Paul III

Bulle pontificale Sublimis Deus

9 juin 1537

Sur l'interdiction de l'esclavage des Indiens d'Amérique

Donné à Rome, le 9 juin de l’an­née 1537, la troi­sième de Notre Pontificat.

Le Pape Paul III, à tous les Chrétiens fidèles aux­quels par­vien­dra cet écrit, san­té dans le Christ notre Seigneur et béné­dic­tion apostolique.

Le Dieu sublime a tant aimé le genre humain, qu’Il créa l’homme dans une telle sagesse que non seule­ment il puisse par­ti­ci­per aux bien­faits dont jouissent les autres créa­tures, mais encore qu’il soit doté de la capa­ci­té d’at­teindre le Dieu inac­ces­sible et invi­sible et de le contem­pler face à face ; et puisque l’homme, selon le témoi­gnage des Ecritures Sacrées, a été créé pour goû­ter la vie éter­nelle et la joie, que nul ne peut atteindre et conser­ver qu’à tra­vers la foi en Notre-​Seigneur Jésus-​Christ, il est néces­saire qu’il pos­sède la nature et les facul­tés qui le rendent capable de rece­voir cette foi et que qui­conque est affec­té de ces dons doit être capable de rece­voir cette même foi.

Ainsi, il n’est pas conce­vable que qui­conque pos­sède si peu d’en­ten­de­ment que, dési­rant la foi, il soit pour­tant dénué de la facul­té néces­saire qui lui per­mette de la rece­voir. D’où il vient que le Christ, qui est la Vérité elle-​même, qui n’a jamais failli et ne failli­ra jamais, a dit aux pré­di­ca­teurs de la foi qu’il choi­sit pour cet office « Allez ensei­gner toutes les nations ». Il a dit toutes, sans excep­tion, car toutes sont capables de rece­voir les doc­trines de la foi.

L’Ennemi du genre humain, qui s’op­pose à toutes les bonnes actions en vue de mener les hommes à leur perte, voyant et enviant cela, inven­ta un moyen nou­veau par lequel il pour­rait entra­ver la pré­di­ca­tion de la parole de Dieu pour le salut des peuples : Il ins­pi­ra ses auxi­liaires qui, pour lui plaire, n’ont pas hési­té à publier à l’é­tran­ger que les Indiens de l’Occident et du Sud, et d’autres peuples dont Nous avons eu récem­ment connais­sance, devraient être trai­tés comme des bêtes de somme créées pour nous ser­vir, pré­ten­dant qu’ils sont inca­pables de rece­voir la Foi Catholique.

Nous qui, bien qu’in­digne de cet hon­neur, exer­çons sur terre le pou­voir de Notre-​Seigneur et cher­chons de toutes nos forces à rame­ner les bre­bis pla­cées au-​dehors de son trou­peau dans le ber­cail dont nous avons la charge, consi­dé­rons quoi qu’il en soit, que les Indiens sont véri­ta­ble­ment des hommes et qu’ils sont non seule­ment capables de com­prendre la Foi Catholique, mais que, selon nos infor­ma­tions, ils sont très dési­reux de la rece­voir. Souhaitant four­nir à ces maux les remèdes appro­priés, Nous défi­nis­sons et décla­rons par cette lettre apos­to­lique, ou par toute tra­duc­tion qui puisse en être signée par un notaire public et scel­lée du sceau de tout digni­taire ecclé­sias­tique, à laquelle le même cré­dit sera don­né qu’à l’o­ri­gi­nal, que quoi qu’il puisse avoir été dit ou être dit de contraire, les dits Indiens et tous les autres peuples qui peuvent être plus tard décou­verts par les Chrétiens, ne peuvent en aucun cas être pri­vés de leur liber­té ou de la pos­ses­sion de leurs biens, même s’ils demeurent en dehors de la foi de Jésus-​Christ ; et qu’ils peuvent et devraient, libre­ment et légi­ti­me­ment, jouir de la liber­té et de la pos­ses­sion de leurs biens, et qu’ils ne devraient en aucun cas être réduits en escla­vage ; si cela arri­vait mal­gré tout, cet escla­vage serait consi­dé­ré nul et non avenu.

Par la ver­tu de notre auto­ri­té apos­to­lique, Nous défi­nis­sons et décla­rons par la pré­sente lettre, ou par toute tra­duc­tion signée par un notaire public et scel­lée du sceau de la digni­té ecclé­sias­tique, qui impo­se­ra la même obéis­sance que l’o­ri­gi­nal, que les dits Indiens et autres peuples soient conver­tis à la foi de Jésus Christ par la pré­di­ca­tion de la parole de Dieu et par l’exemple d’une vie bonne et sainte.

Donné à Rome, le 29 mai de l’an­née 1537, la troi­sième de Notre Pontificat.

Paul III, Pape

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