Pour toucher le cœur des musulmans : hisser son âme à la hauteur de ses ambitions

Allez par tout le monde et prê­chez l’Évangile à toute la création.

La pre­mière chose que devra faire toute per­sonne dési­reuse de tou­cher le cœur des musul­mans sera de his­ser son âme à la hau­teur de ses ambi­tions. Ainsi, pour­quoi ne pas consa­crer un jour par mois, le pre­mier ven­dre­di par exemple, pour offrir un jeûne à cette intention.

Par ailleurs, l’his­toire de l’Eglise et plus par­ti­cu­liè­re­ment de la litur­gie, nous offre l’exemple d’une prière qui s’est for­gée au cours des siècles en réac­tion notam­ment au péril du Mahométanisme : l’Angélus. Qu’on se sou­vienne notam­ment d’Urbain II, en 1090, lors du lan­ce­ment de la pre­mière croi­sade, ou encore de Callixte III, presque 4 siècles plus tard, en 1455, face au ter­rible Mahomet II qui avait pris 2 ans plus tôt Constantinople et qui s’é­tait juré, après avoir ser­vi de l’a­voine à sa mon­ture sur l’au­tel de la basi­lique Sainte Sophie, de répé­ter son exploit sur celui de Saint Pierre… Ceux qui n’au­raient pas ou plus l’ha­bi­tude de réci­ter l’Angélus pour­ront donc y trou­ver un noble motif pour (re)mettre le pied à l’é­trier. Quant à ceux qui auraient ten­dance à le négli­ger, ils pour­ront être sûrs que leur appli­ca­tion et leur fidé­li­té à l’ob­ser­ver ne man­que­ront pas de por­ter des fruits de conver­sion, fussent-​ils invisibles…

Ceci étant posé, il convien­dra de ne sur­tout pas négli­ger le plan de la cha­ri­té, car toute cette pré­pa­ra­tion spi­ri­tuelle ne por­te­ra ses fruits que si le « vec­teur », c’est à dire vous, est par­fai­te­ment mode­lé. C’est pour­quoi, dans toute dis­cus­sion, il fau­dra que votre inter­lo­cu­teur musul­man sente, presque phy­si­que­ment, que vous avez quelque chose qu’il n’a pas ou plu­tôt que vous êtes quelque chose qu’il n’est pas. Et ce quelque chose c’est jus­te­ment la cha­ri­té. Il devra sen­tir que vous ne pou­vez faire autre­ment que l’ai­mer. Non pas d’un sen­ti­ment vague­ment altruiste et super­fi­ciel, dont il pour­ra le plus sou­vent être lui-​même capable, à l’ins­tar de beau­coup de nos contem­po­rains, mais d’un véri­table amour de Charité, c’est à dire ce désir pro­fond de vou­loir le bien de l’autre et quel plus grand bien que la décou­verte de la Vérité et sa « pos­ses­sion » éter­nelle au ciel ?

Assez excep­tion­nel­le­ment il faut bien l’ad­mettre, il se pour­ra que votre inter­lo­cu­teur émette des réti­cences à par­ler reli­gion avec vous. Pour qui vou­dra donc bri­ser la glace dans ce cas, il pour­ra être utile de rap­pe­ler l’é­pi­sode des pre­miers sec­ta­teurs de Mahomet qui, face aux per­sé­cu­tions dont ils fai­saient l’ob­jet à la Mecque, trou­vèrent un refuge auprès du roi chré­tien, le Négus d’Abyssinie qui refu­se­ra de les livrer ensuite à une délé­ga­tion de Qoraïchites (prin­ci­pale tri­bu juive de la Mecque oppo­sée à la pré­di­ca­tion de Mahomet) venue les récla­mer. Le Coran garde une trace de cette aven­ture dans la sou­rate 19, ver­set 58 :« Quand les ver­sets du Tout-​Miséricordieux leur étaient réci­tés (au Négus et à sa cour), ils tom­bèrent pros­ter­nés en pleurant ».

Plus tard, la suna (tra­di­tion) nous apprend que ce sera une délé­ga­tion des chré­tiens (sans doute mono­phy­sites) de Najrân (au Yémen) qui seront reçus par Mahomet qui leur per­met­tra d’al­ler prier à la mosquée.

Plus récem­ment, les exemples de saint François d’Assise, accueilli en 1219 (lors de la 5ème croi­sade) par le sul­tan musul­man d’Egypte ou encore de Charles de Foucauld (1858–1916), dans son ermi­tage de Tamanrasset, pour­ront éga­le­ment être évoqués.

Intellectuellement par­lant, qu’il soit bien clair qu’à moins d’une assis­tance spé­ciale du Saint-​Esprit, vous ne retour­ne­rez pas comme une crêpe un musul­man convain­cu en une seule dis­cus­sion. Tout au plus pourrez-​vous ins­til­ler un peu de doute dans cet esprit qui n’au­ra sou­vent jamais appris à dou­ter dans le sens où il n’au­ra jamais confron­té sa foi à sa rai­son. Et ce sera déjà énorme…

Attendez-​vous éga­le­ment à vous faire repro­cher l’illo­gisme de votre reli­gion puisque, pro­fes­sant la Sainte Trinité, vous serez taxé par le fait même de poly­théisme, ou plu­tôt d” »asso­cia­tio­nisme », pour reprendre un terme que l’on retrouve à foi­son dans le Coran dans la mesure où vous asso­ciez à Dieu, d’autres divi­ni­tés, à savoir Jésus (nom­mé « Issa ») et… Marie. Ce à quoi vous aurez beau jeu de rétor­quer que ce der­nier point est effec­ti­ve­ment une belle erreur que l’on retrouve dans le livre sacré des musul­mans et que si vous êtes un « asso­cia­teur », ils sont eux, selon la belle expres­sion de saint Jean Damascène dans son « De Haeresibus », des « muti­la­teurs », qui pré­tendent mieux connaître Dieu qu’il ne se connaît lui-​même. Par ailleurs, le Coran n’affirme-​t-​il pas que Dieu est incon­nais­sable (27:65)… ?

Evitez-​donc d’a­bor­der ce sujet dans un pre­mier temps, tel­le­ment il est une pierre d’a­chop­pe­ment pour les musul­mans. En islam, l’en­fer n’est pas éter­nel. Vous pour­rez avoir bu de l’al­cool, omis les cinq prières rituelles quo­ti­diennes et même man­gé du porc, vous irez alors pas­ser un cer­tain temps, et même un temps cer­tain en enfer, mais vous n’y serez pas pour l’é­ter­ni­té. Les seuls qui auront droit pour tou­jours à ces ter­ribles sup­plices décrits à l’en­vi dans le Coran, sont ceux qui auront don­né des asso­ciés à Allah, c’est à dire vous, puis­qu’à côté de Dieu, vous pla­cez le Fils et Marie… (4:48). Cette don­née explique par ailleurs com­ment il est dif­fi­cile, pour un musul­man, de fran­chir le pas, tel­le­ment l’en­jeu est psy­cho­lo­gi­que­ment énorme pour lui.

Un des grands argu­ments avan­cé par les musul­mans pour jus­ti­fier la supré­ma­tie de leur reli­gion est l’ar­gu­ment chro­no­lo­gique. Leur reli­gion étant la der­nière révé­lée elle est la seule véri­table puisque elle est l’a­bou­tis­se­ment des mes­sages déli­vrés au peuple juif par Moïse et aux chré­tiens par Jésus. D’ailleurs, le Coran parle de Mahomet comme du sceau des pro­phètes (33:40) qui vient par­ache­ver et clore à la fois la révélation.

Il est pour­tant aisé de mon­trer que l’is­lam, loin d’être un per­fec­tion­ne­ment du mes­sage évan­gé­lique, n’en est que la cor­rup­tion, dans la mesure où il opère un virage à 180° en repre­nant de manière lit­té­rale et ser­vile des com­man­de­ments de l’an­cien tes­ta­ment qui n’a­vaient leur jus­ti­fi­ca­tion qu’en rai­son de la fai­blesse des hommes (la répu­dia­tion – cf. le Christ qui déclare aux Pharisiens en Matthieu 19,8 : « C’est à cause de la dure­té de votre cœur que Moïse vous a per­mis de répu­dier vos femmes ; au com­men­ce­ment, il n’en fut pas ain­si ») ou en vue de pré­pa­rer la venue du Christ et d’an­non­cer les sacre­ments de la Nouvelle Alliance (cf. la cir­con­ci­sion, qui pré­fi­gure le baptême).

Enfin, il convien­dra d’a­voir à l’es­prit la grande loi de l’a­bro­ga­tion en islam, qui trouve son fon­de­ment notam­ment dans le ver­set 106 de la sourate1 2 (« la vache »). Selon cette théo­rie, admise par tous les théo­lo­giens musul­mans, les sou­rates et/​ou ver­sets ulté­rieurs abrogent des ver­sets anté­rieurs qui seraient contra­dic­toires. Le pro­blème est que par­mi les sou­rates les plus vio­lentes, figure notam­ment la sou­rate 9 (« le repen­tir ») avec son fameux ver­set 5 (appe­lé le ver­set du sabre) qui abroge à lui seul des dizaines (cer­tains parlent de plus de 200) de ver­sets plus paci­fiques ou tolé­rants. En effet, la sou­rate 9 est consi­dé­rée comme l’a­vant der­nière, voire la der­nière sou­rate révé­lée par Dieu à Mahomet !

Quelle dif­fé­rence alors avec le mes­sage évan­gé­lique où Jésus nous enseigne que les com­man­de­ments se résument à aimer Dieu par des­sus tout et son pro­chain comme soi-​même pour l’a­mour de Dieu. Si la sou­rate 9 est l’a­bou­tis­se­ment de la révé­la­tion musul­mane, faut-​il consi­dé­rer l’in­jonc­tion de « tuer les asso­cia­teurs où que vous les trou­viez… » comme l’é­tat ultime de la révé­la­tion ? Ne s’agirait-​il pas plu­tôt d’une insup­por­table régres­sion par rap­port à l’en­sei­gne­ment du Christ ?

Sources : Jean Félix in Foyers Ardents n° 12 de novembre-​décembre 2018

Note

Pour en savoir plus sur l’a­pos­to­lat auprès des musul­mans : saintjeandematha@hotmail.com