Déclaration de Mgr Mamie au sujet de l’ordinations de dix-​huit prêtres à Ecône le 29 juin 1978

A pro­pos d’Ecône

Sous ce titre, Mgr MAMIE, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a publié la décla­ra­tion sui­vante dans le bul­le­tin de son dio­cèse (Evangile et mis­sion, — Semaine catho­lique en Romandie, 6 juillet 1978):

Mgr Marcel Lefebvre a donc ordon­né dix-​huit prêtres à Ecône, le 29 juin der­nier, fête des saints Pierre et Paul.

L’un des nou­veaux prêtres est M. l’ab­bé Aurèle Maillard, dont la famille réside à Lausanne. Dans son faire-​part d’or­di­na­tion, celui-​ci annonce « qu’il célé­bre­ra sa pre­mière messe solen­nelle au Palais de Beaulieu à Lausanne le dimanche 9 juillet 1978 », et que Mgr Marcel Lefebvre fera l’homélie.

Il y a plu­sieurs mois déjà que j’ai fait savoir à M. l’ab­bé Maillard et à sa famille que je ne pou­vais auto­ri­ser une telle célé­bra­tion dans mon dio­cèse. En effet, le 17 juin 1976, Mgr Lefebvre a reçu une lettre du Saint-​Siège par man­dat spé­cial du Souverain Pontife, il lui était pres­crit de « rigou­reu­se­ment s’abs­te­nir de confé­rer les ordres à par­tir du moment où il aura reçu la pré­sente injonc­tion ». Mgr Marcel Lefebvre, par ordre de S. S. Paul VI, ne peut plus confé­rer légi­ti­me­ment aucun sacrement.

J’ai non seule­ment le droit mais le devoir de rap­pe­ler que j’ai inter­dit à Mgr Lefebvre de prê­cher sur tout le ter­ri­toire de mon dio­cèse, et à M. l’ab­bé Aurèle Maillard de célé­brer le saint sacri­fice de la messe, d’en­tendre les confes­sions (je lui refuse la juri­dic­tion indis­pen­sable à la vali­di­té du sacre­ment de la récon­ci­lia­tion et du sacre­ment de mariage), de prê­cher et d’exer­cer quelque minis­tère que ce soit, sacra­men­tel ou non.

Les catho­liques du dio­cèse, de même que tous ceux qui pas­se­raient chez nous, doivent être aver­tis : nous leur deman­dons de ne pas par­ti­ci­per la pre­mière messe du 9 juillet, car — comme je ai déjà dit en 1976 après l’or­di­na­tion de M. l’ab­bé Denis Roch qui conti­nue d’exer­cer sans aucun droit son minis­tère à Genève — on ne peut plus suivre de bonne foi Mgr Lefebvre, ou deman­der un ser­vice ecclé­sial ou minis­té­riel aux prêtres ordon­nés par lui, tant qu’ils ne se seront pas sou­mis au Pape et qu’ils n’au­ront pas reçu un man­dat d’un évêque en com­mu­nion avec le Pape.

Dès 1971, j’ai écou­té Mgr Lefebvre, je lui ai écrit, je lui ai par­lé seul à seul (Mt 18, 15). II ne m’a pas écou­té. Il n’a pas écou­té quelques-​uns de ses meilleurs amis (Mt 18, 16). Tout récem­ment encore, il a refu­sé de me rece­voir. J’ai donc été contraint, dans une inquié­tude tou­jours plus grande pour ceux qui s’é­garent ou qu’on égare, de par­ler à toute l’Eglise du dio­cèse (Mt 18, 17).

Nous remer­cions Dieu de nous avoir don­né un Pape tel que S. S. Paul VI qui, avec patience, cou­rage et cha­ri­té, confirme ses frères (Lc 22, 32) dans la foi. Nous conti­nue­rons de tra­vailler, de toutes nos forces et dans la fidé­li­té, pour l’u­ni­té des chré­tiens, chez nous d’a­bord, dans notre diocèse.

L’espérance et la cha­ri­té demeurent tou­jours les plus fortes.

Fribourg, le 30 juin 1978.

† Pierre MAMIE, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.