Réveil chrétien face à l’islam

Après une forme de « som­meil » durant le XIXe et une par­tie du XXe siècle, l’is­lam s’est réveillé et a repris son vieux rêve de conquête du monde. Pour res­ter dans le « poli­ti­que­ment cor­rect », il fau­drait appe­ler « isla­misme » cette visée expan­sion­niste, qui passe sou­vent aujourd’­hui par le ter­ro­risme, afin de la dis­tin­guer d’un islam qui, lui, serait une « reli­gion de paix et d’a­mour ». Cette dis­tinc­tion est fac­tice car l’is­la­misme, s’il est un fruit véné­neux de l’is­lam que cer­tains musul­mans rejettent, n’en est pas moins une consé­quence logique des textes où Mahomet lui-​même prêche le dji­had et l’as­ser­vis­se­ment des « infidèles ».

Cette mon­tée pro­gres­sive de l’is­lam, liée dans nos pays à une immi­gra­tion incon­trô­lée venue du Maghreb et de l’Afrique noire, repré­sente un dan­ger mor­tel pour la civi­li­sa­tion chré­tienne. Des poli­ti­ciens aveu­glés sont com­plices de cette menace de sub­mer­sion ; un cler­gé naïf, voire « col­la­bo­ra­tion­niste », prête trop sou­vent la main à cette capi­tu­la­tion. Pourtant, les rêves de coexis­tence paci­fique sont clai­re­ment démen­tis par l’his­toire : le maho­mé­tisme tend de lui-​même à obte­nir le pou­voir dès que ses membres sont assez nom­breux, notam­ment parce qu’il ne fait aucune dis­tinc­tion entre le reli­gieux et le politique.

Il y a donc réel­le­ment motif à s’in­quié­ter pour l’a­ve­nir de notre France chré­tienne. Cependant, il faut bien com­prendre que si les armes pour se défendre de ce péril tou­jours plus grave com­portent une dimen­sion poli­tique, poli­cière, mili­taire, il est illu­soire de croire que, par ces seuls moyens natu­rels, on édi­fie­ra un bar­rage vrai­ment effi­cace. L’islam est une foi, une convic­tion : on ne peut s’y oppo­ser sur le long terme que par une autre foi, plus vraie et plus vive. Nous sommes en pré­sence de bien plus qu’une « guerre de civi­li­sa­tion » : nous vivons une authen­tique guerre de religion.

Un res­pon­sable musul­man a récem­ment pro­po­sé de confier des églises aux musul­mans pour en faire des mos­quées. Une légi­time indi­gna­tion a tra­ver­sé notre pays, une péti­tion a recueilli des signa­tures pres­ti­gieuses. Mais le pro­blème est réel : si des dizaines de mil­liers d’é­glises res­tent qua­si inoc­cu­pées, com­ment ima­gi­ner que la ten­ta­tion ne revienne pas, tou­jours plus forte, d’en faire pro­fi­ter des foules de musul­mans fer­vents, qui sont aus­si des élec­teurs et des consommateurs ?

L’apostasie de la France et de l’Europe est le ter­reau où poussent imman­qua­ble­ment les racines de l’is­la­misme et, à tout le moins, de l’is­lam conqué­rant. La tié­deur des chré­tiens ne peut qu’en­cou­ra­ger une reli­gion natu­rel­le­ment pro­sé­lyte, comme le mal­thu­sia­nisme des Occidentaux consti­tue un appel d’air irré­sis­tible pour les peuples encore féconds. La vraie réponse à l’is­lam, la seule qui ne soit jamais vain­cue ni dépas­sée, c’est donc une foi catho­lique ardente, forte et mis­sion­naire. Cette foi doit irri­guer les com­por­te­ments des peuples chré­tiens, et contri­buer à la conver­sion des peuples musul­mans. Il ne s’a­git pas seule­ment de res­ter sur la défen­sive, d’es­sayer de conser­ver les der­niers lam­beaux de la civi­li­sa­tion chré­tienne. Il s’a­git bel et bien de faire revivre le chris­tia­nisme, un chris­tia­nisme plus rayon­nant, plus ardent, plus conqué­rant que l’is­lam aujourd’hui.

On dira volon­tiers que c’est uto­pique et impos­sible. Mais, d’a­bord, la grâce de Dieu est aus­si puis­sante aujourd’­hui qu’­hier. Si don Juan à Lépante, si Jean Sobieski à Vienne, si saint Jean de Capistran à Belgrade ont réus­si à vaincre de puis­santes armées musul­manes par le secours de Dieu, pour­quoi n’en serait-​il pas de même aujourd’­hui, si nous avions une foi aus­si fer­vente qu’eux ? Ensuite, s’il n’est pas cer­tain que nous gagne­rons à tous les coups en tra­vaillant à ce réveil chré­tien, il est abso­lu­ment cer­tain que nous per­drons tout en res­tant dans la mol­lesse, le laisser-​aller et la tié­deur.

Les chré­tiens d’Orient, habi­tués à vivre sous le joug de l’is­lam, et qui pour­tant subissent depuis de longs mois des per­sé­cu­tions plus fortes qu’à l’ac­cou­tu­mée, nous en ont pré­ve­nus par la bouche de Mgr Amel Shimon Nona, arche­vêque catho­lique chal­déen de Mossoul (Corriere del­la Sera du 9 août 2014) :

« Nos souf­frances actuelles sont le pré­lude de celles que vous, les Européens et les chré­tiens occi­den­taux, allez souf­frir dans un proche ave­nir. (…) Vous êtes aus­si en dan­ger. Vous devez prendre des déci­sions fortes et cou­ra­geuses, même si elles contre­disent vos prin­cipes. (…) Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne com­pre­nez pas ceci très vite, vous allez deve­nir les vic­times de l’en­ne­mi que vous allez accueillir chez vous. »

Abbé Christian Bouchacourt †, Supérieur du District de France

Source : Fideliter n° 227

FSSPX Second assistant général

Né en 1959 à Strasbourg, M. l’ab­bé Bouchacourt a exer­cé son minis­tère comme curé de Saint Nicolas du Chardonnet puis supé­rieur du District d’Amérique du Sud (où il a connu le car­di­nal Bergoglio, futur pape François) et supé­rieur du District de France. Il a enfin été nom­mé Second Assistant Général lors du cha­pitre élec­tif de 2018.