Avec une ardente préoccupation : nous accusons le Pape François


Note de la rédac­tion de La Porte Latine :
il est bien enten­du que les com­men­taires repris dans la presse exté­rieure à la FSSPX
ne sont en aucun cas une quel­conque adhé­sion à ce qui y est écrit par ailleurs.

Deux des grands médias amé­ri­cains proches de la Tradition catho­lique, The Remnant et Catholic Family News, inter­pellent vio­lem­ment le pape François contre lequel ils viennent de publier une lettre ouverte inti­tu­lée « We Accuse Pope Francis », c’est-​à-​dire « Nous accu­sons le pape François ».

Les trois rédac­teurs de ce libelle – Christopher A. Ferrara et Michael J. Matt du Remnant et John Vennari de Catholic Family News – appar­te­nant à la mou­vance néo-​conservatrice amé­ri­caine, se sen­taient « à l’aise » avec le pape Benoît XVI et espé­raient qu’il res­tau­re­rait la véri­té catho­lique mise à mal depuis le Concile Vatican II.

Depuis la renon­cia­tion de celui en qui ils avaient mis leurs espoirs de redres­se­ment, ils ont com­men­cé à réa­li­ser que le véri­table com­bat doc­tri­nal était mené par les héri­tiers de Mgr Lefebvre. Les erre­ments du nou­veau pape les ont confor­té dans cette vision et les ont pous­sé à mani­fes­ter publi­que­ment leurs pro­fonds désac­cords avec ce qu’ils consi­dèrent comme l’auto-​démolition de l’Eglise en décla­rant « ren­trer en résis­tance licite » contre le pape régnant et « s’op­po­ser » à lui.

Leur lettre de pré­sen­ta­tion se conclue par ses mots : 

« Nous avons été gui­dés aus­si bien par l’en­sei­gne­ment de saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Église, en ce qui concerne la résis­tance licite à un rebelle Pontife Romain : « Par consé­quent, tout comme il serait légi­time de résis­ter à un Pontife qui enva­hi­rait un corps, il est donc légi­time de lui résis­ter dans son inva­sion des âmes ou d’en déran­ger l’é­tat, et beau­coup plus s’il devait essayer de détruire l’Église. Je dis qu’il est per­mis de lui résis­ter, en ne fai­sant pas ce qu’il com­mande et en le blo­quant de peur qu’il puisse pro­cé­der selon sa volon­té … [De Controversiis sur le Pontife Romain, Bk. 2, chap. 29] ». 

La Porte Latine du 1er octobre 2016

Lettre de présentation

Votre Sainteté,

Le récit qui suit, écrit dans notre déses­poir en tant qu’humbles membres laïcs, est ce que nous devons appe­ler une accu­sa­tion concer­nant votre pon­ti­fi­cat, qui a été une cala­mi­té pour l’Église toute en pro­por­tion contraire avec lequel il ravit les puis­sances de ce monde. Le point culmi­nant qui nous a pous­sés à entre­prendre cette étape a été la révé­la­tion de votre lettre « confi­den­tielle » aux Évêques de Buenos Aires les auto­ri­sant, uni­que­ment sur la base de vos propres points de vue expri­més dans Amoris Laetitia, à admettre cer­tains adul­tères publics en « deuxième mariage » aux Sacrements de la Confession et de la Sainte Communion sans ferme inten­tion de modi­fier leur vie en ces­sant leurs rela­tions sexuelles adultères.

Vous avez ain­si défié les Paroles de Notre Seigneur Lui-​même qui condamne le divorce et le « rema­riage » comme étant de l’a­dul­tère en soi, sans excep­tion, vous avez bra­vé l’a­ver­tis­se­ment de Saint Paul sur la peine divine pour la récep­tion indigne du Saint-​Sacrement, vous avez défié l’en­sei­gne­ment de vos deux pré­dé­ces­seurs immé­diats qui est conforme avec la Doctrine morale bimil­lé­naire et la dis­ci­pline Eucharistique de l’Église enra­ci­née dans la Révélation Divine, le Code de Droit Canon et toute la Tradition.

Vous avez déjà pro­vo­qué une frac­ture dans la dis­ci­pline uni­ver­selle de l’Église alors que quelques Évêques la main­tiennent encore mal­gré Amoris Laetitia tan­dis que d’autres, y com­pris ceux à Buenos Aires, annoncent un chan­ge­ment basé uni­que­ment sur l’au­to­ri­té de votre scan­da­leuse « Exhortation Apostolique ». Rien de tout cela n’est jamais arri­vé dans l’his­toire de l’Église.

Pourtant, presque sans excep­tion, les membres conser­va­teurs de la hié­rar­chie observent un silence poli­tique tan­dis que les libé­raux se réjouissent publi­que­ment de leur triomphe grâce à vous. Presque per­sonne dans la hié­rar­chie est en oppo­si­tion à votre mépris total de la saine Doctrine et de la pra­tique même si plu­sieurs mur­murent pri­vé­ment contre vos dépré­da­tions. Ainsi, comme il en a été pen­dant la crise Arienne, il incombe aux laïcs de défendre la Foi au milieu d’une défec­tion quasi-​universelle du devoir de la part des hiérarques.

Bien sûr, nous ne sommes rien dans l’ordre des choses et pour­tant, en tant que membres laïcs bap­ti­sés du Corps Mystique, nous sommes dotés du droit don­né par Dieu et du devoir cor­ré­la­tif consa­cré par le droit de l’Église (cf. CDC canon 212) de vous com­mu­ni­quer ain­si qu’à nos frères Catholiques ce qui concerne la crise aiguë que votre gou­ver­ne­ment de l’Église a pro­vo­qué au milieu d’un état déjà chro­nique de crise ecclé­siale sui­vant le Concile Vatican II.

Les ins­tances pri­vées s’étant avé­rées tout à fait inutiles, comme nous le sou­li­gnons ci-​dessous, nous avons publié ce docu­ment pour déchar­ger notre far­deau de conscience face au grave pré­ju­dice que vous avez infli­gé et mena­cez d’in­fli­ger sur les âmes et le bien com­mun ecclé­sial, et aus­si pour exhor­ter nos frères Catholiques à se tenir dans une oppo­si­tion de prin­cipe à votre abus conti­nu de la fonc­tion papale, en par­ti­cu­lier lorsque cela concerne l’en­sei­gne­ment infaillible de l’Église contre l’a­dul­tère et la pro­fa­na­tion de la Sainte Eucharistie.

En pre­nant la déci­sion de publier ce docu­ment, nous avons été gui­dés par l’en­sei­gne­ment du Docteur angé­lique sur une ques­tion de jus­tice natu­relle dans l’Église :

« Remarquons tou­te­fois que, s’il y avait dan­ger pour la foi, les supé­rieurs devraient être repris par les infé­rieurs, même en public. Aussi Paul, qui était sou­mis à Pierre, l’a-​t-​il repris pour cette rai­son. Et à ce sujet la Glose d’Augustin explique : « Pierre lui-​même montre par son exemple à ceux qui ont la pré­émi­nence, s’il leur est arri­vé de s’é­car­ter du droit che­min, de ne point refu­ser d’être cor­ri­gés, même par leurs infé­rieurs » ».[Summa Theologiae, II-​II, Q. 33, Art 4]

Nous avons été gui­dés aus­si bien par l’en­sei­gne­ment de saint Robert Bellarmin, Docteur de l’Église, en ce qui concerne la résis­tance licite à un rebelle Pontife Romain :

« Par consé­quent, tout comme il serait légi­time de résis­ter à un Pontife qui enva­hi­rait un corps, il est donc légi­time de lui résis­ter dans son inva­sion des âmes ou d’en déran­ger l’état, et beau­coup plus s’il devait essayer de détruire l’Église. Je dis qu’il est per­mis de lui résis­ter, en ne fai­sant pas ce qu’il com­mande et en le blo­quant de peur qu’il puisse pro­cé­der selon sa volon­té … [De Controversiis sur le Pontife Romain, Bk. 2, chap. 29] ».

Les Catholiques du monde entier, et pas seule­ment les « Traditionalistes », sont convain­cus que la situa­tion hypo­thé­ti­que­ment envi­sa­gée par Bellarmin est aujourd’­hui une réa­li­té. Cette convic­tion consti­tue la moti­va­tion sous-​jacente à ce document.

Que Dieu soit le juge de la droi­ture de nos intentions.

Christopher A. Ferrara, Chroniqueur Principal, The Remnant

Michael J. Matt, Editeur, The Remnant

John Vennari, Editeur, Catholic Family News

Le 19 sep­tembre 2016, Fête de Saint Janvier au cours du mois de Notre-​Dame des Douleurs

Première partie du libellé de l’accusation

Par la grâce de Dieu et la loi de l’Église, une plainte contre François, Pontife Romain, en rai­son du dan­ger pour la Foi et un grave pré­ju­dice aux âmes et au bien com­mun de la Sainte Église Catholique.

Quel genre d’humilité est-ce ?

Dans la nuit de votre élec­tion, par­lant depuis le bal­con de la Basilique Saint-​Pierre, vous avez décla­ré : « Le devoir du Conclave était de don­ner un Évêque à Rome ». Même si la foule devant vous était com­po­sée de gens de par­tout dans le monde, les membres de l’Église uni­ver­selle, vous avez expri­mé seule­ment des remer­cie­ments « pour l’ac­cueil qui est venu de la com­mu­nau­té dio­cé­saine de Rome ». Vous avez éga­le­ment expri­mé l’es­poir que « ce pèle­ri­nage de l’Église que nous com­men­çons aujourd’­hui » soit « utile pour l’é­van­gé­li­sa­tion de cette belle ville ». Vous avez deman­dé aux fidèles pré­sents sur la Place Saint-​Pierre de prier, non pas pour le Pape, mais « pour leur Évêque » et vous avez dit que le len­de­main vous « iriez prier la Vierge pour qu’elle puisse pro­té­ger Rome ».

Vos remarques étranges à cette occa­sion his­to­rique ont com­men­cé avec les excla­ma­tions banales « Frères et soeurs, bonne soi­rée » et a pris fin avec une inten­tion aus­si banale : « Bonne nuit et dor­mez bien ! » Pas une seule fois au cours de cette pre­mière adresse avez-​vous réfé­ré à vous-​même en tant que Pape ou fait réfé­rence à la digni­té suprême de la fonc­tion à laquelle vous aviez été élu : celle du Vicaire du Christ dont la mis­sion divine est d’en­sei­gner, gou­ver­ner et sanc­ti­fier l’Église uni­ver­selle et diri­ger sa mis­sion à faire des dis­ciples de toutes les nations.

Presque dès le moment de votre élec­tion, une sorte de cam­pagne de rela­tions publiques sans fin a com­men­cé dont le thème est votre humi­li­té sin­gu­lière par­mi les Papes, un simple « Évêque de Rome » par oppo­si­tion aux pré­ten­tions monar­chiques sup­po­sées de vos pré­dé­ces­seurs, de leurs vête­ments éla­bo­rés ain­si que leurs chaus­sures rouges que vous avez évi­tées de por­ter. Vous avez don­né les pre­mières indi­ca­tions d’une décen­tra­li­sa­tion radi­cale de l’au­to­ri­té papale en faveur d’une « Église Synodale » pre­nant exemple sur le point de vue ortho­doxe du « sens de la col­lé­gia­li­té épis­co­pale et de leur expé­rience de la syno­da­li­té ». Les médias en exul­ta­tion ont immé­dia­te­ment salué « la Révolution François ».

Pourtant, cet affi­chage osten­ta­toire de l’hu­mi­li­té a été accom­pa­gné d’un abus de pou­voir de la fonc­tion papale sans pré­cé­dent dans l’his­toire de l’Église. Au cours des trois der­nières années et demie, vous avez sans cesse pro­mu vos propres opi­nions et dési­rs sans la moindre consi­dé­ra­tion pour l’en­sei­gne­ment de vos pré­dé­ces­seurs, pour les tra­di­tions bimil­lé­naires de l’Église ou les immenses scan­dales que vous avez cau­sés. En d’in­nom­brables occa­sions, vous avez cho­qué et confus les fidèles ain­si que ravi les enne­mis de l’Église avec des décla­ra­tions hété­ro­doxes et même absurdes, tout en accu­mu­lant insultes après insultes auprès des Catholiques pra­ti­quants dont vous vous moquez sans cesse comme étant les Pharisiens des der­niers jours et des « rigo­ristes ». Votre com­por­te­ment per­son­nel en est sou­vent arri­vé bien bas par des actes de bouf­fon­ne­rie au grand plai­sir des foules.

Vous avez constam­ment igno­ré l’a­ver­tis­se­ment salu­taire de votre pré­dé­ces­seur immé­diat, qui a démis­sion­né de la papau­té dans des cir­cons­tances mys­té­rieuses huit ans après avoir deman­dé aux Évêques réunis devant lui au début de son pon­ti­fi­cat de : « Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas par crainte des loups ». Pour citer votre pré­dé­ces­seur dans sa pre­mière homé­lie comme Pape :

« Le Pape n’est pas un monarque abso­lu dont les pen­sées et les dési­rs sont des lois. Au contraire : le minis­tère du Pape est une garan­tie de l’o­béis­sance au Christ et à sa Parole. Il ne doit pas pro­cla­mer ses propres idées mais plu­tôt se plier constam­ment lui-​même et l’Église à l’o­béis­sance à la Parole de Dieu, face à toutes les ten­ta­tives de l’a­dap­ter ou de l’édulcorer sous toute forme d’opportunisme ».

Une ingé­rence sélec­tive en poli­tique, tou­jours poli­ti­que­ment correcte

Tout au long de votre man­dat comme « Évêque de Rome », vous avez mon­tré peu de consi­dé­ra­tion pour les limites de l’au­to­ri­té et de la com­pé­tence papale. Vous vous êtes immis­cés dans les affaires poli­tiques telles que la poli­tique de l’im­mi­gra­tion, le droit pénal, l’en­vi­ron­ne­ment, le réta­blis­se­ment des rela­tions diplo­ma­tiques entre les États-​Unis et Cuba (tout en igno­rant le sort des Catholiques sous la dic­ta­ture de Castro) et, même, vous vous êtes oppo­sé au mou­ve­ment de l’in­dé­pen­dance Écossaise. Pourtant, vous refu­sez de vous oppo­ser aux gou­ver­ne­ments laïques quand ils défient les Lois Divine et natu­relle par des mesures telles que la léga­li­sa­tion des « unions homo­sexuelles » qui est une ques­tion de Lois Divine et natu­relle au sujet des­quelles un Pape peut et doit intervenir.

En fait, vos nom­breuses condam­na­tions de maux sociaux — cha­cune d’elles étant des cibles poli­ti­que­ment sûres — sont constam­ment démen­ties par vos propres actions com­pro­met­tant le témoi­gnage de l’Église contre les erreurs mul­tiples de la moder­ni­té :

« Contrairement à l’en­sei­gne­ment constant de l’Église basée sur la Révélation, vous deman­dez l’a­bo­li­tion totale dans le monde de la peine de mort, peu importe la façon la gra­vi­té du crime et même l’a­bo­li­tion des peines à vie, et pour­tant vous n’avez jamais appe­lé à l’a­bo­li­tion de l’a­vor­te­ment léga­li­sé que l’Église a constam­ment condam­né comme l’as­sas­si­nat en masse d’innocents ».

« Vous décla­rez que les simples fidèles pèchent gra­ve­ment s’ils ne par­viennent pas à recy­cler leurs déchets ména­gers et à éteindre l’é­clai­rage inutile alors que vous-​mêmes dépen­sez des mil­lions de dol­lars sur des évé­ne­ments de masse vul­gaires entou­rant votre per­sonne dans divers pays vers les­quels vous voya­gez avec de grandes suites en char­ter jets qui émettent de grandes quan­ti­tés d’é­mis­sions de car­bone dans l’atmosphère ».

« Vous exi­gez l’ou­ver­ture des fron­tières pour les « réfu­giés » Musulmans en Europe, qui sont en majo­ri­té des hommes d’âge mili­taire alors que vous vivez der­rière les murs d’une cité-​état du Vatican qui excluent stric­te­ment les non-​résidents — murs construits par Léo IV pour évi­ter un second pillage Musulman de Rome ».

« Vous par­lez sans cesse des pauvres et des « péri­phé­ries » de la socié­té, mais vous vous alliez avec la hié­rar­chie Allemande riche et cor­rom­pue, pro-​avortement, pro-​contraception, et aus­si avec des célé­bri­tés et des poten­tats du glo­ba­lisme pro-homosexuels ».

Vous raillez la recherche du pro­fit des entre­prises cupides et « l’é­co­no­mie qui tue », tan­dis que vous hono­rez avec des audiences pri­vées et rece­vez des dons somp­tueux des tech­no­crates les plus riches du monde et des chefs d’en­tre­prise per­met­tant même à l’entreprise Porsche de louer la Chapelle Sixtine pour un « magni­fique concert … orga­ni­sé exclu­si­ve­ment pour les par­ti­ci­pants » qui ont payé quelque 6 000 $ cha­cun pour une visite de Rome — la pre­mière fois qu’un Pape a per­mis que cet espace sacré soit uti­li­sé pour un évé­ne­ment d’entreprise ».

« Vous deman­dez une fin à « l’i­né­ga­li­té », alors que vous embras­sez des dic­ta­teurs com­mu­nistes et socia­listes qui vivent dans le luxe tan­dis que les masses souffrent sous leur joug ».

« Vous condam­nez un can­di­dat Américain à la pré­si­dence comme étant un « non Chrétien » parce qu’il cherche à empê­cher l’im­mi­gra­tion clan­des­tine, mais vous ne dites rien contre les dic­ta­teurs athées que vous embras­sez et qui ont com­mis des assas­si­nats de masse, per­sé­cu­tant l’Église et empri­son­nant des Chrétiens dans des états policiers ».

Dans la pro­mo­tion de vos opi­nions per­son­nelles sur la poli­tique et les poli­tiques publiques comme si vos opi­nions étaient la Doctrine Catholique, vous n’avez pas hési­té à abu­ser même de la digni­té d’une ency­clique papale en l’employant pour endos­ser les affir­ma­tions dis­cu­tables et même mani­fes­te­ment et scien­ti­fi­que­ment frau­du­leuses concer­nant le « chan­ge­ment cli­ma­tique », le « cycle du car­bone », la « pol­lu­tion du dioxyde de car­bone » et l’« aci­di­fi­ca­tion des océans ». Le même docu­ment exige aus­si que les fidèles répondent à une pré­ten­due « crise éco­lo­gique » en sou­te­nant des pro­grammes laïques sur l’en­vi­ron­ne­men­ta­lisme, tels que les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, que vous avez loués, même s’ils appellent à « l’ac­cès uni­ver­sel à la san­té sexuelle et repro­duc­tive » qui signi­fie clai­re­ment dans ce pro­gramme la contra­cep­tion et l’avortement.

Un indif­fé­ren­tisme rampant

Étant à peine un pion­nier concer­nant les nou­veau­tés des­truc­trices post-​conciliaires de l’« oecu­mé­nisme » et du « dia­logue inter­re­li­gieux », vous avez pro­mu à un degré jamais vu, même pen­dant les pires années de la crise post-​conciliaire, un indif­fé­ren­tisme reli­gieux spé­ci­fique qui exempte pra­ti­que­ment la mis­sion de l’Église d’être l’arche de salut.

Concernant les Protestants, vous décla­rez qu’ils sont tous membres de la même « Église du Christ » en tant que Catholiques, indé­pen­dam­ment de ce qu’ils croient, et que les dif­fé­rences Doctrinales entre Catholiques et Protestants sont des ques­tions rela­ti­ve­ment tri­viales à être éla­bo­rées par accord entre des théologiens.

Compte tenu de cette opi­nion, vous avez acti­ve­ment décou­ra­gé les conver­sions Protestantes, y com­pris celle de l’« Évêque » Tony Palmer, qui appar­te­nait à une secte Anglicane sépa­rée qui pré­tend ordon­ner des femmes. Comme l’a racon­té Palmer, quand il a men­tion­né son désir de « ren­trer à la mai­son de l’Église Catholique », vous lui avez don­né cette réponse ter­rible : « Personne ne rentre à la mai­son. Vous êtes en che­min vers nous et nous sommes en che­min vers vous et nous allons nous ren­con­trer au milieu ». Le milieu de quoi ? Palmer est mort dans un acci­dent de moto peu après. Sur votre insis­tance, cepen­dant, l’homme dont la conver­sion a été déli­bé­ré­ment entra­vée par vous a été enter­ré en tant qu’Évêque Catholique — une moque­rie qui était contraire à l’en­sei­gne­ment infaillible de votre pré­dé­ces­seur à l’effet que les « ordi­na­tions effec­tuées selon le rite angli­can ont été et sont abso­lu­ment nulles et tout à fait nulles ».[Léon XIII, Apostolicae curae (1896), DZ 3315]

Quant aux autres reli­gions en géné­ral, vous avez adop­té comme pro­gramme vir­tuel l’er­reur très condam­née par le Pape Pie XI seule­ment 34 ans avant Vatican II : « Cette fausse opi­nion qui consi­dère que toutes les reli­gions sont plus ou moins bonnes et louables car elles mani­festent toutes de dif­fé­rentes façons et signi­fient ce sens qui est inné en cha­cun de nous et par lequel nous sommes emme­nés vers Dieu et à la recon­nais­sance obéis­sante de Son Règne ». Vous avez été tout à fait inat­ten­tif à l’a­ver­tis­se­ment de Pie XI : « Que celui qui sup­porte ceux qui endossent ces théo­ries et tente de les réa­li­ser, aban­donne tout à fait la reli­gion divi­ne­ment révé­lée ». À cet égard, vous avez lais­sé entendre que même les athées peuvent être sau­vés sim­ple­ment en fai­sant du bien, sus­ci­tant ain­si des éloges ravis par les médias.

Il semble que, selon votre point de vue, la thèse héré­tique de Rahner por­tant sur le « Chrétien ano­nyme » et qui embrasse la quasi-​totalité de l’hu­ma­ni­té et impli­quant le salut uni­ver­sel, a défi­ni­ti­ve­ment rem­pla­cé l’en­sei­gne­ment de Notre Seigneur qui affirme le contraire : « Celui qui croi­ra et sera bap­ti­sé sera sau­vé ; mais celui qui ne croi­ra pas sera condam­né (Mc 16,16) ».

S’il vous plaît priez pour François.

Deuxième partie du libellé de l’accusation

Une dis­cul­pa­tion absurde de l’Islam

En assu­mant le rôle d’un exé­gète Coranique afin de dis­cul­per le culte de Mahomet de son lien his­to­rique inin­ter­rom­pu visant à conqué­rir et à per­sé­cu­ter bru­ta­le­ment des Chrétiens, vous décla­rez : « Face aux épi­sodes de fon­da­men­ta­lisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous por­ter à évi­ter d’odieuses géné­ra­li­sa­tions, parce que le véri­table Islam et une adé­quate inter­pré­ta­tion du Coran s’opposent à toute vio­lence ». [Evangelii gau­dium, 253]

Vous igno­rez toute l’his­toire de la guerre de l’Islam contre le Christianisme qui conti­nue à ce jour ain­si que l’ac­tuel code juri­dique bar­bare et la per­sé­cu­tion des Chrétiens dans les Républiques Islamiques du monde dont l’Afghanistan, l’Iran, la Malaisie, les Maldives, la Mauritanie, le Nigeria, le Pakistan , le Qatar, l’Arabie saou­dite, la Somalie, le Soudan, les Émirats Arabes Unis et le Yémen. Ce sont des régimes d’op­pres­sion intrin­sèques à la Loi de la Charia que les Musulmans croient qu’Allah a pres­crite pour le monde entier et qu’ils tentent d’é­ta­blir par­tout où ils deviennent un pour­cen­tage impor­tant de la popu­la­tion. Comme vous l’a­vez dit vous-​mêmes, cepen­dant, toutes les Républiques Musulmanes manquent d’une com­pré­hen­sion « authen­tique » du Coran !

Vous essayez même de mini­mi­ser com­plè­te­ment le ter­ro­risme Islamique au Moyen-​Orient, en Afrique et au cœur de l’Europe en osant faire une équi­va­lence morale entre les fana­tiques Musulmans bran­dis­sant le Djihad — comme ils l’ont fait depuis que l’Islam est appa­ru — et le « fon­da­men­ta­lisme » ima­gi­naire de la part des Catholiques pra­ti­quants que vous ne ces­sez de condam­ner et d’insulter publi­que­ment. Au cours de l’une des confé­rences de presse lors d’une envo­lée au cours des­quelles vous avez si sou­vent embar­ras­sé l’Église et sapé la Doctrine Catholique, vous avez pro­non­cé cette opi­nion infâme et typique de votre insis­tance absurde que la reli­gion fon­dée par le Dieu incar­né et le culte per­pé­tuel­le­ment violent fon­dé par le dégé­né­ré Mohammed sont sur un pied d’é­ga­li­té morale :

« Je n’aime pas par­ler de vio­lence isla­mique, parce qu’en feuille­tant les jour­naux je vois tous les jours que des vio­lences, même en Italie : celui-​là qui tue sa fian­cée, tel autre qui tue sa belle-​mère, et un autre…… et ceux-​ci sont des Catholiques bap­ti­sés ! Ce sont des Catholiques vio­lents. Si je parle de vio­lence Islamique, je dois par­ler de vio­lence Catholique… Je crois qu’il y a presque tou­jours dans toutes les reli­gions un petit groupe de fon­da­men­ta­listes. Nous en avons. Quand le fon­da­men­ta­lisme arrive à tuer… mais on peut tuer avec la langue comme le dit l’a­pôtre Jacques, ce n’est pas moi qui le dit. On peut aus­si tuer avec le cou­teau, non ? Je ne crois pas qu’il n’est pas juste d’i­den­ti­fier l’Islam avec la violence ».

Ça défie l’imagination qu’un Pontife Romain puisse décla­rer que les crimes com­muns de vio­lence com­mis par des Catholiques et leur simple men­tion, soient mora­le­ment équi­va­lents à la cam­pagne mon­diale de l’Islam radi­cal en matière d’actes ter­ro­ristes, d’assassinats de masse, de tor­tures, d’es­cla­vage et de viols au nom d’Allah. Il semble que vous êtes plus rapide à défendre le culte ridi­cule et mor­tel de Mohammed vis-​à-​vis une juste oppo­si­tion qui cherche à le contrer que vous êtes à défendre la seule véri­table Église contre ses faux accu­sa­teurs innom­brables. C’est bien loin de votre esprit cette affir­ma­tion de l’Église pérenne de l’Islam expri­mée par le Pape Pie XI dans son Acte de Consécration de la race humaine au Sacré-​Cœur : « Sois le Roi de tous ceux qui sont encore impli­qués dans les ténèbres de l’i­do­lâ­trie ou de l’Islamisme et ne refuse pas de les atti­rer dans la Lumière et le Royaume de Dieu ».

Un « rêve » Réformiste sou­te­nu par une poigne de fer

Dans l’en­semble, vous sem­blez être affli­gé par une manie réfor­miste qui ne connaît aucune limite au-​delà de votre « rêve » sur la façon dont l’Église devrait être. Comme vous avez décla­ré dans votre mani­feste papal per­son­nel sans pré­cé­dent, Evangelii Gaudium (nn 27, 49.) :

« J’imagine un choix mis­sion­naire capable de trans­for­mer toute chose, afin que les habi­tudes, les styles, les horaires, le lan­gage et toute struc­ture ecclé­siale devienne un canal adé­quat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation…»

« Plus que la peur de se trom­per j’espère que nous anime la peur de nous ren­fer­mer dans les struc­tures qui nous donnent une fausse pro­tec­tion, dans les normes qui nous trans­forment en juges impla­cables, dans les habi­tudes où nous nous sen­tons tran­quilles, alors que, dehors, il y a une mul­ti­tude affa­mée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-​leur vous-​mêmes à man­ger » (Mc 6, 37).

Incroyablement, vous pro­fes­sez que les « struc­tures » immé­mo­riales et les « normes » de la Sainte Église Catholique ont cruel­le­ment infli­gé la famine spi­ri­tuelle et la mort avant votre arri­vée de Buenos Aires et que, main­te­nant, vous sou­hai­tez chan­ger lit­té­ra­le­ment tout dans l’Église afin de La rendre misé­ri­cor­dieuse. Est-​ce que les fidèles ne voient pas cela comme rien d’autre que le signe d’une méga­lo­ma­nie effrayante ? Vous décla­rez même que l’é­van­gé­li­sa­tion, comme vous la com­pre­nez, ne doit pas être limi­tée par la peur de « l’auto-​préservation » de l’Église —comme si les deux choses étaient en quelque sorte opposées !

Votre rêve vapo­reux de tout refor­mer est accom­pa­gné d’une poigne de fer qui brise toute ten­ta­tive de res­tau­rer le vignoble déjà dévas­té par un demi-​siècle de témé­raires « réformes ». Car, comme vous avez révé­lé dans votre mani­feste (Evangelii Gaudium, 94), vous êtes rem­pli de mépris pour les Catholiques ayant l’esprit de la Tradition que vous accu­sez témé­rai­re­ment d’un « néo-péla­gia­nisme auto­ré­fé­ren­tiel et pro­mé­théen » et de « se sen­tir supé­rieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déter­mi­nées ou parce qu’ils sont inébran­la­ble­ment fidèles à un cer­tain style Catholique jus­te­ment propre au passé ».

Vous ridi­cu­li­sez même une « pré­su­mée sécu­ri­té doc­tri­nale ou dis­ci­pli­naire » parce que, selon vous, elle « donne lieu à un éli­tisme nar­cis­sique et auto­ri­taire, où, au lieu d’évangéliser, on ana­lyse et clas­si­fie les autres… » Mais c’est vous qui êtes constam­ment à clas­ser et à ana­ly­ser les autres avec un flot inin­ter­rom­pu de péjo­ra­tifs, de cari­ca­tures, d’insultes et de condam­na­tions des Catholiques pra­ti­quants que vous jugez insuf­fi­sam­ment sen­sibles au « Dieu des sur­prises » que vous avez intro­duit au cours du Synode.

D’où votre des­truc­tion bru­tale des Frères flo­ris­sants Franciscains de l’Immaculée, à cause d’une « dérive cer­tai­ne­ment Traditionaliste ». Cela a été sui­vi par votre décret à l’effet que, désor­mais, toute ten­ta­tive d’ins­ti­tuer un nou­vel ins­ti­tut dio­cé­sain pour la vie consa­crée (par exemple, pour accueillir les membres dépla­cés des Frères) sera nulle et non ave­nue sans la « consul­ta­tion » préa­lable avec le Saint-​Siège (c’est-à-dire une auto­ri­sa­tion qui pour­ra et sera rete­nue de fac­to indé­fi­ni­ment). Vous dimi­nuez ain­si consi­dé­ra­ble­ment l’au­to­no­mie pérenne des Évêques dans leurs dio­cèses alors même que vous prê­chez une nou­velle ère de « col­lé­gia­li­té » et « synodalité ».

À cibler les cou­vents cloî­trés, vous avez en outre décré­té des mesures pour obli­ger la ces­sion de leur auto­no­mie locale aux fédé­ra­tions régies par des bureau­crates ecclé­siaux, vous bri­sez la rou­tine des cloîtres en les obli­geant à aller à des « for­ma­tions » exté­rieures, vous obli­gez les cloîtres à accueillir des laïcs dans leurs cloîtres pour l’a­do­ra­tion Eucharistique sans comp­ter la scan­da­leuse dis­qua­li­fi­ca­tion des majo­ri­tés de vote conven­tuels si elles sont des « per­sonnes âgées » et qu’elles ne comblent pas une exi­gence uni­ver­selle de neuf années de « for­ma­tion » avant les vœux finals, ce qui est cer­tain d’é­touf­fer de nou­velles voca­tions et d’assurer l’ex­tinc­tion de la plu­part des cloîtres restants.

Que Dieu nous aide !

Un élan impla­cable d’a­dap­ter l’immoralité sexuelle dans l’Église

Mais rien ne dépasse l’ar­ro­gance et l’au­dace avec les­quelles vous avez pour­sui­vi sans relâche l’im­po­si­tion sur l’Église uni­ver­selle de la même pra­tique de mal que vous avez auto­ri­sée comme Archevêque de Buenos Aires : l’ad­mi­nis­tra­tion sacri­lège du Saint-​Sacrement aux per­sonnes vivant dans des « seconds mariages » adul­tères ou coha­bi­tant ensemble sans même béné­fi­cier d’une céré­mo­nie civile.

Dès les pre­miers moments presque de votre élec­tion, vous avez pro­mu la « pro­po­si­tion Kasper » — reje­tée à plu­sieurs reprises par le Vatican sous Jean-​Paul II. Le Cardinal Walter Kasper, un libé­ral pur et dur même au sein de la hié­rar­chie Allemande libé­rale, avait long­temps plai­dé pour l’ad­mis­sion des per­sonnes divor­cés et « rema­riés » à la Sainte Communion dans « cer­tains cas » et selon un « che­min péni­ten­tiel » bidon qui les aurait admis au Sacrement pen­dant qu’ils pour­suivent leurs rela­tions sexuelles adul­tères. Kasper appar­te­nait au « groupe de Saint Gall » qui a fait des pres­sions pour votre élec­tion et, par la suite, vous avez roya­le­ment récom­pen­sé sa per­sé­vé­rance dans l’er­reur, avec la presse lui don­nant l’heureuse appel­la­tion de « théo­lo­gien du Pape ».

Vous avez com­men­cé à pré­pa­rer la voie pour votre inno­va­tion des­truc­tive par un recours à des slo­gans déma­go­giques. Comme votre mani­feste (Evangelii gau­dium, 47) a décla­ré en novembre 2013 : « L’Eucharistie, même si elle consti­tue la plé­ni­tude de la vie sacra­men­telle, n’est pas un prix des­ti­né aux par­faits, mais un géné­reux remède et un ali­ment pour les faibles. Ces convic­tions ont aus­si des consé­quences pas­to­rales que nous sommes appe­lés à consi­dé­rer avec pru­dence et audace. Nous nous com­por­tons fré­quem­ment comme des contrô­leurs de la grâce et non comme des facilitateurs ».

Cet appel fla­grant à cari­ca­tu­rer émo­ti­ve­ment la récep­tion digne du Saint-​Sacrement en état de grâce comme « un prix des­ti­né aux par­faits » insi­nuant tout sédi­tieu­se­ment que l’Église a trop long­temps pri­vé les « faibles » de la « nour­ri­ture » Eucharistique. D’où votre accu­sa­tion déma­go­gique éga­le­ment que les ministres sacrés de l’Église ont agi cruel­le­ment comme « des contrô­leurs de la grâce et non comme des faci­li­ta­teurs » en niant la Sainte Communion aux « faibles » par oppo­si­tion aux « par­faits », et que vous devez remé­dier à cette injus­tice avec « assurance ».

Mais, bien sûr, la Sainte Eucharistie n’est pas un « ali­ment » ou un « géné­reux remède » pour l’évincement du péché mor­tel. Bien au contraire, sa récep­tion sachant être dans cet état est une pro­fa­na­tion mor­telle pour l’âme et pro­voque par consé­quent la dam­na­tion : « C’est pour­quoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou boit de sa coupe de façon indigne, se rend cou­pable de péché envers le Corps et le Sang du Seigneur.Que cha­cun donc s’exa­mine soi-​même et qu’il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ;car si quel­qu’un mange du pain et boit de la coupe sans recon­naître leur rela­tion avec le Corps du Seigneur, il attire ain­si le juge­ment sur lui-​même ». (1 Cor. 11 : 27–29)

Comme tout enfant cor­rec­te­ment caté­chi­sé le sait, la Confession est le médi­ca­ment par lequel le péché mor­tel est remé­dié alors que l’Eucharistie (aidée par le recours régu­lier à la Confession) est une nour­ri­ture spi­ri­tuelle pour main­te­nir et accroître l’é­tat de grâce suite à l’ab­so­lu­tion pour que l’on ne tombe pas dans le péché mor­tel à nou­veau mais que l’on gran­disse dans la com­mu­nion avec Dieu. Mais il semble que le concept même de péché mor­tel est absent du cor­pus de vos docu­ments offi­ciels, de vos adresses, de vos remarques et de vos déclarations.

Ne lais­sant sans aucun doute sur votre plan, seule­ment quelques mois plus tard, lors du « Consistoire Extraordinaire sur la Famille » vous avez orga­ni­sé les évé­ne­ments de telle sorte que nul autre que le Cardinal Kasper soit le seul ora­teur for­mel. Au cours de son dis­cours de deux heures, le 20 février 2014 —dis­cours que vous vou­liez être gar­dé secret mais qui a été divul­gué à la presse ita­lienne comme un « secret » et un docu­ment « exclu­sif » — Kasper a pré­sen­té sa pro­po­si­tion folle d’ad­mettre cer­tains adul­tères publics à la Sainte Communion fai­sant allu­sion direc­te­ment à votre slo­gan : « Les Sacrements ne sont pas un prix pour ceux qui se com­portent bien ou pour une élite, en excluant ceux qui ont le plus besoin [EG 47] ». Vous n’a­vez pas vacillé depuis ce temps dans votre déter­mi­na­tion à ins­ti­tu­tion­na­li­ser dans l’Église le grave abus de l’Eucharistie que vous avez per­mis à Buenos Aires.

À cet égard, il semble que vous avez peu de consi­dé­ra­tion pour le mariage sacra­men­tel comme un fait objec­tif par oppo­si­tion à ce que les gens res­sentent sub­jec­ti­ve­ment sur l’é­tat des rela­tions immo­rales que l’Église ne peut jamais recon­naître comme mariage. Dans des remarques qui, à elles seules, dis­cré­di­te­ront votre pon­ti­fi­cat bizarre jus­qu’à la fin des temps, vous avez décla­ré que « la grande majo­ri­té de nos mariages sacra­men­tels sont nuls » alors que cer­taines per­sonnes qui coha­bitent sans mariage peuvent avoir « un vrai mariage » à cause de leur « fidé­li­té ». Est-​ce que ces remarques sont peut-​être le reflet de votre soeur divor­cée et « rema­riée » et de votre neveu qui vit en cohabitation ?

Cette opi­nion, qu’un cano­niste répu­té a, à juste titre, consi­dé­ré « absurde », a pro­vo­qué la pro­tes­ta­tion dans le monde entier de la part des fidèles. Dans un effort pour réduire au mini­mum le scan­dale », la trans­crip­tion offi­cielle » du Vatican a modi­fié vos paroles concer­nant la « grande majo­ri­té de nos mariages sacra­men­tels » à « une par­tie de nos mariages sacra­men­tels » mais a lais­sé intacte votre appro­ba­tion hon­teuse de la coha­bi­ta­tion immo­rale comme étant un « vrai mariage ».

Vous ne vous sem­blez pas non plus pré­oc­cu­pé par le sacri­lège impli­qué chez les adul­tères publics et les per­sonnes en union libre qui reçoivent le Corps, Sang, Âme et Divinité du Christ dans la Sainte Eucharistie. Comme vous avez dit à cette femme en Argentine à qui vous avez don­né la « per­mis­sion » par télé­phone de rece­voir la Communion tout en vivant en état d’a­dul­tère avec un homme divor­cé : « Un peu de pain et de vin ne fait aucun mal ». Vous n’avez jamais nié l’histoire de cette femme et ce serait seule­ment com­pa­tible avec votre refus de vous mettre à genoux à la Consécration ou devant le Saint-​Sacrement expo­sé même si vous n’avez aucune dif­fi­cul­té à vous mettre à genoux pour bai­ser les pieds des Musulmans pen­dant votre paro­die gro­tesque du Mandatum tra­di­tion­nel du Jeudi Saint que vous avez aban­don­né. Ça cadre­rait éga­le­ment avec vos remarques à cette femme Luthérienne, dans l’é­glise Luthérienne où vous avez pari­ci­pé un dimanche, à savoir que le Dogme de la Transsubstantiation est une simple « inter­pré­ta­tion », que « la vie est plus grande que les expli­ca­tions et les inter­pré­ta­tions et qu’elle devrait « par­ler au Seigneur » sur l’op­por­tu­ni­té de rece­voir la Communion dans une Église Catholique — sur les­quels conseils, elle a sui­vi plus tard votre encou­ra­ge­ment évident.

En ligne avec votre mépris du mariage sacra­men­tel, il y a aus­si votre « réforme » pré­ci­pi­tée et secrète du pro­ces­sus des nul­li­tés que vous avez impo­sée à l’Église sans consul­ter aucun des dicas­tères com­pé­tents du Vatican. Votre Motu Proprio Mitis Iudex Dominus Iesus érige le cadre d’une véri­table usine à nul­li­tés dans le monde entier avec une pro­cé­dure « accé­lé­rée » et de nou­veaux motifs nébu­leux pour un recours en demande de nul­li­té accé­lé­rée. Comme le res­pon­sable de votre réforme clan­des­ti­ne­ment arti­fi­cielle a expli­qué plus tard, votre inten­tion expresse est de pro­mou­voir par­mi les Évêques une « conver­sion », un chan­ge­ment de men­ta­li­té qui les convainc et les sou­tient à la suite de l’in­vi­ta­tion du Christ, pré­sent dans leur frère, l’Évêque de Rome, de pas­ser d’un nombre res­treint de quelques mil­liers de nul­li­tés à ce [nombre] incom­men­su­rable de mal­heu­reux qui pour­raient béné­fi­cié d’une décla­ra­tion de nullité … »

Ainsi « l’Évêque de Rome [ demande donc ] à ses col­lègues Évêques : une forte aug­men­ta­tion du nombre de nul­li­tés ! Un jour­na­liste Catholique émi­nent a rap­por­té plus tard la sor­tie d’un dos­sier de sept pages dans les­quelles les fonc­tion­naires de la Curie ont « pris à par­tie juri­di­que­ment » le motu pro­prio du Pape … ont accu­sé le Saint-​Père de renon­cer à un Dogme impor­tant et ont affir­mé qu’il a intro­duit de fac­to le « divorce Catholique ». Ces fonc­tion­naires ont déplo­ré ce que ce jour­na­liste a décrit comme « un Führer ecclé­sias­tique de prin­cipe », gou­ver­nant de haut en bas, par décret et sans aucune consul­ta­tion ni aucun contrôle ». Les mêmes fonc­tion­naires craignent que « le motu pro­prio condui­ra à une inon­da­tion de nul­li­tés et qu’à par­tir de main­te­nant, les couples seraient en mesure de sim­ple­ment quit­ter leur mariage Catholique sans pro­blème ». Ces fonc­tion­naires sont « hors d’eux » et se sentent obli­gés de « parler » … »

Mais vous n’êtes rien d’autre que cohé­rent dans la pour­suite de vos objec­tifs. Au début de votre pon­ti­fi­cat, lors d’une des confé­rences de presse en vol au cours de laquelle vous avez d’a­bord révé­lé vos plans, vous avez décla­ré : « Les Orthodoxes suivent la théo­lo­gie de l’é­co­no­mie, comme ils l’ap­pellent, et ils donnent une seconde chance au mariage [sic ], ils le per­mettent. Je crois que ce pro­blème doit être étu­dié ». Pour vous, l’ab­sence d’une « deuxième chance du mariage » dans l’Église Catholique est un pro­blème à étu­dier. Vous avez clai­re­ment pas­sé les trois der­nières années et demi — à vous ingé­nier à savoir com­ment impo­ser à l’Église quelque chose se rap­pro­chant de la pra­tique Orthodoxe.

Un cano­niste répu­té qui est un consul­tant pour la Signature Apostolique a aver­ti du résul­tat qui s’ensuivrait de votre mépris dan­ge­reux de la réa­li­té du mariage sacramentel :

« Une crise (au sens grec du terme) sur le mariage se déroule dans l’Église et c’est une crise qui, selon moi, débou­che­ra sur la dis­ci­pline matri­mo­niale et la loi .… Je pense que la crise du mariage qu’il [François] occa­sionne en vien­dra à savoir si l’enseignement de l’Église sur le mariage, que tout le monde pré­tend hono­rer, sera concrè­te­ment et effi­ca­ce­ment pro­té­gé par la loi de l’Église ou, si les caté­go­ries cano­niques trai­tant de la Doctrine du mariage devien­dront si défor­mées (ou tout sim­ple­ment igno­rées) comme si l’on relè­gue­ra essen­tiel­le­ment le mariage et la vie conju­gale au domaine de l’o­pi­nion per­son­nelle et de la conscience individuelle.

Amoris Laetitia : Le motif réel pour le Synode Bidon

Cette crise a atteint son apo­gée après la conclu­sion de votre désas­treux « Synode sur la Famille ». Bien que vous ayez mani­pu­lé cet évé­ne­ment du début à la fin pour obte­nir le résul­tat que vous dési­riez — la Sainte Communion pour les adul­tères publics dans « cer­tains cas » — c’est tom­bé à court de vos attentes en rai­son de l’op­po­si­tion des Pères Synodaux conser­va­teurs que vous avez déma­go­gi­que­ment dénon­cés comme ayant « des cœurs fer­més qui se cachent sou­vent même der­rière les ensei­gne­ments de l’Église ou de bonnes inten­tions, pour s’asseoir dans la Chaire de Moïse et juger, par­fois avec la supé­rio­ri­té et la super­fi­cia­li­té, les cas dif­fi­ciles et les familles blessées ». 

Dans un abus bru­tal de rhé­to­rique, vous avez com­pa­ré vos adver­saires épis­co­paux Orthodoxes aux Pharisiens, qui pra­ti­quaient le divorce et le « rema­riage » selon la dis­pense mosaïque. Ce sont ces mêmes Évêques qui ont défen­du l’en­sei­gne­ment du Christ contre les Pharisiens — et contre vos propres des­seins ! En effet, vous sem­blez avoir l’in­ten­tion de faire revivre une accep­ta­tion Pharisaïque du divorce par le biais d’une « pra­tique néo-​mosaïque ». Un jour­na­liste Catholique célèbre connu pour son approche modé­rée dans l’a­na­lyse des affaires de l’Église a pro­tes­té contre votre com­por­te­ment répré­hen­sible : « Pour un Pape de cri­ti­quer ceux qui res­tent fidèles à cette tra­di­tion et de les carac­té­ri­ser comme non misé­ri­cor­dieux et comme s’a­li­gnant aux Pharisiens aux cœurs endur­cis face à Jésus Miséricordieux est bizarre ».

En fin de compte, l’« aven­ture syno­dale » qui vous exal­tait s’est révé­lée comme rien d’autre qu’un simu­lacre afin de dis­si­mu­ler la conclu­sion à l’avance de votre épou­van­table « Exhortation Apostolique » Amoris Laetitia. Là vos écri­vains fan­tômes, prin­ci­pa­le­ment dans le cha­pitre huit, emploient l’am­bi­guï­té artis­tique pour ouvrir grande la porte à la Sainte Communion aux adul­tères publiques en rédui­sant la loi natu­relle inter­di­sant l’a­dul­tère à une « norme géné­rale » à laquelle il peut y avoir des excep­tions pour les per­sonnes qui « ont beau­coup de dif­fi­cul­té à sai­sir les valeurs com­prises dans la norme » ou qui vivent « dans une situa­tion concrète qui ne leur per­mette pas d’a­gir dif­fé­rem­ment … ( 2, 301, 304) » Amoris Laetitia est une ten­ta­tive claire de faire pas­ser une forme atté­nuée de l’é­thique de la situa­tion dans les ques­tions de morale sexuelle comme si l’er­reur pou­vait être ain­si réduite.

Votre obses­sion évi­dente à légi­ti­mer la Sainte Communion pour les adul­tères publics vous a conduit à défier l’en­sei­gne­ment constant moral et la dis­ci­pline sacra­men­telle intrin­sè­que­ment liée de l’Église, confir­mée par vos deux pré­dé­ces­seurs immé­diats. Cette dis­ci­pline est basée sur l’en­sei­gne­ment de Notre Seigneur Lui-​Même sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage ain­si que sur l’en­sei­gne­ment de saint Paul sur la puni­tion divine en rai­son de la récep­tion indigne de la Sainte Communion. Pour citer Jean-​Paul II à cet égard :

« L’Église, cepen­dant, réaf­firme sa dis­ci­pline, fon­dée sur l’Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la Communion Eucharistique les divor­cés rema­riés. Ils se sont ren­dus eux-​mêmes inca­pables d’y être admis car leur état et leur condi­tion de vie est en contra­dic­tion objec­tive avec la com­mu­nion d’a­mour entre le Christ et l’Église, telle qu’elle s’ex­prime et est ren­due pré­sente dans l’Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pas­to­ral par­ti­cu­lier : si l’on admet­tait ces per­sonnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et com­pren­draient mal la Doctrine de l’Église concer­nant l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage ».

« La récon­ci­lia­tion par le Sacrement de péni­tence – qui ouvri­rait la voie au sacre­ment de l’Eucharistie – ne peut être accor­dée qu’à ceux qui se sont repen­tis d’a­voir vio­lé le signe de l’Alliance et de la fidé­li­té au Christ, et sont sin­cè­re­ment dis­po­sés à une forme de vie qui ne soit plus en contra­dic­tion avec l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage. Cela implique concrè­te­ment que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs — par l’exemple l’é­du­ca­tion des enfants —, rem­plir l’o­bli­ga­tion de la sépa­ra­tion, « ils prennent l’en­ga­ge­ment de vivre en com­plète conti­nence, c’est-​à-​dire en s’abs­te­nant des actes réser­vés aux époux ». [Familiaris consor­tio, n. 84]

Vous avez igno­ré les doléances des prêtres à tra­vers le monde, des théo­lo­giens et des phi­lo­sophes moraux, des asso­cia­tions Catholiques et des jour­na­listes, et même quelques pré­lats cou­ra­geux au sein d’une hié­rar­chie autre­ment silen­cieuse, pour vous rétrac­ter ou pour « cla­ri­fier » les ambi­guï­tés ten­dan­cieuses et les erreurs pures et simples d’Amoris Laetitia, en par­ti­cu­lier au cha­pitre huit .

Une erreur morale grave main­te­nant expli­ci­te­ment approuvée

Et main­te­nant, allant au-​delà d’une uti­li­sa­tion détour­née de l’am­bi­guï­té, vous avez auto­ri­sé expli­ci­te­ment dans les cou­lisses ce que vous avez entre­te­nu comme ambi­gu en public. Votre jeu a été mis en lumière avec la fuite de votre lettre « confi­den­tielle » aux Évêques de la région pas­to­rale de Buenos Aires — où, comme Archevêque, vous aviez déjà auto­ri­sé ce sacri­lège de masse dans les vil­las (bidon­villes).

Dans cette lettre, vous louez le docu­ment des Évêques concer­nant les « Critères de base pour l’ap­pli­ca­tion du cha­pitre huit d’Amoris Laetitia » — comme s’il y avait une obli­ga­tion d’« appli­quer » le docu­ment de manière à pro­duire un chan­ge­ment dans la dis­ci­pline sacra­men­telle bimil­lé­naire de l’Église. Vous écri­vez : « Le docu­ment est très bon et explique le sens du cha­pitre VIII de Amoris Laetitia com­plè­te­ment. Il n’y a pas d’autres inter­pré­ta­tions ». Est-​ce une coïn­ci­dence que ce docu­ment pro­vienne de l’Archidiocèse même où, comme Archevêque, vous aviez depuis long­temps auto­ri­sé l’ad­mis­sion des adul­tères publics et les per­sonnes vivant en coha­bi­ta­tion à la Sainte Communion ?

Ce qui était clai­re­ment sous-​entendu aupa­ra­vant est désor­mais ren­du expli­cite et ceux qui insis­taient qu’Amoris Laetitia n’avait rien chan­gé passent pour des imbé­ciles. Le docu­ment que vous louez main­te­nant comme la seule inter­pré­ta­tion cor­recte d’Amoris Laetitia sape radi­ca­le­ment la Doctrine et la pra­tique de l’Église que vos pré­dé­ces­seurs ont défen­dues. En pre­mier lieu, ça réduit à une « option » l’im­pé­ra­tif moral que les couples divor­cés et « rema­riés » « vivent dans la conti­nence com­plète, c’est-à-dire par l’abs­ti­nence des actes réser­vés aux couples mariés ». Selon les Évêques de Buenos Aires — avec votre appro­ba­tion — c’est sim­ple­ment « pos­sible de pro­po­ser qu’ils fassent l’ef­fort de vivre dans la conti­nence. Amoris Laetitia n’ignore pas les dif­fi­cul­tés de cette option ».

Comme la Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’a décla­ré défi­ni­ti­ve­ment, il y a seule­ment 18 ans de cela sous le règne du Pape même que vous avez cano­ni­sé : « Si le mariage préa­lable de deux membres des fidèles divor­cés et rema­riés était valable, en aucun cas, leur nou­velle union doit être consi­dé­rée légale et consé­quem­ment la récep­tion des Sacrements est intrin­sè­que­ment impos­sible. La conscience de l’in­di­vi­du est liée à cette norme sans excep­tion ». Tel est l’en­sei­gne­ment constant de l’Église Catholique pen­dant deux millénaires.

De plus, aucun curé ou même un Évêque n’a le pou­voir d’ho­no­rer dans le soi-​disant « for interne » l’affirmation de quelqu’un vivant en état d’a­dul­tère dont la « conscience » lui dit que son mariage sacra­men­tel était vrai­ment inva­lide parce que, comme la Congrégation pour la Doctrine de la Foi l’a de plus admo­nes­té : « Le mariage a un carac­tère ecclé­sial public fon­da­men­tal et l’axiome s’applique « nemo iudex in pro­pria cau­sa » (per­sonne n’est juge dans son propre cas), les cas conju­gaux doivent être réso­lus dans le for externe. Si les membres des fidèles divor­cés et rema­riés croient que leur mariage anté­rieur était inva­lide, ils sont ain­si obli­gés de faire appel au tri­bu­nal de mariage com­pé­tent afin que la ques­tion soit exa­mi­née objec­ti­ve­ment et selon toutes les pos­si­bi­li­tés juri­diques disponibles ».

Après avoir réduit une norme morale sans excep­tion enra­ci­née dans la Révélation Divine à une option, les Évêques de Buenos Aires, en citant Amoris Laetitia comme étant leur seule source d’autorité en 2 000 ans d’en­sei­gne­ment de l’Église, déclarent de plus : « Dans d’autres cir­cons­tances, plus com­plexes, et quand il est impos­sible d’obtenir une décla­ra­tion de nul­li­té, l’op­tion men­tion­née ci-​dessus ne peut pas, en fait, être pos­sible ». Une norme morale uni­ver­selle est donc relé­guée à la caté­go­rie d’une simple ligne direc­trice pour être igno­rée si un prêtre local estime « irréa­li­sable » dans cer­tains « cir­cons­tances com­plexes » non défi­nies. Quels sont exac­te­ment ces « cir­cons­tances com­plexes » et qu’est-​ce que la « com­plexi­té » a à voir avec les normes morales sans excep­tion fon­dées sur la Révélation ?

Enfin, les Évêques arrivent à la conclu­sion désas­treuse que vous êtes par­ve­nu à impo­ser à l’Église depuis le début de l’« aven­ture Synodale » ce qu’ils en disent ici :

« Néanmoins, il est éga­le­ment pos­sible d’en­tre­prendre une aven­ture de dis­cer­ne­ment. Si on arrive à la recon­nais­sance du fait que, dans un cas par­ti­cu­lier, il y a des limites qui dimi­nuent l’imputabilité et la culpa­bi­li­té (cf. 301–302), en par­ti­cu­lier quand une per­sonne juge qu’elle tom­be­rait dans une faute sub­sé­quente en fai­sant tort aux enfants de la nou­velle union , Amoris Laetitia ouvre la pos­si­bi­li­té d’ac­cès aux Sacrements de la récon­ci­lia­tion et de l’Eucharistie (cf. note 336 et 351). Ceux-​ci, à son tour dis­posent la per­sonne à conti­nuer à matu­rer et à croître de plus en plus à l’aide de la grâce ».

Avec votre louange et appro­ba­tion, les Évêques de Buenos Aires déclarent pour la pre­mière fois dans l’his­toire de l’Église qu’une classe mal défi­nie de per­sonnes vivant dans l’a­dul­tère peut être absoute et rece­voir la Sainte Communion, tout en res­tant dans cet état. Les consé­quences sont catastrophiques.

S’il vous plaît priez pour le Saint-Père

Troisième partie du libellé de l’accusation

Une « pra­tique pas­to­rale » en guerre avec la Doctrine

Vous avez approu­vé comme la seule inter­pré­ta­tion cor­recte d’Amoris Laetitia un cal­cul moral qui, dans la pra­tique sape­ra tout l’ordre moral, non seule­ment les normes de la morale sexuelle que vous cher­chez évi­dem­ment à sub­ver­tir. Car, selon vous, l’ap­pli­ca­tion de pra­ti­que­ment toute norme morale peut être consi­dé­rée comme « irréa­li­sable » en ver­tu d’une invo­ca­tion talis­ma­nique de « cir­cons­tances com­plexes » qui doivent être « dis­cer­nées » par un prêtre ou un Évêque en « pra­tique pas­to­rale » alors que la norme est pieu­se­ment défen­due sous forme inchan­gée et inchan­geable comme « norme générale ».

Le cri­tère nébu­leux des « limites qui dimi­nuent la res­pon­sa­bi­li­té et la culpa­bi­li­té » pour­rait être appli­qué à toutes sortes de péché mor­tel habi­tuel, y com­pris la coha­bi­ta­tion — que vous avez déjà com­pa­ré à des « vrais mariages » —aux « unions homo­sexuelles » —aux­quelles vous avez refu­sé de vous oppo­ser à leur léga­li­sa­tion — et à la contra­cep­tion que vous avez incroya­ble­ment décla­ré mora­le­ment admis­sible afin de pré­ve­nir la trans­mis­sion des mala­dies et que le Vatican a confir­mé plus tard être en fait votre point de vue.

Ainsi, l’Église contre­di­rait « dans cer­tains cas » dans la pra­tique ce qu’elle enseigne en prin­cipe en ce qui concerne la morale, ce qui signi­fie que le prin­cipe moral est pra­ti­que­ment ren­ver­sé. Au milieu de l’im­pos­ture syno­dale, mais sans vous men­tion­ner, le Cardinal Robert Sarah a condam­né à juste titre une telle dis­jonc­tion spé­cieuse entre les pré­ceptes moraux et leur « appli­ca­tion pas­to­rale » : « L’idée qui consis­te­rait à pla­cer le Magistère dans une jolie boîte en le déta­chant de la pra­tique pas­to­rale — qui pour­rait évo­luer en fonc­tion des cir­cons­tances, des modes et des pas­sions — est une forme d’hé­ré­sie, une patho­lo­gie schi­zo­phré­nique dangereuse ».

Pourtant, comme vous l’a­vez dit, basé sur le « dis­cer­ne­ment » par des prêtres locaux ou des Ordinaires, cer­taines per­sonnes vivant dans une condi­tion objec­tive d’a­dul­tère peuvent être consi­dé­rées comme sub­jec­ti­ve­ment non cou­pables et admis à la Sainte Communion sans aucun enga­ge­ment à un chan­ge­ment dans leur vie même si elles savent que l’Église enseigne que leur rela­tion est adul­tère. Lors d’un récent inter­view, le célèbre phi­lo­sophe Autrichien, Josef Seifert, un ami du Pape Jean-​Paul II et l’un des nom­breux cri­tiques de Amoris Laetitia dont les demandes pri­vées pour la cor­rec­tion ou le retrait du docu­ment ont été igno­rées par vous, a noté publi­que­ment l’ab­sur­di­té morale et pas­to­rale de ce que vous approu­vez main­te­nant explicitement :

« Comment cela devrait-​il être appli­qué ? Si le prêtre dit à un adul­tère : « Vous êtes un bon adul­tère. Vous êtes en état de grâce Vous êtes une per­sonne très pieuse de sorte que je vous donne mon abso­lu­tion sans que vous ayez à chan­ger votre vie et vous pou­vez aller à la Sainte Communion. Et en arrive un autre et il [le prêtre] dit : « … Oh, vous êtes un vrai adul­tère. Vous devez d’a­bord vous confes­ser. Vous devez révo­quer votre vie, vous devez chan­ger votre vie et alors vous pour­rez aller à la Communion ».

« Je veux dire, com­ment est-​ce que ça devrait fonc­tion­ner ? .… Comment un prêtre peut être juge de l’âme [et] dire qu’un est un vrai pécheur et l’autre est seule­ment un homme inno­cent, mon doux ? Je veux dire que cela semble tota­le­ment impos­sible. Seul un prêtre qui aurait une sorte de vision des âmes comme Padre Pio pour­rait dire cela et, lui, [Padre Pio] ne dirait pas cela ».…

Avec votre louange et votre appro­ba­tion, les Évêques de Buenos Aires sug­gèrent même que les enfants seront lésés si leurs parents divor­cés et « rema­riés » ne sont pas auto­ri­sés à conti­nuer à avoir des rela­tions sexuelles en dehors du mariage alors qu’ils pro­fanent le Saint-​Sacrement. Un défen­seur casuis­tique de votre dévia­tion du sain ensei­gne­ment pré­sume que cela signi­fie que l’a­dul­tère est seule­ment un péché véniel si un par­te­naire dans la rela­tion adul­tère est sous la « contrainte » de conti­nuer à avoir des rela­tions sexuelles adul­tères parce que l’autre par­te­naire menace de lais­ser les enfants à moins qu’il lui soit don­né satis­fac­tion sexuelle. Selon cette logique morale, tout péché mor­tel, y com­pris l’a­vor­te­ment, serait ren­du véniel seule­ment à cause de la menace d’une par­tie pour mettre fin à une rela­tion adul­tère si le péché n’est pas commis.

Pire encore, s’il était pos­sible, les Évêques de Buenos Aires, en se fon­dant uni­que­ment sur vos nou­veau­tés, osent sug­gé­rer que les gens qui conti­nuent habi­tuel­le­ment à se livrer à des rela­tions sexuelles adul­tères vont gran­dir dans la grâce tout en rece­vant de façon sacri­lège la Sainte Communion.

Vous n’avez donc pas concoc­té un simple « chan­ge­ment de dis­ci­pline » mais plu­tôt un chan­ge­ment radi­cal de la Doctrine morale sous-​jacente qui aura pour effet d’ins­ti­tu­tion­na­li­ser une forme d’é­thique de situa­tion dans l’Église, ce qui réduit les pré­ceptes moraux objec­tifs uni­ver­sel­le­ment contrai­gnants à de simples règles géné­rales à par­tir des­quelles il y aurait d’in­nom­brables « excep­tions » sub­jec­tives fon­dées sur des « cir­cons­tances com­plexes » et des « limites » qui sont cen­sées réduire les péchés mor­tels habi­tuels à des péchés véniels ou même à de simples fautes ne pré­sen­tant aucun obs­tacle à la Sainte Communion.

Mais Dieu Incarné n’a pas admis ces « excep­tions » quand il a décré­té par Son Autorité Divine : « 

Tout homme qui ren­voie sa femme et en épouse une autre com­met un adul­tère, et celui qui épouse une femme ren­voyée par son mari com­met un adul­tère ».( Lc 16 :18) Tout le monde.

En outre, comme la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous Jean-​Paul II a décla­ré en reje­tant la « pro­po­si­tion Kasper » qui a clai­re­ment été votre pro­po­si­tion tout au long : « Cette norme [excluant les adul­tères publics des Sacrements] ne sont pas du tout une puni­tion ou une dis­cri­mi­na­tion envers les divor­cés rema­riés, mais exprime une situa­tion objec­tive qui elle-​même rend impos­sible la récep­tion de la Sainte Communion ».

Autrement dit, l’Église ne peut jamais per­mettre à ceux qui vivent dans l’a­dul­tère d’être trai­tés comme si leurs unions immo­rales étaient des mariages valides, même si les par­te­naires de l’a­dul­tère pré­tendent invrai­sem­bla­ble­ment une non culpa­bi­li­té sub­jec­tive tout en vivant sciem­ment en vio­la­tion de l’en­sei­gne­ment infaillible de l’Église. Car le scan­dale qui en résul­te­rait, éro­de­rait et, fina­le­ment, rui­ne­rait la Foi du peuple à la fois sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage et sur la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie. Avec votre appro­ba­tion com­plète, les Évêques de Buenos Aires ont cepen­dant reje­té l’a­ver­tis­se­ment de Jean-​Paul II dans Familiaris Consortio que « si ces per­sonnes étaient admises à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et en confu­sion en ce qui concerne l’en­sei­gne­ment de l’Église sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage ».

En ce moment même dans l’his­toire de l’Église, par consé­quent, vous menez les fidèles « dans l’er­reur et la confu­sion en ce qui concerne l’en­sei­gne­ment de l’Église sur l’in­dis­so­lu­bi­li­té du mariage ». En effet, alors que vous êtes tel­le­ment déter­mi­né à impo­ser votre volon­té éga­rée sur l’Église que dans Amoris lae­ti­tia (n . 303), vous osez sug­gé­rer que Dieu lui-​même excuse les rela­tions sexuelles conti­nues des divor­cés et « rema­riés » s’ils ne peuvent pas faire mieux compte tenu de leurs situa­tions « complexes » :

« Mais cette conscience peut recon­naître non seule­ment qu’une situa­tion ne répond pas objec­ti­ve­ment aux exi­gences géné­rales de l’Évangile. De même, elle peut recon­naître sin­cè­re­ment et hon­nê­te­ment que c’est, pour le moment, la réponse géné­reuse qu’on peut don­ner à Dieu, et décou­vrir avec une cer­taine assu­rance morale que cette réponse est le don de soi que Dieu lui-​même demande au milieu de la com­plexi­té concrète des limi­ta­tions, même si elle n’atteint pas encore plei­ne­ment l’idéal objectif ». 

En approu­vant expli­ci­te­ment la Sainte Communion pour cer­tains adul­tères publics dans votre lettre à Buenos Aires, vous sapez éga­le­ment la capa­ci­té des autres Évêques conser­va­teurs à main­te­nir l’en­sei­gne­ment tra­di­tion­nel de l’Église. Comment les Évêques d’Amérique, du Canada et de la Pologne, par exemple, conti­nue­ront à insis­ter sur la dis­ci­pline bimil­lé­naire de l’Église, intrin­sè­que­ment liée à la véri­té révé­lée, lorsque vous avez fait sa dis­pense à Buenos Aires en ver­tu de l’au­to­ri­té de votre « Exhortation Apostolique » ? Sur quel ter­rain vont-​ils pou­voir tenir contre un essaim d’ob­jec­tions main­te­nant que vous avez sup­pri­mé le sol de la Tradition sous leurs pieds ?

En somme, après des années d’am­bi­guï­té artis­tique en ce qui concerne le sta­tut des adul­tères publics par rap­port à la Confession et la Sainte Communion, vous décla­rez main­te­nant tout aus­si astu­cieu­se­ment le ren­ver­se­ment pré­su­mé de la Doctrine et de la pra­tique de l’Église en employant une lettre « confi­den­tielle » que vous avez cer­tai­ne­ment sue qu’elle serait divul­guée, votre lettre envoyée en réponse à un docu­ment de Buenos Aires que vous pou­viez très bien avoir sol­li­ci­té dans le cadre du pro­ces­sus qui vous a gui­dé depuis l’annonce du « Synode Bidon sur la Famille ».

Comme l’in­tel­lec­tuel Catholique et auteur Antonio Socci l’a écrit : « C’est la pre­mière fois dans l’his­toire de l’Église qu’un Pape a appo­sé sa signa­ture sur un ren­ver­se­ment de la loi morale ». Aucun Pape pré­cé­dent n’a jamais com­mis un tel outrage.

Les « Exceptions » à la loi morale ne peuvent pas être limitées

Curieusement, cepen­dant, votre nou­veau­té en matière de cal­cul moral ne semble pas s’appliquer aux autres péchés que vous condam­nez constam­ment tout en obser­vant atten­ti­ve­ment les limites de la rec­ti­tude poli­tique. Nulle part, par exemple, vous indi­quez que les « cir­cons­tances com­plexes » ou les « limites qui dimi­nuent la res­pon­sa­bi­li­té et la culpa­bi­li­té » excu­se­raient les Mafiosi que vous avez rhé­to­ri­que­ment « excom­mu­niés » en masse et a aver­ti de l’Enfer, les riches que vous condam­nez comme des « sang­sues » ou même les Catholiques pra­ti­quants que vous accu­sez risi­ble­ment de « péché de divi­na­tion » et de « péché d’i­do­lâ­trie » parce qu’ils ne accep­te­ront pas « le Dieu des sur­prises » — c’est-à-dire vos nouveautés.

L’ensemble de votre pon­ti­fi­cat semble avoir été cen­tré sur une décla­ra­tion d’une amnis­tie pour les péchés de la chair seule­ment, les mêmes péchés que, comme Notre-​Dame de Fatima a aver­ti, envoient plus d’âmes en enfer que tout autre. Mais qu’est-​ce qui vous fait pen­ser que le génie moral que vous avez lais­sé sor­tir de la bou­teille, que vous appe­lez le « Dieu des sur­prises » peut se limi­ter uni­que­ment aux pré­ceptes moraux que vous jugez trop rigides dans leur appli­ca­tion ? De créer des excep­tions à un pré­cepte moral qui est sans excep­tion, c’est effec­ti­ve­ment les défaire tous. Vos nou­veau­tés attaquent les fon­da­tions de la Foi et menace de ren­ver­ser tout l’é­di­fice moral de l’Église « comme un châ­teau de cartes » — le résul­tat très réel dont vous avez accu­sé les Catholiques pra­ti­quants de pro­mou­voir en rai­son de leur « rigo­risme » sup­po­sé et de leur atta­che­ment à des « normes mesquines ».

Mais vous êtes insou­ciant de ces consé­quences évi­dentes. Lorsqu’interrogé sur votre approche envers l’op­po­si­tion des « ultra-​conservateurs », qui signi­fie les Évêques et Cardinaux Orthodoxes, vous avez répon­du avec une arro­gance insou­ciante qui est la marque de votre gou­ver­ne­ment de l’Église : « Ils font leur tra­vail et je fais le mien. Je veux une église qui est ouverte, com­pré­hen­sive, qui accom­pagne les familles bles­sées. Ils disent non à tout. Je vais de l’a­vant sans regar­der par-​dessus mon épaule ».

Dans une éton­nante démons­tra­tion de mépris hau­tain pour l’Église dont vous avez été élu chef, vous avez osé dire : « L’Église elle-​même suit par­fois une ligne dure, elle tombe dans la ten­ta­tion de suivre une ligne dure, dans la ten­ta­tion de sou­li­gner seule­ment les règles morales, beau­coup de gens sont exclus ».

Jamais aupa­ra­vant un Pape n’a décla­ré qu’il remé­die­rait per­son­nel­le­ment à l’absence d’ou­ver­ture et de com­pré­hen­sion de l’Église et à sa « ten­ta­tion » de prendre une « ligne dure » sur la mora­li­té de façon à « exclure » les gens. Ces décla­ra­tions de façon déme­su­ré­ment orgueilleuse et alar­mante donnent lieu à l’im­pres­sion que votre élec­tion inat­ten­due repré­sente un déve­lop­pe­ment qua­si apocalyptique.

Ignorant toutes les ins­tances, vous allez de l’a­vant avec votre « Révolution »

Alors que vous avez été affai­ré à votre tra­vail de des­truc­tion, vous avez igno­ré chaque demande pri­vée qui vous fut adres­sée, y com­pris des demandes innom­brables au sujet des­quelles vous affir­mez qu’Amoris Laetitia ne déroge pas à l’en­sei­gne­ment d’avant ain­si qu’à docu­ment pré­pa­ré par un groupe de cher­cheurs Catholiques qui ont iden­ti­fié les pro­po­si­tions héré­tiques et erro­nées dans Amoris Laetitia et qui vous ont invi­té ins­tam­ment à les condam­ner et à les reti­rer. Il est évident que vous n’avez pas l’in­ten­tion d’ac­cep­ter la cor­rec­tion fra­ter­nelle de per­sonne, pas même des Cardinaux qui ont deman­dé que vous « cla­ri­fiez » la confor­mi­té de votre ensei­gne­ment avec le Magistère infaillible.

Au contraire, plus alar­més que deviennent les fidèles, plus har­di­ment vous agis­sez. En conti­nuant votre relâ­che­ment pro­gram­ma­tique de la pra­tique de l’en­sei­gne­ment moral de l’Église en matière de sexua­li­té, vous avez auto­ri­sé le Conseil Pontifical pour la Famille à publier le pre­mier pro­gramme édu­ca­tion­nel « d’éducation sexuelle » jamais pro­mul­gué par le Saint-​Siège. Une des asso­cia­tions de fidèles laïcs qui s’est levée pour défendre la Foi face au silence géné­ral de la hié­rar­chie devant votre assaut par des nou­veau­tés dis­sol­vantes a publié un résu­mé de ce pro­gramme hor­rible qui consti­tue une vio­la­tion fla­grante de l’en­sei­gne­ment constant de l’Église contre toute forme expli­cite d’enseignement d’« édu­ca­tion sexuelle » en milieu scolaire :

- Remise de la for­ma­tion sexuelle des enfants à des édu­ca­teurs tout en lais­sant de côté les parents de l’é­qua­tion.
– Un défaut de nom­mer et de condam­ner les com­por­te­ments sexuels comme la for­ni­ca­tion, la pros­ti­tu­tion, l’a­dul­tère, la sexua­li­té contra­cep­tive, l’ac­ti­vi­té homo­sexuelle et la mas­tur­ba­tion, comme des actions aus­si objec­ti­ve­ment péche­resses qui détruisent la cha­ri­té dans le cœur et qui éloignent de Dieu.
– Un défaut d’a­ver­tir les jeunes au sujet de la pos­si­bi­li­té d’une sépa­ra­tion éter­nelle d’avec Dieu (dam­na­tion) pour avoir com­mis des péchés sexuels graves. L’enfer n’est pas men­tion­né une seule fois.
– Aucune dis­tinc­tion entre le péché mor­tel et le péché véniel.
– Aucune réfé­rence aux 6e et 9e com­man­de­ments, ou à tout autre com­man­de­ment.
– Aucun ensei­gne­ment sur le Sacrement de la Confession comme moyen de réta­blir la rela­tion avec Dieu après avoir com­mis un péché grave.
– Aucune men­tion d’un sain sens de la honte (pudeur) quand il en vient au corps et à la sexua­li­té.
– Enseignement aux gar­çons et aux filles ensemble dans la même classe.
– Partage avec les gar­çons et les filles ensemble dans la classe de leur com­pré­hen­sion des phrases telles que : « Qu’est-​ce que le mot sexe te sug­gère ? »
– Enseignement en classe mixte pour « mon­trer où la sexua­li­té se trouve chez les gar­çons et les filles ».
– Formation sur le « pro­ces­sus d’ex­ci­ta­tion ».
– Utilisation d’images sexuel­le­ment expli­cites et sug­ges­tives dans les ate­liers d’ac­ti­vi­té.
– Recommandation de divers films expli­cites sexuel­le­ment comme trem­plins pour la dis­cus­sion .…
– Aucune men­tion de l’a­vor­te­ment comme un tort grave, mais seule­ment affir­ma­tion qu’il pro­voque « de forts dom­mages psy­cho­lo­giques ».
– Confondre les jeunes en uti­li­sant des expres­sions telles que « rela­tion sexuelle » qui n’indiquent pas l’acte sexuel, mais une rela­tion axée sur la per­sonne tout entière.
– Parler de l’« hété­ro­sexua­li­té » comme quelque chose à être « décou­vert ».
– Utilisation d’ [une célé­bri­té « gay »] comme exemple d’une per­sonne douée et célèbre.
– Approuver le para­digme du « dating » (fré­quen­ta­tions) comme une étape vers le mariage.
– Aucune men­tion du céli­bat comme la forme suprême du don de soi qui consti­tue le sens même de la sexua­li­té humaine.
– Aucune men­tion de l’en­sei­gne­ment du Christ sur le mariage.

La même asso­cia­tion observe que le pro­gramme d’éducation sexuelle « viole les normes pré­cé­dem­ment pro­mul­guées par le même Conseil Pontifical ». Une autre asso­cia­tion laïque pro­teste à l’effet que le pro­gramme « uti­lise fré­quem­ment des images désa­gréables sexuel­le­ment et mora­le­ment expli­cites, qu’il ne par­vient pas à iden­ti­fier clai­re­ment et expli­quer la Doctrine Catholique à par­tir de ses sources élé­men­taires, y com­pris les Dix Commandements et le Catéchisme de l’Église Catholique et qu’il com­pro­met l’in­no­cence et l’in­té­gri­té des jeunes sous la garde légi­time de leurs parents ». Les lea­ders laïcs dans le mou­ve­ment de la famille Catholique l’ont à juste titre dénon­cé comme « com­plè­te­ment immo­ral », « tout à fait inap­pro­prié, » et « tout à fait tra­gique ». Comme l’un d’entre eux a décla­ré : « Les parents ne doivent pas se faire d’illu­sions : le pon­ti­fi­cat du Pape François marque la capi­tu­la­tion des auto­ri­tés vati­canes à la révo­lu­tion sexuelle dans le monde entier et menace direc­te­ment leurs propres enfants ».

Mais cet écart radi­cal à l’en­sei­gne­ment et de la pra­tique anté­rieure est seule­ment en accord avec les nou­veau­tés d’Amoris Laetitia qui pro­clame « la néces­si­té d’une édu­ca­tion sexuelle » dans les « éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment », tout en igno­rant com­plè­te­ment l’en­sei­gne­ment tra­di­tion­nel de l’Église qui affirme que les parents, et non les ensei­gnants dans les salles de classe, ont la res­pon­sa­bi­li­té pre­mière de four­nir des infor­ma­tions néces­saires à leurs enfants dans ce domaine des plus sen­sible, en pre­nant soin de ne pas « tom­ber dans les détails » mais plu­tôt à « employer les remèdes qui pro­duisent le double effet d’ou­vrir la porte à la ver­tu de pure­té et à fer­mer la porte au vice ».

Votre « révo­lu­tion » s’est cepen­dant à peine limi­tée aux ques­tions sexuelles. Vous avez récem­ment convo­qué une com­mis­sion, dont six femmes, pour « étu­dier » la ques­tion des femmes « diacres », qui a déjà été étu­diée par une com­mis­sion du Vatican en 2002. Cette com­mis­sion a conclu que le dia­co­nat appar­tient à l’é­tat clé­ri­cal ordon­né avec le sacer­doce et l’é­pis­co­pat et que ces soi-​disant « dia­co­nesses » dans l’Église pri­mi­tive n’étaient pas des ministres ordon­nés mais des aides ecclé­siaux avec pas plus d’au­to­ri­té que des reli­gieuses, qui ont effec­tué des ser­vices limi­tés pour les femmes, mais cer­tai­ne­ment pas les bap­têmes ou les mariages. Les « dea­co­nettes » que vous sem­blez envi­sa­ger ne seraient donc rien de plus que des femmes fai­sant la mas­ca­rade en habit ecclé­sias­tique, puisque des femmes ne peuvent éven­tuel­le­ment pas rece­voir un quel­conque degré du Sacrement de l’Ordre.

Comme vous conti­nuez à por­ter atteinte au res­pect de la gra­vi­té abso­lue et du carac­tère sur­na­tu­rel du mariage sacra­men­tel, il semble que vous vous apprê­tiez à saper davan­tage un res­pect déjà consi­dé­ra­ble­ment dimi­nué du sacer­doce mas­cu­lin. Qu’est-ce qui s’en vient ? Peut-​être une « relaxe » de la Tradition Apostolique du céli­bat ecclé­sias­tique que vous avez déjà décla­ré être « sur mon ordre du jour ».

Et main­te­nant, alors que votre « révo­lu­tion » conti­nue de s’accélérer, vous vous pré­pa­rez à par­tir pour la Suède en octobre, où vous pour­rez par­ti­ci­per à un « ser­vice de prière » joint avec un « Évêque » marié Luthérien, chef de la Fédération Luthérienne Mondiale pro-​avortement, pro « mariage gay », pour « com­mé­mo­rer » la soi-​disant Réforme lan­cée par Martin Luther.

Il est incon­ce­vable qu’un Pontife romain puisse enno­blir la mémoire de ce maniaque, l’hé­ré­tique le plus des­truc­teur de l’his­toire de l’Église, qui a fait écla­ter l’u­ni­té de la Chrétienté et qui a ouvert la voie à la vio­lence sans fin, à l’ef­fu­sion de sang et à l’ef­fon­dre­ment de la morale dans toute l’Europe. Comme Luther a décla­ré de façon si infâme : « Si je réus­sis à faire dis­pa­raître la Messe, alors je crois que j’aurai com­plè­te­ment conquis le Pape. Si la cou­tume sacri­lège et mau­dite de la Messe est ren­ver­sée, tout va tom­ber ». Il est suprê­me­ment iro­nique que l’hé­ré­siarque que vous avez l’in­ten­tion d’ho­no­rer de votre pré­sence a pro­non­cé ces mots dans une lettre à Henry VIII qui a diri­gé toute l’Angleterre dans le schisme parce que le Pape ne vou­lait pas tenir compte de son désir de divor­cer et de se « rema­rier », y com­pris l’ac­cès aux Sacrements.

Nous devons vous opposer

À ce stade de votre man­dat tumul­tueux comme « Évêque de Rome », c’est incon­tes­ta­ble­ment rai­son­nable que votre pré­sence sur la Chaire de Pierre repré­sente un dan­ger clair et pré­sent à l’Église. Compte tenu de ce dan­ger, nous devons demander :

N’êtes-​vous pas le moin­dre­ment trou­blé par le scan­dale et la confu­sion que vos paroles et vos actes ont cau­sé concer­nant la mis­sion sal­vi­fique de l’Église et son ensei­gne­ment sur la Foi et la morale, en par­ti­cu­lier dans les domaines du mariage, de la famille et de la sexualité ?

N’est-il jamais venu à votre esprit que des applau­dis­se­ments sans fin du monde pour « la révo­lu­tion François » est pré­ci­sé­ment de mau­vais augure alors que Notre Seigneur a averti ? :

« Malheur à vous si tous les hommes disent du bien de vous, car c’est ain­si que leurs ancêtres agis­saient avec les faux pro­phètes ! (Lc 6 :26)».

N’avez-vous pas aucun sens d’urgence sur les divi­sions que vous avez pro­vo­quées au sein de l’Église, avec quelques Évêques s’écartant de l’en­sei­gne­ment de vos pré­dé­ces­seurs sur les divorces et les « rema­riés » uni­que­ment en ver­tu de votre pré­ten­due auto­ri­té tan­dis que d’autres tentent de main­te­nir la Doctrine et la pra­tique bimil­lé­naire que vous vous êtes sans cesse effor­cé à renverser ?

Pensez-​vous que rien ne résul­te­ra des innom­brables Communions sacri­lèges qui décou­le­ront de votre auto­ri­sa­tion de la Sainte Communion pour les adul­tères publics objec­tifs et pour d’autres « situa­tions irré­gu­lières » que vous aviez déjà auto­ri­sées en masse comme Archevêque de Buenos Aires ?

N’avez-vous jamais même recon­nu que la récep­tion de la Sainte Communion par des per­sonnes vivant dans l’a­dul­tère est une pro­fa­na­tion, une infrac­tion directe contre « le Corps du Seigneur (1 Cor. 11 :29) » digne de dam­na­tion ain­si que d’un scan­dale public qui menace la Foi des autres, à la fois comme Benoît XVI et Jean-​Paul II ont insis­té à la suite de tous leurs prédécesseurs ?

Pensez-​vous vrai­ment que vous avez le pou­voir de décré­ter des excep­tions « misé­ri­cor­dieuses » dans « cer­tains cas » par rap­port aux pré­ceptes moraux divi­ne­ment révé­lés afin de conve­nir à votre notion per­son­nelle d’« inclu­sion », à votre point de vue évi­dem­ment bénin du divorce et de la coha­bi­ta­tion et à votre fausse idée de ce que vous appe­lez la « cha­ri­té pas­to­rale » dans votre lettre aux Évêques de Buenos Aires ? Comme s’il n’était pas cha­ri­table d’exi­ger des adul­tères et des for­ni­ca­teurs de ces­ser leurs rela­tions sexuelles immo­rales avant de par­ti­ci­per au Saint-Sacrement !

N’avez-vous aucun res­pect pour l’en­sei­gne­ment contraire de tous les Papes qui vous ont précédé ?

Enfin, n’avez-vous pas la crainte du Seigneur et de Son juge­ment, que vous mini­mi­sez ou niez constam­ment dans vos ser­mons et vos remarques spon­ta­nées, décla­rant même —exac­te­ment le contraire du Credo — que « le Bon Pasteur … ne cherche pas à juger, mais à aimer » ?

Nous devons être d’ac­cord avec l’é­va­lua­tion du jour­na­liste Catholique sus­men­tion­né concer­nant votre quête folle de la Sainte Communion pour les per­sonnes dans des rela­tions sexuelles immo­rales : « Toute cette affaire est bizarre. Aucun autre mot ne fait ». Au-​delà de cela, cepen­dant, l’en­semble de votre pon­ti­fi­cat bizarre a don­né lieu à une situa­tion de l’Église qui n’a jamais été vue aupa­ra­vant : un occu­pant de la Chaire de Pierre dont les remarques, les décla­ra­tions et les déci­sions sont des coups à l’in­té­gri­té de l’Église contre les­quels les fidèles doivent constam­ment se pré­mu­nir. Comme le même auteur conclut : « Je dis cela dans la dou­leur, mais je crains que le reste de cette papau­té va main­te­nant être déchi­rée par des bandes de dis­si­dents, par des accu­sa­tions d’hé­ré­sies papales, des menaces de schisme — et peut-​être — par un schisme pure et simple. Que le Seigneur prenne pitié ». Pourtant, la quasi-​totalité de la hié­rar­chie ou bien en souffre en silence ou bien célèbre cette débâcle en exul­tant. Mais c’était lors de la grande crise Arienne du 4ème siècle lorsque, comme le célèbre Cardinal Newman l’a observé :

« Le corps de l’é­pis­co­pat a été infi­dèle à sa mis­sion tan­dis que le corps des laïcs était fidèle à son Baptême ; [et] à un moment don­né le Pape, à d’autres moments les Patriarches, le Métropolitain, et d’autres grand sièges, d’autres fois les Conciles géné­raux, ont dit ce qu’ils n’auraient pas dû avoir dit ou fait pour obs­cur­cir et com­pro­mettre la véri­té révé­lée ; tan­dis que, d’autre part, c’était le peuple Chrétien qui, sous la Providence, était la force ecclé­sias­tique d’Athanasius, d’Hilaire, d’Eusebius de Verceil et de d’autres grands confes­seurs soli­taires qui auraient échoué sans eux ».

Si nous vou­lons être fidèles à notre Baptême et à notre ser­ment de Confirmation, nous les laïcs, les pécheurs indignes que nous sommes, ne peuvent res­ter silen­cieux ou pas­sifs face à vos dépré­da­tions. Nous sommes contraints par les exi­gences de la conscience de vous accu­ser publi­que­ment devant nos frères Catholiques comme l’exige la véri­té révé­lée, la loi divine et natu­relle et le bien com­mun ecclé­sial. Pour rap­pe­ler l’en­sei­gne­ment de Saint Thomas cité ci-​dessus, le Pape ne fait pas excep­tion au prin­cipe de la jus­tice natu­relle et les sujets peuvent reprendre leur supé­rieur, même publi­que­ment, quand il y a « dan­ger immi­nent de scan­dale concer­nant la Foi ». Bien au contraire, la rai­son elle-​même démontre que, plus que tout autre pré­lat, le Pape doit être cor­ri­gé, même par ses sujets, devrait-​il « s’écarter du droit chemin ».

Nous savons que l’Église n’est pas une simple ins­ti­tu­tion humaine et que son indé­fec­ti­bi­li­té est assu­rée par les Promesses du Christ. Les Papes vont et viennent, et l’Église sur­vi­vra même sous ce pon­ti­fi­cat. Mais nous savons aus­si que Dieu daigne oeu­vrer au moyen d’ins­tru­ments humains et qu’au-delà de l’es­sen­tiel de la prière et de la péni­tence, il attend des membres de l’Église mili­tante, du cler­gé et des laïcs, une défense mili­tante de la Foi et de la morale contre les menaces de toute source que ce soit même d’un Pape, comme l’his­toire de l’Église a démon­tré plus d’une fois.

Pour l’a­mour de Dieu et de la Sainte Vierge, Mère de l’Église, que vous pro­fes­sez révé­rer, nous vous appe­lons à abju­rer vos erreurs et à défaire le tort immense que vous avez cau­sé à l’Église, aux âmes, et à la cause de l’Évangile de peur que vous sui­vez l’exemple du Pape Honorius, un com­plice de l’hé­ré­sie ana­thé­ma­ti­sée par un Concile œcu­mé­nique et son suc­ces­seur, et ain­si faire tom­ber sur vous-​même « la colère de Dieu Tout-​Puissant et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul ».

Mais si vous ne sau­rez pas flé­chir dans la pour­suite de votre « vision » vani­teuse d’une Église plus « misé­ri­cor­dieuse » et évan­gé­lique que celle fon­dée par le Christ dont la Doctrine et la dis­ci­pline que vous cher­chez à plier à votre volon­té. Que les Cardinaux qui regrettent l’er­reur de vous avoir élu honorent leurs ser­ments de sang et qu’au moins ils émettent une demande publique pour que vous chan­giez de cap ou que vous cédiez la fonc­tion qu’ils vous ont confiée avec tant d’imprévoyance.

Pendant ce temps, nous avons le devoir d’op­po­ser vos erreurs en fonc­tion de notre propre rôle dans l’Église et d’exhorter nos frères Catholiques à se joindre à cette oppo­si­tion, en uti­li­sant tous les moyens légi­times à notre dis­po­si­tion pour atté­nuer le mal que vous sem­blez déter­mi­ner à infli­ger au Corps Mystique du Christ. Tous les autres recours ayant échoué, aucune autre voie n’est ouverte pour nous.

Que Dieu ait pitié de nous, de sa Sainte Église et de vous en tant que son chef terrestre.

Marie, Secours des Chrétiens, priez pour nous !

Sources :http://remnantnewspaper.com/La Porte Latine du 1er octobre 2016