Paroles de Mgr Marcel lefebvre – « Qu’on leur donne des choses véritables »

« Qu’est-​ce qui est la gran­deur et la beau­té d’un reli­gieux et d’une reli­gieuse ? C’est de s’of­frir comme vic­time à l’au­tel avec Notre-​Seigneur Jésus- Christ. C’est cela, la vie d’une reli­gieuse et d’un reli­gieux. S’ils n’ont plus cette signi­fi­ca­tion dans leur esprit :

« Je m’offre publi­que­ment dans l’Église comme vic­time avec Notre-​Seigneur, toute ma vie est offerte avec Notre-Seigneur »,

alors la vie reli­gieuse n’a plus aucun sens. Et c’est pour­quoi il n’y a pas plus de voca­tions reli­gieuses. Que l’on revienne ici à cet esprit de vic­time, de sacri­fice, d’u­nion à Notre-​Seigneur Jésus-​Christ à l’au­tel, et alors les voca­tions refleu­ri­ront et devien­dront nom­breuses. Il y a des voca­tions, les jeunes dési­rent se dévouer et ils sont aus­si géné­reux à notre époque qu’à d’autres époques. Mais qu’on leur donne des choses véri­tables, des choses réelles, ce que l’Église a tou­jours don­né, et alors les voca­tions refleuriront.

Ah, com­bien je vou­drais, mes bien chers frères, que vous com­pre­niez pour­quoi notre sémi­naire d’Écône est rem­pli de voca­tions, pour­quoi ces jeunes gens viennent vers nous : pour conti­nuer l’Église catho­lique, pas pour un autre motif. Et non pas pour deve­nir pro­tes­tants. Nous refu­sons de deve­nir pro­tes­tants, d’être moder­nistes, d’être pro­gres­sistes dans la mesure où ces choses-​là sont contraires à notre véri­té catho­lique, dans la mesure où ces choses-​là ont été condam­nées par les papes pen­dant des siècles et des siècles. Nous les refu­sons ! Nous vou­lons res­ter catho­liques. Nous vou­lons des sémi­naires et des prêtres catho­liques, pas autre chose. Or, on vou­drait nous refu­ser de for­mer des prêtres catho­liques, d’a­voir des sémi­naires catho­liques. Ces jeunes gens, si je les envoie dans d’autres sémi­naires, risquent de perdre la foi, et non seule­ment la foi mais les moeurs. Aussi je garde pro­fon­dé­ment la foi dans la sainte pro­vi­dence. Le bon Dieu ne peut pas aban­don­ner son Église.

Notre-​Seigneur veut des prêtres catho­liques comme il les a faits lui-​même. Le pape ne peut pas ne pas vou­loir des prêtres catho­liques. L’Église ne peut pas ne pas vou­loir des prêtres catho­liques. C’est pour­quoi je suis per­sua­dé que nous demeu­rons pro­fon­dé­ment unis à notre Saint-​Père le pape et à l’Église.

Ce que l’Église a vou­lu pen­dant vingt siècles, le pape ne peut pas ne pas le vou­loir. C’est impos­sible. Il est donc tout à fait faux de dire que nous ris­quons de deve­nir une secte où d’être dans le schisme. Bien loin de là, nous sommes ceux qui sont les plus unis à notre Saint-​Père le pape et à l’Église catho­lique. Nous deman­de­rons donc à la très sainte Vierge Marie de gar­der le sacer­doce catho­lique et de faire en sorte que celui-​ci conti­nue. Nous deman­de­rons donc de don­ner de nom­breuses grâces de voca­tions et d’at­ta­che­ment à l’Église catho­lique pour des jeunes gens qui dési­rent se faire prêtres. Nous prie­rons donc au cours de ce cha­pe­let pour l’Église, pour notre Saint-​Père le pape, pour que les sémi­naires rede­viennent des pépi­nières de prêtres catho­liques, pour que les reli­gieux et les reli­gieuses retrouvent le che­min de la véri­té et pour que les congré­ga­tions reli­gieuses refleu­rissent à nou­veau et retrouvent la foi de la Tradition, la foi qui a été ensei­gnée pen­dant vingt siècles.

C’est ce que nous deman­de­rons à la très sainte Vierge au cours de cette prière car vous avez besoin de prêtres, de beau­coup de prêtres, de saints prêtres. Voilà ce que vous dési­rez cer­tai­ne­ment, ce que pour quoi aujourd’­hui, réunis tous ensemble autour de Notre-​Dame de Mariazell, nous prierons.

Que le bon Dieu vous accorde la grâce d’a­voir tou­jours des prêtres, des saints prêtres.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit, ain­si soit-il. »

†Mgr Marcel Lefebvre, Sermon à Mariazell, le 8 sep­tembre 1975

Sources : Fideliter n° 218

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.