Communiqué et dossier de la FSSPX au Portugal, contre le congrès interreligieux de Fatima – 9 octobre 2003


Les prêtres de la Fraternité sacer­do­tale Saint-​Pie X du Portugal se font l’é­cho des mil­liers de catho­liques scan­da­li­sés par le congrès inter­na­tio­nal et inter-​religieux de Fatima qui se dérou­le­ra du 10 au 12 octobre 2003.

La Fraternité enver­ra une délé­ga­tion, elle-​même inter­na­tio­nale, à Fatima, dont la mis­sion sera de répa­rer l’in­jure faite à Notre-​Dame et d’in­for­mer les catho­liques sur la gra­vi­té de tels congrès. Elle se fera ain­si l’é­cho de tous les catho­liques répar­tis dans le monde qui sentent la grande néces­si­té de répa­rer un tel affront fait à la Mère de Dieu et à leur Mère du ciel. 

Quiconque connaît le mes­sage de Fatima sait que la Sainte Vierge appelle tous les hommes à se conver­tir et qu’elle n’y est jamais œcu­mé­nique. C’est la dévo­tion à son Cœur Immaculé qui sauve « les pauvres pécheurs ». Les cœurs de Bouddha, de Mahomet ou de Luther n’ont ni aimé Dieu ni sau­vé les hommes, ils ne sont plus que pous­sière. Celui de la Très Sainte Vierge est au ciel, il pal­pite, il aime Dieu et veut nous sauver.

A propos du congrès international de Fatima

Jésus-​Christ est oublié 

Ses recom­man­da­tions à la pru­dence pour écar­ter les faux pro­phètes, prê­chant une autre doc­trine que la sienne, sont mépri­sées. « En véri­té, en véri­té, je vous le dis : C’est moi qui suis la porte des bre­bis. Tous ceux qui sont venus avant moi ( se pré­sen­tant comme le Messie) sont des voleurs et des bri­gands… C’est moi qui suis la porte : celui qui entre­ra par moi sera sau­vé… » (Jean X, 7) « Prenez garde que nul ne vous induise en erreur. Beaucoup vien­dront sous le cou­vert de mon nom qui diront : C’est moi qui suis le Messie ! (Mat. 24, 4.) Gardez-​vous des faux pro­phètes » (Mat.7, 15).

Son iden­ti­té mes­sia­nique et divine avec son rôle indis­pen­sable pour le salut de tous les hommes sera mise de côté. Le congrès pré­fère se concer­ter avec les repré­sen­tants des fausses reli­gions plu­tôt que de confes­ser la foi catholique. 

Tandis que Jésus-​Christ dit :« Celui qui me confes­se­ra devant les hommes, Moi aus­si je le confes­se­rai devant mon Père qui est dans les cieux ; mais celui qui me renie­ra devant les hommes, Moi aus­si je le renie­rai devant mon Père des Cieux » (Mat., 10, 32), ce congrès place les catho­liques dans l’occasion de Le renier, Lui qui est le seul Dieu. 

Tandis que Jésus-​Christ dit au juifs :« Scrutez les Ecritures, ce sont elles qui rendent témoi­gnage de Moi » (Jean 5, 39) et qu’avec les dis­ciples d’Emmäus, Il les ensei­gnait « en com­men­çant depuis Moïse, il leur inter­pré­tait ce que les Ecritures avaient dit de Lui » (Luc,24, 27), — c’est à dire qu’il est le Messie annon­cé — , ce congrès, quant à lui, met de côté ce carac­tère messianique. 

Tandis que Jésus-​Christ affirme avec force : « Je suis la Voie, la Vérité, et la Vie et per­sonne ne va à mon Père si ce n’est par Moi » ( S. Jean 14, 6), ce congrès pense qu’il y a d’autre voies ou d’autres véri­tés pour aller à Dieu… 

Tandis que Jésus-​Christ dit :« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres et aura la lumière de la vie » (S. Jean 8, 12), ce congrès se pro­pose de trou­ver d’autres « lumières » dans la dis­cus­sion inter religieuse….. 

Tandis que Jésus-​Christ affirme :« Tout pou­voir m’a été don­né au ciel et sur la terre » (Mat. 28, 18). « Allez ensei­gnez toutes les nations, les bap­ti­sant… » (Mat. 28,19), « celui qui croi­ra et sera bap­ti­sé sera sau­vé, celui qui ne croi­ra pas sera condam­né » (Marc. 16, 16), le congrès détourne l’attention des fidèles vers les expé­riences reli­gieuses pré­sen­tées par les adeptes des reli­gions inven­tées par les hommes, ou défor­mées par le mou­ve­ment des pas­sions. Plus grave encore, il s’intéresse même aux reli­gions non chré­tiennes dont parle le psaume 95, lorsqu’il dit : « Les dieux de ceux qui n’ont pas la vraie foi sont des démons ».

Vraiment, Dieu peut renou­ve­ler sa plainte :« Mon peuple a fait un double mal, il m’a aban­don­né, Moi la source des eaux vives pour se creu­ser des citernes cre­vas­sées » (Jer. 2, 13).
Le 13 octobre 1917, notre très sainte Mère du ciel disait :« N’offensez pas davan­tage Dieu Notre-​Seigneur, qui est déjà trop offen­sé. » Et Lucie com­mente dans ses mémoires : « Quelle plainte pleine d’amour et quelle tendre sup­pli­ca­tion ! Qui me don­ne­ra de la faire réson­ner dans le monde entier et que tous les enfants de la Mère du Ciel entendent le son de cette voix ! » (Mémoires, 2ème éd., p. 83).

L’Eglise catholique est oubliée !

Ses avis sont mépri­sés, lorsqu’elle parle par la bouche auto­ri­sée du pape Léon XIII, le 15 sept. 1895 disant au car­di­nal Gibbons : « Nous avons appris qu’en Amérique il se tenait des assem­blées dans les­quelles, indis­tinc­te­ment, les catho­liques s’unissent à ceux qui sont sépa­rés de l’Eglise pour trai­ter des ques­tions reli­gieuses ou des ques­tions morales. Il ne faut pas croire qu’il n’y ait aucun péché du fait de ce silence dans lequel on omet de par­ti pris et on relègue dans l’oubli cer­tains prin­cipes de la doc­trine catho­lique. Car toutes ces véri­tés, quelles qu’elles soient, n’ont qu’un seul et même auteur et doc­teur, le Fils unique qui est dans le sein du Père ». Fait révé­la­teur de l’histoire, le pro­mo­teur de ces congrès et sur­tout du mou­ve­ment « Union morale des reli­gions », l’abbé Charbonnel, défro­que­ra quelques années plus tard.

L’existence de l’unité, marque de la vraie Eglise, est remise en cause par cette recherche de l’unité avec les autres reli­gions…, soi-​disant, pour réa­li­ser le vœu de Jésus ! 

L’existence de la catho­li­ci­té dans l’espace, autre marque de l’Eglise, est aus­si niée par cette affir­ma­tion que sans les efforts d’ouverture œcu­mé­nique, l’Eglise se fer­me­rait sur elle-​même. L’existence de la catho­li­ci­té dans le temps est refu­sée à l’Eglise, puisque le futur lui réser­ve­rait une nou­velle dimen­sion et une nou­velle forme… sans doute ce pré­ten­du « futur de Dieu » ! 

Ce congrès implique néces­sai­re­ment les erreurs sur la véri­table nature de l”’Eglise dénon­cées par le Pape Pie XI dans son ency­clique « Mortalium ani­mos » (10.01.1928)

« Voici que se pré­sente l’oc­ca­sion de démas­quer et de réfu­ter la fausse théo­rie dont semble dépendre toute cette ques­tion et s’inspirer l’activité si diverse des aca­tho­liques en faveur de la confé­dé­ra­tion des Églises chrétiennes.

Les arti­sans de cette entre­prise ne cessent de citer à l’infini la parole du Christ : Que tous soient un… II n’y aura plus qu’un trou­peau et qu’un pas­teur (S. Jean XVII, 21 ; X, 16), et ils repré­sentent ce texte comme un sou­hait et un vœu du Christ Jésus qui n’auraient pas encore eu leur effet. Ils pensent que 1’unité de la foi et de gou­ver­ne­ment, carac­té­ris­tique de la véri­table et unique Eglise du Christ, n’a presque jamais exis­té dans le pas­sé et n’existe pas aujourd’hui ; ils estiment que cette uni­té peut être sou­hai­tée et que peut-​être 1’entente com­mune des volon­tés l’établira un jour, mais qu’il faut encore la tenir pour un rêve. Ils ajoutent que 1’Eglise, en elle-​même et de sa nature, est divi­sée en par­ties, c’est-à-dire qu’elle est consti­tuée de très nom­breuses Eglises ou com­mu­nau­tés par­ti­cu­lières encore divi­sées, qui ont quelques points de doc­trine com­muns et se séparent sur le reste ; ils affirment que toutes jouissent des mêmes droits, que 1’Eglise ne fut une et unique tout au plus que de 1’époque apos­to­lique jusqu’aux pre­miers Conciles oecu­mé­niques. II faut donc, disent-​ils, négli­ger et écar­ter les contro­verses même les plus anciennes et les diver­si­tés de doc­trine qui divi­sèrent jusqu’à ce jour le chris­tia­nisme, et, au moyen des autres véri­tés doc­tri­nales, consti­tuer et pro­po­ser une cer­taine règle de foi com­mune ; dans la pro­fes­sion de cette foi, tous sen­ti­ront qu’ils sont frères, plu­tôt qu’ils ne le sau­ront ; puis, les mul­tiples églises ou com­mu­nau­tés une fois réunies dans une fédé­ra­tion géné­rale, il sera pos­sible de lut­ter avec force et suc­cès contre les pro­grès de l’impiété. »

La Vierge Marie est oubliée !

Ce congrès, tout occu­pé par le dia­logue ami­cal avec les repré­sen­tants des fausses reli­gions, ne pour­ra faire plus que de réduire à une simple opi­nion la confes­sion de la mater­ni­té divine de Marie, sa mater­ni­té vir­gi­nale, son Immaculée Conception, etc., bref tous les dogmes de foi la concernant. 

Notre-​Dame fut envoyée par Dieu à Fatima pour trans­mettre un mes­sage de por­tée uni­ver­selle. Or ce congrès ne pour­ra que dimi­nuer, fil­trer et rela­ti­vi­ser ce que la Sainte Vierge Marie a vou­lu redon­ner à chaque âme pour son salut. Ces tré­sors sont notam­ment le dogme de l’enfer, du pur­ga­toire, du ciel et de la com­mu­nion des saints. Ce mes­sage nous rap­pelle encore la valeur du saint sacri­fice de la messe, des œuvres de répa­ra­tion pour les péchés et de la néces­si­té de faire des sacri­fices pour la conver­sion des pécheurs. La por­tée de ce mes­sage n’est donc pas limi­tée aux seuls catho­liques ! C’est bien ce que mani­feste la demande de la pra­tique des pre­miers same­dis du mois et la consé­cra­tion, par la seule Eglise catho­lique, de la Russie et du monde au Cœur imma­cu­lé de Marie. Autant de véri­tés tota­le­ment étouf­fées par l’esprit et l’organisation elle-​même de ce congrès. 

Parachevons cet expo­sé avec ce bel ensei­gne­ment don­né par Sœur Lucie (Appels du mes­sage de Fatima, p. 105) : 

« C’est le corps reçu de Marie qui, en Jésus-​Christ, devient vic­time immo­lée pour le salut des hommes. C’est le sang reçu de Marie qui cir­cule dans les veines du Christ, et qui jaillit de son Cœur divin. Ce sont ce même corps et ce même sang, reçus de Marie, qui, sous les espèces du pain et du vin consa­crés, nous sont don­nés comme ali­ment quo­ti­dien pour revi­go­rer en nous la vie de la grâce, et ain­si conti­nuer en nous, membres du Corps mys­tique du Christ, son œuvre rédemp­trice pour le salut de tous et de cha­cun, selon la mesure avec laquelle cha­cun adhère au Christ et coopère avec le Christ. »

Ce Congrès est donc un blasphème ! Pourquoi ?

Le blas­phème est un dis­cours, un geste ou un acte qui contient un mépris de Dieu ou un outrage à son égard ou à ses saints. Il est tou­jours gra­ve­ment coupable.

Or ce congrès, étant une acti­vi­té qui conduit à mépri­ser, à dimi­nuer et même à nier impli­ci­te­ment la mes­sia­ni­té et la divi­ni­té de Jésus-​Christ, le carac­tère d’absolue néces­si­té de son œuvre, il cor­res­pond mal­heu­reu­se­ment exac­te­ment à la défi­ni­tion du blasphème ! 

A quand l’apostasie dans la tolérance ?

Lisboa, le 9 octobre 2003

Fraternidade Sacerdotal Sao Pio X
Estrada de Chelas, 29–31
1900-​148 Lisboa