Summa familiae cura : un nouveau pas du pape François contre la famille

Le ser­vice de presse du Vatican vient de rendre public un Motu pro­prio inti­tu­lé Summa fami­liae cura par lequel le Souverain Pontife met – dans les faits – fin à l’Institut Jean-​Paul II sur le mariage et la famille que le pape polo­nais avait créé pour répondre à la crise morale tra­ver­sée par tant de socié­tés contem­po­raines au cœur de leurs cel­lules vivantes que sont les familles.

Le pape François a bap­ti­sé ce nou­vel ins­ti­tut, Institut pon­ti­fi­cal théo­lo­gique Jean-​Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. Et même s’il pré­cise qu’il sou­haite que la nou­velle struc­ture, rat­ta­chée à l’université pon­ti­fi­cale du Latran, demeure fidèle à « l’inspiration ori­gi­nelle » de son fon­da­teur, c »est en réa­li­té une refon­da­tion « socio­lo­gique » qui s’an­nonce – et ce dans toutes les antennes natio­nales que compte l’ins­ti­tut, pré­sent sur les cinq continents.

Après les deux synodes sur la famille et Amoris Laetitia, l’ex­hor­ta­tion hété­ro­doxe qui en découle, le pape François vient d’a­gran­dir la rup­ture avec la concep­tion tra­di­tion­nelle de la famille.

Le Motu proprio Summa familiae cura met en œuvre les dérives d’« Amoris laetitia »

Sous cou­vert de « refon­der » l’Institut Jean-​Paul II d’études sur le mariage et la famille le Pape François lui sub­sti­tue une nou­velle struc­ture à la mis­sion redé­fi­nie : étu­dier davan­tage, à l’aide des sciences humaines, la « réa­li­té de la famille d’aujourd’hui dans toute sa com­plexi­té ».

Cette nou­velle struc­ture appe­lée « Institut pon­ti­fi­cal théo­lo­gique Jean-​Paul II pour les sciences du mariage et de la famille », a clai­re­ment pour but de mettre en pra­tique la réforme sacra­men­telle pré­vue par Amoris Laetitia envers les divorces rema­riés civi­le­ment et autres couples en rup­ture de catho­li­ci­té et de consa­crer les nou­veaux modèles « fami­liaux » défen­dus par les tenants romains d’une approche plus « cha­ri­table » de la mou­vance LGBT…

Le nou­veau Motu pro­prio repose sur le prin­cipe d’attention aux situa­tions concrètes ; il cite lar­ge­ment Amoris lae­ti­tia et insiste sur « le chan­ge­ment anthro­po­lo­gique et cultu­rel » actuel qui requiert de nou­velles réponses.

L’Institut théo­lo­gique Jean-​Paul II pour les sciences du mariage de la famille aura un champ d’intérêt plus large – que celui créé par Jean-​Paul II – avec « le déve­lop­pe­ment des sciences humaines et de la culture anthro­po­lo­gique dans un domaine aus­si fon­da­men­tal pour la culture de vie ». Charabia jésuite qui ne trompe per­sonne sur les réelles inten­tions de son auteur : affai­blir un peu plus, dans la pra­tique, le magis­tère tra­di­tion­nel sur le mariage !

En fait, le Pape s’arroge le droit de déci­der qu’il faut « en finir avec les modèles du pas­sé » :

« le chan­ge­ment anthropologico-​culturel qui influence tous les aspects de la vie et requiert une approche ana­ly­tique et diver­si­fiée ne nous per­met pas de nous limi­ter à des pra­tiques de la pas­to­rale et de la mis­sion qui reflètent des formes et des modèles du passé.

Dans le but clair de res­ter fidèles à l’enseignement du Christ, nous devons regar­der avec l’intelligence de l’amour et avec un sage réa­lisme la réa­li­té de la famille aujourd’hui, dans toute sa com­plexi­té, dans ses lumières et dans ses ombres »

En quelques mots, il adhère à la révo­lu­tion anthro­po­lo­gique actuelle qui fait fi de toute loi natu­relle et divine en matière fami­liale et sexuelle. Après avoir rela­ti­vi­sé la Vérité, la Rome post-​conciliaire rela­ti­vise la morale divine et se fait l’apôtre de la cor­rup­tion des mœurs, plus grave de la trans­for­ma­tion arti­fi­cielle de l’être humain, sous cou­vert de répondre « plei­ne­ment aux exi­gences actuelles de la mis­sion pas­to­rale de l’Église »

Adieu l’Institut Jean-​Paul II, Amoris Laetitia devient la nouvelle Magna Carta

Définissant les limites de la mis­sion de l’Institut « dans le domaine des sciences qui ont un rap­port avec le mariage et la famille, et par rap­port aux thèmes asso­ciés à l’alliance fon­da­men­tale de l’homme et de la femme pour la garde et la géné­ra­tion de la créa­tion », la lettre Summa fami­liae cura éta­blit comme ensei­gne­ment fon­da­men­tal dans le domaine de la famille et du mariage Amoris Laetitia et le dis­cer­ne­ment pas­to­ral « ana­ly­tique et diver­si­fié », c’est-à-dire une pas­to­rale ne se basant plus sur l’indissolubilité du mariage et l’immutabilité natu­relle de la famille.

Mgr Vincenzo Paglia, actuel Grand chan­ce­lier de l’Institut pon­ti­fi­cal Jean-​Paul II, a salué les « modi­fi­ca­tions » (sic) appor­tées par le pape François lors d’un point de presse à la Salle de presse du Vatican, les résu­mant avec ces mots révé­la­teurs : « Amoris lae­ti­tia devient la nou­velle Magna Carta. » C’est dire que l’Exhortation post-​synodale, loin d’être un simple encou­ra­ge­ment aux familles, et consi­dé­ré est uti­li­sé comme un docu­ment fon­da­teur, en vue d’un chan­ge­ment fondamental.

« Pour le pape François, la famille n’est pas sim­ple­ment un idéal abs­trait : ce sont toutes les familles, sans dis­tinc­tion, qui doivent être aidées et accom­pa­gnées afin de redé­cou­vrir leur mis­sion his­to­rique, que ce soit dans l’Eglise ou dans la socié­té, et cela lie l’Institut de manière par­ti­cu­lière au der­nier de synode », a indi­qué Mgr Paglia, pro­mo­teur à titre per­son­nel de la com­mu­nion pour les divor­cés rema­riés dès avant sa nomi­na­tion à la tête du conseil pon­ti­fi­cal pour la famille, puis de l’Académie pon­ti­fi­cale pour la vie et de l’institut Jean-​Paul II.

Si l’on com­prend le mes­sage dans toute sa froide logique, la famille dont le pape argen­tin s’estime le gar­dien et le guide n’est donc plus la petite socié­té fon­dée natu­rel­le­ment sur un père et une mère, et éle­vé à l’ordre de la grâce par le mariage sacra­men­tel ce qui la défi­nit chré­tienne, mais tous les genres d’union avec ou sans enfants : mono­pa­ren­tale, homo­pa­ren­tale, mariés-​divorcés-​remariés, trans­sexuelle, syn­thé­tique, chi­mique, arti­fi­cielle, etc. Et selon lui, cha­cune de ces « unions » serait une « famille » avec un rôle à jouer dans l’Église et la société !

« Tanti salu­ti à Wojtyla et Caffarra », titre Sandro Magister, évo­quant ce nou­veau « trem­ble­ment de terre » et fai­sant réfé­rence à Jean-​Paul II et au car­di­nal Caffara, signa­taire des dubia, décé­dé le 6 sep­tembre 2017 avant la paru­tion de ce funeste nou­veau fruit du Concile Vatican II.

Qu’il nous soit hum­ble­ment per­mis de rap­pe­ler au suc­ces­seur de Pierre ces ter­ribles paroles de Notre Seigneur :

« Adultères, ne savez-​vous pas que l’a­mi­tié du monde c’est l’i­ni­mi­tié contre Dieu ? Quiconque veut être ami du monde se rend enne­mi de Dieu. » (Jacques 4, 4)

Sources : Radio Vatican /​Servizio Informazione Religiosa /​La Croix /​Reinformation.tv