Rome-​FSSPX – Pas de perspective pour un vrai rapprochement – APIC du 19 juillet 2012

Pas de pers­pec­tive pour un vrai rapprochement

Menzingen, 19 juillet 2012 (Apic) Dans une « décla­ra­tion com­mune » publié le 19 juillet 2012, le cha­pitre de la Fraternité saint Pie X ne claque pas la porte à l’éventualité d’un accord avec Rome. La FSSPX indique avoir « défi­ni et approu­vé des condi­tions néces­saires pour une éven­tuelle nor­ma­li­sa­tion cano­nique. Il a été éta­bli que, dans ce cas, un cha­pitre extra­or­di­naire déli­bé­ra­tif serait convo­qué aupa­ra­vant ». La FSSPX ne se donne cepen­dant ni objec­tif clair, ni délai pour une réin­té­gra­tion au sein de l’Eglise romaine. De fait, elle semble accor­der sa pré­fé­rence au sta­tu quo.

Le ton de l’ensemble du texte et l’absence de tout élé­ment concret concer­nant les démarches de rap­pro­che­ment avec Rome laissent net­te­ment entendre que la FSSPX ne compte plus sur une régu­la­ri­sa­tion à court terme et pré­fère le main­tien de la situa­tion actuelle. « En atten­dant qu’un débat ouvert et sérieux, visant à un retour des auto­ri­tés ecclé­sias­tiques à la Tradition, soit ren­du pos­sible » la Fraternité « trouve son guide dans la Tradition constante de l’Eglise qui trans­met et trans­met­tra jusqu’à la fin des temps l’ensemble des ensei­gne­ments néces­saires au main­tien de la foi et au salut. » De fait, la pos­ture géné­rale de la FSSPX n’a pas évo­lué depuis Mgr Lefebvre et le schisme de 1988. A la seule dif­fé­rence qu’il n’est plus ques­tion aujourd’hui de latin ni de messe.

L’ensemble de la décla­ra­tion répète la condam­na­tion des « erreurs » du concile Vatican II. Le cha­pitre estime que « le pre­mier devoir de la Fraternité dans le ser­vice qu’elle entend rendre à l’Eglise est celui de conti­nuer, avec l’aide de Dieu, à pro­fes­ser la foi catho­lique dans toute sa pure­té et inté­gri­té, avec une déter­mi­na­tion pro­por­tion­née aux attaques que cette même foi ne cesse de subir aujourd’hui. »

« Nous avons retrou­vé notre union pour défendre la foi catho­lique »

Si le ton est dans l’ensemble mesu­ré, la FSSPX refuse tou­jours toute conces­sion sur le fond en par­ti­cu­lier sur la recon­nais­sance pleine et entière du concile Vatican II. « Nous avons retrou­vé notre union pro­fonde en la mis­sion essen­tielle de la FSSPX : gar­der et défendre la foi catho­lique, for­mer de bons prêtres et œuvrer à la res­tau­ra­tion de la chré­tien­té », sou­lignent les Lefebvristes.

Contre le concile, la FSSPX tient à expri­mer sans sur­prise son refus de l’œcuménisme, de la col­lé­gia­li­té des évêques et de la sépa­ra­tion entre l’Eglise et l’Etat. « Il nous semble oppor­tun de réaf­fir­mer notre foi dans l’Eglise catho­lique et romaine, seule Eglise fon­dée par Notre Seigneur Jésus-​Christ, en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni de pos­si­bi­li­té de trou­ver les moyens qui y mènent ; dans sa consti­tu­tion monar­chique, vou­lue par Notre Seigneur, qui fait que le pou­voir suprême de gou­ver­ne­ment sur toute l’Eglise revient au pape seul, vicaire du Christ sur terre ; dans la royau­té uni­ver­selle de Notre Seigneur Jésus-​Christ, créa­teur de l’ordre natu­rel et sur­na­tu­rel, auquel tout homme et toute socié­té doit se soumettre. »

Le leit­mo­tiv de « l’Eglise de tou­jours » contre les nou­veau­tés est lui aus­si soli­de­ment répé­té : « Pour toutes les nou­veau­tés du Concile Vatican II qui res­tent enta­chées d’erreurs et pour les réformes qui en sont issues, la Fraternité ne peut que conti­nuer à s’en tenir aux affir­ma­tions et ensei­gne­ments du Magistère constant de l’Eglise ; elle trouve son guide dans ce Magistère inin­ter­rom­pu qui, par son acte d’enseignement, trans­met le dépôt révé­lé en par­faite har­mo­nie avec tout ce que l’Eglise entière a tou­jours cru, en tout lieu. »

Chasser les enne­mis de l’intérieur

Le thème récur­rent du mar­tyre est évi­dem­ment repris : « Nous nous unis­sons aux autres chré­tiens per­sé­cu­tés dans les dif­fé­rents pays du monde qui souffrent pour la foi catho­lique, et très sou­vent jusqu’au martyre. »

Le texte se ter­mine sur un appel à l’intercession de la Vierge Marie de saint Michel et de saint Pie X « pour chas­ser les enne­mis de l’intérieur qui tentent de détruire l’Eglise plus radi­ca­le­ment que les enne­mis de l’extérieur ». Cette attaque fron­tale contre Rome devrait être suf­fi­sante pour rafraî­chir toute vel­léi­té de rap­pro­che­ment à court terme… Même si les Lefebvristes conti­nuent de pro­tes­ter de leur fidé­li­té : Que la Vierge « daigne gar­der dans l’intégrité de la foi, dans l’amour de l’Eglise, dans la dévo­tion au suc­ces­seur de Pierre, tous les membres de la Fraternité Saint-​Pie X et tous les prêtres et fidèles qui œuvrent dans les mêmes sen­ti­ments, afin qu’elle nous garde et nous pré­serve tant du schisme que de l’hérésie. »

Source : Apic/​com/​mp