Grégoire XVI

Lettre encyclique Mirari vos

15 août 1832

Condamnation du libéralisme et de l’indifférentisme religieux

Donné à Rome, à Sainte-​Marie-​Majeure, le 15 août 1832

À tous les Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques, en grâce et com­mu­nion avec le Siècle Apostolique.
Grégoire XVI, Pape

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

Vous êtes sans doute éton­nés que, depuis le jour où le far­deau du gou­ver­ne­ment de toute l’Église a été impo­sé à notre fai­blesse, nous ne vous ayons pas encore adres­sé nos lettres comme l’au­raient deman­dé, soit la cou­tume intro­duite même dès les pre­miers temps, soit notre affec­tion pour vous. C’était bien, il est vrai, le plus ardent de nos vœux de vous ouvrir tout d’a­bord notre cœur, et de vous faire entendre, dans la com­mu­nion de l’es­prit, cette voix avec laquelle, selon l’ordre reçu par nous dans la per­sonne du bien­heu­reux Pierre nous devons confir­mer nos frères [1]. Mais vous savez assez quels maux, quelles cala­mi­tés, quels orages nous ont assailli dès les pre­miers ins­tants de notre Pontificat, com­ment nous avons été lan­cé tout à coup au milieu des tem­pêtes, ah ! si la droite du Seigneur n’a­vait mani­fes­té sa puis­sance, vous auriez eu la dou­leur de nous y voir englou­ti, vic­time de l’af­freuse conspi­ra­tion des impies.

Notre cœur se refuse à renou­ve­ler, par le triste tableau de tant de périls, la dou­leur qu’ils nous ont cau­sée, et nous bénis­sons plu­tôt le Père de toute conso­la­tion d’a­voir dis­per­sé les traîtres, de nous avoir arra­ché au dan­ger immi­nent et de nous avoir accor­dé en apai­sant la plus ter­rible tem­pête de res­pi­rer après une si grande crainte. Nous nous pro­po­sâmes aus­si­tôt de vous com­mu­ni­quer nos des­seins pour la gué­ri­son des plaies d’Israël, mais le poids énorme de sou­cis dont nous fûmes acca­blé pour le réta­blis­se­ment de l’ordre public, retar­da encore l’exécution.

À ce motif de silence, s’en joi­gnit un nou­veau : l’in­so­lence des fac­tieux qui s’ef­for­cèrent de lever une seconde fois l’é­ten­dard de la rébel­lion. À la vue de tant d’o­pi­niâ­tre­té de leur part en consi­dé­rant que leur fureur sau­vage, loin de s’a­dou­cir, sem­blait plu­tôt s’ai­grir et s’ac­croître par une trop longue impu­ni­té et par les témoi­gnages de notre pater­nelle indul­gence, nous avons dû enfin, quoique l’âme navrée de dou­leur, faire usage de l’au­to­ri­té qui nous a été confiée par Dieu, les arrê­ter la verge à la main [2], et depuis, comme vous pou­vez bien conjec­tu­rer, notre sol­li­ci­tude et nos fatigues n’ont fait qu’aug­men­ter de jour en jour.

Mais puisque, après des retards néces­si­tés par les mêmes causes, nous avons pris pos­ses­sion du Pontificat dans la Basilique de Latran, selon l’u­sage et les ins­ti­tu­tions de nos pré­dé­ces­seurs, nous cou­rons à vous sans aucun délai, véné­rables Frères, et comme un témoi­gnage de nos sen­ti­ments pour vous, nous vous adres­sons cette lettre écrite en ce jour d’al­lé­gresse, où nous célé­brons, par une fête solen­nelle, le triomphe de la très sainte Vierge, et son entrée dans les cieux. Nous avons res­sen­ti sa pro­tec­tion et sa puis­sance au milieu des plus redou­tables cala­mi­tés : Ah ! qu’elle daigne nous assis­ter aus­si dans le devoir que nous rem­plis­sons envers vous, et ins­pi­rer d’en haut à notre âme les pen­sées et les mesures qui seront les plus salu­taires au trou­peau de Jésus-​Christ ! C’est il est vrai, avec une pro­fonde dou­leur et l’âme acca­blée de tris­tesse, que nous venons à vous ; car nous connais­sons votre zèle pour la reli­gion et les cruelles inquié­tudes que vous ins­pire le mal­heur des temps où elle est jetée. Nous pou­vons dire en toute véri­té, c’est main­te­nant l’heure accor­dée à la puis­sance des ténèbres pour cri­bler, comme le fro­ment, les enfants d’é­lec­tion [3]. « La terre est vrai­ment dans le deuil ; elle se dis­sout, infec­tée par ses habi­tants ; ils ont en effet trans­gres­sé les lois, chan­gé la jus­tice et rom­pu le pacte éter­nel » [4]. Nous vous par­lons, véné­rables Frères, de maux que vous voyez de vos yeux, et sur les­quels par consé­quent nous ver­sons des larmes com­munes. La per­ver­si­té, la science sans pudeur, la licence sans frein s’a­gitent pleines d’ar­deur et d’in­so­lence ; la sain­te­té des mys­tères n’ex­cite plus que le mépris, et la majes­té du culte divin, si néces­saire à la foi et si salu­taire aux hommes, est deve­nue, pour les esprits per­vers, un objet de blâme, de pro­fa­na­tion, de déri­sion sacri­lège. De là, la sainte doc­trine alté­rée et les erreurs de toute espèce semées par­tout avec scan­dale. Les rites sacrés, les droits, les ins­ti­tu­tions de l’Église, ce que sa dis­ci­pline a de plus saint, rien n’est plus à l’a­bri de l’au­dace des langues d’i­ni­qui­té. On per­sé­cute cruel­le­ment notre Chaire de Rome, ce Siège du bien­heu­reux Pierre sur lequel le Christ a posé le fon­de­ment de son Église ; et les liens de l’u­ni­té sont chaque jour affai­blis de plus en plus, ou rom­pus avec vio­lence. La divine auto­ri­té de l’Église est atta­quée ; on lui arrache ses droits ; on la juge d’a­près des consi­dé­ra­tions toutes ter­restres, et à force d’in­jus­tice, on la dévoue au mépris des peuples, on la réduit à une ser­vi­tude hon­teuse. L’obéissance due aux évêques est détruite et leurs droits sont fou­lés aux pieds.

On entend reten­tir les aca­dé­mies et les uni­ver­si­tés d’o­pi­nions nou­velles et mons­trueuses ; ce n’est plus en secret ni sour­de­ment qu’elles attaquent la foi catho­lique ; c’est une guerre hor­rible et impie qu’elles lui déclarent publi­que­ment et à décou­vert. Or dès que les leçons et les exa­mens des maîtres per­ver­tissent ain­si la jeu­nesse, les désastres de la reli­gion prennent un accrois­se­ment immense, et la plus effrayante immo­ra­li­té gagne et s’é­tend. Aussi, une fois reje­tés les liens sacrés de la reli­gion, qui seuls conservent les royaumes et main­tiennent la force et la vigueur de l’au­to­ri­té, on voit l’ordre public dis­pa­raître, l’au­to­ri­té malade, et toute puis­sance légi­time mena­cée d’une révo­lu­tion tou­jours plus pro­chaine. Abîme de mal­heurs sans fonds, qu’ont sur­tout creu­sé ces socié­tés conspi­ra­trices dans les­quelles les héré­sies et les sectes ont, pour ain­si dire, vomi comme dans une espèce de sen­tine, tout ce qu’il y a dans leur sein de licence, de sacri­lège et de blasphème.

Telles sont, véné­rables Frères, avec beau­coup d’autres encore et peut-​être plus graves, qu’il serait aujourd’­hui trop long de détailler et que vous connais­sez tous, les causes qui nous condamnent à une dou­leur cruelle et sans relâche, puis­qu’é­ta­bli sur la Chaire du Prince des Apôtres, nous devons plus que per­sonne être dévo­ré du zèle de la mai­son de Dieu tout entière. Mais la place même que nous occu­pons nous aver­tit qu’il ne suf­fit pas de déplo­rer ces innom­brables mal­heurs, si nous ne fai­sons aus­si tous nos efforts pour en tarir les sources. Nous récla­mons donc l’aide de votre foi, et pour le salut du trou­peau sacré nous fai­sons un appel à votre zèle, véné­rables Frères, vous dont la ver­tu et la reli­gion si connues, vous dont l’ad­mi­rable pru­dence et la vigi­lance infa­ti­gable aug­mentent notre cou­rage et répandent le baume de la conso­la­tion dans notre âme affli­gée par tant de désastres. Car c’est à nous d’é­le­ver la voix, d’empêcher par nos efforts réunis que le san­glier de la forêt ne bou­le­verse la vigne et que les loups ne ravagent le trou­peau du Seigneur. C’est à nous de ne conduire les bre­bis que dans des pâtu­rages qui leur soient salu­taires et où l’on n’ait pas à craindre pour elles une seule herbe mal­fai­sante. Loin de nous donc, nos très chers Frères, au milieu de fléaux, de dan­gers si mul­ti­pliés et si mena­çants, loin de nous l’in­sou­ciance et les craintes de pas­teurs qui aban­don­ne­raient leurs bre­bis ou qui se livre­raient à un som­meil funeste sans aucun sou­ci de leur trou­peau ! Agissons en uni­té d’es­prit pour notre cause com­mune, ou plu­tôt pour la cause de Dieu ; et contre de com­muns enne­mis unis­sons notre vigi­lance, pour le salut de tout le peuple, unis­sons nos efforts.

C’est ce que vous ferez par­fai­te­ment si, comme votre charge vous en fait un devoir, vous veillez sur vous et sur la doc­trine, vous redi­sant sans cesse à vous-​mêmes que « toute nou­veau­té bat en brèche l’Église uni­ver­selle » [5], et d’a­près l’a­ver­tis­se­ment du saint pape Agathon, « rien de ce qui a été régu­liè­re­ment défi­ni ne sup­porte ni dimi­nu­tion, ni chan­ge­ment, ni addi­tion, repousse toute alté­ra­tion du sens et même des paroles. » [6] C’est ain­si que demeu­re­ra ferme, inébran­lable, cette uni­té qui repose sur le Siège de saint Pierre comme sur sa base ; et le centre d’où dérivent, pour toutes les églises, les droits sacrés de la com­mu­nion catho­lique, « sera aus­si pour toutes un mur qui les pro­té­ge­ra, un asile qui les cou­vri­ra, un port qui les pré­ser­ve­ra du nau­frage et un tré­sor qui les enri­chi­ra de biens incal­cu­lables. » [7] Ainsi donc pour répri­mer l’au­dace de ceux qui s’ef­forcent, ou d’a­néan­tir les droits du Saint-​Siège, ou d’en déta­cher les églises dont il est le sou­tien et la vie, incul­quez sans cesse aux fidèles de pro­fonds sen­ti­ments de confiance et de res­pect envers lui, faites reten­tir à leurs oreilles ces paroles de saint Cyprien : « C’est une erreur de croire être dans l’Église lors­qu’on aban­donne le Siège de Pierre, qui est le fon­de­ment de l’Église. » [8]

Le but de vos efforts et l’ob­jet de votre vigi­lance conti­nuelle, doit donc être de gar­der le dépôt de la foi au milieu de cette vaste conspi­ra­tion d’hommes impies que nous voyons, avec la plus vive dou­leur, for­mée pour le dis­si­per et le perdre. Que tous s’en sou­viennent : le juge­ment sur la saine doc­trine dont on doit nour­rir le peuple, le gou­ver­ne­ment et l’ad­mi­nis­tra­tion de l’Église entière appar­tiennent au Pontife romain, « à qui a été confié, par Notre-​Seigneur Jésus-​Christ », comme l’ont si clai­re­ment décla­ré les Pères du concile de Florence, « le plein pou­voir de paître, de régir et de gou­ver­ner l’Église uni­ver­selle » [9]. Quant aux évêques en par­ti­cu­lier, leur devoir est de res­ter invio­la­ble­ment atta­chés à la Chaire de Pierre, de gar­der le saint dépôt avec une fidé­li­té scru­pu­leuse, et de paître le trou­peau de Dieu qui leur est sou­mis. Pour les prêtres, il faut qu’ils soient sou­mis aux évêques et « qu’ils les honorent comme les pères de leurs âmes » [10], selon l’a­vis de saint Jérôme ; qu’ils n’ou­blient jamais qu’il leur est défen­du, même par les anciens Canons, de rien faire dans le minis­tère qui leur a été confié, et de prendre sur eux la charge d’en­sei­gner et de prê­cher, « sans l’ap­pro­ba­tion de l’é­vêque, à qui le soin des fidèles a été remis et qui ren­dra compte de leurs âmes. » [11] Qu’on tienne enfin pour une véri­té cer­taine et incon­tes­table, que tous ceux qui cherchent à trou­bler en quoi que ce soit cet ordre ain­si éta­bli, ébranlent autant qu’il est en eux la consti­tu­tion de l’Église.

Ce serait donc un atten­tat, une déro­ga­tion for­melle au res­pect que méritent les lois ecclé­sias­tiques, de blâ­mer, par une liber­té insen­sée d’o­pi­nion, la dis­ci­pline que l’Église a consa­crée, qui règle l’ad­mi­nis­tra­tion des choses saintes et la conduite des fidèles, qui déter­mine les droits de l’Église et les obli­ga­tions de ses ministres, de la dire enne­mie des prin­cipes cer­tains du droit natu­rel, inca­pable d’a­gir par son imper­fec­tion même, ou sou­mise à l’au­to­ri­té civile.

Mais puis­qu’il est cer­tain, pour nous ser­vir des paroles des Pères de Trente, que « l’Église a été ins­truite par Jésus-​Christ et par ses Apôtres, et que l’Esprit Saint, par une assis­tance de tous les jours, ne manque jamais de lui ensei­gner toute véri­té » [12], c’est le comble de l’ab­sur­di­té et de l’ou­trage envers elle de pré­tendre qu’une res­tau­ra­tion et qu’une régé­né­ra­tion lui sont deve­nues néces­saires pour assu­rer son exis­tence et ses pro­grès, comme si l’on pou­vait croire qu’elle aus­si fût sujette, soit à la défaillance, soit à l’obs­cur­cis­se­ment, soit à toute autre alté­ra­tion de ce genre. Et que veulent ces nova­teurs témé­raires, sinon « don­ner de nou­veaux fon­de­ments à une ins­ti­tu­tion qui ne serait plus, par là même, que l’ou­vrage de l’homme » et réa­li­ser ce que saint Cyprien ne peut assez détes­ter, « en ren­dant l’Église toute humaine de divine qu’elle est ? » [13] Mais que les auteurs de sem­blables manœuvres sachent et retiennent qu’au seul Pontife Romain, d’a­près le témoi­gnage de saint Léon « a été confié la dis­pen­sa­tion des Canons », que lui seul, et non pas un simple par­ti­cu­lier, a le pou­voir de pro­non­cer « sur les règles sanc­tion­nées par les Pères », et qu’ain­si, comme le dit saint Gélase, « c’est à lui de balan­cer entre eux les divers décrets des Canons, et de limi­ter les ordon­nances de ses pré­dé­ces­seurs, de manière à relâ­cher quelque chose de leur rigueur et à les modi­fier après mûr exa­men, selon que le demande la néces­si­té des temps, pour les nou­veaux besoins des églises » [14].

Nous récla­mons ici la constance de votre zèle en faveur de la Religion contre les enne­mis du céli­bat ecclé­sias­tique, contre cette ligue impure qui s’a­gite et s’é­tend chaque jour, qui se gros­sit même par le mélange hon­teux de plu­sieurs trans­fuges de l’ordre clé­ri­cal et des plus impu­dents phi­lo­sophes de notre siècle. Oublieux d’eux-​mêmes et de leur devoir, jouets de pas­sions séduc­trices, ces trans­fuges ont pous­sé la licence au point d’o­ser, en plu­sieurs endroits, pré­sen­ter aux princes des requêtes, même publiques et réité­rées, pour obte­nir l’a­bo­li­tion de ce point sacré de dis­ci­pline. Mais nous rou­gis­sons d’ar­rê­ter long­temps vos regards sur de si hon­teuses ten­ta­tives, et plein de confiance en votre reli­gion, nous nous repo­sons sur vous du soin de défendre de toutes vos forces, d’a­près les règles des saints Canons, une loi de si haute impor­tance, de la conser­ver dans toute son inté­gri­té, et de repous­ser les traits diri­gés contre elle de tous côtés par des hommes que tour­mentent les plus infâmes passions.

Un autre objet appelle notre com­mune sol­li­ci­tude, c’est le mariage des chré­tiens, cette alliance hono­rable que saint Paul a appe­lée « un grand Sacrement en Jésus-​Christ et en son Église » [15]. Étouffons les opi­nions har­dies et les inno­va­tions témé­raires qui pour­raient com­pro­mettre la sain­te­té de ses liens et leur indis­so­lu­bi­li­té. Déjà cette recom­man­da­tion vous avait été faite d’une manière toute par­ti­cu­lière par les Lettres de notre pré­dé­ces­seur Pie VIII, d’heu­reuse mémoire. Cependant les attaques de l’en­ne­mi vont tou­jours crois­sant ; il faut donc avoir soin d’en­sei­gner au peuple que le mariage, une fois légi­ti­me­ment contrac­té, ne peut plus être dis­sous ; que Dieu a impo­sé aux époux qu’il a unis l’o­bli­ga­tion de vivre en per­pé­tuelle socié­té, et que le nœud qui les lie ne peut être rom­pu que par la mort. N’oubliant jamais que le mariage est ren­fer­mé dans le cercle des choses saintes et pla­cé par consé­quent sous la juri­dic­tion de l’Église, les fidèles auront sous les yeux les lois qu’elle-​même a faites à cet égard ; ils y obéi­ront avec un res­pect et une exac­ti­tude reli­gieuse, per­sua­dés que, de leur exé­cu­tion, dépendent abso­lu­ment les droits, la sta­bi­li­té et la légi­ti­mi­té de l’u­nion conju­gale. Qu’ils se gardent d’ad­mettre en aucune façon rien de ce qui déroge aux règles cano­niques et aux décrets des conciles ; sachant bien qu’une alliance sera tou­jours mal­heu­reuse, lors­qu’elle aura été for­mée, soit en vio­lant la dis­ci­pline ecclé­sias­tique, soit avant d’a­voir obte­nu la béné­dic­tion divine, soit en ne sui­vant que la fougue d’une pas­sion qui ne leur per­met de pen­ser ni au sacre­ment, ni aux mys­tères augustes qu’il signifie.

Nous venons main­te­nant à une cause, hélas ! trop féconde des maux déplo­rables qui affligent à pré­sent l’Église. Nous vou­lons dire l’in­dif­fé­ren­tisme, ou cette opi­nion funeste répan­due par­tout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une pro­fes­sion de foi quel­conque, obte­nir le salut éter­nel de l’âme, pour­vu qu’on ait des mœurs conformes à la jus­tice et à la pro­bi­té. Mais dans une ques­tion si claire et si évi­dente, il vous sera sans doute facile d’ar­ra­cher du milieu des peuples confiés à vos soins une erreur si per­ni­cieuse. L’Apôtre nous en aver­tit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un bap­tême » [16] ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’i­ma­ginent que toute reli­gion conduit par une voie facile au port de la féli­ci­té ; qu’ils réflé­chissent sérieu­se­ment sur le témoi­gnage du Sauveur lui-​même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » [17] ; qu’ils dis­sipent misé­ra­ble­ment par là même qu’ils n’a­massent point avec lui, et que par consé­quent, « ils péri­ront éter­nel­le­ment, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catho­lique et s’ils ne la conservent entière et sans alté­ra­tion » [18]. Qu’ils écoutent saint Jérôme racon­tant lui-​même, qu’à l’é­poque où l’Église était par­ta­gée en trois par­tis, il répé­tait sans cesse et avec une réso­lu­tion inébran­lable, à qui fai­sait effort pour l’at­ti­rer à lui : « Quiconque est uni à la chaire de Pierre est avec moi » [19]. En vain essayerait-​on de se faire illu­sion en disant que soi-​même aus­si on a été régé­né­ré dans l’eau, car saint Augustin répon­drait pré­ci­sé­ment : « Il conserve aus­si sa forme, le sar­ment sépa­ré du cep ; mais que lui sert cette forme, s’il ne vit point de la racine ? » [20]

De cette source empoi­son­née de l’in­dif­fé­ren­tisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plu­tôt ce délire : qu’on doit pro­cu­rer et garan­tir à cha­cun la liber­té de conscience ; erreur des plus conta­gieuses, à laquelle apla­nit la voie cette liber­té abso­lue et sans frein des opi­nions qui, pour la ruine de l’Église et de l’État, va se répan­dant de toutes parts, et que cer­tains hommes, par un excès d’im­pu­dence, ne craignent pas de repré­sen­ter comme avan­ta­geuse à la reli­gion. Eh ! « quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liber­té de l’er­reur ! » disait saint Augustin [21]. En voyant ôter ain­si aux hommes tout frein capable de les rete­nir dans les sen­tiers de la véri­té, entraî­nés qu’ils sont déjà à leur perte par un natu­rel enclin au mal, c’est en véri­té que nous disons qu’il est ouvert ce « puits de l’a­bîme » [22], d’où saint Jean vit mon­ter une fumée qui obs­cur­cis­sait le soleil, et des sau­te­relles sor­tir pour la dévas­ta­tion de la terre. De là, en effet, le peu de sta­bi­li­té des esprits ; de là, la cor­rup­tion tou­jours crois­sante des jeunes gens ; de là, dans le peuple, le mépris des droits sacrés, des choses et des lois les plus saintes ; de là, en un mot, le fléau le plus funeste qui puisse rava­ger les États ; car l’ex­pé­rience nous l’at­teste et l’an­ti­qui­té la plus recu­lée nous l’ap­prend : pour ame­ner la des­truc­tion des États les plus riches, les plus puis­sants, les plus glo­rieux, les plus flo­ris­sants, il n’a fal­lu que cette liber­té sans frein des opi­nions, cette licence des dis­cours publics, cette ardeur pour les innovations.

De cette source empoi­son­née de l’in­dif­fé­ren­tisme, découle cette maxime fausse et absurde ou plu­tôt ce délire : qu’on doit pro­cu­rer et garan­tir à cha­cun la liber­té de conscience

À cela se rat­tache la liber­té de la presse, liber­té la plus funeste, liber­té exé­crable, pour laquelle on n’au­ra jamais assez d’hor­reur et que cer­tains hommes osent avec tant de bruit et tant d’in­sis­tance, deman­der et étendre par­tout. Nous fré­mis­sons, véné­rables Frères, en consi­dé­rant de quels monstres de doc­trines, ou plu­tôt de quels pro­diges d’er­reurs nous sommes acca­blés ; erreurs dis­sé­mi­nées au loin et de tous côtés par une mul­ti­tude immense de livres, de bro­chures, et d’autres écrits, petits il est vrai en volume, mais énormes en per­ver­si­té, d’où sort la malé­dic­tion qui couvre la face de la terre et fait cou­ler nos larmes. Il est cepen­dant, ô dou­leur ! des hommes empor­tés par un tel excès d’im­pu­dence, qu’ils ne craignent pas de sou­te­nir opi­niâ­tre­ment que le déluge d’er­reurs qui découle de là est assez abon­dam­ment com­pen­sé par la publi­ca­tion de quelque livre impri­mé pour défendre, au milieu de cet amas d’i­ni­qui­tés, la véri­té et la reli­gion. Mais c’est un crime assu­ré­ment, et un crime réprou­vé par toute espèce de droit, de com­mettre de des­sein pré­mé­di­té un mal cer­tain et très grand, dans l’es­pé­rance que peut-​être il en résul­te­ra quelque bien ; et quel homme sen­sé ose­ra jamais dire qu’il est per­mis de répandre des poi­sons, de les vendre publi­que­ment, de les col­por­ter, bien plus, de les prendre avec avi­di­té, sous pré­texte qu’il existe quelque remède qui a par­fois arra­ché à la mort ceux qui s’en sont servis ?

Mais bien dif­fé­rente a été la dis­ci­pline de l’Église pour l’ex­tinc­tion des mau­vais livres, dès l’âge même des Apôtres. Nous lisons, en effet, qu’ils ont brû­lé publi­que­ment une grande quan­ti­té de livres [23]. Qu’il suf­fise, pour s’en convaincre, de lire atten­ti­ve­ment les lois don­nées sur cette matière dans le Ve Concile de Latran et la Constitution publiée peu après par Léon X, notre pré­dé­ces­seur d’heu­reuse mémoire, pour empê­cher « que ce qui a été heu­reu­se­ment inven­té pour l’ac­crois­se­ment de la foi et la pro­pa­ga­tion des arts utiles, ne soit per­ver­ti en un usage tout contraire et ne devienne un obs­tacle au salut des fidèles » [24]. Ce fut aus­si l’ob­jet des soins les plus vigi­lants des Pères de Trente ; et pour appor­ter remède à un si grand mal, ils ordon­nèrent, dans le décret le plus salu­taire, la confec­tion d’un Index des livres qui contien­draient de mau­vaises doc­trines [25]. « Il faut com­battre avec cou­rage », disait Clément XIII, notre pré­dé­ces­seur d’heu­reuse mémoire, dans sa lettre ency­clique sur la pros­crip­tion des livres dan­ge­reux, « il faut com­battre avec cou­rage, autant que la chose elle-​même le demande, et exter­mi­ner de toutes ses forces le fléau de tant de livres funestes ; jamais on ne fera dis­pa­raître la matière de l’er­reur, si les cri­mi­nels élé­ments de la cor­rup­tion ne péris­sent consu­més par les flammes » [26]

Par cette constante sol­li­ci­tude avec laquelle, dans tous les âges, le Saint Siège Apostolique s’est effor­cé de condam­ner les livres sus­pects et dan­ge­reux et de les arra­cher des mains des hommes, il appa­raît clai­re­ment com­bien est fausse, témé­raire, inju­rieuse au Siège Apostolique, et féconde en grands mal­heurs pour le peuple chré­tien, la doc­trine de ceux qui, non contents de reje­ter la cen­sure comme trop pesante et trop oné­reuse, ont pous­sé la per­ver­si­té, jus­qu’à pro­cla­mer qu’elle répugne aux prin­cipes de la jus­tice et jus­qu’à refu­ser auda­cieu­se­ment à l’Église le droit de la décré­ter et de l’exercer.

Nous avons appris que, dans des écrits répan­dus dans le public, on enseigne des doc­trines qui ébranlent la fidé­li­té, la sou­mis­sion due aux princes et qui allument par­tout les torches de la sédi­tion ; il fau­dra donc bien prendre garde que trom­pés par ces doc­trines, les peuples ne s’é­cartent des sen­tiers du devoir.

Que tous consi­dèrent atten­ti­ve­ment que selon l’a­ver­tis­se­ment de l’Apôtre, « il n’est point de puis­sance qui ne vienne de Dieu ; et celles qui existent ont été éta­blies par Dieu ; ain­si résis­ter au pou­voir c’est résis­ter à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attirent sur eux-​mêmes la condam­na­tion » [27]. Les droits divins et humains s’é­lèvent donc contre les hommes, qui, par les manœuvres les plus noires de la révolte et de la sédi­tion, s’ef­forcent de détruire la fidé­li­té due aux princes et de les ren­ver­ser de leurs trônes.

C’est sûre­ment pour cette rai­son et pour ne pas se cou­vrir d’une pareille honte, que mal­gré les plus vio­lentes per­sé­cu­tions, les anciens chré­tiens ont cepen­dant tou­jours bien méri­té des empe­reurs et de l’empire ; ils l’ont clai­re­ment démon­tré, non seule­ment par leur fidé­li­té à obéir exac­te­ment et promp­te­ment dans tout ce qui n’é­tait pas contraire à la reli­gion, mais encore par leur constance et par l’ef­fu­sion même de leur sang dans les com­bats. « Les sol­dats chré­tiens, dit Saint Augustin, ont ser­vi l’empereur infi­dèle ; mais s’agissait-​il de la cause du Christ ? Ils ne recon­nais­saient plus que celui qui habite dans les cieux. Ils dis­tin­guaient le Maître éter­nel du maître tem­po­rel, et cepen­dant à cause du Maître éter­nel, ils étaient sou­mis au maître même tem­po­rel » [28]. Ainsi pen­sait Maurice, l’in­vin­cible mar­tyr, le chef de la légion thé­baine, lors­qu’au rap­port de saint Eucher, il fit cette réponse à l’empereur : « Prince, nous sommes vos sol­dats ; mais néan­moins nous le confes­sons libre­ment, les ser­vi­teurs de Dieu… Et main­te­nant ce péril extrême ne fait point de nous des rebelles ; voyez, nous avons les armes à la main, et nous ne résis­tons point, car nous aimons mieux mou­rir que de tuer » [29]. Cette fidé­li­té des anciens chré­tiens envers les princes appa­raît plus illustre encore, si l’on consi­dère, avec Tertullien, que la force du nombre et des « troupes ne leur man­quait pas alors, s’ils eussent vou­lu agir en enne­mis décla­rés. Nous ne sommes que d’hier, dit-​il lui-​même, et nous rem­plis­sons tout, vos villes, vos îles, vos for­te­resses, vos muni­cipes, vos assem­blées, les camps eux-​mêmes, les tri­bus, les décu­ries, le palais, le sénat, le forum… À quelle guerre n’eussions-​nous pas été propres et dis­po­sés même à forces inégales, nous, qui nous lais­sons égor­ger avec tant de faci­li­té, si par la foi que nous pro­fes­sons il n’é­tait pas plu­tôt per­mis de rece­voir la mort que de la don­ner ? Nombreux comme nous le sommes, si, nous étant reti­rés dans quelque coin du monde, nous eus­sions rom­pu avec vous, la perte de tant de citoyens, quel qu’eût été leur carac­tère, aurait cer­tai­ne­ment fait rou­gir de honte votre tyran­nie. Que dis-​je ? Cette seule sépa­ra­tion eût été votre châ­ti­ment. Sans aucun doute, vous eus­siez été sai­sis d’ef­froi à la vue de votre soli­tude… Vous eus­siez cher­ché à qui com­man­der ; il vous fût res­té plus d’en­ne­mis que de citoyens ; mais main­te­nant vos enne­mis sont en plus petit nombre, grâce à la mul­ti­tude des chré­tiens. » [30]

Ces écla­tants exemples d’une constante sou­mis­sion envers les princes, tiraient néces­sai­re­ment leur source des pré­ceptes sacrés de la reli­gion chré­tienne ; ils condamnent l’or­gueil déme­su­ré, détes­table de ces hommes déloyaux qui, brû­lant d’une pas­sion sans règle et sans frein pour une liber­té qui ose tout, s’emploient tout entiers à ren­ver­ser et à détruire tous les droits de l’au­to­ri­té sou­ve­raine, appor­tant aux peuples la ser­vi­tude sous les appa­rences de la liberté.

C’était vers le même but, aus­si, que ten­daient de concert les extra­va­gances cou­pables et les dési­rs cri­mi­nels des Vaudois, des Béguards, des Wicléfistes et d’autres sem­blables enfants de Bélial, la honte et l’op­probre du genre humain, et pour ce motif il furent, tant de fois et avec rai­son, frap­pés d’a­na­thème par le Siège Apostolique. Si ces fourbes ache­vés réunissent toutes leurs forces, c’est sûre­ment et uni­que­ment afin de pou­voir dans leur triomphe se féli­ci­ter, avec Luther, d’être libres de tout ; et c’est pour l’at­teindre plus faci­le­ment et plus promp­te­ment qu’ils com­mettent avec la plus grande audace les plus noirs attentats.

Nous ne pour­rions augu­rer des résul­tats plus heu­reux pour la reli­gion et pour le pou­voir civil, des dési­rs de ceux qui appellent avec tant d’ar­deur la sépa­ra­tion de l’Église et de l’État, et la rup­ture de la concorde entre le sacer­doce et l’empire. Car c’est un fait avé­ré, que tous les ama­teurs de la liber­té la plus effré­née redoutent par des­sus tout cette concorde, qui tou­jours a été aus­si salu­taire et aus­si heu­reuse pour l’Église que pour l’État.

Aux autres causes de notre déchi­rante sol­li­ci­tude et de la dou­leur acca­blante qui nous est en quelque sorte par­ti­cu­lière au milieu du dan­ger com­mun, viennent se joindre encore cer­taines asso­cia­tions et réunions, ayant des règles déter­mi­nées. Elles se forment comme en corps d’ar­mée, avec les sec­ta­teurs de toute espèce de fausse reli­gion et de culte, sous les appa­rences, il est vrai, du dévoue­ment à la reli­gion, mais en réa­li­té dans le désir de répandre par­tout les nou­veau­tés et les sédi­tions, pro­cla­mant toute espèce de liber­té, exci­tant des troubles contre le pou­voir sacré et contre le pou­voir civil, et reniant toute auto­ri­té, même la plus sainte.

C’est avec un cœur déchi­ré, mais plein de confiance en Celui qui com­mande aux vents et réta­blit le calme, qui nous vous écri­vons ain­si, véné­rables Frères, pour vous enga­ger à vous revê­tir du bou­clier de la foi, et à déployer vos forces en com­bat­tant vaillam­ment les com­bats du Seigneur. À vous sur­tout, il appar­tient de vous oppo­ser comme un rem­part à toute hau­teur qui s’é­lève contre la science de Dieu.

Tirez le glaive de l’es­prit, qui est la parole de Dieu, et don­nez la nour­ri­ture à ceux qui ont faim de la jus­tice. Choisis pour culti­ver avec soin la vigne du Seigneur, n’a­gis­sez que dans ce but et tra­vaillez tous ensemble à arra­cher toute racine amère du champ qui vous a été confié, à y étouf­fer toute semence de vices et à y faire croître une heu­reuse mois­son de ver­tus. Embrassez avec une affec­tion toute pater­nelle ceux sur­tout qui appliquent spé­cia­le­ment leur esprit aux sciences sacrées et aux ques­tions phi­lo­so­phiques : exhortez-​les et amenez-​les à ne pas s’é­car­ter des sen­tiers de la véri­té pour cou­rir dans la voie des impies, en s’ap­puyant impru­dem­ment sur les seules forces de leur rai­son. Qu’ils se sou­viennent que c’est « Dieu qui conduit dans les routes de la véri­té et qui per­fec­tionne les sages » [31], et qu’on ne peut, sans Dieu, apprendre à connaître Dieu, le Dieu qui, par son Verbe, enseigne aux hommes à le connaître [32]. C’est à l’homme superbe, ou plu­tôt à l’in­sen­sé de peser dans des balances humaines les mys­tères de la foi, qui sont au-​dessus de tout sens humain, et de mettre sa confiance dans une rai­son qui, par la condi­tion même de la nature de l’homme, est faible et débile.

Au reste que les Princes nos très chers fils en Jésus-​Christ favo­risent de leur puis­sance et de leur auto­ri­té les vœux que nous for­mons avec eux pour la pros­pé­ri­té de la reli­gion et des États ; qu’ils songent que le pou­voir leur a été don­né, non seule­ment pour le gou­ver­ne­ment du monde, mais sur­tout pour l’ap­pui et la défense de l’Église ; qu’ils consi­dèrent sérieu­se­ment que tous les tra­vaux entre­pris pour le salut de l’Église, contri­buent à leur repos et au sou­tien de leur auto­ri­té. Bien plus, qu’ils se per­suadent que la cause de la foi doit leur être plus chère que celle même de leur empire, et que leur plus grand inté­rêt, nous le disons avec le Pape saint Léon, « est de voir ajou­ter, de la main du Seigneur, la cou­ronne de la foi à leur dia­dème ». Établis comme les pères et les tuteurs des peuples, ils leur pro­cu­re­ront un bon­heur véri­table et constant, l’a­bon­dance et la tran­quilli­té, s’ils mettent leur prin­ci­pal soin à faire fleu­rir la reli­gion et la pié­té envers le Dieu qui porte écrit sur son vête­ment : « Roi des rois, Seigneur des seigneurs ».

Mais pour que toutes ces choses s’ac­com­plissent heu­reu­se­ment, levons les yeux et les mains vers la très sainte Vierge Marie. Seule elle a détruit toutes les héré­sies ; en elle nous met­tons une immense confiance, elle est même tout l’ap­pui qui sou­tient notre espoir [33]. Ah ! que dans la néces­si­té pres­sante où se trouve le trou­peau du Seigneur, elle implore pour notre zèle, nos des­seins et nos entre­prises les plus heu­reux suc­cès. Demandons aus­si, par d’humbles prières, à Pierre, prince des Apôtres, et à Paul l’as­so­cié de son apos­to­lat, que vous soyez tous comme un mur inébran­lable, et qu’on ne pose pas d’autre fon­de­ment que celui qui a été posé. Appuyé sur ce doux espoir, nous avons confiance que l’au­teur et le consom­ma­teur de notre foi, Jésus-​Christ, nous conso­le­ra tous enfin, au milieu des tri­bu­la­tions extrêmes qui nous accablent, et comme pré­sage du secours céleste, nous vous don­nons avec amour, véné­rables Frères, à vous et aux bre­bis confiées à vos soins, la béné­dic­tion apostolique.

Donné à Rome, à Sainte-​Marie-​Majeure, le 18 des calendes de sep­tembre, le jour solen­nel de l’Assomption de cette bien­heu­reuse Vierge Marie, l’an 1832 de l’in­car­na­tion de Notre Seigneur, de notre Pontificat le deuxième.

Grégoire XVI, Pape

Notes de bas de page

  1. LUC. XXII, 32[]
  2. I Cor. IV, 21[]
  3. LUC. XXII, 53[]
  4. ISAI. XXIV, 5[]
  5. S. Cœlest. PP. Ep. XXI ad Episc. Galliar.[]
  6. S. Agath. PP. Ep. ad Imp. apud Labb. tom. XI, pag. 235. edit. Mansi[]
  7. S. Innocent. PP. Ep. XI, apud Constant[]
  8. S. Cyp. de Unitate Eccles.[]
  9. Conc. Flor. sess. XXV, in defi­nit. apud Labb. tom XVIII, col. 528. edit. Venet.[]
  10. S. Hieron. Ep. 3, ad Nepot, a. I, 24[]
  11. Ex can. Ap. XXXVIII, apud Labb. tom. I, pag. 38, edit. Mansi[]
  12. Conc. Trid. sess. XIII, decr. de Eucharist in prœm.[]
  13. S. Cyp. Ep. LII, edit. Baluz.[]
  14. S. Gelasius PP. in Ep. ad Episcop. Lucaniæ[]
  15. Ad Hebr. XIII, 4[]
  16. Ad Ephes. IV, 5[]
  17. LUC. XI, 23[]
  18. Symb. S. Athanas.[]
  19. S. Hier. Ep. LVIII[]
  20. S. Aug. in Psal. contra part. Donat.[]
  21. S. Aug. Ep. CLXVI[]
  22. Apoc. IX, 3[]
  23. Act. Apost. XIX[]
  24. Act. conc. Lateran. V. sess. X, ubi refer­tur Const. Leonis X. Legenda est ante­rior Constitutio Alexandri VI, Inter mul­ti­plices, in qua mul­ta ad rem[]
  25. Conc. Trid. sess. XVIII et XXV[]
  26. Lit. Clem. XIII, Christianæ, 25 nov. 1766.[]
  27. Ad. Rom. XIII, 2[]
  28. S. Aug. in Psalm. CXXIV, n. 7[]
  29. S. Eucher. apud Ruinart. Act. SS. MM. de SS. Maurit. et soc. n. 4[]
  30. Tertull. In Apolog. Cap. XXXVII[]
  31. Sap. VII, 15[]
  32. S. Irenæus, lib. IV, cap. X[]
  33. Ex S. Bernardo, Serm. de Nat. B.M.V., § 7[]
fraternité sainte pie X
4 octobre 1833
Condamnation d'un mouvement de fausse réforme menaçant l'Eglise
  • Grégoire XVI
25 juin 1834
Condamnation de l'indifférentisme et du libéralisme de Lamennais et de son livre "Paroles d'un croyant"
  • Grégoire XVI