d’er­reur. Déjà par là, en effet, il sera pos­sible de sai­sir exac­te­ment, avant même que nous n’en four­nis­sions la démons­tra­tion, et la solide véri­té pro­cla­mée par l’Église et le men­songe écha­fau­dé par ces gens-​là ».(I, 9, 4–5).

Le Rapport Final semble lais­ser la solu­tion de la ques­tion de l’ad­mis­sion des divor­cés rema­riés à la Sainte Communion aux auto­ri­tés locales de l’Église : « accom­pa­gne­ment des prêtres » et « orien­ta­tions de l’Évêque ». Une telle ques­tion est cepen­dant essen­tiel­le­ment connec­tée avec le Dépôt de la Foi, c’est-à-dire la Parole révé­lée de Dieu. La non-​admission des divor­cés qui vivent dans un état d’a­dul­tère public appar­tient à la Vérité immuable de la loi de la foi Catholique et, par consé­quent aus­si à la loi de la pra­tique litur­gique Catholique.

Le Rapport Final semble entre­prendre une caco­pho­nie doc­tri­nale et dis­ci­pli­naire dans l’Église Catholique, ce qui contre­dit l’es­sence même de l’être Catholique. On doit être rap­pe­lé ici par des paroles de Saint Irénée à pro­pos de la forme authen­tique de l’Église Catholique en tout temps et en tous lieux : « L’Église, ayant donc reçu cette pré­di­ca­tion et cette foi, ain­si que nous venons de le dire, l’Église, bien que dis­per­sée dans le monde entier, les garde avec soin, comme n’ha­bi­tant qu’une seule mai­son, elle y croit d’une manière iden­tique, comme n’ayant qu’une seule âme et qu’un même cœur, et elle les prêche, les enseigne et les trans­met d’une voix una­nime, comme ne pos­sé­dant qu’une seule bouche.

Car, si les langues dif­fèrent à tra­vers le monde, le conte­nu de la Tradition est un et iden­tique. Et ni les Églises éta­blies en Germanie n’ont d’autre foi ou d’autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l’Orient, de l’Égypte, de la Libye, ni celles qui sont éta­blies au centre du monde ; mais, de même que le soleil, cette créa­ture de Dieu, est un et iden­tique dans le monde entier, de même cette lumière qu’est la pré­di­ca­tion de la véri­té brille par­tout et illu­mine tous les hommes qui veulent « par­ve­nir à la connais­sance de la véri­té ». Et ni le plus puis­sant en dis­cours par­mi les chefs des Églises ne dira autre chose que cela — car per­sonne n’est au-​dessus du Maître —, ni celui qui est faible en paroles n’a­moin­dri­ra cette Tradition : car, la foi étant une et iden­tique, ni celui qui peut en dis­ser­ter abon­dam­ment n’a plus, ni celui qui n’en parle que peu n’a moins. »(Adversus hae­reses, I, 10 , 2).

Le Rapport Final dans la sec­tion sur les divor­cés rema­riés évite soi­gneu­se­ment de décla­rer le prin­cipe immuable de toute la Tradition Catholique, à savoir que ceux qui vivent dans une union conju­gale inva­lide peuvent être admis à la Sainte Communion que sous la condi­tion qu’ils aient pro­mis de vivre en com­plète conti­nence et qu’ils évitent un scan­dale public. Jean-​Paul II et Benoît XVI ont confir­mé for­te­ment ce prin­cipe catho­lique. Le refus déli­bé­ré de men­tion­ner et de réaf­fir­mer ce prin­cipe dans le texte du Rapport Final peut être com­pa­ré avec l’évitement sys­té­ma­tique de l’ex­pres­sion « homoou­sios » (NDLR : qui veut dire « de sub­stance sem­blable ») au nom des adver­saires du Dogme du Conseil de Nicée au qua­trième siècle — les Ariens for­mels et les soi-​disant semi-​Ariens — qui inven­taient conti­nuel­le­ment d’autres expres­sions pour ne pas avouer direc­te­ment la consub­stan­tia­li­té du Fils de Dieu avec Dieu le Père.

Ce refus d’une décla­ra­tion Catholique publique au nom de la majo­ri­té de l’é­pis­co­pat au qua­trième siècle a cau­sé une acti­vi­té ecclé­sias­tique fébrile avec des réunions syno­dales conti­nues et une pro­li­fé­ra­tion de nou­velles for­mules doc­tri­nales dont le déno­mi­na­teur com­mun était d’é­vi­ter la clar­té ter­mi­no­lo­gique, c’est-à-dire l’ex­pres­sion « homoou­sios ». De même, de nos jours, les deux der­niers Synodes sur la famille ont évi­té de nom­mer et d’avouer clai­re­ment le prin­cipe de toute la Tradition Catholique, à savoir que ceux qui vivent dans une union conju­gale inva­lide peuvent être admis à la Sainte Communion seule­ment sous la condi­tion qu’ils pro­mettent de vivre dans la conti­nence com­plète et qu’ils évitent le scan­dale public.

Ce fait est aus­si prou­vé par la réac­tion immé­diate sans équi­voque des médias sécu­liers et par la réac­tion des prin­ci­paux défen­seurs de la pra­tique non-​Catholique d’ad­mettre les divor­cés rema­riés à la Sainte Communion tout en main­te­nant une vie adul­tère publique. Le Cardinal Kasper, le Cardinal Nichols, l’Archevêque Forte, par exemple, ont affir­mé publi­que­ment que, selon le Rapport Final , on peut sup­po­ser qu’une porte a été en quelque sorte ouverte en faveur de la Communion pour les divor­cés rema­riés. Il existe ain­si un nombre consi­dé­rable d’Évêques, de prêtres et de laïcs qui se réjouissent de la soi-​disant « porte ouverte » qu’ ils ont trou­vée dans le Rapport Final. Au lieu de gui­der les fidèles avec la plus grande clar­té et un ensei­gne­ment sans ambi­guï­té, le Rapport Final a pro­vo­qué une situa­tion d’obs­cur­cis­se­ment, de confu­sion, de sub­jec­ti­vi­té (le juge­ment de la conscience des per­sonnes divor­cées et un for interne) et un par­ti­cu­la­risme doc­tri­nal et dis­ci­pli­naire non Catholique dans une matière qui est essen­tiel­le­ment liée au Dépôt de la foi trans­mise par les Apôtres.

Ceux qui de nos jours défendent fer­me­ment la Sainteté des Sacrements de l’Eucharistie et du Mariage sont éti­que­tés comme Pharisiens. Pourtant, comme le prin­cipe logique de la non-​contradiction est valide et que le bon sens com­mun est tou­jours valable, le contraire est vrai.

Les obs­truc­teurs de la Vérité Divine dans le Rapport Final sont plus que des Pharisiens. Pour arri­ver à conci­lier une vie dans l’a­dul­tère avec la récep­tion de la Sainte Communion, ils ont inven­té habi­le­ment de nou­velles lettres, une nou­velle loi de « dis­cer­ne­ment et d’in­té­gra­tion » l’in­tro­duc­tion de nou­velles tra­di­tions humaines contre le Commandement de Dieu qui est clair comme le cris­tal. Aux défen­seurs du soi-​disant « Agenda Kasper », il leur est adres­sé ces Paroles de la Vérité Incarnée : « De cette façon, vous annu­lez l’exi­gence de la parole de Dieu par la tra­di­tion que vous trans­met­tez. Et vous faites beau­coup d’autres choses sem­blables. » (Marc 7 : 13). Ceux qui ont par­lé pen­dant 2000 ans sans relâche et avec la plus grande clar­té sur l’im­mua­bi­li­té de la Vérité Divine, sou­vent au prix de leur propre vie, seraient aus­si éti­que­tés comme Pharisiens de nos jours ; ain­si en serait-​il pour Saint Jean-​Baptiste, Saint Paul, Saint Irénée, Saint Athanase, Saint Basile, Saint Thomas More, St. John Fisher, Saint Pie X, pour ne citer que les exemples les plus élogieux.

Le résul­tat réel du Synode dans la per­cep­tion des fidèles et de l’o­pi­nion publique laïque a été qu’il y a pra­ti­que­ment eu un seul point cen­tral por­tant sur la ques­tion de l’ad­mis­sion de la Sainte Communion aux divor­cés. On peut affir­mer que le Synode s’est avé­ré en un cer­tain sens être aux yeux de l’o­pi­nion publique un Synode de l’a­dul­tère, et non pas le Synode de la famille. En effet, toutes les belles affir­ma­tions du Rapport Final sur le mariage et la famille sont éclip­sées par les affir­ma­tions ambi­guës dans la sec­tion de texte sur les divor­cés et rema­riés, un sujet qui a déjà été confir­mé et déci­dé par le Magistère des Derniers Pontifes Romains en confor­mi­té fidèle à l’en­sei­gne­ment et à la pra­tique bi-​millénaire de l’Église. Par consé­quent, c’est une véri­table honte que les Évêques Catholiques, les Successeurs des Apôtres, aient uti­li­sé des assem­blées syno­dales afin de faire une ten­ta­tive sur la pra­tique immuable et constante de l’Église sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage, c’est-à-dire la non-​admission des divor­cés qui vivent dans une union adul­tère aux Sacrements.

Dans sa lettre au Pape Damase, Saint-​Basile a dres­sé un tableau réa­liste de la confu­sion doc­tri­nale cau­sée par des Ecclésiastiques qui cher­chaient un com­pro­mis vide et une adap­ta­tion à l’es­prit du monde en son temps :

« Les Traditions sont réduites à néant ; les figures de style des inno­va­teurs sont en vogue dans les églises ; main­te­nant les hommes sont plu­tôt des agen­ceurs de sys­tèmes trom­peurs que des théo­lo­giens ; la sagesse de ce monde rem­porte les plus hauts prix et a reje­té la Gloire de la Croix. Les aînés se plaignent quand ils com­parent le pré­sent avec le pas­sé. Les plus jeunes sont à com­pa­tir encore plus car ils ne savent pas ce dont ils ont été pri­vés »(Ep. 90, 2).

Dans une lettre au Pape Damase et aux Évêques d’Occident, Saint Basile décrit comme suit la situa­tion confuse à l’in­té­rieur de l’Église :

« Les lois de l’Église sont dans la confu­sion. L’ambition des hommes, qui n’ont aucune crainte de Dieu, se pré­ci­pitent dans des postes éle­vés et une fonc­tion exal­tée est main­te­nant connue publi­que­ment comme le prix de l’im­pié­té. Le résul­tat est que pire qu’un homme blas­phème, plus digne est-​il pour les gens qu’il soit nom­mé Évêque. La digni­té clé­ri­cale est une chose du pas­sé. Il n’y a pas une connais­sance pré­cise des canons. Il y a une immu­ni­té totale envers le péché ; car quand les hommes ont été nom­més dans leurs fonc­tions par la faveur des hommes, ils sont obli­gés de retour­ner la faveur en mon­trant conti­nuel­le­ment de l’indulgence pour les contre­ve­nants. Le juste juge­ment est une chose du pas­sé ; et tout le monde se com­porte selon le désir de son cœur. Les hommes en auto­ri­té ont peur de par­ler car ceux qui ont atteint le pou­voir par inté­rêt humain sont les esclaves de ceux à qui ils doivent leur avan­ce­ment. Et main­te­nant, la jus­ti­fi­ca­tion même de l’or­tho­doxie est consi­dé­rée dans cer­tains milieux comme une oppor­tu­ni­té pour l’at­taque mutuelle ; et les hommes cachent leur ran­coeur et pré­tendent que leur hos­ti­li­té est exclu­si­ve­ment due à l’a­mour de la véri­té. Pendant tout ce temps, tous les incroyants en rient ; les hommes de peu de foi sont ébran­lés ; la foi est incer­taine ; les âmes sont trem­pées dans l’i­gno­rance parce que fal­si­fi­ca­teurs de la Parole imitent la Vérité. Les laïcs les meilleurs fuient les églises consi­dé­rées comme des écoles d’im­pié­té et lèvent leurs mains dans les déserts avec des sou­pirs et des larmes à leur Seigneur au Ciel. Nous avons reçu la foi des Pères ; cette foi que nous connais­sons est gra­vée des marques des Apôtres ; nous don­nons notre assen­ti­ment à cette foi ain­si qu’à tout ce qui a été cano­ni­que­ment et léga­le­ment pro­mul­gué dans le pas­sé ». (Ep. 92, 2).

Chaque période de confu­sion au cours de l’his­toire de l’Église est en même temps une pos­si­bi­li­té pour rece­voir de nom­breuses grâces de force et de cou­rage ain­si qu’une chance pour cha­cun de mani­fes­ter son amour pour le Christ, la Vérité Incarnée. Chaque bap­ti­sé, chaque prêtre et chaque Évêque Lui a pro­mis une fidé­li­té invio­lable, cha­cun selon son état : à tra­vers le vœux de bap­tême, à tra­vers les pro­messes sacer­do­tales ou par la pro­messe solen­nelle de l’or­di­na­tion épis­co­pale. En effet, tous les can­di­dats à l’é­pis­co­pat ont pro­mis : « Je gar­de­rai pure et intègre le Dépôt de la Foi selon la Tradition qui a tou­jours et par­tout été conser­vée dans l’Église ».

L’ambiguïté trou­vée dans la sec­tion sur les divor­cés rema­riés du Rapport Final contre­dit le vœu solen­nel épis­co­pal sus­men­tion­né. Malgré cela, tout le monde dans l’Église — du simple fidèle aux déten­teurs du Magistère — devrait dire :

« Non pos­su­mus ! »*

Je n’accepterai ni un dis­cours ambigü, ni des moyens détour­nés habi­le­ment mas­qués en vue de pro­fa­ner les Sacrements du Mariage et de l’Eucharistie. De même, je n’accepterai pas une moque­rie du Sixième Commandement de Dieu. Je pré­fère être ridi­cu­li­sé et per­sé­cu­té plu­tôt que d’ac­cep­ter des textes ambi­gus et méthodes hypocrites !. 

« Scio, Cui cre­di­di ». Je pré­fère l’« image cris­tal­line du Christ de Vérité plu­tôt que cette détes­table image du renard orné de pierres pré­cieuses » (Saint Irénée) car « Je sais en qui j’ai mis ma confiance » (2 Tim 1 : 12 ).

+ Athanasius Schneider, Évêque auxi­liaire de l’Archidiocèse de Saint Mary à Astana, Le 2 novembre 2015

* Locution latine signi­fiant « Nous ne pou­vons pas » qui fut dite par les Apôtres en réponse aux Juifs qui leur inter­di­saient de prê­cher l’Évangile. Expression uti­li­sée pour expri­mer un refus caté­go­rique avec cette nuance qu’il ne dépend pas de la per­sonne sol­li­ci­tée d’accorder la demande. (Orig. : Actes des Apôtres, IV, 20).

Sources : Rorate Coeli/dieuetmoilenul.blogspot.ru/LPL