Participation des catholiques aux offices religieux non catholiques – Episcopats d’Angleterre et du Pays de Galles – 6 déc. 1964

A la clô­ture de la troi­sième ses­sion du IIe Concile du Vatican, le Saint-​Père a solen­nel­le­ment pro­mul­gué le décret sur l’oe­cu­mé­nisme. A cette occa­sion, la hié­rar­chie exprime sa pro­fonde satis­fac­tion que l’Eglise ait don­né des direc­tives concer­nant notre tra­vail pour l’u­ni­té chré­tienne. Le Concile a dit bien clai­re­ment que ce serait un faux oecu­mé­nisme d’a­gir tou­jours comme si tous les chré­tiens étaient déjà unis dans la foi. Cela cor­res­pond à la pen­sée des autres Eglises chré­tiennes sur ce sujet. Le nou­veau décret énonce les prin­cipes de base de la prière com­mune. La com­mu­nau­té de culte, en tant que telle, est géné­ra­le­ment le signe d’une uni­té déjà ache­vée. Elle n’est donc pas per­mise d’une façon géné­rale. Dans cer­taines cir­cons­tances, cepen­dant, la prière com­mune doit être recom­man­dés comme un moyen très effi­cace d’u­ni­té. Le fait même que la pleine com­mu­nion dans le culte n’est encore pas pos­sible doit en effet inci­ter à prier plus inten­sé­ment pour qu’ar­rive le jour où nous serons tous unis dans une seule foi. Le domaine de l’oe­cu­mé­nisme étant encore en grande par­tie inex­plo­ré, le décret laisse à la hié­rar­chie de chaque pays le soin de déter­mi­ner les méthodes de coopé­ra­tion avec les autres chré­tiens, selon les condi­tions locales.

Lettre col­lec­tive de l’é­pis­co­pat d’Angleterre et du Pays de Galles [1]


La hié­rar­chie d’Angleterre et du Pays de Galles, réunie à Rome, a déci­dé ce qui suit :

1. Dans l’exer­cice de leurs fonc­tions, les repré­sen­tants élus et les per­son­nages offi­ciels peuvent désor­mais assis­ter aux offices dans les églises non catho­liques. C’est ain­si, par exemple, que les conseillers muni­ci­paux catho­liques peuvent assis­ter aux offices célé­brés le Mayor’s Sunday (le dimanche du maire) dans une église ou cha­pelle non catho­lique. De même, un maire catho­lique qui a célé­bré le Mayor’s Sunday dans son église parois­siale, pour­ra, à titre offi­ciel, assis­ter aux offices célé­brés dans les autres églises. Ces nou­velles règles s’ap­pliquent aus­si aux juges, gref­fiers et autres per­son­nages officiels.

2. Il est per­mis aux catho­liques, pour des rai­sons d’a­mi­tié et de poli­tesse, d’as­sis­ter à des céré­mo­nies reli­gieuses telles que les mariages ou les enter­re­ments, dans des églises non catho­liques. Désormais un catho­lique peut être gar­çon ou demoi­selle d’hon­neur à un mariage entre non catholiques.

3. L’amitié entre chré­tiens allant en se déve­lop­pant, il arrive de plus en plus sou­vent que cer­tains catho­liques soient invi­tés dans des églises non catho­liques en des cir­cons­tances telles que l’ins­tal­la­tion d’un nou­veau des­ser­vant. Désormais, ces invi­ta­tions peuvent être acceptées.

4. Le jour de l’Armistice, des catho­liques sont par­fois invi­tés à des ser­vices célé­brés au monu­ment aux morts de la loca­li­té. Cette invi­ta­tion peut désor­mais être accep­tée. Lorsque l’on demande d’or­ga­ni­ser des ser­vices com­muns, le prêtre doit en régler les détails avec le cler­gé des autres confes­sions. Le mieux est sans doute que chaque groupe à son tour récite les prières qu’il connaît.

5. L’octave de l’u­ni­té chré­tienne a été sui­vi avec un enthou­siasme crois­sant au cours de ces der­nières années. Outre la fer­vente célé­bra­tion de cette octave dans nos églises, il est recom­man­dé que tous les chré­tiens se réunissent un soir de ladite semaine dans un local conve­nable pour y prier ensemble et écou­ter des chré­tiens de dif­fé­rentes confes­sions. Il serait éga­le­ment bon de lire des pas­sages de la Sainte Ecriture et de chan­ter des hymnes connus de tous. Si d’autres pra­tiques semblent sou­hai­tables pen­dant l’oc­tave ou en d’autres occa­sions oecu­mé­niques, le prêtre inté­res­sé doit consul­ter son évêque.

6. Des prêtres et des laïcs bien qua­li­fiés peuvent, avec l’ap­pro­ba­tion de l’é­vêque, accep­ter des invi­ta­tions à prendre la parole dans des églises non catho­liques, à condi­tion que leur allo­cu­tion ne fasse pas par­tie de l’office.

Les évêques dési­rent vive­ment que le cler­gé et les laïcs suivent de tout coeur les direc­tives don­nées par le Concile du Vatican.

Si les règles don­nées ci-​dessus sont res­pec­tées, on peut espé­rer que tout dan­ger d’in­dif­fé­ren­tisme sera évi­té. Il res­sort clai­re­ment des prin­cipes énon­cés qu’il ne peut pas y avoir de par­ti­ci­pa­tion à l’eu­cha­ris­tie non catho­lique. Il n’est de même pas pos­sible pour un catho­lique de jouer un rôle offi­ciel dans un office reli­gieux non catho­lique.

Si ces direc­tives sont sui­vies, nous n’a­vons pas à craindre que le véri­table oecu­mé­nisme soit mis en dan­ger par une action peu judi­cieuse qui pour­rait faci­le­ment créer une mau­vaise impres­sion de part et d’autre.

Notes de bas de page

  1. Traduction de la DC, d’a­près le texte ori­gi­nal anglais. Cette lettre a été lue dans toutes les églises d’Angleterre et du Pays de Galles, le dimanche 6 décembre 1964.[]