Un aveu de Jean Guitton à propos du modernisme et du Concile Vatican II – 1992

« Lorsque je relis les docu­ments concer­nant le moder­nisme tel qu’il a été défi­ni par saint Pie X, et que je les com­pare aux docu­ments du concile de Vatican II, je ne peux man­quer d’être déconcerté. »

« Mais de nos jours, ce qu’on appelle moder­nisme en his­toire reli­gieuse a un sens très par­ti­cu­lier. On appelle de ce nom une doc­trine et un par­ti qui ont été condam­nés par le pape Pie X dans l’encyclique Pascendi.

« Le pape Pie X — qui a été cano­ni­sé — désigne le moder­nisme comme une héré­sie qui a un double carac­tère : celui d’être une syn­thèse, une somme de toutes les héré­sies, et celui de se cacher à l’intérieur de l’Église comme une trahison.

(…) Et je désire m’exprimer libre­ment et net­te­ment à ce sujet.

« Lorsque je relis les docu­ments concer­nant le moder­nisme tel qu’il a été défi­ni par saint Pie X, et que je les com­pare aux docu­ments du concile de Vatican II, je ne peux man­quer d’être décon­cer­té.

« Car ce qui a été condam­né comme une héré­sie en 1906 est pro­cla­mé comme étant et devant être désor­mais la doc­trine et la méthode de l’Église.

« Autrement dit, les moder­nistes de 1906 m’apparaissent comme des pré­cur­seurs. Mes maîtres en fai­saient par­tie. Mes parents me l’enseignaient. Comment Pie X a‑t-​il pu repous­ser ceux qui main­te­nant m’apparaissent comme des précurseurs ? »

Jean Guitton in Portrait du Père Lagrange, Editions Laffont, Paris, 1992, p. 55