Concile Vatican II, 4e session

18 novembre 1965

Constitution Dogmatique Dei Verbum

Sur la révélation divine

Table des matières

Rome, à Saint-​Pierre, le 18 novembre 1965

Paul, évêque,
Serviteur des ser­vi­teurs de Dieu,

Avec les Pères du Saint Concile,
Pour que le sou­ve­nir s’en main­tienne à jamais.

1. Préambule

En écou­tant reli­gieu­se­ment et pro­cla­mant avec assu­rance la Parole de Dieu, le saint Concile fait sienne cette parole de saint Jean : « Nous vous annon­çons la vie éter­nelle, qui était auprès du Père et qui nous est appa­rue : ce que nous avons vu et enten­du, nous vous l’annonçons, afin que vous soyez en com­mu­nion avec nous et que notre com­mu­nion soit avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jn 1, 2–3). C’est pour­quoi, sui­vant la trace des Conciles de Trente et du Vatican I, il entend pro­po­ser la doc­trine authen­tique sur la Révélation divine et sur sa trans­mis­sion, afin que, en enten­dant l’annonce du salut, le monde entier y croie, qu’en croyant il espère, qu’en espé­rant il aime [1].

Ch. I. La Révélation elle-même

2. Nature de la Révélation

Il a plu à Dieu dans sa bon­té et sa sagesse de se révé­ler en per­sonne et de faire connaître le mys­tère de sa volon­té (cf. Ep 1, 9) grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont ren­dus par­ti­ci­pants de la nature divine (cf. Ep 2, 18 ; 2 P 1, 4). Par cette révé­la­tion, le Dieu invi­sible (cf. Col 1, 15 ; 1 Tm 1, 17) s’adresse aux hommes en son sur­abon­dant amour comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14–15), il s’entretient avec eux (cf. Ba 3, 28) pour les invi­ter et les admettre à par­ta­ger sa propre vie. Pareille éco­no­mie de la Révélation com­prend des actions et des paroles inti­me­ment liées entre elles, de sorte que les œuvres, accom­plies par Dieu dans l’histoire du salut, attestent et cor­ro­borent et la doc­trine et le sens indi­qués par les paroles, tan­dis que les paroles pro­clament les œuvres et éclairent le mys­tère qu’elles contiennent. La pro­fonde véri­té que cette Révélation mani­feste, sur Dieu et sur le salut de l’homme, res­plen­dit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plé­ni­tude de toute la Révélation [2].

3. Préparation de la Révélation évangélique

Dieu, qui crée (cf. Jn 1, 3) et conserve toutes choses par le Verbe, donne aux hommes dans les choses créées un témoi­gnage inces­sant sur lui-​même (cf. Rm 1, 19–20) ; vou­lant de plus ouvrir la voie du salut d’en haut, il s’est mani­fes­té aus­si lui-​même, dès l’origine, à nos pre­miers parents. Après leur chute, par la pro­messe d’une rédemp­tion, il les rele­va dans l’espérance du salut (cf. Gn 3, 15) ; il prit un soin constant du genre humain, pour don­ner la vie éter­nelle à tous ceux qui, par la constance dans le bien, recher­chaient le salut (cf. Rm 2, 6–7). Au temps fixé, il appe­la Abraham pour faire de lui un grand peuple (cf. Gn 12, 2) ; après les patriarches, il for­ma ce peuple par l’intermédiaire de Moïse et par les pro­phètes, pour qu’il le recon­naisse comme le seul Dieu vivant et vrai, Père pré­voyant et juste juge, et qu’il attende le Sauveur pro­mis, pré­pa­rant ain­si au cours des siècles la voie à l’Évangile.

4. Le Christ plé­ni­tude per­son­nelle de la Révélation

Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, par­lé par les pro­phètes, Dieu « en ces jours qui sont les der­niers, nous a par­lé par son Fils » (He 1, 1–2). Il a envoyé en effet son Fils, le Verbe éter­nel qui éclaire tous les hommes, pour qu’il demeu­rât par­mi eux et leur fît connaître les pro­fon­deurs de Dieu (cf. Jn 1, 1–18). Jésus Christ donc, le Verbe fait chair, « homme envoyé aux hommes [3] », « pro­nonce les paroles de Dieu » (Jn 3, 34) et achève l’œuvre de salut que le Père lui a don­née à faire (cf. Jn 5, 36 ; 17, 4). C’est donc lui – le voir, c’est voir le Père (cf. Jn 14, 9) – qui, par toute sa pré­sence et par la mani­fes­ta­tion qu’il fait de lui-​même par ses paroles et ses œuvres, par ses signes et ses miracles, et plus par­ti­cu­liè­re­ment par sa mort et sa résur­rec­tion glo­rieuse d’entre les morts, par l’envoi enfin de l’Esprit de véri­té, achève en l’accomplissant la révé­la­tion, et la confirme encore en attes­tant divi­ne­ment que Dieu lui-​même est avec nous pour nous arra­cher aux ténèbres du péché et de la mort et nous res­sus­ci­ter pour la vie éternelle.

L’économie chré­tienne, étant l’Alliance Nouvelle et défi­ni­tive, ne pas­se­ra donc jamais et aucune nou­velle révé­la­tion publique n’est dès lors à attendre avant la mani­fes­ta­tion glo­rieuse de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Tm 6, 14 ; Tt 2, 13).

5. Accueil de la Révélation par la foi

À Dieu qui révèle est due « l’obéissance de la foi » (Rm 16, 26 ; cf. Rm 1, 5 ; 2 Co 10, 5- 6) , par laquelle l’homme s’en remet tout entier et libre­ment à Dieu dans « un com­plet hom­mage d’intelligence et de volon­té à Dieu qui révèle [4] » et dans un assen­ti­ment volon­taire à la révé­la­tion qu’il fait. Pour exis­ter, cette foi requiert la grâce pré­ve­nante et adju­vante de Dieu, ain­si que les secours inté­rieurs du Saint-​Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne « à tous la douce joie de consen­tir et de croire à la véri­té [5] ». Afin de rendre tou­jours plus pro­fonde l’intelligence de cette Révélation, l’on ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite.

6. Révélation divine et connais­sance natu­relle de Dieu

Par la Révélation divine, Dieu a vou­lu se mani­fes­ter et se com­mu­ni­quer lui-​même ain­si que mani­fes­ter et com­mu­ni­quer les décrets éter­nels de sa volon­té concer­nant le salut des hommes, « à savoir de leur don­ner part aux biens divins qui dépassent toute péné­tra­tion humaine de l’esprit [6] ».

Le saint Concile recon­naît que « Dieu, prin­cipe et fin de toutes choses, peut être connu avec cer­ti­tude par la lumière natu­relle de la rai­son humaine à par­tir des choses créées » (cf. Rm 1, 20) ; mais il enseigne qu’on doit attri­buer à la Révélation « le fait que les choses qui dans l’ordre divin ne sont pas de soi inac­ces­sibles à la rai­son humaine, peuvent aus­si, dans la condi­tion pré­sente du genre humain, être connues de tous, faci­le­ment, avec une ferme cer­ti­tude et sans aucun mélange d’erreur [7] ».

Ch. II. La transmission de la Révélation divine

7. Les Apôtres et leurs suc­ces­seurs, hérauts de l’Évangile

Cette Révélation don­née pour le salut de toutes les nations, Dieu, avec la même bien­veillance, a pris des dis­po­si­tions pour qu’elle demeure tou­jours en son inté­gri­té et qu’elle soit trans­mise à toutes les géné­ra­tions. C’est pour­quoi le Christ Seigneur, en qui s’achève toute la Révélation du Dieu très haut (cf. 1 Co 1, 30 ; 3, 16–4, 6), ayant accom­pli lui-​même et pro­cla­mé de sa propre bouche l’Évangile d’abord pro­mis par les pro­phètes, ordon­na à ses Apôtres de le prê­cher à tous comme la source de toute véri­té salu­taire et de toute règle morale, en leur com­mu­ni­quant les dons divins [8]. Ce qui fut fidè­le­ment exé­cu­té, soit par les Apôtres, qui, par la pré­di­ca­tion orale, par leurs exemples et des ins­ti­tu­tions, trans­mirent, ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, ou ce qu’ils tenaient des sug­ges­tions du Saint-​Esprit, soit par ces Apôtres et par des hommes de leur entou­rage, qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint [9], consi­gnèrent par écrit le mes­sage du salut.

Mais pour que l’Évangile fût tou­jours gar­dé intact et vivant dans l’Église, les Apôtres lais­sèrent pour suc­ces­seurs des évêques, aux­quels ils « remirent leur propre fonc­tion d’enseignement [10] ». Cette sainte Tradition et la Sainte Écriture de l’un et l’autre Testament sont donc comme un miroir où l’Église en son che­mi­ne­ment ter­restre contemple Dieu, dont elle reçoit tout jusqu’à ce qu’elle soit ame­née à le voir face à face tel qu’il est (cf. 1 Jn 3, 2).

8. La sainte Tradition

C’est pour­quoi la pré­di­ca­tion apos­to­lique, qui se trouve spé­cia­le­ment expri­mée dans les livres ins­pi­rés, devait être conser­vée par une suc­ces­sion inin­ter­rom­pue jusqu’à la consom­ma­tion des temps. Les Apôtres, trans­met­tant donc ce qu’ils ont eux-​mêmes reçu, exhortent les fidèles à gar­der fer­me­ment les tra­di­tions qu’ils ont apprises soit de vive voix soit par écrit (cf. 2 Th 2, 15) et à lut­ter pour la foi qui leur a été une fois pour toutes trans­mise (cf. Jude 3) [11]. Quant à la Tradition reçue des Apôtres, elle com­prend tout ce qui contri­bue à conduire sain­te­ment la vie du peuple de Dieu et à en aug­men­ter la foi ; ain­si l’Église per­pé­tue dans sa doc­trine, sa vie et son culte et elle trans­met à chaque géné­ra­tion, tout ce qu’elle est elle-​même, tout ce qu’elle croit.

Cette Tradition qui vient des Apôtres pro­gresse dans l’Église [12], sous l’assistance du Saint-​Esprit ; en effet, la per­cep­tion des réa­li­tés aus­si bien que des paroles trans­mises s’accroît, soit par la contem­pla­tion et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur (cf. Lc 2, 19.51), soit par l’intelligence inté­rieure qu’ils éprouvent des réa­li­tés spi­ri­tuelles, soit par la pré­di­ca­tion de ceux qui, avec la suc­ces­sion épis­co­pale, ont reçu un cha­risme cer­tain de véri­té. Ainsi l’Église, tan­dis que les siècles s’écoulent, tend constam­ment vers la plé­ni­tude de la divine véri­té, jusqu’à ce que soient accom­plies en elle les paroles de Dieu.

L’enseignement des saints Pères atteste la pré­sence vivi­fiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pra­tique et dans la vie de l’Église qui croit et qui prie. C’est cette même tra­di­tion, qui fait connaître à l’Église le canon inté­gral des Livres Saints ; c’est elle aus­si qui, dans l’Église, fait com­prendre cette Écriture Sainte et la rend conti­nuel­le­ment opé­rante. Ainsi Dieu, qui a par­lé jadis, ne cesse de conver­ser avec l’Épouse de son Fils bien-​aimé, et l’Esprit Saint, par qui la voix vivante de l’Évangile reten­tit dans l’Église et, par l’Église, dans le monde, intro­duit les croyants dans la véri­té tout entière et fait que la parole du Christ réside en eux avec toute sa richesse (cf. Col 3, 16).

9. Le rap­port réci­proque entre la Tradition et l’Écriture

La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et com­mu­niquent étroi­te­ment entre elles. Car toutes deux, jaillis­sant de la même source divine, ne forment pour ain­si dire qu’un tout et tendent à une même fin. En effet, la Sainte Écriture est la Parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consi­gnée par écrit ; quant à la sainte Tradition, elle porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l’Esprit Saint aux Apôtres, et la trans­met inté­gra­le­ment à leurs suc­ces­seurs, pour que, illu­mi­nés par l’Esprit de véri­té, en la prê­chant, ils la gardent, l’exposent et la répandent avec fidé­li­té : il en résulte que l’Église ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa cer­ti­tude sur tous les points de la Révélation. C’est pour­quoi l’une et l’autre doivent être reçues et véné­rées avec un égal sen­ti­ment d’amour et de res­pect [13].

10. Tradition, Écriture, Peuple de Dieu et Magistère

La sainte Tradition et la Sainte Écriture consti­tuent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église ; en s’attachant à lui, le peuple saint tout entier uni à ses pas­teurs reste assi­dû­ment fidèle à l’enseignement des Apôtres et à la com­mu­nion fra­ter­nelle, à la frac­tion du pain et aux prières (cf. Ac 2, 42 grec), si bien que, pour le main­tien, la pra­tique et la pro­fes­sion de la foi trans­mise, s’établit, entre pas­teurs et fidèles, un remar­quable accord [14].

La charge d’interpréter de façon authen­tique la Parole de Dieu, écrite ou trans­mise [15], a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église [16] dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ. Pourtant, ce Magistère n’est pas au-​dessus de la Parole de Dieu, mais il est à son ser­vice, n’enseignant que ce qui a été trans­mis, puisque par man­dat de Dieu, avec l’assistance de l’Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde sain­te­ment et l’expose aus­si avec fidé­li­té, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il pro­pose à croire comme étant révé­lé par Dieu.

Il est donc clair que la sainte Tradition, la Sainte Écriture et le Magistère de l’Église, selon le très sage des­sein de Dieu, sont tel­le­ment reliés et soli­daires entre eux qu’aucune de ces réa­li­tés ne sub­siste sans les autres, et que toutes ensemble, cha­cune à sa manière, sous l’action du seul Esprit Saint, elles contri­buent effi­ca­ce­ment au salut des âmes.

Ch. III. L’inspiration de la Sainte Écriture et son interprétation

11. Inspiration et véri­té de la Sainte Écriture

Les réa­li­tés divi­ne­ment révé­lées, que contiennent et pré­sentent les livres de la Sainte Écriture, y ont été consi­gnées sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Notre sainte Mère l’Église, de par la foi apos­to­lique, tient pour sacrés et cano­niques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs par­ties, puisque, rédi­gés sous l’inspiration de l’Esprit Saint (cf. Jn 20, 31 ; 2 Tm 3, 16 ; 2 P 1, 19–21 ; 3, 15–16), ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été trans­mis comme tels à l’Église elle-​même [17]. Pour com­po­ser ces livres sacrés, Dieu a choi­si des hommes aux­quels il a eu recours dans le plein usage de leurs facul­tés et de leurs moyens [18], pour que, lui-​même agis­sant en eux et par eux [19], ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seule­ment [20].

Dès lors, puisque toutes les asser­tions des auteurs ins­pi­rés ou hagio­graphes doivent être tenues pour asser­tions de l’Esprit Saint, il faut décla­rer que les livres de l’Écriture enseignent fer­me­ment, fidè­le­ment et sans erreur la véri­té que Dieu a vou­lu voir consi­gnée dans les Lettres sacrées pour notre salut [21]. C’est pour­quoi « toute Écriture ins­pi­rée de Dieu est utile pour ensei­gner, réfu­ter, redres­ser, for­mer à la jus­tice, afin que l’homme de Dieu se trouve accom­pli, équi­pé pour toute œuvre bonne » (2 Tm 3, 16–17 grec).

12. Comment inter­pré­ter l’Écriture

Cependant, puisque Dieu, dans la Sainte Écriture, a par­lé par des hommes à la manière des hommes [22], il faut que l’interprète de la Sainte Écriture, pour voir clai­re­ment ce que Dieu lui-​même a vou­lu nous com­mu­ni­quer, cherche avec atten­tion ce que les hagio­graphes ont vrai­ment vou­lu dire et ce qu’il a plu à Dieu de faire pas­ser par leurs paroles. Pour décou­vrir l’intention des hagio­graphes, on doit, entre autres choses, consi­dé­rer aus­si les « genres lit­té­raires ». Car c’est de façon bien dif­fé­rente que la véri­té se pro­pose et s’exprime en des textes diver­se­ment his­to­riques, ou pro­phé­tiques, ou poé­tiques, ou même en d’autres genres d’expression. Il faut, en consé­quence, que l’interprète cherche le sens que l’hagiographe, en des cir­cons­tances déter­mi­nées, dans les condi­tions de son temps et de sa culture, employant les genres lit­té­raires alors en usage, enten­dait expri­mer et a, de fait, expri­mé [23]. En effet, pour vrai­ment décou­vrir ce que l’auteur sacré a vou­lu affir­mer par écrit, il faut faire minu­tieu­se­ment atten­tion soit aux manières natives de sen­tir, de par­ler ou de racon­ter cou­rantes au temps de l’hagiographe, soit à celles qu’on uti­li­sait à cette époque dans les rap­ports humains [24]. Cependant, puisque la Sainte Écriture doit être lue et inter­pré­tée à la lumière du même Esprit que celui qui la fit rédi­ger [25], il ne faut pas, pour décou­vrir exac­te­ment le sens des textes sacrés, por­ter une moindre atten­tion au conte­nu et à l’unité de toute l’Écriture, eu égard à la Tradition vivante de toute l’Église et à l’analogie de la foi. Il appar­tient aux exé­gètes de s’efforcer, sui­vant ces règles, de péné­trer et d’exposer plus pro­fon­dé­ment le sens de la Sainte Écriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préa­lables, mûrisse le juge­ment de l’Église. Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est fina­le­ment sou­mis au juge­ment de l’Église, qui exerce le minis­tère et le man­dat divi­ne­ment reçus de gar­der la Parole de Dieu et de l’interpréter [26].

13. La condes­cen­dance de Dieu

Dans la Sainte Écriture, la véri­té et la sain­te­té de Dieu res­tant tou­jours sauves, se mani­feste donc la « condes­cen­dance » mer­veilleuse de la Sagesse éter­nelle « pour que nous appre­nions l’ineffable bien­veillance de Dieu et à quel point aus­si, dans ses soins pré­ve­nants pour notre nature, il a adap­té son lan­gage » [27]. En effet, les paroles de Dieu, pas­sant par les langues humaines, sont deve­nues sem­blables au lan­gage des hommes, de même que jadis le Verbe du Père éter­nel, ayant pris l’infirmité de notre chair, est deve­nu sem­blable aux hommes.

Ch. IV. L’Ancien Testament

14. L’histoire du salut dans les livres de l’Ancien Testament

Dieu, pro­je­tant et pré­pa­rant en la sol­li­ci­tude de son amour extrême le salut de tout le genre humain, se choi­sit, selon une dis­po­si­tion par­ti­cu­lière, un peuple auquel confier les pro­messes. En effet, une fois conclue l’Alliance avec Abraham (cf. Gn 15, 18) et, par Moïse, avec le peuple d’Israël (cf. Ex 24, 8), Dieu se révé­la, en paroles et en actions, au peuple de son choix, comme l’unique Dieu véri­table et vivant ; de ce fait, Israël fit l’expérience des « voies » de Dieu avec les hommes, et, Dieu lui-​même par­lant par les pro­phètes, il en acquit une intel­li­gence de jour en jour plus pro­fonde et plus claire, et en por­ta un témoi­gnage gran­dis­sant par­mi les nations (cf. Ps 21, 28–29 ; 95, 1–3 ; Is 2, 1- 4 ; Jr 3, 17). L’économie du salut, annon­cée d’avance, racon­tée et expli­quée par les auteurs sacrés, appa­raît donc dans les livres de l’Ancien Testament comme la vraie Parole de Dieu ; c’est pour­quoi ces livres divi­ne­ment ins­pi­rés conservent une valeur impé­ris­sable : « Car tout ce qui a été écrit l’a été pour notre ins­truc­tion, afin que par la patience et la conso­la­tion venant des Écritures, nous pos­sé­dions l’espérance » (Rm 15, 4).

15. Importance de l’Ancien Testament pour les chrétiens

L’économie de l’Ancien Testament avait pour rai­son d’être majeure de pré­pa­rer l’avènement du Christ Sauveur de tous, et de son Royaume mes­sia­nique, d’annoncer pro­phé­ti­que­ment cet avè­ne­ment (cf. Lc 24, 44 ; Jn 5, 39 ; 1 P 1, 10) et de le signi­fier par diverses figures (cf. 1 Co 10, 11). Compte tenu de la situa­tion humaine qui pré­cède le salut ins­tau­ré par le Christ, les livres de l’Ancien Testament per­mettent à tous de connaître qui est Dieu et qui est l’homme, non moins que la manière dont Dieu dans sa jus­tice et sa misé­ri­corde agit envers les hommes. Ces livres, bien qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc, sont pour­tant les témoins d’une véri­table péda­go­gie divine [28]. C’est pour­quoi les fidèles du Christ doivent les accep­ter avec véné­ra­tion : en eux s’exprime un vif sens de Dieu ; en eux se trouvent de sublimes ensei­gne­ments sur Dieu, une sagesse salu­taire au sujet de la vie humaine, d’admirables tré­sors de prières ; en eux enfin se tient caché le mys­tère de notre salut.

16. L’unité des deux Testaments

Inspirateur et auteur des livres de l’un et l’autre Testament, Dieu les a en effet sage­ment dis­po­sés de telle sorte que le Nouveau soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoi­lé [29]. Car, même si le Christ a fon­dé dans son sang la Nouvelle Alliance (cf. Lc 22, 20 ; 1 Co 11, 25) , néan­moins les livres de l’Ancien Testament, inté­gra­le­ment repris dans le mes­sage évan­gé­lique [30], acquièrent et mani­festent leur com­plète signi­fi­ca­tion dans le Nouveau Testament (cf. Mt 5, 17 ; Lc 24, 27 ; Rm 16, 25–26 ; 2 Co 3, 14–16) , auquel ils apportent en retour lumière et explication.

Ch. V. Le Nouveau Testament

17. Excellence du Nouveau Testament

La Parole de Dieu, qui est une force divine pour le salut de tout croyant (cf. Rm 1, 16), se pré­sente dans les écrits du Nouveau Testament et sa puis­sance s’y mani­feste de façon sin­gu­lière. Dès que fut venue, en effet, la plé­ni­tude des temps (cf. Ga 4, 4), le Verbe de Dieu s’est fait chair, et il a habi­té par­mi nous, plein de grâce et de véri­té (cf. Jn 1, 14). Le Christ a ins­tau­ré le règne de Dieu sur terre ; par ses gestes et ses paroles, il a révé­lé et son Père et lui-​même ; par sa mort, sa résur­rec­tion, son ascen­sion glo­rieuse et par l’envoi de l’Esprit Saint, il a par­ache­vé son œuvre. Élevé de terre, il attire à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32 grec), lui qui seul pos­sède les paroles de la vie éter­nelle (cf. Jn 6, 68). Mais ce mys­tère n’a pas été dévoi­lé aux autres géné­ra­tions comme il l’a été désor­mais dans l’Esprit Saint à ses saints Apôtres et pro­phètes (cf. Ep 3, 4–6 grec), afin qu’ils pro­clament l’Évangile, qu’ils sus­citent la foi en Jésus, Christ et Seigneur, et qu’ils ras­semblent son Église. De ces réa­li­tés, les écrits du Nouveau Testament pré­sentent un témoi­gnage per­ma­nent et divin.

18. L’origine apos­to­lique des Évangiles

Il n’échappe à per­sonne qu’entre toutes les Écritures, même celles du Nouveau Testament, les Évangiles pos­sèdent une supé­rio­ri­té méri­tée, en tant qu’ils consti­tuent le témoi­gnage par excel­lence sur la vie et sur la doc­trine du Verbe incar­né, notre Sauveur.

Toujours et par­tout l’Église a tenu et tient l’origine apos­to­lique des quatre Évangiles. Ce que les Apôtres, en effet, sur l’ordre du Christ, ont prê­ché, eux-​mêmes et des hommes de leur entou­rage nous l’ont, sous l’inspiration divine de l’Esprit, trans­mis dans des écrits qui sont le fon­de­ment de la foi, à savoir, l’Évangile qua­dri­forme selon Matthieu, Marc, Luc et Jean [31].

19. Leur carac­tère historique

La sainte Mère Église a tenu et tient fer­me­ment et, avec la plus grande constance, que ces quatre Évangiles, dont elle affirme sans hési­ter l’historicité, trans­mettent fidè­le­ment ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie par­mi les hommes, a réel­le­ment fait et ensei­gné pour leur salut éter­nel, jusqu’au jour où il fut enle­vé au ciel (cf. Ac 1, 1- 2). En effet, ce que le Seigneur avait dit et fait, les Apôtres après son Ascension le trans­mirent à leurs audi­teurs avec cette intel­li­gence plus pro­fonde des choses dont eux-​mêmes, ins­truits par les évé­ne­ments glo­rieux du Christ et éclai­rés par la lumière de l’Esprit de véri­té [32], jouis­saient [33]. Les auteurs sacrés com­po­sèrent donc les quatre Évangiles, choi­sis­sant cer­tains des nom­breux élé­ments trans­mis soit ora­le­ment soit déjà par écrit, rédi­geant un résu­mé des autres, ou les expli­quant en fonc­tion de la situa­tion des Églises, gar­dant enfin la forme d’une pré­di­ca­tion, de manière à nous livrer tou­jours sur Jésus des choses vraies et sin­cères [34]. Que ce soit, en effet, à par­tir de leur propre mémoire et de leurs sou­ve­nirs, ou à par­tir du témoi­gnage de ceux qui « furent dès le début témoins ocu­laires et ser­vi­teurs de la Parole », ils com­po­sèrent leurs écrits dans le but de nous faire éprou­ver la « véri­té » des ensei­gne­ments que nous avons reçus (cf. Lc 1, 2–4).

20. Les autres écrits du Nouveau Testament

Le canon du Nouveau Testament, outre les quatre Évangiles, com­prend aus­si des épîtres de saint Paul et d’autres écrits apos­to­liques, com­po­sés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ; ces écrits, selon les sages dis­po­si­tions de Dieu, confirment ce qui touche au Christ Notre Seigneur, pré­sentent sa doc­trine authen­tique avec des pré­ci­sions tou­jours plus grandes, font connaître aux hommes l’œuvre divine du Christ avec sa puis­sance de salut, racontent les débuts de l’Église et son admi­rable expan­sion, et annoncent par avance sa glo­rieuse consom­ma­tion. Le Seigneur Jésus en effet, comme il l’avait pro­mis, est res­té pré­sent auprès de ses Apôtres (cf. Mt 28, 20) et il leur envoya l’Esprit conso­la­teur qui devait les intro­duire dans la plé­ni­tude de la véri­té (cf. Jn 16, 13).

Ch. VI. La Sainte Écriture dans la vie de l’Église

21. Importance de la Sainte Écriture pour l’Église

L’Église a tou­jours véné­ré les divines Écritures, comme elle le fait aus­si pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, sur­tout dans la sainte litur­gie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. Toujours elle eut et elle a pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjoin­te­ment avec la sainte Tradition, puisque, ins­pi­rées par Dieu et consi­gnées une fois pour toutes par écrit, elles com­mu­niquent immua­ble­ment la Parole de Dieu lui-​même et font réson­ner dans les paroles des pro­phètes et des Apôtres la voix de l’Esprit Saint. Il faut donc que toute la pré­di­ca­tion ecclé­sias­tique, comme la reli­gion chré­tienne elle-​même, soit nour­rie et gui­dée par la Sainte Écriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec ten­dresse au-​devant de ses fils et entre en conver­sa­tion avec eux ; or, la force et la puis­sance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles consti­tuent, pour l’Église, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Église, la soli­di­té de leur foi, la nour­ri­ture de leur âme, la source pure et per­ma­nente de leur vie spi­ri­tuelle. Dès lors ces mots s’appliquent par­fai­te­ment à la Sainte Écriture : « Elle est vivante donc et effi­cace la Parole de Dieu » (He 4, 12), « qui a le pou­voir d’édifier et de don­ner l’héritage à tous les sanc­ti­fiés » (Ac 20, 32 ; cf. 1 Th 2, 13).

22. Nécessité des dif­fé­rentes ver­sions et traductions

Il faut que l’accès à la Sainte Écriture soit lar­ge­ment ouvert aux fidèles du Christ. Pour cette rai­son l’Église, dès le com­men­ce­ment, a fait sienne cette antique ver­sion grecque de l’Ancien Testament, appe­lée des Septante ; elle tient tou­jours en hon­neur les autres ver­sions, orien­tales et latines, prin­ci­pa­le­ment celle qu’on nomme la Vulgate. Comme la Parole de Dieu doit être à la dis­po­si­tion de tous les temps, l’Église, avec une sol­li­ci­tude mater­nelle, veille à ce que des tra­duc­tions appro­priées et exactes soient faites dans les diverses langues, de pré­fé­rence à par­tir des textes ori­gi­naux des Livres sacrés. S’il se trouve que pour une rai­son d’opportunité et avec l’approbation des auto­ri­tés ecclé­sias­tiques ces tra­duc­tions soient le fruit d’une col­la­bo­ra­tion avec des frères sépa­rés, elles pour­ront être uti­li­sées par tous les chrétiens.

23. La tâche apos­to­lique des théo­lo­giens catholiques

L’Épouse du Verbe incar­né, l’Église, ins­truite par le Saint-​Esprit, s’efforce d’acquérir une intel­li­gence chaque jour plus pro­fonde des Saintes Écritures, pour offrir conti­nuel­le­ment à ses enfants la nour­ri­ture de la parole divine ; aus­si favorise-​t-​elle éga­le­ment à bon droit l’étude des saints Pères, tant d’Orient que d’Occident, et celle des saintes litur­gies. Il faut que les exé­gètes catho­liques et tous ceux qui s’adonnent à la théo­lo­gie sacrée, unis­sant acti­ve­ment leurs forces, s’appliquent, sous la vigi­lance du Magistère sacré, et en uti­li­sant des moyens appro­priés, à si bien scru­ter et à si bien pré­sen­ter les divines Lettres, que le plus grand nombre pos­sible de ser­vi­teurs de la parole divine soient à même de four­nir uti­le­ment au peuple de Dieu l’aliment scrip­tu­raire, qui éclaire les esprits, affer­mit les volon­tés et embrase d’amour de Dieu le cœur des hommes [35]. Le saint Concile encou­rage for­te­ment les fils de l’Église qui se consacrent aux études bibliques, à pour­suivre jusqu’au bout le tra­vail heu­reu­se­ment entre­pris, avec une éner­gie chaque jour réno­vée, une ardeur totale, et confor­mé­ment au sens de l’Église [36].

24. Écriture Sainte et théologie

La théo­lo­gie sacrée s’appuie sur la Parole de Dieu écrite, insé­pa­rable de la sainte Tradition, comme sur un fon­de­ment per­ma­nent ; en elle aus­si elle se for­ti­fie, s’affermit et se rajeu­nit tou­jours, tan­dis qu’elle scrute, sous la lumière de la foi, toute la véri­té qui se puise cachée dans le mys­tère du Christ. Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont ins­pi­rées, elles sont vrai­ment cette Parole ; que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théo­lo­gie sacrée comme son âme [37]. Que le minis­tère de la parole, qui com­prend la pré­di­ca­tion pas­to­rale, la caté­chèse, et toute l’instruction chré­tienne, où l’homélie litur­gique doit avoir une place de choix, trouve, lui aus­si, dans cette même parole de l’Écriture, une saine nour­ri­ture et une sainte vigueur.

25. Recommandation de la lec­ture de l’Écriture Sainte

C’est pour­quoi tous les clercs, en pre­mier lieu les prêtres du Christ, et tous ceux qui s’adonnent légi­ti­me­ment, comme diacres ou caté­chistes, au minis­tère de la parole, doivent, par une lec­ture sacrée assi­due et par une étude appro­fon­die, s’attacher aux Écritures, de peur que l’un d’eux ne devienne « un vain pré­di­ca­teur de la Parole de Dieu au-​dehors, lui qui ne l’écouterait pas au-​dedans de lui [38] », alors qu’il doit faire part aux fidèles qui lui sont confiés, spé­cia­le­ment au cours de la sainte litur­gie, des richesses sans mesure de la parole divine. De même le saint Concile exhorte de façon insis­tante et spé­ciale tous les fidèles du Christ, et notam­ment les membres des ordres reli­gieux, à acqué­rir, par la lec­ture fré­quente des divines Écritures, « la science émi­nente de Jésus Christ » (Ph 3, 8). « En effet, l’ignorance des Écritures, c’est l’ignorance du Christ [39] ». Que volon­tiers donc ils abordent le texte sacré lui-​même, soit par la sainte litur­gie impré­gnée des paroles divines, soit par une pieuse lec­ture, soit par des cours appro­priés et par d’autres moyens qui, avec l’approbation et par les soins des pas­teurs de l’Église, se répandent par­tout de nos jours d’une manière digne d’éloges. Qu’ils se rap­pellent aus­si que la prière doit aller de pair avec la lec­ture de la Sainte Écriture, pour que s’établisse un dia­logue entre Dieu et l’homme, car « nous lui par­lons quand nous prions, mais nous l’écoutons quand nous lisons les oracles divins [40] ».

Il revient aux évêques « dépo­si­taires de la doc­trine apos­to­lique [41] » d’apprendre de manière conve­nable aux fidèles qui leur sont confiés, à faire un usage cor­rect des Livres divins, sur­tout du Nouveau Testament et en tout pre­mier lieu des Évangiles, grâce à des tra­duc­tions des textes sacrés ; celles-​ci seront munies des expli­ca­tions néces­saires et vrai­ment suf­fi­santes, afin que les fils de l’Église fré­quentent les Écritures sacrées avec sécu­ri­té et pro­fit, et s’imprègnent de leur esprit.

De plus, que l’on fasse à l’usage des non-​chrétiens eux-​mêmes, des édi­tions de l’Écriture Sainte, anno­tées comme il faut et adap­tées à la situa­tion des des­ti­na­taires ; que, de toute manière, pas­teurs d’âmes et chré­tiens, quel que soit leur état, veillent à les dif­fu­ser judicieusement.

26. Épilogue

Ainsi donc, que par la lec­ture et l’étude des Livres saints « la Parole de Dieu accom­plisse sa course et soit glo­ri­fiée » (2 Th 3, 1), et que le tré­sor de la Révélation confié à l’Église comble de plus en plus le cœur des hommes. De même que l’Église reçoit un accrois­se­ment de vie par la fré­quen­ta­tion assi­due du mys­tère eucha­ris­tique, ain­si peut-​on espé­rer qu’un renou­veau de vie spi­ri­tuelle jailli­ra d’une véné­ra­tion crois­sante de la Parole de Dieu, qui « demeure à jamais » (Is 40, 8 ; cf. 1 P 23–25).

Tout l’ensemble et cha­cun des points qui ont été édic­tés dans cette Constitution ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en ver­tu du pou­voir apos­to­lique que Nous tenons du Christ, en union avec les véné­rables Pères, Nous les approu­vons, arrê­tons et décré­tons dans le Saint-​Esprit, et Nous ordon­nons que ce qui a été ain­si éta­bli en Concile soit pro­mul­gué pour la gloire de Dieu.

Rome, à Saint-​Pierre, le 18 novembre 1965.

Moi, Paul, évêque de l’Église catholique,

(Suivent les signa­tures des Pères)

Notes de bas de page

  1. Cf. Saint Augustin, De cathe­chi­zan­dis rudi­bus, c. IV, 8 : PL 40, 316.[]
  2. Cf. Mt 11, 27 ; Jn 1, 14.17 ; 14, 6 ; 17, 1–3 ; 2 Co 3, 16 et 4, 6 ; Ep 1, 3–14.[]
  3. Epist. ad Diognetum, 8, 4 ; Funk I, 403.[]
  4. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath., chap. 3, sur la foi : Denz. 1789 (3008).[]
  5. Conc. d’Orange II, can. 7 : Denz. 180 (377). – Conc. Vat. I, l. c. : Denz. 1791 (3010).[]
  6. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath., chap. 2, Sur la révé­la­tion : Denz. 1786 (3005).[]
  7. Ibid., Denz. 1785 et 1786 (3004 et 3005)., Denz. 1785 et 1786 (3004 et 3005).[]
  8. Cf. Mt 28, 19–20 et Mc 16, 15. – Conc. de Trente, sess. 4, Décret De cano­ni­cis Scripturis : Denz. 783 (1501).[]
  9. Cf. Conc. de Trente, l. c. – Conc. Vat. I, sess. 3, Const. dogm. De fide cath. chap. 2, Sur la révé­la­tion : Denz. 1787 (3006).[]
  10. Saint Irénée, Adv. Haer, III, 1 : PG 7, 848 ; Harvey, 2, p. 9.[]
  11. Cf. Conc. de Nicée II : Denz. 303 (602). – Conc. Const. IV, sess. 10, can. 1 : Denz. 336 (650–652).[]
  12. Cf. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath., chap. 4, Sur la foi et la rai­son : Denz. 1800 (3020).[]
  13. Cf. Conc. de Trente, sess. 4, l. c. : Denz. 783 (1501).[]
  14. Cf. Pie XII, Const. apost. Munificent. Deus, 1-​11-​1950 : AAS 42 (1950), p. 756, col­la­tis ver­bis Saint Cyprien, Épître 66, 8 : csel (Hartel) III B, p. 733 : « L’Église est un peuple uni au prêtre et un trou­peau atta­ché à son pas­teur. »[]
  15. Cf. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath., chap. 3, Sur la foi : Denz. 1792 (3011).[]
  16. Cf. Pie XII, Encycl.Humani gene­ris 12 août 1950 : AAS 42 (1950), p. 568–569 ; Denz. 2314 (3886).[]
  17. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath. chap. 2, Sur la Révélation : Denz. 1787 (3006). – Comm. biblique, décret 18 juin 1915 : Denz. 2180 (3629) ; EB 420 (Enchir. Bibl.). – Sacrée Congrégation du Saint Office, Épître du 22 décembre 1923 : EB 499.[]
  18. Cf. Pie XII, Encycl. Divino afflante Spiritu, 30 sep­tembre 1943 : AAS 35 (1943), p. 314 ; EB 556.[]
  19. « En et par l’homme », cf. He 1, 1 et 4, 7 (in) ; 2 S 23, 2 ; Mt 1, 22 et pas­sim (per). – Conc. Vat. I : sché­ma de doc­tr. cath., n. 9, coll. Lac. VII, 522.[]
  20. Léon XIII, Encycl. Provident. Deus, 18 novembre 1893 ; Denz. 1952 (3293) ; EB 125.[]
  21. Cf. Saint Augustin, Gen. ad litt. 2, 9, 20 : PL 34 270 ; Épître 82, 3 : PL 33, 277 ; csel 34, 2, p. 354. – Saint Thomas, De Ver., q. 12, a. 2 c. – Conc. de Trente, sess. 4, De cano­ni­cis Scripturis : Denz. 783 (1501). – Léon XIII, Encycl. Provident. : EB 121, 124, 126–127. – Pie XII, Encycl. Divino afflante : EB 539.[]
  22. Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVII, 6, 2 : PL 41 537 ; csel XL, 2, 228.[]
  23. Ibid., De Doctr. Christ., III, 18, 26 : PL 34, 75–76.[]
  24. Pie XII, l. c. : Denz. 2294 (3829–3830) ; EB 557–562.[]
  25. Saint Benoît XV, Encycl. Spiritus Paraclitus, 15 sep­tembre 1920 : EB 469. – Saint Jérôme, In Gal. 5, 19–21 : PL 26, 417 A.[]
  26. Cf. Conc. Vat. I, Const. dogm. De fide cath., chap. 2, Sur la Révélation : Denz. 1788 (3007).[]
  27. Saint Jean Chrysostome, In Gen. 3, 8 (hom. 17,1) : PG 53, 134. « Attemperatio » graece syn­ka­ta­ba­sis.[]
  28. Pie XI, Encycl.Mit bren­nen­der Sorge,14 mars 1937 : AAS 29 (1937), p. 151.[]
  29. Saint Augustin, Quaest. in Hept. 2, 73 ; PL 34, 623.[]
  30. Saint Irénée, Adv. Haer. III, 21, 3 : PG 7, 950 (= 25, 1 : Harvey 2, p. 115). – Saint Cyrille de Jérusalem, Catéch. 4, 35 : PG 33, 497. – Théodore de Mopsueste, In Soph. 1, 4–6 : PG 66, 452 D‑453 A.[]
  31. Cf. Saint Irénée, Adv. Haer. III, 11, 8 : PG 7, 885 ; Sagnard, p. 194.[]
  32. Cf. Jn 14, 26 ; 16, 13.[]
  33. Jn 2, 22 ; 12, 16 ; cf. 14,26 ; 16, 12–13 ; 7, 39.[]
  34. Cf. Instruction Sancta Mater Ecclesia a Pontificio Consilio Studiis Bibliorum pro­ve­hen­dis edi­ta : AAS 56 (1964), p. 715.[]
  35. Cf. Pie XII, Encycl. Divino afflante : EB 551, 553, 567. – Comm. biblique, Instruction S. Scriptura in Clericorum Seminariis et Religiosorum. Collegiis recte docen­da, 13 mai 1950 : AAS 42 (1950), p.495–505.[]
  36. Cf. Pie XII, ibid. : EB 569.[]
  37. Cf. Léon XIII, Encycl. Providentissimus : EB 114. – Benoît XV, Encycl. Spiritus Paraclitus : EB 483.[]
  38. Saint Augustin, Sermon 179, 1 : PL 38, 966.[]
  39. Saint Jérôme, Comm. in Is., Prol. : PL 24, 17.–Cf. Benoît XV, Encycl. Spiritus Paraclitus : EB 475–480. – Pie XII, Encycl. Divino afflante : EB 544.[]
  40. Saint Ambroise, De offi­ciis minis­tro­rum I, 20, 88 : PL 16, 50.[]
  41. Saint Irénée, Adv. Haer. IV, 32, 1 : PG 7, 1071 (= 49, 2 Harvey, 2, p. 255).[]
fraternité sainte pie X