François promeut les unions civiles d’homosexuels : la Secrétairerie D’Etat confirme

Une note, adres­sée à tous les nonces par la Secrétairerie d’Etat du Saint-​Siège, vient confir­mer les pro­pos tenus par le pape François dans le docu­men­taire “Francesco” au sujet des unions civiles entre homo­sexuels. Elle confirme par là-​même la grave oppo­si­tion du pape régnant à ses deux pré­dé­ces­seurs immé­diats. Et à tra­vers eux, à la doc­trine catho­lique pérenne.

La note adres­sée aux nonces par la Secrétairerie d’Etat a été publiée par Mgr Franco Coppola, nonce au Mexique, sur son compte Facebook. Contacté par l’agence cath.ch, le nonce a confir­mé qu’il s’agissait d’un docu­ment éma­nant de la Secrétairerie d’Etat. Deux autres non­cia­tures, dont celle de France, ont confir­mé avoir reçu cette note, selon I.Media..

Que dit la note de la Secrétairerie d’Etat ?

Ce texte pro­pose « quelques élé­ments utiles » pour don­ner « une com­pré­hen­sion adé­quate des paroles du Saint-​Père » citées dans le docu­men­taire. Elle com­mence par don­ner la genèse des pro­pos enten­dus dans le film, genèse qui était déjà à peu près connue.

Les pro­pos du pape dans “Francesco” ont ain­si été tirés de deux entre­tiens dif­fé­rents. Une pre­mière réponse concerne le res­pect et l’attention pas­to­rale vis-​à-​vis des homo­sexuels en géné­ral, et dans la famille en par­ti­cu­lier. François se réfère au § 250 d’Amoris lae­ti­tia, comme le sou­ligne le texte.

Le pape répond ensuite à une ques­tion sur son oppo­si­tion, en tant qu’archevêque de Buenos Aires, à une loi sur « l’égalité des mariages des couples de même sexe ». François s’était alors oppo­sé à cette appel­la­tion. Il dit qu’il est « incon­gru de par­ler de mariage homo­sexuel ». Il a d’ailleurs répé­té la même chose dans son livre-​entretien avec Dominique Wolton : Rencontres avec Dominique Wolton, Politique et socié­té, Editions de l’Observatoire/Humensis, 2017, pp. 321–322.

Mais ce qui est nou­veau, c’est ce qu’il ajoute ensuite. Comme l’explique la note, « dans le même contexte, il avait par­lé du droit de ces per­sonnes à avoir une cer­taine cou­ver­ture juri­dique : “ce que nous devons faire, c’est avoir une loi de coexis­tence civile ; elles ont le droit d’être cou­vertes léga­le­ment. J’ai défen­du cela.” »

Le texte rap­pelle que François avait dit quelque chose de sem­blable dans un entre­tien en 2014 : « Le mariage est entre un homme et une femme. Les Etats laïcs veulent jus­ti­fier les unions civiles afin de régle­men­ter diverses situa­tions de coha­bi­ta­tion, pous­sés par la demande de régle­men­ter les aspects éco­no­miques entre les per­sonnes, comme la garan­tie des soins de san­té. Il s’agit d’accords de coha­bi­ta­tion de dif­fé­rentes natures, dont je ne sau­rais don­ner une liste des dif­fé­rentes formes. Il faut voir les dif­fé­rents cas et les éva­luer dans leur variété. »

La note conclut : « Il est donc clair que le pape François a fait réfé­rence à cer­taines dis­po­si­tions éta­tiques, et cer­tai­ne­ment pas à la doc­trine de l’Eglise, qui a été réaf­fir­mée à maintes reprises au fil des années. »

La note cherche à noyer le poisson, mais elle confirme la gravité des propos

Mgr Marcello Semeraro avait déjà essayé de dire que le pape François n’avait pas tou­ché à la doc­trine. Mais il concé­dait ensuite que cette doc­trine, heu­reu­se­ment, avait beau­coup chan­gé, parce que l’Eglise a beau­coup chan­gé, du fait que le monde a beau­coup chan­gé… La note, elle, dit sim­ple­ment que le pape n’a pas modi­fié la doc­trine sur le mariage.

Mais le pro­blème n’est pas là. Il est dans le fait que, ce que le car­di­nal Jorge Bergoglio, arche­vêque de Buenos Aires, a défen­du en 2010, avait été net­te­ment condam­né par le pape Jean-​Paul II, dans un texte publié en 2003. Ce docu­ment avait été pré­pa­ré par le pré­fet de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, un cer­tain Joseph Ratzinger, qui était pape en 2010 sous le nom de Benoît XVI.

Un pré­cé­dent article a don­né la conclu­sion de ce texte inti­tu­lé : Considérations à pro­pos des pro­jets de recon­nais­sance juri­dique des unions entre per­sonnes homo­sexuelles. Cette conclu­sion dit ceci :

« L’Eglise enseigne que le res­pect envers les per­sonnes homo­sexuelles ne peut en aucune façon conduire à l’approbation du com­por­te­ment homo­sexuel ou à la recon­nais­sance juri­dique des unions homo­sexuelles. (…) Reconnaître léga­le­ment les unions homo­sexuelles ou les assi­mi­ler au mariage, signi­fie­rait non seule­ment approu­ver un com­por­te­ment déviant, et par consé­quent en faire un modèle dans la socié­té actuelle, mais aus­si mas­quer des valeurs fon­da­men­tales qui appar­tiennent au patri­moine com­mun de l’humanité (n° 11). » (C’est nous qui sou­li­gnons en italique.)

Il est pré­ci­sé au n° 10 que : « Si tous les fidèles sont tenus à s’opposer à la recon­nais­sance juri­dique des unions homo­sexuelles, cette res­pon­sa­bi­li­té incombe en par­ti­cu­lier aux hommes poli­tiques catho­liques en rai­son de leur charge propre. » Il en résulte que « le par­le­men­taire catho­lique a le devoir moral d’exprimer clai­re­ment et publi­que­ment son désac­cord et de voter contre ce pro­jet de loi » sur les unions homo­sexuelles. « Accorder le suf­frage de son vote à un texte légis­la­tif aus­si nui­sible pour le bien com­mun de la socié­té serait un acte gra­ve­ment immo­ral » est-​il conclu.

Dans le docu­men­taire – qui n’est ni un acte magis­té­riel, ni un acte offi­ciel – le pape François défend la léga­li­sa­tion des unions homo­sexuelles, et il dit qu’il la défend depuis des années. Cela a été confir­mé par un article de Mgr Hector Aguer, ancien arche­vêque de La Plata, en Argentine, paru sur InfoCatolica le 28 octobre der­nier. Mgr Aguer a révé­lé qu’au cours d’une réunion plé­nière des évêques argen­tins, le car­di­nal Bergoglio avait pro­po­sé de recon­naître les unions civiles de per­sonnes de même sexe. Mais la majo­ri­té avait repous­sé la proposition.

Le docu­men­taire “Francesco”, pri­mé par le Vatican, est dif­fu­sé dans le monde entier. Il encou­rage, par la bouche du pape, à accep­ter les unions civiles entre homo­sexuels, et par consé­quent, il encou­rage les hommes poli­tiques catho­liques à sou­te­nir des lois en ce sens.

Il faut main­te­nant que la Secrétairerie d’Etat veuille bien expli­quer com­ment un acte, dési­gné comme « gra­ve­ment immo­ral » en 2003 par un texte de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, est deve­nu aujourd’hui un acte bon, puisque ce « doit être fait », selon le pape régnant.

Les paroles de François dans le docu­men­taire sont, au sens strict, un scan­dale : scan­dale très grave, car il émane de la chaire de Pierre.

Sources : FSSPX.Actualités – Facebook (Mgr Coppola)/InfoCatolica/cath.ch