Lettre manuscrite de Paul VI à Mgr Lefebvre du 8 septembre 1975

A notre frère dans l’é­pis­co­pat, Marcel LEFEBVRE, ancien arche­vêque de TULLE.

La conscience de la mis­sion que le Seigneur nous a confiée nous a conduit, le 29 juin der­nier, à vous adres­ser une exhor­ta­tion, pres­sante et fra­ter­nelle à la fois. Depuis cette date, nous atten­dons chaque jour un signe de votre part, expri­mant votre sou­mis­sion — mieux que cela : votre atta­che­ment et votre fidé­li­té sans réserve — au Vicaire du Christ. Rien n’est encore venu. Il semble que vous n’ayez renon­cé à aucune de vos acti­vi­tés et que vous for­miez, même, de nou­veaux projets.

Peut-​être estimez-​vous que vos inten­tions sont mal com­prises ? Peut-​être croyez-​vous le Pape mal infor­mé, ou objet de pressions ?

Cher Frère, votre atti­tude est si grave à nos yeux que — nous vous le répé­tons — nous l’a­vons nous-​même atten­ti­ve­ment exa­mi­née, dans toutes ses com­po­santes, avec le sou­ci pre­mier du bien de l’Eglise et une par­ti­cu­lière atten­tion aux per­sonnes. La déci­sion que nous vous avons confir­mée par notre pré­cé­dente lettre, c’est après mûre réflexion et devant le Seigneur que nous l’a­vons prise.

Il est temps, désor­mais, que vous vous pro­non­ciez clai­re­ment. Malgré la peine que nous éprou­ve­rions à rendre publiques nos inter­ven­tions, nous ne pour­rions plus tar­der à le faire si vous ne nous décla­rez bien­tôt votre entière soumission.

De grâce, ne nous contrai­gnez pas à une telle mesure, ni à sanc­tion­ner ensuite un refus d’obéissance.

Priez l’Esprit-​Saint, cher Frère, il vous mon­tre­ra les renon­ce­ments néces­saires et vous aide­ra à ren­trer dans la voie d’une pleine com­mu­nion avec l’Eglise et avec le Successeur de Pierre. Nous-​même, l’in­vo­quons sur vous, en vous redi­sant notre affec­tion et notre affliction.

Du Vatican, le 8 sep­tembre 1975.

PAULUS PP. VI.