Paul VI

Décret Christus Dominus

28 octobre 1965

Sur la la charge pastorale des évêques dans l'Eglise

Table des matières

Rome, à Saint-​Pierre, le 28 octobre 1965

PAUL, ÉVÊQUE,

SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,

AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE,

POUR QUE LE SOUVENIR S’EN MAINTIENNE À JAMAIS.

PRÉAMBULE

1.Le Christ Seigneur, Fils du Dieu vivant est venu pour sau­ver son peuple du péché [1] et pour sanc­ti­fier tous les hommes ; comme il fut lui-​même envoyé par le Père, ain­si envoya-​t-​il ses Apôtres [2]; il les sanc­ti­fia, en leur don­nant le Saint-​Esprit, pour qu’eux aus­si ils glo­ri­fient le Père sur la terre et fassent que les hommes soient sau­vés « en vue de l’édification du Corps du Christ » (Ep 4, 12), qui est l’Église.

2. Dans cette Église du Christ, le Pontife romain, comme suc­ces­seur de Pierre, à qui le Christ confia la mis­sion de paître ses bre­bis et ses agneaux, jouit, par ins­ti­tu­tion divine, du pou­voir suprême, plé­nier, immé­diat, uni­ver­sel pour la charge des âmes. Aussi bien, en sa qua­li­té de pas­teur de tous les fidèles envoyé pour assu­rer le bien com­mun de l’Église uni­ver­selle et le bien de cha­cune des Églises, il pos­sède sur toutes les Églises la pri­mau­té du pou­voir ordinaire.

Les évêques, eux aus­si, éta­blis par le Saint-​Esprit, suc­cèdent aux Apôtres, comme pas­teurs des âmes [3] : ils ont été envoyés pour assu­rer, en union avec le Souverain Pontife et sous son auto­ri­té, la péren­ni­té de l’œuvre du Christ, Pasteur éter­nel [4]. Car le Christ a don­né aux Apôtres et à leurs suc­ces­seurs l’ordre et le pou­voir d’enseigner toutes les nations, de sanc­ti­fier les hommes dans la véri­té et de gui­der le trou­peau. Aussi, par l’Esprit Saint qui leur a été don­né, les évêques ont-​ils été consti­tués de vrais et authen­tiques maîtres de la foi, pon­tifes et pas­teurs [5].

3.Cette charge épis­co­pale, qui est la leur et qu’ils ont reçue par la consé­cra­tion épis­co­pale [6], les évêques, par­ti­ci­pant à la sol­li­ci­tude de toutes les Églises, l’exercent – pour ce qui est du Magistère et du gou­ver­ne­ment – à l’égard de l’Église uni­ver­selle de Dieu, tous unis en un col­lège ou corps, en com­mu­nion avec le Souverain Pontife et sous son auto­ri­té. Ils l’exercent indi­vi­duel­le­ment à l’égard de la por­tion du trou­peau remise à leurs soins, cha­cun pre­nant en charge l’Église par­ti­cu­lière qui lui a été confiée ou plu­sieurs par­fois, pour­voyant conjoin­te­ment aux besoins com­muns de diverses Églises locales.

C’est pour­quoi le saint Concile, tenant compte notam­ment des condi­tions de la com­mu­nau­té humaine en pleine évo­lu­tion de nos jours [7], et vou­lant déter­mi­ner de manière plus pré­cise la charge pas­to­rale des évêques, a déci­dé ce qui suit.

CHAPITRE PREMIER : Les évêques et l’Église universelle 

I. Rôle des évêques à l’égard de l’Église universelle 

4. Exercice du pou­voir du col­lège des évêques 

Les évêques, en ver­tu de leur consé­cra­tion sacra­men­telle et par leur com­mu­nion hié­rar­chique avec la Tête et les membres du col­lège, sont éta­blis membres du corps épis­co­pal [8]. « L’ordre des évêques, qui suc­cède au col­lège apos­to­lique dans le Magistère et le gou­ver­ne­ment pas­to­ral, bien mieux dans lequel le corps apos­to­lique se per­pé­tue sans inter­rup­tion consti­tue, lui aus­si, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais e n dehors de ce chef, le sujet du pou­voir suprême et plé­nier sur toute l’Église, pou­voir cepen­dant qui ne peut s’exercer qu’avec le consen­te­ment du Pontife romain [9]. Ce pou­voir s’exerce « solen­nel­le­ment dans le Concile œcu­mé­nique » [10]; aus­si le Concile décide-​t-​il que tous les évêques, en qua­li­té de membres du col­lège épis­co­pal, ont le droit de par­ti­ci­per au Concile œcuménique.

« Ce même pou­voir col­lé­gial peut être exer­cé en union avec le pape par les évêques rési­dant sur la sur­face de la terre, pour­vu que le chef du col­lège les appelle à agir col­lé­gia­le­ment ou du moins qu’il donne à cette action com­mune des évêques dis­per­sés son appro­ba­tion ou sa libre accep­ta­tion pour en faire un véri­table acte col­lé­gial » [11].

5. Le conseil ou synode des évêques 

Des évêques choi­sis dans les diverses régions du monde, selon des modes et des normes éta­blis ou à éta­blir par le Pontife romain, apportent au Pasteur suprême de l’Église une aide plus effi­cace au sein d’un conseil, qui a reçu le nom de Synode des évêques [12]. Et du fait qu’il tra­vaille au nom de tout l’épiscopat catho­lique, ce Synode est en même temps le signe que tous les évêques par­ti­cipent en une com­mu­nion hié­rar­chique au sou­ci de l’Église uni­ver­selle [13].

6. Les évêques par­ti­cipent au sou­ci de toutes les Églises 

Successeurs légi­times des Apôtres et membres du col­lège épis­co­pal, les évêques doivent se savoir tou­jours unis entre eux et se mon­trer sou­cieux de toutes les Églises ; en ver­tu de l’institution divine et des devoirs de sa charge apos­to­lique, cha­cun d’eux, en effet, est res­pon­sable de l’Église, ensemble avec les autres évêques [14]. Qu’ils aient en par­ti­cu­lier le sou­ci de ces régions du monde où la Parole de Dieu n’a pas encore été annon­cée, ou dans les­quelles, en rai­son sur­tout du petit nombre de prêtres, les fidèles sont expo­sés au dan­ger de s’éloigner des com­man­de­ments de la vie chré­tienne et plus encore de perdre la foi elle-même.

Il leur faut donc tra­vailler de toutes leurs forces à ce que les œuvres d’évangélisation et d’apostolat soient sou­te­nues et déve­lop­pées avec ardeur par les fidèles. De plus, ils feront en sorte que soient pré­pa­rés des ministres sacrés qua­li­fiés, ain­si que des auxi­liaires, reli­gieux ou laïcs, pour les mis­sions et les pays souf­frant du manque de cler­gé. Ils auront éga­le­ment soin d’envoyer, dans la mesure du pos­sible, cer­tains de leurs prêtres, dans ces mis­sions ou ces dio­cèses, pour y exer­cer le minis­tère sacré de façon durable ou transitoire.

En outre, dans l’usage des biens ecclé­sias­tiques, les évêques doivent pen­ser à tenir compte non seule­ment des besoins de leur propre dio­cèse, mais encore de ceux des autres Églises par­ti­cu­lières, puisqu’elles sont des par­ties de l’unique Église du Christ. Qu’ils soient enfin atten­tifs à sou­la­ger, selon leurs pos­si­bi­li­tés, les mal­heurs dont d’autres dio­cèses ou d’autres régions ont à souffrir.

7. Charité active envers les évêques persécutés

Par-​dessus tout qu’ils entourent d’un cœur fra­ter­nel ces pré­lats qui, pour le nom du Christ, sont vic­times de calom­nies et de tour­ments, déte­nus en pri­son ou empê­chés d’exercer leur minis­tère ; qu’ils fassent preuve à leur égard d’un authen­tique et actif dévoue­ment en vue d’adoucir et d’alléger leurs souf­frances par la prière et le sou­tien de leurs confrères.

II. Les évêques et le Siège apostolique 

8. Pouvoir des évêques dans leur propre diocèse 

a) Les évêques, en tant que suc­ces­seurs des apôtres, ont de soi, dans les dio­cèses qui leur sont confiés, tout le pou­voir ordi­naire, propre et immé­diat, requis pour l’exercice de leur charge pas­to­rale, étant sauf tou­jours et en toutes choses le pou­voir que le Pontife romain a, en ver­tu de sa charge, de se réser­ver des causes ou de les réser­ver à une autre autorité.

b) Chaque évêque dio­cé­sain a la facul­té de dis­pen­ser de la loi géné­rale de l’Église, en un cas par­ti­cu­lier, les fidèles sur les­quels il exerce son auto­ri­té selon le droit, chaque fois qu’à son juge­ment la dis­pense pro­fi­te­ra à leur bien spi­ri­tuel, à moins qu’une réserve spé­ciale ait été faite par l’autorité suprême de l’Église.

9. Les dicas­tères de la Curie romaine 

Dans l’exercice de son pou­voir suprême, plé­nier et immé­diat sur l’Église uni­ver­selle, le Pontife romain se sert des dicas­tères de la Curie romaine ; c’est donc en son nom et par son auto­ri­té que ceux-​ci rem­plissent leur tâche pour le bien des Églises et le ser­vice des pas­teurs sacrés.

Les Pères du saint concile sou­haitent que ces dicas­tères, qui certes ont appor­té au Pontife romain et aux pas­teurs de l’Église une aide magni­fique, soient sou­mis à une nou­velle orga­ni­sa­tion plus en rap­port avec les besoins des temps, des pays et des rites, notam­ment en ce qui concerne leur nombre, leur déno­mi­na­tion, leur com­pé­tence, leurs méthodes propres de tra­vail et la coor­di­na­tion de leurs tra­vaux [15]. Ils sou­haitent éga­le­ment que, compte tenu de la propre charge pas­to­rale des évêques, la fonc­tion des légats du Pontife romain soit déter­mi­née de façon plus précise.

10. Les membres et les offi­ciers des dicastères 

En outre, du fait que ces dicas­tères ont été éta­blis pour le bien de l’Église uni­ver­selle, on sou­haite que leurs membres, leur per­son­nel et leurs consul­teurs – et de même les légats du Pontife romain – soient, dans la mesure du pos­sible, davan­tage choi­sis dans les diverses contrées de l’Église. C’est ain­si que les admi­nis­tra­tions ou organes cen­traux de l’Église catho­lique pré­sen­te­ront un carac­tère véri­ta­ble­ment universel.

On forme éga­le­ment le vœu que, par­mi les membres des dicas­tères, soient admis aus­si quelques évêques, sur­tout dio­cé­sains, qui puissent pré­sen­ter au Souverain Pontife, des rap­ports plus com­plets sur la men­ta­li­té, les dési­rs et les besoins de toutes les Églises.

Enfin, les Pères du Concile estiment très utile que ces mêmes dicas­tères entendent davan­tage des laïcs, répu­tés pour leurs qua­li­tés, leur science et leur expé­rience, en sorte que ces laïcs aus­si jouent dans les affaires de l’Église le rôle qui leur revient.

CHAPITRE II : Les évêques et les Églises par­ti­cu­lières ou diocèses 

I. Les évêques diocésains

11. Notions du dio­cèse et rôle des évêques dans leur diocèse

Un dio­cèse est une por­tion du Peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu’avec l’aide de son pres­by­te­rium, il en soit le pas­teur : ain­si le dio­cèse, lié à son pas­teur et par lui ras­sem­blé dans le Saint-​Esprit grâce à l’Évangile et à l’Eucharistie, consti­tue une Église par­ti­cu­lière en laquelle est vrai­ment pré­sente et agis­sante l’Église du Christ, une, sainte, catho­lique et apostolique.

Chaque évêque, à qui a été confié le soin d’une Église par­ti­cu­lière paît ses bre­bis au nom du Seigneur, sous l’autorité du Souverain Pontife, à titre de pas­teur propre, ordi­naire et immé­diat, exer­çant à leur égard la charge d’enseigner, de sanc­ti­fier et de gou­ver­ner. Il doit cepen­dant recon­naître les droits légi­times des patriarches ou des autres auto­ri­tés hié­rar­chiques [16].

Que les évêques s’appliquent à leur charge apos­to­lique comme des témoins du Christ devant tous les hommes, non seule­ment pre­nant soin de ceux qui suivent déjà le Prince des pas­teurs, mais se consa­crant aus­si de tout cœur à ceux qui se sont détour­nés en quelque manière du che­min de la véri­té ou qui ignorent l’Évangile et la misé­ri­corde sal­va­trice du Christ. Ainsi agiront-​ils jusqu’au moment où tous enfin mar­che­ront « en toute bon­té, jus­tice et véri­té » (Ep 5, 9).

12. La charge d’enseignement

Dans l’exercice de leur charge d’enseigner, que les évêques annoncent aux hommes l’Évangile du Christ, – cette charge l’emporte sur les autres, si impor­tantes soient-​elles [17] – et, dans la force de l’Esprit, qu’ils les appellent à la foi ou les confirment dans la foi vivante ; qu’ils leur pro­posent le mys­tère inté­gral du Christ, c’est-à-dire ces véri­tés qu’on ne peut igno­rer sans igno­rer le Christ lui-​même, et qu’ils leur montrent de même la voie divi­ne­ment révé­lée pour rendre gloire à Dieu et par là même obte­nir le bon­heur éter­nel [18].

Les évêques doivent en outre mon­trer aux hommes que, selon le des­sein de Dieu Créateur, les réa­li­tés ter­restres elles-​mêmes et les ins­ti­tu­tions humaines sont éga­le­ment ordon­nées au salut des hommes, et qu’en consé­quence elles peuvent contri­buer d’une façon non négli­geable à l’édification du Corps du Christ.

Ils ensei­gne­ront donc, selon la doc­trine de l’Église, com­bien il faut esti­mer la per­sonne humaine, sa liber­té et sa vie cor­po­relle elle-​même ; la famille, son uni­té et sa sta­bi­li­té, la pro­créa­tion et l’éducation des enfants ; la socié­té civile avec ses lois et ses pro­fes­sions ; le tra­vail et le loi­sir, les arts et les inven­tions tech­niques ; la pau­vre­té et la richesse. Ils expo­se­ront enfin com­ment résoudre les très graves ques­tions concer­nant la pos­ses­sion des biens maté­riels, leur accrois­se­ment et leur juste dis­tri­bu­tion, la paix et la guerre, la com­mu­nau­té fra­ter­nelle de tous les peuples [19].

13. La manière de pro­po­ser la doc­trine chrétienne 

Les évêques doivent pro­po­ser la doc­trine chré­tienne d’une façon adap­tée aux néces­si­tés du moment, c’est-à-dire en répon­dant aux dif­fi­cul­tés et ques­tions qui angoissent le plus les hommes ; il leur faut veiller sur cette doc­trine, appre­nant aux fidèles eux-​mêmes à la défendre et à la répandre. Dans sa trans­mis­sion, qu’ils mani­festent la sol­li­ci­tude mater­nelle de l’Église à l’égard de tous les hommes, fidèles ou non, et qu’ils accordent une par­ti­cu­lière atten­tion aux pauvres et aux petits, que le Seigneur les a envoyés évangéliser.

Puisqu’il appar­tient à l’Église d’engager le dia­logue avec la socié­té humaine au sein de laquelle elle vit [20], c’est au pre­mier chef la tâche des évêques d’aller aux hommes et de deman­der et pro­mou­voir le dia­logue avec eux. Ce dia­logue de salut, si l’on veut qu’y soient tou­jours unies la véri­té à la cha­ri­té, l’intelligence à l’amour, il faut qu’il se dis­tingue par la clar­té du lan­gage en même temps que par l’humilité et la bon­té, par une pru­dence conve­nable alliée pour­tant à la confiance : celle-​ci, favo­ri­sant l’amitié, unit natu­rel­le­ment les esprits [21].

Pour annon­cer la doc­trine chré­tienne, il faut user des moyens variés qui sont aujourd’hui à notre dis­po­si­tion : avant tout, la pré­di­ca­tion et l’enseignement caté­ché­tique qui tiennent tou­jours la pre­mière place ; éga­le­ment la pré­sen­ta­tion de la doc­trine dans les écoles et les aca­dé­mies par des confé­rences et des réunions de tout genre ; enfin sa dif­fu­sion par des décla­ra­tions publiques faites à l’occasion de cer­tains évé­ne­ments, ain­si que par la presse et les divers moyens de com­mu­ni­ca­tion sociale qu’il importe abso­lu­ment d’utiliser pour annon­cer l’Évangile du Christ [22].

14. L’enseignement catéchétique 

Les évêques veille­ront à ce que l’enseignement caté­ché­tique, dont le but est de rendre chez les hommes la foi vivante, expli­cite et agis­sante, en l’éclairant par la doc­trine, soit trans­mis avec un soin atten­tif aux enfants et aux ado­les­cents, aux jeunes et même aux adultes. Dans cet ensei­gne­ment, on adop­te­ra l’ordre et la méthode qui conviennent non seule­ment à la matière dont il s’agit, mais encore au carac­tère, aux facul­tés, à l’âge et aux condi­tions de vie des audi­teurs ; cet ensei­gne­ment sera fon­dé sur la Sainte Écriture, la Tradition, la litur­gie, le Magistère et la vie de l’Église.

En outre, les évêques seront atten­tifs à ce que les caté­chistes soient dûment pré­pa­rés à leur tâche : ils devront bien connaître la doc­trine de l’Église et apprendre, dans la théo­rie comme dans la pra­tique, les lois de la psy­cho­lo­gie et les dis­ci­plines de la pédagogie.

Les évêques doivent aus­si s’efforcer de res­tau­rer ou d’aménager le caté­chu­mé­nat des adultes.

15. La mis­sion de sanc­ti­fier qu’ont les évêques 

Dans l’exercice de leur charge de sanc­ti­fi­ca­tion, les évêques se rap­pel­le­ront qu’ils ont été pris d’entre les hommes et sont éta­blis pour inter­ve­nir en faveur des hommes dans leurs rela­tions avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacri­fices pour les péchés. Les évêques jouissent, en effet, de la plé­ni­tude du sacre­ment de l’ordre ; c’est d’eux que, dans l’exercice de leur pou­voir, dépendent et les prêtres et les diacres : les pre­miers ont été, eux aus­si, consa­crés véri­tables prêtres du Nouveau Testament pour être des col­la­bo­ra­teurs avi­sés de l’ordre épis­co­pal ; les seconds, ordon­nés en vue du minis­tère, servent le Peuple de Dieu en com­mu­nion avec l’évêque et son pres­by­te­rium. C’est pour­quoi les évêques sont les prin­ci­paux dis­pen­sa­teurs des mys­tères de Dieu, comme ils sont les orga­ni­sa­teurs, les pro­mo­teurs et les gar­diens de toute la vie litur­gique dans l’Église qui leur est confiée [23].

Les évêques doivent donc s’appliquer à ce que les fidèles connaissent plus pro­fon­dé­ment le mys­tère pas­cal et en vivent davan­tage par l’Eucharistie, en sorte de for­mer un seul Corps étroi­te­ment lié dans l’unité de la cha­ri­té du Christ [24] ; « assi­dus à la prière et au minis­tère de la parole » (Ac 6, 4), les évêques tra­vaille­ront à obte­nir que tous ceux dont ils ont reçu la charge soient una­nimes dans la prière [25], et que, par la récep­tion des sacre­ments, ils croissent dans la grâce et soient pour le Seigneur des témoins fidèles.

Guides vers la per­fec­tion, les évêques s’efforceront de faire pro­gres­ser dans la sain­te­té leurs clercs, les reli­gieux et les laïcs, cha­cun selon sa voca­tion par­ti­cu­lière [26], se sou­ve­nant tou­te­fois de leur propre devoir de mon­trer l’exemple de la sain­te­té, par leur cha­ri­té, leur humi­li­té et la sim­pli­ci­té de leur vie. Qu’ils sanc­ti­fient ain­si les Églises qui leur sont confiées, pour qu’en elles soit plei­ne­ment mani­fes­té le sens de l’Église uni­ver­selle du Christ. Dans cet esprit, ils favo­ri­se­ront le plus pos­sible les voca­tions sacer­do­tales et reli­gieuses, et spé­cia­le­ment les voca­tions missionnaires.

16. La charge qui incombe aux évêques de gou­ver­ner et de paître 

Dans l’exercice de leur charge de père et de pas­teur, que les évêques soient au milieu de leur peuple comme ceux qui servent [27], de bons pas­teurs connais­sant leurs bre­bis et que leurs bre­bis connaissent, de vrais pères qui s’imposent par leur esprit d’amour et de dévoue­ment envers tous et dont l’autorité reçue d’en haut ren­contre une adhé­sion una­nime et recon­nais­sante. Ils ras­sem­ble­ront et for­me­ront toute la grande famille de leur trou­peau, en sorte que tous, conscients de leurs devoirs, vivent et agissent dans une com­mu­nion de cha­ri­té. Pour en deve­nir vrai­ment capables, les évêques « prêts à toute œuvre bonne » (2 Tm 2, 21) et « endu­rant tout pour les élus » (2 Tm 2, 10), doivent régler leur vie de manière à la faire cor­res­pondre aux néces­si­tés de leur temps.

Que les évêques entourent les prêtres d’une cha­ri­té par­ti­cu­lière, puisque ceux-​ci assument pour une part leurs charges et leurs sou­cis et qu’ils s’y consacrent chaque jour avec tant de zèle ; il leur faut les trai­ter comme des fils et des amis [28], être prêts à les écou­ter, entre­te­nir avec eux des rela­tions confiantes et pro­mou­voir ain­si la pas­to­rale d’ensemble du dio­cèse tout entier.

Les évêques doivent se sou­cier de la situa­tion spi­ri­tuelle, intel­lec­tuelle et maté­rielle de leurs prêtres pour qu’ils aient les moyens de mener une vie sainte et pieuse et d’accomplir fidè­le­ment et avec fruit leur minis­tère. C’est pour­quoi les évêques encou­ra­ge­ront des ins­ti­tu­tions et orga­ni­se­ront des ren­contres par­ti­cu­lières, en vue de per­mettre aux prêtres de se retrou­ver de temps en temps, soit pour des exer­cices spi­ri­tuels pro­lon­gés propres à renou­ve­ler leur vie, soit pour l’approfondissement de leurs connais­sances des dis­ci­plines ecclé­sias­tiques, sur­tout de l’Écriture Sainte et de la théo­lo­gie, des ques­tions sociales plus impor­tantes, et des nou­velles méthodes d’action pas­to­rale. Les évêques doivent entou­rer d’une misé­ri­corde active les prêtres qui se trouvent d’une façon ou d’une autre en dan­ger ou qui ont défailli sur quelque point.

Afin d’être à même de pour­voir d’une manière plus adap­tée au bien des fidèles, cha­cun selon sa condi­tion, les évêques s’appliqueront à bien connaître leurs besoins dans le contexte social où ils vivent, et ils emploie­ront pour cela les méthodes appro­priées, par­ti­cu­liè­re­ment l’enquête sociale. Ils se mon­tre­ront atten­tifs à tous, quels que soient leur âge, leur condi­tion, leur pays, qu’il s’agisse d’autochtones, d’émigrés, de gens de pas­sage. Dans l’exercice de cette sol­li­ci­tude pas­to­rale, qu’ils réservent à leurs fidèles la part qui leur revient dans les affaires de l’Église, recon­nais­sant leur devoir et leur droit de tra­vailler acti­ve­ment à l’édification du Corps mys­tique du Christ.

Les évêques doivent entou­rer d’amour les frères sépa­rés, recom­man­dant aux fidèles de se com­por­ter à leur égard avec beau­coup d’humanité et de cha­ri­té, et encou­ra­geant aus­si l’œcuménisme, tel que l’Église le com­prend [29]. Les non-​baptisés éga­le­ment leur seront chers, afin qu’à leurs yeux aus­si res­plen­disse la cha­ri­té du Christ Jésus, de qui les évêques sont, devant tous, les témoins.

17. Formes par­ti­cu­lières d’apostolat

Les diverses formes d’apostolat doivent être encou­ra­gées. En outre, dans l’ensemble d’un dio­cèse ou dans des sec­teurs par­ti­cu­liers de celui-​ci, on favo­ri­se­ra, sous la direc­tion de l’évêque, une étroite et pro­fonde coor­di­na­tion de toutes les œuvres d’apostolat, grâce à quoi toutes les ini­tia­tives et ins­ti­tu­tions, – caté­ché­tiques, mis­sion­naires, cha­ri­tables, sociales, fami­liales, sco­laires et de quelque autre nature pas­to­rale que ce soit – seront rame­nées à une action concor­dante. Ainsi sera éga­le­ment mani­fes­tée plus clai­re­ment l’unité du diocèse.

Il faut sou­li­gner avec insis­tance le devoir des fidèles d’exercer l’apostolat cha­cun selon sa condi­tion et ses apti­tudes : on leur recom­man­de­ra d’apporter leur par­ti­ci­pa­tion ou leur aide aux œuvres diverses de l’apostolat des laïcs, et sur­tout à l’Action catho­lique. On doit aus­si pro­mou­voir ou encou­ra­ger les asso­cia­tions qui se pro­posent direc­te­ment ou indi­rec­te­ment une fin sur­na­tu­relle : la recherche d’une vie plus par­faite, l’annonce à tous de l’Évangile du Christ, la dif­fu­sion de la doc­trine chré­tienne, le déve­lop­pe­ment du culte public, la pour­suite d’objectifs sociaux, l’accomplissement d’œuvres de pié­té ou de charité.

Les formes d’apostolat doivent être dûment adap­tées aux néces­si­tés actuelles, en tenant compte des condi­tions non seule­ment spi­ri­tuelles et morales, mais aus­si sociales, démo­gra­phiques et éco­no­miques. Pour y par­ve­nir effi­ca­ce­ment et avec fruit, on uti­li­se­ra beau­coup les enquêtes sociales et reli­gieuses, réa­li­sées par des ins­ti­tuts de socio­lo­gie pas­to­rale, qui sont ins­tam­ment recommandés.

18. Sollicitude par­ti­cu­lière pour cer­tains groupes de fidèles 

Il convient d’avoir une sol­li­ci­tude par­ti­cu­lière pour les fidèles qui, en rai­son de leur situa­tion, ne peuvent béné­fi­cier suf­fi­sam­ment du minis­tère pas­to­ral com­mun et ordi­naire des curés, ou en sont tota­le­ment pri­vés : tels sont la plu­part des migrants, des exi­lés, des réfu­giés, des marins et des avia­teurs, des nomades et autres caté­go­ries sem­blables. On devra aus­si pro­mou­voir des méthodes pas­to­rales appro­priées pour sou­te­nir la vie spi­ri­tuelle de ceux qui, pour motif de détente, gagnent pour un temps d’autres contrées.

Les confé­rences épis­co­pales, sur­tout natio­nales, doivent étu­dier atten­ti­ve­ment les ques­tions les plus urgentes qui ont trait à ces diverses caté­go­ries de fidèles. Avec des méthodes et par des ins­ti­tu­tions appro­priées, elles devront, grâce à l’union et à l’ effort de tous, pour­voir au mieux au soin spi­ri­tuel de ces fidèles, en tenant compte d’abord des règles éta­blies ou à éta­blir par le Siège apos­to­lique [30], tout en les adap­tant conve­na­ble­ment aux condi­tions de temps, de lieux et de personnes.

19. Liberté des évêques ; leurs rap­ports avec les pou­voirs publics 

Pour s’acquitter de leur minis­tère apos­to­lique, qui vise au salut des âmes, les évêques jouissent d’une liber­té et d’une indé­pen­dance qui sont de soi pleines et entières à l’égard de tout pou­voir civil. Aussi n’est-il pas per­mis d’empêcher, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, l’exercice de leur charge ecclé­sias­tique ni de leur inter­dire de com­mu­ni­quer libre­ment avec le Siège apos­to­lique et d’autres auto­ri­tés ecclé­sias­tiques ain­si qu’avec leurs subordonnés.

Certes, du seul fait qu’ils s’appliquent au soin spi­ri­tuel de leur trou­peau, les évêques tra­vaillent aus­si au pro­grès et au bon­heur social et civil : c’est ain­si qu’ils concourent à ce des­sein avec les auto­ri­tés publiques en exer­çant leur propre acti­vi­té, au titre de leur charge et comme il convient à des évêques, et qu’ils recom­mandent l’obéissance aux lois justes et le res­pect à l’égard des pou­voirs légi­ti­me­ment établis.

20. Liberté dans la nomi­na­tion des évêques 

Puisque la charge apos­to­lique des évêques a été ins­ti­tuée par le Christ Seigneur et qu’elle pour­suit une fin spi­ri­tuelle et sur­na­tu­relle, le saint Concile œcu­mé­nique déclare que le droit de nom­mer et d’instituer les évêques est propre à l’autorité ecclé­sias­tique com­pé­tente, et qu’il lui est par­ti­cu­lier et de soi exclusif.

Aussi, pour défendre dûment la liber­té de l’Église, pour pro­mou­voir le bien des fidèles d’une manière plus appro­priée et plus aisée, c’est le vœu du Concile qu’à l’avenir ne soient plus accor­dés aux auto­ri­tés civiles aucun droit ni aucun pri­vi­lège d’élection, de nomi­na­tion, de pré­sen­ta­tion ou de dési­gna­tion en vue de la charge épis­co­pale. Les auto­ri­tés civiles, dont le saint Concile recon­naît avec gra­ti­tude et estime les dis­po­si­tions défé­rentes à l’égard de l’Église, sont très cour­toi­se­ment priées de bien vou­loir renon­cer d’elles-mêmes, en accord avec le Siège apos­to­lique, à ces droits et pri­vi­lèges dont elles jouissent actuel­le­ment en ver­tu d’une conven­tion ou d’une coutume.

21. Renonciation des évêques à leur charge 

Puisque la charge pas­to­rale des évêques est d’une si haute impor­tance et d’une telle gra­vi­té, les évêques dio­cé­sains et tous les autres qui relèvent des mêmes dis­po­si­tions du droit, sont ins­tam­ment priés de don­ner leur démis­sion, soit d’eux-mêmes, soit sur l’invitation de l’autorité com­pé­tente, si, du fait de leur âge avan­cé, ou pour toute autre rai­son grave, ils deviennent moins aptes à rem­plir leur tâche. L’autorité com­pé­tente, si elle accepte cette démis­sion, veille­ra à assu­rer l’honnête entre­tien des dé mis­sion­naires et à leur recon­naître les droits par­ti­cu­liers qui leur reviennent.

II. La déli­mi­ta­tion des diocèses

22. La néces­si­té de révi­ser les cir­cons­crip­tions des diocèses 

Pour qu’un dio­cèse réa­lise sa fin propre, il faut pre­miè­re­ment que la nature de l’Église appa­raisse avec évi­dence dans la por­tion du Peuple de Dieu qui com­pose ce dio­cèse ; deuxiè­me­ment que les évêques puissent s’y acquit­ter effi­ca­ce­ment de leur charge pas­to­rale ; troi­siè­me­ment que le minis­tère en vue du salut du Peuple de Dieu y soit assu­ré de la manière la plus par­faite possible.

Cela demande soit une déli­mi­ta­tion conve­nable des fron­tières ter­ri­to­riales des dio­cèses, soit une répar­ti­tion rai­son­nable des clercs et des res­sources en rap­port avec les exi­gences de l’apostolat. Toutes choses qui servent non seule­ment le bien des clercs et des fidèles direc­te­ment inté­res­sés, mais aus­si celui de l’Église catho­lique tout entière.

C’est pour­quoi, en ce qui concerne les déli­mi­ta­tions des dio­cèses, le saint Concile décrète que, dans la mesure où le bien des âmes l’exige, on pro­cède avec pru­dence et au plus tôt à leur juste révi­sion : par divi­sion, démem­bre­ment ou union, par modi­fi­ca­tion des limites ou fixa­tion d’un lieu plus appro­prié pour les sièges épis­co­paux, enfin, sur­tout dans le cas de dio­cèses com­po­sés de grandes villes, par une orga­ni­sa­tion inté­rieure nouvelle.

23. Les règles à suivre 

Dans la révi­sion des cir­cons­crip­tions dio­cé­saines, on devra assu­rer avant tout l’unité orga­nique de chaque dio­cèse, quant aux per­sonnes, aux offices, aux ins­ti­tu­tions, à la façon d’un corps vivant. En chaque cas, après un exa­men atten­tif de toutes les cir­cons­tances, on consi­dé­re­ra les cri­tères plus géné­raux que voici :

1. En déli­mi­tant une cir­cons­crip­tion dio­cé­saine, il faut tenir compte, autant que pos­sible, des élé­ments variés du peuple de Dieu qui la com­posent : cela peut gran­de­ment contri­buer à un meilleur exer­cice de la charge pas­to­rale ; en même temps on veille­ra à conser­ver, autant que pos­sible, l’unité entre les concen­tra­tions démo­gra­phiques de ce peuple et les ser­vices civils et les ins­ti­tu­tions sociales qui en consti­tuent la struc­ture orga­nique. C’est pour­quoi le ter­ri­toire de chaque dio­cèse ne doit être que d’un seul tenant.

Qu’on soit atten­tif, le cas échéant, aux limites des cir­cons­crip­tions civiles ain­si qu’aux cir­cons­tances par­ti­cu­lières de per­sonnes ou de lieux, par exemple d’ordre psy­cho­lo­gique, éco­no­mique, géo­gra­phique, historique.

2. L’étendue du ter­ri­toire dio­cé­sain ou le nombre de ses habi­tants doivent en géné­ral cor­res­pondre aux deux exi­gences sui­vantes. D’une part, l’évêque, même s’il est aidé par d’autres, doit pou­voir en per­sonne accom­plir les céré­mo­nies pon­ti­fi­cales, faire com­mo­dé­ment les visites pas­to­rales, diri­ger et coor­don­ner comme il faut toutes les œuvres d’apostolat dans le dio­cèse, et sur­tout connaître ses prêtres, ain­si que les reli­gieux et les laïcs qui ont une part dans les acti­vi­tés dio­cé­saines. D’autre part, le champ d’action doit être suf­fi­sam­ment vaste et conve­nable pour que tant l’évêque que les clercs puissent y dépen­ser uti­le­ment toutes leurs forces pour le minis­tère, sans jamais perdre de vue les besoins de l’Église universelle.

3. Enfin, pour que le minis­tère du salut puisse s’exercer dans le dio­cèse d’une manière plus adap­tée, les règles sui­vantes s’imposent : dans chaque dio­cèse, les clercs seront assez nom­breux et qua­li­fiés pour paître, comme il faut, le peuple de Dieu ; on y dis­po­se­ra des ser­vices, ins­ti­tu­tions et œuvres qui sont propres à cette Église par­ti­cu­lière et que l’usage a révé­lé néces­saires à son bon gou­ver­ne­ment et son apos­to­lat ; enfin, le dio­cèse pos­sé­de­ra déjà les res­sources néces­saires pour faire vivre les per­sonnes et les ins­ti­tu­tions, ou du moins il aura par ailleurs la pru­dente assu­rance que, venant d’ailleurs, elles ne vien­dront pas à manquer.

Dans ce des­sein éga­le­ment, là où se trouvent des fidèles de rites dif­fé­rents, l’évêque dio­cé­sain devra pour­voir à leurs besoins spi­ri­tuels, soit par des prêtres ou des paroisses de même rite, soit par un vicaire épis­co­pal muni des pou­voirs appro­priés et même, le cas échéant, revê­tu du carac­tère épis­co­pal, soit par lui-​même, en assu­mant la charge d’Ordinaire des divers rites. Si, pour des rai­sons par­ti­cu­lières, au juge­ment du Siège apos­to­lique, tout cela ne peut se faire, qu’une hié­rar­chie propre soit alors éta­blie selon la diver­si­té des rites [31].

De même, dans des cir­cons­tances sem­blables, on devra pour­voir au bien spi­ri­tuel des fidèles d’une langue dif­fé­rente, soit par l’intermédiaire de prêtres ou de paroisses de leur langue, soit par l’intermédiaire d’un vicaire épis­co­pal pos­sé­dant bien cette langue, qui soit même, le cas échéant, revê­tu du carac­tère épis­co­pal, soit enfin selon une autre méthode plus appropriée.

24. Vote de la confé­rence épis­co­pale à demander 

La dis­ci­pline des Églises orien­tales demeu­rant sauve, il importe, en ce qui concerne les modi­fi­ca­tions des dio­cèses ou les inno­va­tions à intro­duire selon les règles des nos 22–23, que les confé­rences épis­co­pales com­pé­tentes exa­minent ces affaires cha­cune pour son ter­ri­toire ; elles peuvent même, si cela paraît oppor­tun, recou­rir à une com­mis­sion épis­co­pale par­ti­cu­lière, mais tou­jours après avoir enten­du avant tout les évêques des pro­vinces ou des régions inté­res­sées ; ensuite, elles sou­met­tront leurs avis et leurs vœux au Siège apostolique.

III. Les coopé­ra­teurs de l’évêque dio­cé­sain dans la charge pastorale 

1. Les évêques coad­ju­teurs et auxiliaires

25. Règles à suivre pour éta­blir des auxi­liaires et des coadjuteurs 

Dans le gou­ver­ne­ment des dio­cèses, on doit pour­voir de telle façon à la charge pas­to­rale des évêques que le bien du trou­peau du Seigneur soit tou­jours la règle suprême. Pour que ce bien soit dûment pro­cu­ré, il n’est pas rare que des évêques auxi­liaires doivent être éta­blis, du fait que l’évêque dio­cé­sain ne peut accom­plir par lui-​même toutes ses fonc­tions, comme l’exige le bien des âmes, à cause de la trop grande éten­due du dio­cèse ou du trop grand nombre de ses habi­tants ou de cir­cons­tances spé­ciales d’apostolat, ou pour d’autres causes diverses. Bien plus, une néces­si­té par­ti­cu­lière exige par­fois que, pour secon­der l’évêque dio­cé­sain, on éta­blisse un évêque coad­ju­teur. Ces évêques coad­ju­teurs et auxi­liaires doivent être pour­vus de pou­voirs appro­priés, de sorte que, tout en sau­ve­gar­dant tou­jours l’unité de gou­ver­ne­ment du dio­cèse et l’autorité de l’évêque dio­cé­sain, leur action soit ren­due plus effi­cace et la digni­té propre aux évêques mieux assurée.

En outre, comme les évêques coad­ju­teurs et auxi­liaires ont été appe­lés à par­ta­ger la sol­li­ci­tude de l’évêque dio­cé­sain, ils exer­ce­ront leur charge de telle sorte qu’en toutes les affaires ils agissent en plein accord avec lui. De plus, ils feront tou­jours preuve de sou­mis­sion et de res­pect envers l’évêque dio­cé­sain qui, en retour, aime­ra fra­ter­nel­le­ment les évêques coad­ju­teurs ou auxi­liaires et leur accor­de­ra son estime.

26. Pouvoirs des évêques auxi­liaires et coadjuteurs 

Quand le bien des âmes l’exige, l’évêque dio­cé­sain ne refu­se­ra pas de deman­der à l’autorité com­pé­tente un ou plu­sieurs évêques auxi­liaires, c’est-à-dire qui sont éta­blis pour le dio­cèse sans droit de succession.

Si dans les lettres de nomi­na­tion la chose n’a pas été pré­vue, que l’évêque dio­cé­sain éta­blisse son ou ses auxi­liaires vicaires géné­raux, ou au moins vicaires épis­co­paux, et en dépen­dance de sa seule auto­ri­té ; qu’il veuille bien les consul­ter dans les ques­tions plus impor­tantes, sur­tout de carac­tère pastoral.

À moins qu’il n’en ait été déci­dé autre­ment par l’autorité com­pé­tente, les pou­voirs et facul­tés dont les évêques auxi­liaires ont été munis par le droit n’expirent pas avec la charge de l’évêque dio­cé­sain. Il est éga­le­ment sou­hai­table, à moins que de graves rai­sons ne conseillent d’agir autre­ment, qu’à la vacance du siège, la charge de gou­ver­ner le dio­cèse soit confiée à l’évêque auxi­liaire ou, s’il y en a plu­sieurs, à l’un des auxiliaires.

L’évêque coad­ju­teur, c’est-à-dire qui est nom­mé avec droit de suc­ces­sion, doit tou­jours être éta­bli vicaire géné­ral par l’évêque dio­cé­sain. Dans des cas par­ti­cu­liers, des facul­tés plus éten­dues pour­ront lui être accor­dées par l’autorité compétente.

Pour que le bien pré­sent et futur du dio­cèse soit assu­ré au mieux, l’évêque assis­té d’un coad­ju­teur et l’évêque coad­ju­teur ne man­que­ront pas de se consul­ter mutuel­le­ment dans les ques­tions plus importantes.

2. La curie et les conseils diocésains

27. Organisation de la curie dio­cé­saine et créa­tion du conseil pastoral 

Dans la curie dio­cé­saine, la fonc­tion la plus émi­nente est celle de vicaire géné­ral. Mais chaque fois que le bon gou­ver­ne­ment du dio­cèse le demande, l’évêque peut éta­blir un ou plu­sieurs vicaires épis­co­paux, c’est-à-dire qui jouissent de plein droit, dans une par­tie déter­mi­née du dio­cèse, ou pour un sec­teur déter­mi­né d’activité, ou par rap­port aux fidèles d’un rite déter­mi­né, des pou­voirs que le droit com­mun accorde au vicaire général.

Parmi les coopé­ra­teurs de l’évêque dans le gou­ver­ne­ment du dio­cèse, il faut aus­si men­tion­ner les prêtres qui consti­tuent son sénat ou son conseil, comme c’est le cas du cha­pitre cathé­drale, du groupe des consul­teurs, ou d’autres conseils, selon les cir­cons­tances ou la diver­si­té des lieux. Ces ins­ti­tu­tions, les cha­pitres cathé­draux sur­tout, devront, autant qu’il est néces­saire, rece­voir une nou­velle orga­ni­sa­tion, adap­tée aux besoins d’aujourd’hui.

Les prêtres et les laïcs qui appar­tiennent à la curie dio­cé­saine doivent savoir que c’est au minis­tère pas­to­ral de l’évêque qu’ils concourent.

La curie dio­cé­saine doit être orga­ni­sée de telle façon qu’elle devienne pour l’évêque un ins­tru­ment adap­té, non seule­ment à l’administration du dio­cèse, mais aus­si à l’exercice des œuvres d’apostolat.

Il est tout à fait sou­hai­table que, dans chaque dio­cèse, soit éta­bli un conseil pas­to­ral par­ti­cu­lier, pré­si­dé par l’évêque dio­cé­sain lui-​même et auquel par­ti­cipent des clercs, des reli­gieux et des laïcs, spé­cia­le­ment choi­sis. À ce conseil il appar­tien­dra de suivre atten­ti­ve­ment ce qui se rap­porte au tra­vail pas­to­ral, de l’examiner et d’en tirer des conclu­sions pratiques.

3. Le cler­gé diocésain 

28. Les prêtres diocésains 

Tous les prêtres, tant dio­cé­sains que reli­gieux, par­ti­cipent avec l’évêque à l’unique sacer­doce du Christ et l’exercent avec lui ; aus­si sont-​ils éta­blis les coopé­ra­teurs avi­sés de l’ordre épis­co­pal. Dans le soin des âmes, les prêtres dio­cé­sains ont le pre­mier rôle, puisque incar­di­nés ou atta­chés à une Église par­ti­cu­lière, ils se consacrent entiè­re­ment à son ser­vice pour paître une même por­tion du trou­peau du Seigneur ; aus­si forment-​ils un seul pres­by­te­rium et une seule famille, dont l’évêque est le père. Pour répar­tir d’une façon plus appro­priée et équi­table les minis­tères sacrés entre ses prêtres, l’évêque doit jouir de la liber­té néces­saire dans la col­la­tion des offices et des béné­fices ; ce qui entraîne la sup­pres­sion des droits et des pri­vi­lèges qui restreignent, de quelque manière que ce soit, cette liberté.

Les rela­tions entre l’évêque et les prêtres dio­cé­sains doivent être fon­dées en pre­mier lieu sur les liens d’une cha­ri­té sur­na­tu­relle : ain­si l’accord de la volon­té des prêtres avec celle de l’évêque ren­dra plus fruc­tueuse leur action pas­to­rale. Que l’évêque veuille donc, pour pro­mou­voir tou­jours davan­tage le ser­vice pas­to­ral, appe­ler ses prêtres à un dia­logue avec lui, et aus­si en com­mun avec d’autres. Ce dia­logue por­te­ra sur­tout sur la pas­to­rale ; il aura lieu non seule­ment quand l’occasion s’en pré­sente, mais, dans la mesure du pos­sible, à des dates fixes.

En outre, que tous les prêtres dio­cé­sains soient unis entre eux et qu’ils soient pous­sés par le sou­ci du bien spi­ri­tuel de tout le dio­cèse. Bien plus, se rap­pe­lant que les biens qu’ils acquièrent à l’occasion de leur ser­vice d’Église, sont liés à leur fonc­tion sacrée, ils sub­vien­dront aus­si avec géné­ro­si­té et selon leurs moyens aux besoins maté­riels du dio­cèse, confor­mé­ment aux dis­po­si­tions de l’évêque.

29. Les prêtres atta­chés aux œuvres supraparoissiales 

Parmi les plus proches coopé­ra­teurs de l’évêque, citons éga­le­ment ces prêtres aux­quels il confie une charge pas­to­rale ou des œuvres d’apostolat de carac­tère supra­pa­rois­sial ; elles concernent un ter­ri­toire déter­mi­né du dio­cèse, ou des groupes spé­ciaux de fidèles, ou encore un genre par­ti­cu­lier d’action.

Précieuse aus­si est l’aide appor­tée par les prêtres aux­quels l’évêque confie diverses charges d’apostolat, soit dans les écoles, soit dans d’autres ins­ti­tu­tions ou asso­cia­tions. Enfin les prêtres qui sont affec­tés à des œuvres supra­dio­cé­saines méritent, en rai­son des œuvres d’apostolat qu’ils exercent, une par­ti­cu­lière sol­li­ci­tude, notam­ment de la part de l’évêque dans le dio­cèse duquel ils séjournent.

30. Les curés 

À un titre tout spé­cial, les curés sont les coopé­ra­teurs de l’évêque : c’est à eux qu’est confié, en qua­li­té de pas­teurs propres, le soin des âmes dans une par­tie déter­mi­née du dio­cèse sous l’autorité de l’évêque.

1. Dans l’exercice de leur mis­sion, les curés doivent, avec leurs auxi­liaires, rem­plir la charge d’enseigner, de sanc­ti­fier et de gou­ver­ner d’une manière telle que les fidèles et les com­mu­nau­tés parois­siales se sentent véri­ta­ble­ment des membres du dio­cèse et de toute l’Église uni­ver­selle. Aussi devront-​ils col­la­bo­rer avec les autres curés, avec les prêtres qui exercent une charge pas­to­rale sur le ter­ri­toire (par exemple, vicaires forains, doyens) ou avec ceux qui sont affec­tés à des œuvres de carac­tère supra­pa­rois­sial, afin que la pas­to­rale dans le dio­cèse ne manque pas d’unité et soit ren­due plus efficace.

En outre, la pas­to­rale doit tou­jours être péné­trée d’esprit mis­sion­naire en sorte de s’étendre, d’une façon adap­tée, à tous ceux qui habitent la paroisse. Si les curés ne peuvent atteindre cer­tains groupes de per­sonnes, qu’ils fassent appel à d’autres concours, y com­pris laïcs, pour les aider dans leur apostolat.

Pour don­ner à cette pas­to­rale sa pleine effi­ca­ci­té, la vie com­mune des prêtres, de ceux sur­tout qui sont atta­chés à la même paroisse, est ins­tam­ment recom­man­dée ; elle favo­rise l’action apos­to­lique et offre aux fidèles un exemple de cha­ri­té et d’unité.

2. Pour rem­plir leur charge d’enseignement, les curés ont à annon­cer la Parole de Dieu à tous les fidèles, pour qu’ils gran­dissent dans le Christ, enra­ci­nés dans la foi, l’espérance et la cha­ri­té, et que la com­mu­nau­té chré­tienne rende ce beau témoi­gnage de la cha­ri­té que nous recom­mande le Seigneur [32] ; ils doivent de même, par la caté­chèse, conduire les fidèles à une pleine connais­sance du mys­tère du salut, adap­tée à chaque âge. Pour don­ner cet ensei­gne­ment, qu’ils demandent non seule­ment le concours des reli­gieux, mais éga­le­ment la coopé­ra­tion des laïcs, en éri­geant aus­si la confré­rie de la doc­trine chrétienne.

Pour accom­plir leur tâche de sanc­ti­fi­ca­tion, les curés veille­ront à ce que la célé­bra­tion du sacri­fice eucha­ris­tique soit le centre et le som­met de toute la vie de la com­mu­nau­té chré­tienne ; ils tra­vaille­ront aus­si à don­ner à leurs fidèles la nour­ri­ture spi­ri­tuelle en les ame­nant à rece­voir fré­quem­ment et pieu­se­ment les sacre­ments, et à par­ti­ci­per de façon consciente et active à la litur­gie. Que les curés se rap­pellent éga­le­ment l’immense pro­fit du sacre­ment de péni­tence pour le pro­grès de la vie chré­tienne ; aus­si doivent-​ils se mon­trer acces­sibles pour entendre les confes­sions des fidèles, fai­sant appel éga­le­ment, en cas de besoin, à d’autres prêtres, par­lant dif­fé­rentes langues.

Pour bien faire leur devoir de pas­teur, les curés devront avant tout se sou­cier de connaître leur trou­peau. Comme ils sont les ser­vi­teurs de toutes les bre­bis, ils tra­vaille­ront au déve­lop­pe­ment de la vie chré­tienne, tant en cha­cun des fidèles que dans les familles, dans les asso­cia­tions, celles sur­tout d’apostolat, et enfin dans toute la com­mu­nau­té parois­siale. Il leur fau­dra donc visi­ter les mai­sons et les écoles, comme l’exige leur charge pas­to­rale ; s’intéresser avec zèle aux ado­les­cents et aux jeunes ; entou­rer d’un amour pater­nel les pauvres et les malades ; avoir enfin un sou­ci par­ti­cu­lier des tra­vailleurs, et enga­ger les fidèles à appor­ter leur concours aux œuvres d’apostolat.

3. Les vicaires parois­siaux, qui sont les coopé­ra­teurs du curé, apportent chaque jour une aide pré­cieuse et active à l’exercice du minis­tère parois­sial sous l’autorité du curé. C’est pour­quoi, entre le curé et ses vicaires, doivent exis­ter des rela­tions fra­ter­nelles, une cha­ri­té et un res­pect mutuels tou­jours en éveil, une entraide réci­proque par le conseil, la col­la­bo­ra­tion et l’exemple ; ain­si serviront-​ils la paroisse en plein accord de volon­té et avec un même zèle.

31. Nomination, trans­fert, dépla­ce­ment et renon­cia­tion des curés

Pour for­mer son juge­ment sur la capa­ci­té d’un prêtre à prendre en charge telle paroisse, l’évêque doit tenir compte non seule­ment de sa doc­trine, mais aus­si de sa pié­té, de son zèle apos­to­lique et des autres dons et qua­li­tés requis pour le bon exer­cice de la charge pastorale.

En outre, comme toute la rai­son d’être de la charge pas­to­rale est le bien des âmes, il convient que l’évêque puisse pour­voir les paroisses plus faci­le­ment et de façon plus adé­quate. Que l’on sup­prime donc – le droit des reli­gieux demeu­rant sauf – tous droits de pré­sen­ta­tion, de nomi­na­tion ou de réser­va­tion, et de même, là où elle existe, la loi du concours tant géné­ral que particulier.

Dans sa paroisse chaque curé doit jouir, en son office, de la sta­bi­li­té que requiert le bien des âmes. En consé­quence la dis­tinc­tion entre curés amo­vibles et curés inamo­vibles est abro­gée et on révi­se­ra et sim­pli­fie­ra la manière de pro­cé­der à la trans­la­tion et au dépla­ce­ment des curés, afin que l’évêque puisse dans le res­pect de l’équité, aux sens natu­rel et cano­nique du terme, pour­voir plus com­mo­dé­ment aux exi­gences du bien des âmes.

Les curés, qui du fait de leur âge avan­cé ou pour toute autre rai­son grave, se trouvent empê­chés d’accomplir leur charge comme il convient et de façon fruc­tueuse, sont ins­tam­ment priés de renon­cer à leur charge, spon­ta­né­ment ou sur l’invitation de l’évêque. Aux démis­sion­naires, l’évêque doit assu­rer des moyens de sub­sis­tance convenables.

32. Création de paroisses et innovations 

Enfin cette même rai­son du salut des âmes doit per­mettre de déter­mi­ner ou de révi­ser les érec­tions ou les sup­pres­sions de paroisses, ou d’autres chan­ge­ments ana­logues ; l’évêque peut prendre ces mesures de sa propre autorité.

4. Les religieux

33. Les reli­gieux et les œuvres d’apostolat

À tous les reli­gieux (dans les dis­po­si­tions sui­vantes, leur sont adjoints les membres des autres ins­ti­tuts fai­sant pro­fes­sion des conseils évan­gé­liques, cha­cun selon sa propre voca­tion) incombe le devoir de col­la­bo­rer de toutes leurs forces et avec zèle à l’édification et à la crois­sance de tout le Corps mys­tique du Christ et au bien des Églises particulières.

Ils sont tenus de pour­suivre ces fins d’abord par la prière, les œuvres de péni­tence et l’exemple de leur propre vie ; le Concile les exhorte vive­ment à en déve­lop­per sans cesse l’estime et la pra­tique. Mais, compte tenu du carac­tère propre de chaque ins­ti­tut, que les reli­gieux s’adonnent aus­si lar­ge­ment aux œuvres exté­rieures d’apostolat.

34. Les reli­gieux coopé­ra­teurs de l’évêque dans les œuvres d’apostolat

Les reli­gieux prêtres, consa­crés pour le ser­vice pres­by­té­ral, afin d’être eux aus­si les col­la­bo­ra­teurs avi­sés de l’ordre épis­co­pal, peuvent aujourd’hui être pour les évêques d’un plus grand secours encore, du fait des besoins crois­sants des âmes. Aussi faut-​il dire qu’à un cer­tain titre, ils appar­tiennent vrai­ment au cler­gé du dio­cèse, en tant qu’ils par­ti­cipent au soin des âmes et aux œuvres d’apostolat sous l’autorité des évêques.

Les autres membres d’instituts, hommes ou femmes, qui appar­tiennent eux aus­si à un titre par­ti­cu­lier à la famille dio­cé­saine, apportent éga­le­ment une aide pré­cieuse à la hié­rar­chie sacrée ; de jour en jour ils peuvent et ils doivent appor­ter davan­tage cette aide à mesure que s’accroissent les besoins de l’apostolat.

35. Principes de l’apostolat des reli­gieux dans les diocèses 

Pour que, dans chaque dio­cèse, les œuvres d’apostolat s’accomplissent tou­jours en plein accord et que l’unité de la dis­ci­pline dio­cé­saine demeure sauve, les prin­cipes de bases sui­vants sont établis :

1. Que tous les reli­gieux fassent tou­jours preuve d’une sou­mis­sion et d’un res­pect reli­gieux envers les évêques, en leur qua­li­té de suc­ces­seurs des apôtres. Chaque fois qu’ils sont légi­ti­me­ment appe­lés à des œuvres d’apostolat, ils sont tenus d’exercer leurs fonc­tions comme des col­la­bo­ra­teurs assi­dus et sou­mis des évêques [33]. Bien plus, les reli­gieux doivent se prê­ter promp­te­ment et fidè­le­ment aux requêtes et aux dési­rs des évêques leur deman­dant de prendre une part plus impor­tante au minis­tère du salut des hommes ; ils le feront tou­te­fois dans le res­pect du carac­tère de leur ins­ti­tut et confor­mé­ment à leurs consti­tu­tions qui, si néces­saire, seront adap­tées à cette fin, d’après les prin­cipes du pré­sent décret conci­liaire. Étant don­né les besoins urgents des âmes et la pénu­rie du cler­gé dio­cé­sain, les ins­ti­tuts reli­gieux qui ne sont pas voués à la vie pure­ment contem­pla­tive peuvent en par­ti­cu­lier être appe­lés par les évêques à appor­ter leurs concours aux divers minis­tères pas­to­raux, compte tenu cepen­dant du carac­tère propre de chaque ins­ti­tut ; pour appor­ter ce concours, les supé­rieurs doivent selon leurs moyens favo­ri­ser la prise en charge, même tem­po­raire, de paroisses.

2. Que les reli­gieux envoyés pour exer­cer un apos­to­lat exté­rieur soient péné­trés de l’esprit de leur propre ins­ti­tut et demeurent fidèles à l’observance régu­lière et à la sou­mis­sion à leurs propres supé­rieurs ; les évêques eux-​mêmes ne man­que­ront pas d’insister sur cette obligation.

3. L’exemption, selon laquelle les reli­gieux sont rat­ta­chés au Souverain Pontife ou à une autre auto­ri­té ecclé­sias­tique et sous­traits à la juri­dic­tion des évêques, regarde sur­tout la struc­ture interne des ins­ti­tuts : le but en est de mieux coor­don­ner et har­mo­ni­ser toutes choses dans l’existence des reli­gieux et de veiller davan­tage au pro­grès et à la per­fec­tion de la vie com­mune reli­gieuse [34]. L’exemption per­met aus­si au Souverain Pontife de dis­po­ser des reli­gieux pour le bien de l’Église uni­ver­selle [35] et à une autre auto­ri­té com­pé­tente d’en dis­po­ser pour le bien des églises de sa propre juridiction.

Mais cette exemp­tion n’empêche pas les reli­gieux d’être sou­mis dans chaque dio­cèse à la juri­dic­tion des évêques selon le droit, dans la mesure où le requièrent l’accomplissement de leur charge pas­to­rale et la bonne orga­ni­sa­tion du minis­tère des âmes [36].

4. Tous les reli­gieux, exempts et non exempts, sont sou­mis au pou­voir des Ordinaires des lieux, pour ce qui concerne l’exercice public du culte divin (dans le res­pect tou­te­fois de la diver­si­té des rites), le soin des âmes, la sainte pré­di­ca­tion à faire au peuple, l’éducation reli­gieuse et morale des fidèles, sur­tout des enfants, l’enseignement caté­ché­tique et la for­ma­tion litur­gique, la bonne tenue du cler­gé. Il en va de même pour les œuvres diverses en ce qui regarde l’exercice de l’apostolat. Les écoles catho­liques tenues par des reli­gieux sont aus­si sou­mises aux Ordinaires des lieux, pour ce qui est de leur orga­ni­sa­tion géné­rale et de leur sur­veillance, sans pré­ju­dice du droit des reli­gieux à les gou­ver­ner. De même les reli­gieux sont tenus d’observer tout ce dont les conciles ou confé­rences d’évêques auront légi­ti­me­ment pres­crit l’observation par tous.

5. Entre les divers ins­ti­tuts reli­gieux, ain­si qu’entre ceux-​ci et le cler­gé dio­cé­sain, il faut encou­ra­ger des struc­tures de col­la­bo­ra­tion. En outre, une étroite coor­di­na­tion de toutes les œuvres et acti­vi­tés apos­to­liques est néces­saire : elle dépend sur­tout des dis­po­si­tions sur­na­tu­relles des esprits et des cœurs, fon­dées et enra­ci­nées dans la cha­ri­té. Cette coor­di­na­tion, il appar­tient au Siège apos­to­lique de la réa­li­ser pour l’Église uni­ver­selle ; aux pas­teurs pour leur dio­cèse ; enfin aux synodes patriar­caux et aux confé­rences épis­co­pales pour leur propre territoire.

Les évêques ou les confé­rences épis­co­pales d’une part, les supé­rieurs reli­gieux ou les confé­rences de supé­rieurs majeurs d’autre part, vou­dront bien pro­cé­der à la mise en com­mun de leurs pro­jets pour les œuvres d’apostolat exer­cées par des religieux.

6. Pour favo­ri­ser entre les évêques et les reli­gieux la concorde et l’efficacité des rela­tions mutuelles, les évêques et les supé­rieurs reli­gieux vou­dront bien se réunir, à dates fixes et chaque fois que cela paraî­tra oppor­tun, pour trai­ter les affaires regar­dant l’ensemble de l’apostolat dans le territoire.

CHAPITRE III : Coopération des évêques au bien com­mun de plu­sieurs Églises 

I. Synodes, conciles et prin­ci­pa­le­ment confé­rences épiscopales

36. Synodes et conciles particuliers 

Dès les pre­miers siècles de l’Église, la com­mu­nion de la cha­ri­té fra­ter­nelle et le sou­ci de la mis­sion uni­ver­selle confiée aux Apôtres ont pous­sé les évêques, pla­cés à la tête d’Églises par­ti­cu­lières, à asso­cier leurs forces et leur volon­té en vue de pro­mou­voir le bien com­mun de l’ensemble des Églises et de cha­cune d’entre elles. Pour cette rai­son, des synodes, des conciles pro­vin­ciaux et enfin des conciles plé­niers ont été réunis, où les évêques décré­tèrent des normes iden­tiques à obser­ver dans les diverses Églises pour l’enseignement des véri­tés de la foi et l’organisation de la dis­ci­pline ecclésiastique.

Ce saint Concile œcu­mé­nique sou­haite vive­ment que la véri­table ins­ti­tu­tion des synodes et des conciles connaisse une nou­velle vigueur afin de pour­voir, selon les cir­cons­tances, de façon plus adap­tée et plus effi­cace, au pro­grès de la foi et au main­tien de la dis­ci­pline dans les diverses Églises.

37. Importance des confé­rences épiscopales 

De notre temps sur­tout, il n’est pas rare que les évêques ne puissent accom­plir leur charge conve­na­ble­ment et avec fruit, s’ils ne réa­lisent pas avec les autres évêques une concorde chaque jour plus étroite et une action plus coor­don­née. Les confé­rences épis­co­pales, éta­blies déjà dans plu­sieurs pays, ont don­né des preuves remar­quables de fécon­di­té apos­to­lique ; aus­si le saint Concile estime-​t-​il tout à fait oppor­tun qu’en tous lieux les évêques d’une même nation ou d’une même région consti­tuent une seule assem­blée et qu’ils se réunissent à dates fixes pour mettre en com­mun les lumières de leur pru­dente expé­rience. Ainsi la confron­ta­tion des idées permettra-​t-​elle de réa­li­ser une sainte har­mo­nie des forces en vue du bien com­mun des Églises.

C’est pour­quoi le Concile éta­blit ce qui suit au sujet des confé­rences épiscopales.

38. Notion, struc­tures, com­pé­tence et col­la­bo­ra­tion des conférences 

1. Une confé­rence épis­co­pale est en quelque sorte une assem­blée dans laquelle les pré­lats d’un pays ou d’un ter­ri­toire exercent conjoin­te­ment leur charge pas­to­rale en vue de pro­mou­voir davan­tage le bien que l’Église offre aux hommes, en par­ti­cu­lier par des formes et méthodes d’apostolat conve­na­ble­ment adap­tées aux cir­cons­tances présentes.

2. Tous les Ordinaires des lieux de quelque rite que ce soit (à l’exception des vicaires géné­raux), les coad­ju­teurs, les auxi­liaires, et d’autres évêques titu­laires exer­çant une charge par­ti­cu­lière à eux confiée par le Saint-​Siège ou par les confé­rences épis­co­pales, font par­tie de la confé­rence épis­co­pale. Les autres évêques titu­laires ne sont pas membres de droit de la confé­rence ; les légats du Pontife romain ne le sont pas non plus, en rai­son de la mis­sion spé­ciale qu’ils exercent sur le territoire.

Aux Ordinaires des lieux et aux coad­ju­teurs appar­tient une voix déli­bé­ra­tive. Aux auxi­liaires et autres évêques qui ont le droit de par­ti­ci­per à la confé­rence, les sta­tuts de la confé­rence accor­de­ront voix déli­bé­ra­tive ou voix consultative.

3. Chaque confé­rence épis­co­pale rédi­ge­ra ses sta­tuts qui devront être recon­nus par le Siège apos­to­lique ; on y pré­voi­ra, entre autres, les organes per­met­tant de pour­suivre plus effi­ca­ce­ment l’objectif de la confé­rence, par exemple : un conseil per­ma­nent d’évêques, des com­mis­sions épis­co­pales, un secré­ta­riat général.

4. Les déci­sions de la confé­rence épis­co­pale, pour­vu qu’elle aient été prises légi­ti­me­ment et par les deux tiers au moins des suf­frages des pré­lats ayant voix déli­bé­ra­tive à la confé­rence, et qu’elles aient été recon­nues par le Siège apos­to­lique, obli­ge­ront juri­di­que­ment, mais seule­ment dans les cas pres­crits par le droit com­mun ou quand un ordre spé­cial du Siège apos­to­lique, don­né sur son ini­tia­tive ou à la demande de la confé­rence elle-​même, en aura ain­si disposé.

5. Là où des cir­cons­tances par­ti­cu­lières le requièrent, les évêques de plu­sieurs pays pour­ront, avec l’approbation du Siège apos­to­lique, consti­tuer une seule conférence.

Il faut au sur­plus encou­ra­ger les rela­tions entre les confé­rences épis­co­pales de divers pays, en vue de pro­mou­voir et d’assurer un plus grand bien.

6. Il est ins­tam­ment recom­man­dé aux pré­lats des églises orien­tales, réunies en synode pour pro­mou­voir la dis­ci­pline de leur propre église et encou­ra­ger plus effi­ca­ce­ment les œuvres des­ti­nées au bien de la reli­gion, de tenir éga­le­ment compte du bien com­mun de l’ensemble du ter­ri­toire, là où existent plu­sieurs églises de rites dif­fé­rents ; ils pro­vo­que­ront à cet effet des échanges au cours de réunions inter-​rites, selon les règles à éta­blir par l’autorité compétente.

II. Délimitation des pro­vinces ecclé­sias­tiques et érec­tion de régions ecclésiastiques

39. Principe sur la révi­sion des circonscriptions 

Le bien des âmes réclame une déli­mi­ta­tion appro­priée, non seule­ment des dio­cèses, mais aus­si des pro­vinces ecclé­sias­tiques. Bien plus, il recom­mande l’érection de régions ecclé­sias­tiques, per­met­tant de mieux pour­voir aux besoins de l’apostolat en fonc­tion des condi­tions sociales et locales, et de rendre plus faciles et plus fruc­tueuses les rela­tions des évêques entre eux, avec les métro­po­li­tains et avec les autres évêques d’un même pays comme aus­si les rela­tions des évêques avec les auto­ri­tés civiles.

40. Règles à observer 

C’est pour­quoi, afin d’obtenir ces résul­tats, le saint Concile décrète qu’on éta­blisse les règles suivantes :

1. Les déli­mi­ta­tions des pro­vinces ecclé­sias­tiques devront être révi­sées de façon oppor­tune et les droits et pri­vi­lèges des métro­po­li­tains défi­nis par des normes nou­velles et appropriées.

2. On devra avoir pour règle que tous les dio­cèses, et les autres cir­cons­crip­tions ter­ri­to­riales qui relèvent des mêmes dis­po­si­tions du droit, soient rat­ta­chés à une pro­vince ecclé­sias­tique. En consé­quence, les dio­cèses qui actuel­le­ment sont sou­mis immé­dia­te­ment au Saint-​Siège et ne sont unis à aucun autre dio­cèse, ou bien doivent être réunis, si pos­sible, en une nou­velle pro­vince ecclé­sias­tique, ou bien doivent être rat­ta­chés à la pro­vince la plus proche ou la plus oppor­tune et être sou­mis au droit métro­po­li­tain de l’archevêque selon les règles du droit commun.

3. Là où l’utilité le sug­gère, les pro­vinces ecclé­sias­tiques seront regrou­pées en régions ecclé­sias­tiques, dont l’organisation est à fixer par le droit.

41. Vote des confé­rences épis­co­pales à demander 

Il convient que les confé­rences épis­co­pales com­pé­tentes exa­minent cette ques­tion de la déli­mi­ta­tion des pro­vinces ou de l’érection des régions, selon les règles déjà fixées pour la cir­cons­crip­tion des dio­cèses (n. 23 et 24), et qu’elles pro­posent leur avis et leurs vœux au Siège apostolique.

III. Les évêques qui exercent des fonc­tions interdiocésaines

42. Constitution d’offices par­ti­cu­liers et col­la­bo­ra­tion avec les évêques 

Comme les besoins pas­to­raux exigent de plus en plus que cer­taines tâches pas­to­rales soient menées et déve­lop­pées d’un com­mun accord, il convient que, pour le ser­vice de tous les dio­cèses, ou de plu­sieurs dio­cèses d’une région ou d’un pays déter­mi­nés, soient éta­blis un cer­tain nombre d’organes qui peuvent être confiés même à des évêques.

Le saint Concile recom­mande qu’entre les pré­lats ou évêques exer­çant ces charges et les évêques dio­cé­sains et les confé­rences épis­co­pales existent tou­jours une union fra­ter­nelle et une com­mu­nau­té d’intentions pas­to­rales, dont les prin­cipes direc­teurs doivent être défi­nis par le droit commun.

43. Le vica­riat aux armées

Le soin spi­ri­tuel des sol­dats, étant don­né les condi­tions par­ti­cu­lières de leur vie, mérite une atten­tion toute spé­ciale ; qu’on érige donc dans chaque pays, selon ses moyens, un vica­riat aux armées. Le vicaire et les aumô­niers devront se dévouer sans comp­ter à cette tâche dif­fi­cile en pleine col­la­bo­ra­tion avec les évêques dio­cé­sains [37].

C’est pour­quoi les évêques dio­cé­sains devront accor­der au vicaire aux armées en nombre suf­fi­sant des prêtres aptes à cette lourde charge, et ils favo­ri­se­ront en même temps les ini­tia­tives des­ti­nées à pro­mou­voir le bien spi­ri­tuel des sol­dats [38].

44.PRESCRIPTION GÉNÉRALE

Le saint Concile décrète que, dans la révi­sion du Code de Droit cano­nique, des lois oppor­tunes soient éta­blies confor­mé­ment aux prin­cipes qui sont posés dans ce décret et en tenant compte aus­si des obser­va­tions expri­mées par les com­mis­sions ou les Pères du Concile.

Le saint Concile décrète en outre que des direc­toires géné­raux sur la pas­to­rale soient com­po­sés à l’usage des évêques et des curés, leur pré­sen­tant des direc­tives sûres pour rem­plir plus faci­le­ment et plus par­fai­te­ment leur charge pastorale.

On éla­bo­re­ra aus­si un direc­toire spé­cial sur l’activité pas­to­rale auprès de caté­go­ries par­ti­cu­lières de fidèles en rap­port avec les situa­tions diverses de cha­cun des pays ou régions ; et un direc­toire sur l’enseignement caté­ché­tique du peuple chré­tien, dans lequel on trai­te­ra des prin­cipes fon­da­men­taux et de l’organisation de cet ensei­gne­ment, ain­si que de l’élaboration de livres trai­tant de la ques­tion. Dans l’élaboration de ces direc­toires, on devra tenir compte éga­le­ment des obser­va­tions pré­sen­tées par les com­mis­sions ou par les Pères du Concile.

out l’ensemble et cha­cun des points qui ont été édic­tés dans cette décla­ra­tion ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en ver­tu du pou­voir apos­to­lique que Nous tenons du Christ, en union avec les véné­rables Pères, Nous les approu­vons, arrê­tons et décré­tons dans le Saint-​Esprit, et Nous ordon­nons que ce qui a été ain­si éta­bli en Concile soit pro­mul­gué pour la gloire de Dieu.

Rome, à Saint-​Pierre, le 28 octobre 1965.

Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.

(Suivent les signa­tures des Pères)

Signatures des Pères

Moi, PAUL, évêque de l’Église catholique.
† Ego ANTONIUS titu­lo S. Laurentii in Panisperna Presbyter Cardinalis GAGGIANO, Archiepiscopus Bonaërensis.
Ego PETRUS titu­lo S. Laurentii in Lucina Presbyter Cardinalis CIRIACI.
† Ego IOSEPHUS titu­lo S. Mariae de Victoria Presbyter Cardinalis SIRI, Archiepiscopus Ianuensis.
† Ego IACOBUS titu­lo S. Mariae in Transpontina Presbyter Cardinalis LERCARO, Archiepiscopus Bononiensis.
† Ego STEPHANUS titu­lo S. Mariae Trans Tiberim Presbyter Cardinalis WYSZYNSKI, Archiepiscopus Gnesnensis et Varsaviensis, Primas Poloniae.
† Ego BENIAMINUS titu­lo S. Vitalis Presbyter Cardinalis DE ARRIBA Y CASTRO, Archiepiscopus Tarraconensis.
† Ego FERDINANDUS titu­lo S. Augustini Presbyter Cardinalis QUIROGA Y PALACIOS, Archiepiscopus Compostellanus.
† Ego PAULUS AEMILIUS titu­lo S. Mariae Angelorum in Thermis Presbyter Cardinalis LEGER, Archiepiscopus Marianopolitanus.
† Ego VALERIANUS titu­lo S. Mariae in Via Lata Presbyter Cardinalis GRACIAS, Archiepiscopus Bombayensis.
† Ego IOANNES titu­lo S. Marci Presbyter Cardinalis URBANI, Patriarcha Venetiarum.
Ego PAULUS titu­lo S. Mariae in Vallicella Presbyter Cardinalis GIOBBE, S. R. E. Datarius.
† Ego IOSEPHUS titu­lo S. Honuphrii in Ianiculo Presbyter Cardinalis GARIBI Y RIVERA, Archiepiscopus Guadalajarensis.
† Ego ANTONIUS MARIA titu­lo S Chrysogoni Presbyter Cardinalis BARBIERI, Archiepiscopus Montisvidei.
Ego CAROLUS titu­lo S. Agnetis extra moe­nia Presbyter Cardinalis CONFALONIERI.
† Ego PAULUS titu­lo Ss. Quirici et Iulittae Presbyter Cardinalis RICHAUD, Archiepiscopus Burdigalensis.
† Ego IOSEPHUS M. titu­lo Ss. Viti, Modesti et Crescentiae Presbyter Cardinalis BUENO Y MONREAL, Archiepiscopus Hispalensis.
† Ego FRANCISCUS titu­lo S. Eusebii Presbyter Cardinalis KÖNIG, Archiepiscopus Vindobonensis.
† Ego IOSEPHUS titu­lo S. Athanasii Presbyter Cardinalis SLIPYI, Archiepiscopus Maior Ucrainorum.
† Ego LAURENTIUS titu­lo S. Leonis I Presbyter Cardinalis JAEGER, Archiepiscopus Paderbornensis.
† Ego IOSEPHUS titu­lo S. Crucis in via Flaminia Presbyter Cardinalis BERAN, Archiepiscopus Pragensis.
† Ego MAURITIUS titu­lo D.nae N.ae de SS. Sacramento et Martyrum Canadensium Presbyter Cardinalis ROY, Archiepiscopus Quebecensis, Primas Canadiae.
† Ego IOSEPHUS titu­lo S. Teresiae Presbyter Cardinalis MARTIN, Archiepiscopus Rothomagensis.
† Ego AUDOËNUS titu­lo S. Praxedis Presbyter Cardinalis MCCANN, Archiepiscopus Civitatis Capitis.
† Ego LEO STEPHANUS titu­lo S. Balbinae Presbyter Cardinalis DUVAL, Archiepiscopus Algeriensis.
† Ego ERMENEGILDUS titu­lo Reginae Apostolorum Presbyter Cardinalis FLORIT, Archiepiscopus Florentinus.
† Ego FRANCISCUS titu­lo Ss. Petri et Pauli in Via Ostiensi Presbyter Cardinalis ŠEPER, Archiepiscopus Zagrabiensis.
† Ego IOANNES titu­lo S. Silvestri in Capite Presbyter Cardinalis HEENAN, Archiepiscopus Vestmonasteriensis, Primas Angliae.
† Ego IOANNES titu­lo Ssmae Trinitatis in Monte Pincio Presbyter Cardinalis VILLOT, Archiepiscopus Lugdunensis et Viennensis, Primas Galliae.
† Ego PAULUS titu­lo S. Camilli de Lellis ad Hortos Sallustianos Presbyter Cardinalis ZOUNGRANA, Archiepiscopus Uagaduguensis.
† Ego LAURENTIUS I. titu­lo S. Clementis Presbyter Cardinalis SHEHAN, Archiepiscopus Baltimorensis.
† Ego HENRICUS titu­lo S. Agathae in Urbe Presbyter Cardinalis DANTE.
Ego CAESAR titu­lo D.nae N.ae a Sacro Corde in Circo Agonali Presbyter Cardinalis ZERBA.
† Ego AGNELLUS titu­lo Praecelsae Dei Matris Presbyter Cardinalis ROSSI, Archiepiscopus S. Pauli in Brasilia.
† Ego IOANNES titu­lo S. Martini in Montibus Presbyter Cardinalis COLOMBO, Archiepiscopus Mediolanensis.
† Ego GUILLELMUS titu­lo S. Patricii ad Villam Ludovisi Presbyter Cardinalis CONWAY, Archiepiscopus Armachanus, totius Hiberniae Primas.
† Ego MICHAEL DARIUS MIRANDA, Archiepiscopus Mexicanus, Primas Mexici.
† Ego FRANCISCUS MARIA DA SILVA, Archiepiscopus Bracharensis, Primas Hispaniarum.
† Ego PAULUS GOUYON, Archiepiscopus Rhedonensis, Primas Britanniae.
† Ego HUMBERTUS MALCHIODI, Archiepiscopus Episcopus Placentinus.

Sequuntur cete­rae subsignationes.
Ita est.
† Ego PERICLES FELIC, Archiepiscopus tit. Samosatensis, Ss. Concilii Secretarius Generalis
† Ego IOSEPHUS ROSS, Episcopus tit. Palmyrenus, Ss. Concilii Notarius
† Ego FRANCISCUS HANNIBAL FERRETT, Ss. Concilii Notarius

Notes

[1] Cf. Mt 1, 21.
[2] Cf. Jn 20, 21.
[3] Cf. Conc. Vat. I, sess. 4, Const. dogm. De Ecclesia Christi, c. 3 ; Denz. 1828 (3061).
[4] Cf. Idem ; Denz. 1821 (3050).
[5] Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 21, 24, 25.
[6] Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 21.
[7] Cf. Jean XXIII, Humanae salu­tis, 25 décembre 1961 : AAS 54 (1962), p. 6.
[8] cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 22.
[9] Ibid.
[10] Ibid.
[11] Ibid.
[12] Cf. Paul VI, motu pro­prio Apostolica Sollicitudo, 15 sep­tembre 1965.
[13] Cf. Conc. Vat. II, Const. Lumen gen­tium, n. 23.
[14] Cf. Pie XII, Encycl. Fidei donum, 21 avril 1957 : AAS 49 (1957), p. 237 s. – Cf. aus­si : Benoît XV, Épître apost. Maximum illud, 30 novembre 1919 : AAS 11 (1919), p. 440. – Pie XI, Encycl. Rerum Ecclesiae, 28 février 1926 : AAS 18 (1926), p. 68.
[15] Cf. Paul VI, Alloc. Ad Em.mos Patres Cardinales, Exc.mos Praesules, Rev.mos Praelatos cete­rosque Romanae curiae Officiales, 21 sep­tembre 1963 : AAS 55 (1963), p. 793 s.
[16] Cf. Conc. Vat. II, décret de Ecclesiis Orientalibus Catholicis, n. 7–11.
[17] Cf. Conc. de Trente, sess. 5, décret De reform., c. 2 : Mansi 33, 30 ; sess. 24, décret De reform., c. Mansi 33, 159 (cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 25.
[18] Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 25.
[19] Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in ter­ris, 11 avril 1963, AAS 55 (1963), p. 257–304.
[20] Cf. Paul VI, Encycl. Ecclesiam suam, 6 août 1964 : AAS 56 (1964), p. 639.
[21] Idem, p. 644–645.
[22] Cf. Conc. Vat. II, décret Inter miri­fi­ca.
[23] Cf. Conc. Vat. II, Const. Sacrosanctum conci­lium. – Paul VI, motu pro­prio Sacram Liturgiam, 25 jan­vier 1964, AAS 56 (1964), p. 139 s.
[24] Cf. Pie XII, Encycl. Mediator Dei, 20 novembre 1947, AAS 39 (1947), p. 251 s. – Paul VI, Encycl. Mysterium Fidei, 3 sep­tembre 1965.
[25] Cf. Ac 1, 14 et 2, 46.
[26] Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gen­tium, n. 44–45.
[27] Cf. Lc 22, 26–27.
[28] Cf. Jn 15, 15.
[29] Conc. Vat. II, décret Unitatis Redintegratio.
[30] Cf. Pie X, motu pro­prio Iampridem, 19 mars 1914 : AAS 6 (1914), p. 174s. – Pie XII, Const. apost. Exsul Familia, 1er août 1952 : AAS 44 (1952), p. 652s. ; Leges Operis Apostolatus Maris, auc­to­ri­tate Pii XII condi­tae, 21 novembre 1957 : AAS 50 (1958), p. 375s.
[31] Cf. Conc. Vat. II, décret de Orientalium Ecclesiarum, n. 4.
[32] Cf. Jn 13, 35.
[33] Cf. Pie XII, Alloc. 8 décembre 1950 : AAS 43 (1951), p. 28.– Cf. aus­si Paul VI, Alloc. 23 mai 1964 : AAS 56 (1964), p. 571.
[34] Cf. Léon XIII, Const. apost. Romanos Pontifices, 8 mai 1881 : Acta Leonis XIII, vol. II (1882), p. 234.
[35] Cf. Paul VI, Alloc. 23 mai 1964 : AAS 56 (1964), p. 570–571.
[36] Cf. Pie XII, Alloc. 8 décembre 1950 : l. c.
[37] Cf. S. C. de la Consistoriale, Instructio de Vicariis Castrensibus : 23 avril 1951 : AAS 43 (1951), p. 262. Formula ser­van­da rela­tione de sta­tu Vicariatus Castrensis confi­cien­da, 20 octobre 1956 : AAS 49 (1957), p. 150–163 ; décret De Sacror. Liminum Visitatione a Vicariis Castrensibus per­agen­da, 28 février 1959 : AAS 51 (1959), p. 272 ; décret Facultas audien­di confess. mili­tum Cappell. exten­di­tur, 27 novembre 1960 ; AAS 53 (1961), p. 49–50.– Cf. aus­si S. C. des Religieux, Instruc. De Cappellanis mili­tum reli­gio­sis, 2 février 1955 : AAS 47 (1955), p. 93–97.
[38] Cf. S.C. Consistorialis, Epistula ad Em.mos p. DD. Cardinales atque Exc.mos p. DD. Archiepiscopos, Episcopos cete­rosque Ordinarios Hispanicae Ditionis, 21 juin 1951 : AAS 43 (1951), p. 566.

fraternité sainte pie X