Sacrée Congrégation des Affaires ecclésiastiques Extraordinaires

27 janvier 1902

Instruction Nessuno ignora

Sur l’action populaire chrétienne en Italie

Instruction de la Sacrée Congrégation des Affaires ecclé­sias­tiques Extraordinaires sur l’Action popu­laire chré­tienne en Italie.

Personne n’i­gnore com­ment se sont mani­fes­tées, sur­tout en ces der­niers temps, des diver­gences d’opinions sur la manière de déve­lop­per et de pro­mou­voir l’action démo­cra­tique chré­tienne en Italie ; ces diver­gences n’ont pas peu contri­bué à trou­bler l’union et l’harmonie si dési­rées et si recom­man­dées par le Saint-​Père. C’est pour ce motif que, vou­lant sup­pri­mer toute cause de mal­en­ten­du et de dis­sen­ti­ment par­mi les catho­liques Italiens, et dési­reux en même temps de répondre à de nom­breuses ques­tions posées de divers côtés, le Souverain Pontife a ordon­né d’envoyer la pré­sente Instruction aux Révérendissimes évêques d’Italie.

I. Dans son Encyclique Graves de com­mu­ni, du 18 jan­vier 1901, sa Sainteté disait : Il n’est pas per­mis de don­ner un sens poli­tique à la Démocratie chré­tienne ; – il faut mettre de côté tout sens poli­tique ; – (les pré­ceptes de la nature et de l’Évangile) sont et res­tent en dehors des par­tis et des vicis­si­tudes des évé­ne­ments ; – Les pro­jets et l’ac­tion des catho­liques ne doivent point avoir pour but de pré­férer et de pré­pa­rer une forme de gou­ver­ne­ment plu­tôt qu’une autre.

Voici com­ment doivent s’entendre ces paroles :

a) Les ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques chré­tiennes, quel qu’en soit le carac­tère, doivent être consi­dé­rées comme des mani­fes­ta­tions de l’action popu­laire chré­tienne, basée sur le droit natu­rel et sur les pré­ceptes de l’Evangile. Il ne faut donc pas les envi­sa­ger comme des moyens employés à atteindre des fins poli­tiques ou des­ti­nés à chan­ger une forme de gouvernement.

b) L’action démo­cra­tique chré­tienne étant basée sur la jus­tice et sur la cha­ri­té évan­gé­lique, a un champ tel­le­ment vaste que, com­prise et pra­ti­quée sui­vant la lettre et l’esprit du Saint-​Siège, elle répond aux plus géné­reuses acti­vi­tés des catho­liques et ren­ferme, toute pro­por­tion gar­dée, l’action même de l’Église par­mi le peuple. La Lettre Permoti nos, adres­sée au cardinal-​archevêque de Malines le 10 juillet 1895, indique en ces termes quelle est l’étendue de l’action popu­laire chré­tienne : « La ques­tion sociale offre plus d’un aspect à qui l’examine sérieu­sement. Elle se rap­porte, sans doute, aux biens exté­rieurs, mais sur­tout à la reli­gion et à la morale ; en outre, elle se rat­tache natu­rel­le­ment aux règles de la légis­la­tion civile, si bien que, somme toute, elle embrasse l’ensemble des droits et des devoirs de toutes classes de la socié­té. Aussi les prin­cipes évan­gé­liques de jus­tice et de cha­ri­té – rap­pe­lés par Nous –appli­qués dans les faits et à la pra­tique de la vie, doivent-​ils néces­sai­re­ment atteindre la conduite et les mul­tiples inté­rêts des particuliers. »

c) Par consé­quent, dans les pro­grammes, confé­rences et jour­naux démo­cra­tiques chré­tiens, on peut trai­ter toutes les ques­tions qui tendent au triomphe de la jus­tice et à la pra­tique de la cha­ri­té en faveur du peuple, et qui consti­tuent le vérita­ble objet de la démo­cra­tie chrétienne.

d) Les jour­naux démo­cra­tiques chré­tiens peuvent éga­le­ment don­ner des infor­ma­tions et des appré­cia­tions sur les faits et opi­nions poli­tiques, mais sans pré­tendre par­ler au nom de l’E­glise, ni impo­ser leur manière de voir dans les matières où la dis­cus­sion est libre, comme si ceux qui pensent autre­ment qu’eux n’étaient pas de sin­cères catholiques.

e) Et il ne suf­fit pas que les démo­crates chré­tiens ne parlent point au nom de l’Eglise lorsqu’ils traitent de sujets pure­ment poli­tiques ; en Italie, il est aus­si néces­saire qu’ils s’abstiennent de par­ti­ci­per à une action poli­tique quel­conque, sui­vant l’es­prit et la lettre de ces deux aver­tis­se­ments pon­ti­fi­caux : « Au­tant le concours des catho­liques aux élec­tions admi­nis­tra­tives est à louer et plus que jamais à favo­ri­ser, autant il faut l’éviter dans les élec­tions poli­tiques, comme non expé­dient pour des rai­sons d’ordre très éle­vé, dont une des prin­ci­pales est la situa­tion faite au Souverain Pontife, laquelle, à coup sûr, ne peut être com­pa­tible avec l’entière liber­té et indé­pen­dance de son minis­tère apos­to­lique. » [1] – « Dans l’état actuel des choses, l’action des ca­tholiques ita­liens, demeu­rant étran­gère à la poli­tique, se con­centre sur le ter­rain social et reli­gieux ; elle a pour but de mora­li­ser les popu­la­tions, de les rendre obéis­santes à l’Église et à son Chef, de les éloi­gner des périls du socia­lisme et de l’a­narchie, de leur incul­quer le res­pect du prin­cipe d’autorité, enfin de sou­la­ger l’indigence par les œuvres si nom­breuses de la cha­ri­té chré­tienne. « [2]

f) C’est une obli­ga­tion pour tous les jour­na­listes catho­liques, et consé­quem­ment aus­si pour les démo­crates chré­tiens et pour qui­conque veut s’occuper d’action catho­lique, de main­te­nir tou­jours vifs dans le peuple le sen­ti­ment et la convic­tion de la situa­tion into­lé­rable où se trouve réduit le Saint-​Siège depuis l’invasion de ses États ; ils ne doivent lais­ser pas­ser aucune occa­sion oppor­tune de faire connaître et rap­pe­ler les solen­nelles et inces­santes pro­tes­ta­tions du Saint-​Père, ain­si que les motifs très éle­vés qui les ins­pirent. Les vrais catho­liques doivent avoir tou­jours pré­sents à la mémoire les nom­breux et très graves do­cuments éma­nés des Souverains Pontifes Pie IX et Léon XIII, reven­di­quant les droits sacrés et l’indépendance du Siège apos­tolique ; on devra rap­pe­ler avec les Vicaires de Jésus-​Christ que « en vain cherche-​t-​on à déna­tu­rer le carac­tère de cette lutte en y mêlant des inté­rêts humains, et des fins poli­tiques, comme si, môme lorsque Nous reven­di­quons la sou­ve­rai­ne­té pon­ti­fi­cale pour sau­ve­gar­der l’indépendance du Chef de l’Église et sa li­berté, il ne s’agissait pas d’intérêts émi­nem­ment reli­gieux. » [3] Il convient, en outre, de ne pas perdre de vue les décrets et les décla­ra­tions des Sacrées Congrégations et prin­ci­pa­le­ment les règles don­nées en diverses occa­sions par la Sacrée Pénitencerie concer­nant les cas pra­tiques qui pré­sentent quelque connexi­té avec l’invasion des États de l’Église.

II. Pour la fon­da­tion et la direc­tion des pério­diques, y com­pris ceux d’action popu­laire chré­tienne, le cler­gé doit fidèle­ment obser­ver les pres­crip­tions de l’article 42 de la Constitu­tion apos­to­lique Officiorum, 25 jan­vier 1894 [4]. En outre, les jour­na­listes démo­crates chré­tiens, comme sous les jour­na­listes catho­liques, doivent mettre en pra­tique ces aver­tis­se­ments du Saint-​Père : « Que la règle de conduite des écri­vains soit de se sou­mettre avec une fidé­li­té empres­sée aux évêques, à qui l’Esprit-Saint a confié la direc­tion de l’Eglise de Dieu ; qu’ils res­pectent leur auto­ri­té et qu’ils n’en­tre­prennent rien sans leur volon­té ; car dans les com­bats pour la reli­gion, ils sont les chefs qu’il faut suivre. » [5] – « Le devoir des jour­na­listes, en tout ce qui touche aux inté­rêts reli­gieux et à l’ac­tion de l’Eglise dans la socié­té, est de se sou­mettre plei­ne­ment d’esprit et de cœur, comme tous les autres fidèles, à leurs évêques et au Sou­verain Pontife ; d’exécuter et de faire connaître leurs ordres, de secon­der leurs ini­tia­tives spon­ta­né­ment et sans réserve ; de res­pecter et faire res­pec­ter leurs déci­sions. » [6] – « Ou ne doit pas croire que ceux-​là seuls manquent à leurs devoirs de catholi­ques qui rejettent ouver­te­ment l’autorité de leurs chefs ; ils y manquent aus­si ceux qui s’opposent à cette auto­ri­té par d’habiles ter­gi­ver­sa­tions, par des voies obliques et dis­si­mu­lées, La ver­tu vraie et sin­cère de l’obéissance ne se contente pas de paroles ; elle consiste sur­tout dans la sou­mis­sion de l’es­prit et de la vo­lonté… Si des jour­na­listes osent enfreindre ces pres­crip­tions et se gui­der sui­vant leur appré­cia­tion per­son­nelle, soit en pré­jugeant les ques­tions que le Saint-​Siège n’a pas encore tran­chées, soit en lésant l’autorité des évêques et en s’arrogeant pour eux-​mêmes une auto­ri­té qu’ils ne sau­raient avoir, qu’ils en soient bien convain­cus : c’est en vain qu’ils pré­tendent con­server le glo­rieux nom de catho­lique, ou ser­vir les inté­rêts de la très sainte et très noble cause qu’ils ont entre­pris de défen­dre et d’exalter. » [7] – Les jour­na­listes catho­liques de­vront tra­vailler à ne jamais méri­ter le très grave reproche de « s’attaquer mutuel­le­ment dans leurs jour­naux par des injures quo­ti­diennes et publiques ; d’interpréter à leur guise les docu­ments très clairs par les­quels l’autorité ecclé­sias­tique blâme leur manière d’agir ; de dif­fé­rer tou­jours et avec astuce de se rendre à ces graves admo­ni­tions ; enfin, de refu­ser leur con­fiance à leurs propres pas­teurs et, bien qu’obéissants en paroles, de mépri­ser en fait leur auto­ri­té et leur direc­tion. » [8]

III. Quand les écrits démo­cra­tiques chré­tiens traitent spécia­lement de ques­tions concer­nant la reli­gion, la morale chré­tienne et l’éthique natu­relle, ils sont sou­mis à la cen­sure préa­lable de l’Ordinaire, sui­vant l’article 41 de la Constitution apos­to­lique Officiorum [9]. En outre les ecclé­sias­tiques, sui­vant les pres­crip­tions de l’article 42 de la même Constitution, cité ci-​dessus, doivent obte­nir le consen­te­ment préa­lable de l’Ordi­naire même pour la publi­ca­tion d’écrits d’un carac­tère pure­ment technique.

IV. Dans les fon­da­tions de Cercles, Sociétés, etc., on veille­ra avec soin aux points sui­vants : 1° les règle­ments, pro­grammes, manuels et autres docu­ments auront une rédac­tion et un esprit net­te­ment chré­tiens ; 2° les ban­nières et autres insignes n’auront rien de com­mun avec les insignes d’origine socia­liste ; 3° les sta­tuts et règle­ments seront préa­la­ble­ment exa­mi­nés et approu­vés par l’Ordinaire ; faute de cette appro­ba­tion, aucune de ces ins­ti­tu­tions ne pour­ra se don­ner ni être consi­dé­rée comme une ins­ti­tu­tion catho­lique, digne de la confiance du cler­gé et des laïques catho­liques ; fous les actes et dis­cours seront pleins de l’Esprit de Jésus-​Christ, et, ayant avant tout pour but le règne de Dieu, contri­bue­ront effi­ca­ce­ment au bien tem­po­rel des ou­vriers et des pauvres et au pro­grès de la civi­li­sa­tion chré­tienne. Dans toutes les œuvres qui doivent avoir l’autorisation préa­lable ou la per­mis­sion de l’au­to­ri­té ecclé­sias­tique, on devra avi­ser cette auto­ri­té à temps pour lui per­mettre d’étudier les mesures et les pré­cau­tions à prendre. En résu­mé, le Saint-​Siège veut – et d’ailleurs la notion même de la hié­rar­chie ecclé­sias­tique l’exige – que les laïques catho­liques ne pré­cèdent pas, niais suivent leurs pas­teurs ; ceux-​ci, de leur côté, ne négli­ge­ront pas de pro­mou­voir avec tout leur zèle et une sol­li­ci­tude par­ti­cu­lière Faction popu­laire chré­tienne, si néces­saire de nos jours et si fré­quem­ment recom­man­dée par le Saint-Père.

V. Les sous­crip­tions et quêtes pour les œuvres d’action so­ciale et démo­cra­tique chré­tienne sont sou­mises à l’autorité et la sur­veillance de l’Ordinaire. Gomme en cer­taines circonstan­ces et des cas par­ti­cu­liers ces quêtes pour­raient être des causes d’a­gi­ta­tion ou de dis­si­pa­tion dans les Séminaires et autres éco­les sou­mises à l’Ordinaire et même dans les mai­sons et les col­lèges de reli­gieux, sans le préa­lable et exprès consen­te­ment de leur Evêque ou de leur supé­rieur respectif.

VI. Aucun jour­nal, même catho­lique et organe d’ac­tion popu­laire chré­tienne, ne peut être intro­duit dans les Séminaires, col­lèges et écoles dépen­dant de l’au­to­ri­té ecclé­sias­tique, sans la per­mis­sion expresse des supé­rieurs immé­diats ; ceux-​ci devront abso­lu­ment avoir d’abord l’autorisation de leur propre évêque pour chaque jour­nal et chaque revue. En règle géné­rale, il ne convient pas que le temps des­ti­né à la for­ma­tion ecclé­sias­tique et à l’étude soit employé à lire les jour­naux, par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui exigent chez leurs lec­teurs des garan­ties spé­ciales d’ex­périence et un véri­table esprit de pié­té chré­tienne. Les supé­rieurs d’Ordres et de Congrégations n’oublieront pas ces règles et devront les faire obser­ver dans leurs familles religieuses.

VII. Les confé­rences sur la démo­cra­tie chré­tienne devant être sou­vent, et quant à la forme et quant au fond, la défense de la doc­trine catho­lique contre les erreurs socia­listes, elles exi­gent de fortes études et une pru­dence par­ti­cu­lière ; par suite, aucun prêtre ni aucun clerc ne pour­ra en don­ner sans a permis­sion de l’Ordinaire du lieu. A ces confé­rences s’appliquent les règles sui­vantes de l’Instruction de la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers, du 31 juillet 1894, sur la prédication :

« S’il s’agit de prêtres de leur dio­cèse, les évêques ne leur con­fieront jamais un minis­tère aus­si auguste sans les avoir éprou­vés ou par voie d’examen ou de toute autre manière oppor­tune Nisi prius de vita et scien­tia et mori­bus pro­ba­ti fue­rint [10]. Quand il s’agira de prêtres d’un autre dio­cèse, ils ne leur per­met­tront pas de prê­cher dans le leur, sur­tout dans les occa­sions plus so­lennelles, s’ils ne pré­sentent des lettres de leur propre évêque ou de leur propre supé­rieur régu­lier qui donnent bon témoi­gnage de leurs mœurs et de leur capa­ci­té pour cette fonc­tion. Les su­périeurs des reli­gieux, de quelque Ordre, Société ou Congréga­tion que ce soit, ne per­met­tront à aucun de leurs sujets de prê­cher, et encore moins le présenteront-​ils aux Ordinaires avec des lettres tes­ti­mo­niales avant de s’être très bien assu­rés et de la régu­la­ri­té de sa conduite et de la rec­ti­tude de sa méthode dans la pré­di­ca­tion de la parole divine. Que si les Ordinaires, après avoir accep­té un pré­di­ca­teur sur les bonnes recommanda­tions qu’il a pré­sen­tées, le voyaient ensuite, dans l’exercice de son minis­tère, dévier des règles et des ensei­gne­ments don­nés en cette Lettre, ils le rap­pel­le­ront promp­te­ment au devoir par une répri­mande oppor­tune ; si elle ne suf­fit pas, qu’ils lui retirent la mis­sion confiée, et qu’ils usent même des peines cano­niques si la nature du cas le demande. » Le motif de ces pré­cau­tions est clai­re­ment indi­qué en ces termes dans le même docu­ment : « Quant à ces confé­rences qui visent à défendre la reli­gion des attaques de ses enne­mis, elles sont de temps en temps néces­saires, mais c’est une charge qui n’est pas faite pour toutes les épaules ; elle est faite, seule­ment pour les plus robustes. Et encore, ces puis­sants ora­teurs doivent, en cette matière, user d’une grande pru­dence ; il convient de ne faire ces dis­cours apo­logétiques que lorsque, d’après les lieux, les temps et les audi­toires, il en est véri­ta­ble­ment besoin, et qu’on peut en espé­rer un vrai pro­fit, ce dont les juges les plus com­pé­tents ne peuvent être évi­dem­ment que les Ordinaires ; il convient de les faire de manière que la démons­tra­tion ait ses pro­fondes assises dans la doc­trine sacrée beau­coup plus que dans les argu­ments humains et natu­rels ; il convient de les faire avec tant de soli­di­té et de clar­té que l’on évite le dan­ger de lais­ser cer­tains esprits plus impres­sion­nés par les erreurs que par les véri­tés qu’on y a oppo­sées, plus atteints par les objec­tions que par les réponses. »

– Pour que toutes ces règles soient mieux obser­vées, aucun prêtre ou clerc ne pren­dra part à aucune réunion qui vou­drait se sous­traire à la vigi­lance pas­to­rale et à l’action de l’Ordi­naire.

VIII. Les doc­trines socia­listes conte­nant dans leur ensemble de véri­tables héré­sies, les confé­rences contra­dic­toires avec les socia­listes sont sou­mises aux décrets du Saint-​Siège rela­tifs aux dis­cus­sions publiques avec les héré­tiques. Le décret de la Sa­crée Congrégation de la Propagande du 7 février 1645 résume ain­si la légis­la­tion tou­jours en vigueur sur cette matière :

« 1° Les confé­rences et dis­cus­sions publiques entre catholi­ques et héré­tiques sont per­mises chaque fois qu’on espère qu’elles pro­dui­ront un plus grand bien et qu’elles sont accom­pagnées do cer­taines autres cir­cons­tances déter­mi­nées par les théo­lo­giens, comme étaient, par exemple, les dis­cus­sions sou­tenues par saint Augustin contre les Donatistes et autres hérétiques ;

« 2° Le Saint-​Siège et les Pontifes romains, consi­dé­rant que sou­vent ces dis­cus­sions, confé­rences et réunions contra­dic­toires ne pro­dui­saient aucun fruit, ou même avaient une issue fâ­cheuse, les ont fré­quem­ment pro­hi­bées et ordon­né aux supé­rieurs ecclé­sias­tiques de cher­cher à les sup­pri­mer ; et, lorsque cela leur serait impos­sible, de tra­vailler au moins à ce qu’elles n’aient pas lieu sans l’intervention de l’au­to­ri­té apos­to­lique, et que les ora­teurs soient des per­son­nages capables de faire triom­pher la véri­té chré­tienne. » A maintes reprises la S. C. de la Propagande a don­né par écrit à ses mis­sion­naires des ordres iden­tiques, leur enjoi­gnant de ne pas entrer publi­que­ment en dis­cus­sion avec les hérétiques.

Un des motifs pour les­quels le Saint-​Siège a inter­dit ces dé­bats publics est indi­qué dans un autre décret du 8 mars 1625, par ces mots qui ont encore aujourd’hui une dou­lou­reuse actua­lité : « Parce que sou­vent ou la fausse élo­quence, ou l’audace, ou le genre d’au­di­toire font que l’erreur applau­die l’emporte sur la vérité. »

IX. En cer­tains écrits et dis­cours, on a sou­vent remar­qué un lan­gage inexact et peu conforme à la modé­ra­tion et à la cha­rité chré­tiennes. En consé­quence, les catho­liques qui veulent méri­ter la béné­dic­tion de Dieu et la confiance de l’autorité ec­clésiastique, auront pour règle les prin­cipes suivants :

a) L’action démo­cra­tique chré­tienne ne doit pas être consi­dérée comme une chose nou­velle ; elle est aus­si ancienne que les pré­ceptes et les ensei­gne­ments de l’Evangile. Jésus-​Christ a enno­bli la pau­vre­té et a impo­sé aux riches de graves devoirs à l’égard des pauvres et des ouvriers. « Il fal­lait rap­pro­cher les deux classes, éta­blir entre elles un lien reli­gieux et indissolu­ble. Ce fut le rôle de la cha­ri­té. Elle créa un lien social et lui don­na une force et une dou­ceur incon­nues jusqu’alors ; elle in­venta, en se mul­ti­pliant elle-​même, un remède à tous les maux, une conso­la­tion à toutes les dou­leurs, et elle sut, par ses in­nombrables œuvres et ins­ti­tu­tions, sus­ci­ter une noble émula­tion de zèle, de géné­ro­si­té et d’abnégation. » (Discours du Saint-​Père aux ouvriers fran­çais, 30 octobre 1889.) « En tout temps et sans cesse, il Nous plaît de le répé­ter ici, l’Eglise s’est pré­oc­cu­pée avec toute sa sol­li­ci­tude du sort des classes pauvres et des ouvriers. Quand sa parole était écou­tée et obéie par les peuples, sa liber­té d’action moins entra­vée, et qu’elle pou­vait dis­po­ser dp res­sources plus consi­dé­rables, l’Eglise venait en aide aux pauvres et aux tra­vailleurs, non seule­ment par les lar­gesses de sa cha­ri­té, mais encore en sus­ci­tant et favo­ri­sant ces grandes ins­ti­tu­tions que furent les cor­po­ra­tions, les­quelles ont si lar­ge­ment contri­bué au pro­grès des arts et des métiers, en pro­cu­rant aux ouvriers eux-​mêmes une amé­lio­ra­tion dans leur condi­tion éco­no­mique et un plus grand bien-​être. Du reste, ce que l’Église a ensei­gné et mis en pra­tique eu d’autres temps, elle le pro­clame et cherche à le réa­li­ser encore aujourd’hui. » [11]

La Sainte Église peut avec rai­son se van­ter d’avoir tou­jours été l’initiatrice de toutes ces éludes de socio­lo­gie que quelques-​uns veulent main­te­nant pré­sen­ter comme une chose nou­velle. « C’est une grande gloire de l’Église d’avoir per­fec­tion­né la science du Droit ; on ne pour­ra jamais nier qu’elle ait grande­ment contri­bué par ses doc­trines, ses exemples et ses ins­ti­tu­tions, à la solu­tion de ces pro­blèmes com­plexes sur les­quels s’acharnent les spé­cia­listes des sciences éco­no­miques cl so­ciales. » [12]

b) Il faut consi­dé­rer comme abso­lu­ment contraire au vérita­ble esprit de cha­ri­té et, par suite, même de la démo­cra­tie chré­tienne, un lan­gage qui pour­rait ins­pi­rer au peuple de l’a­ver­sion pour les classes supé­rieures de la socié­té. Jésus-​Christ a vou­lu unir tous les hommes par le lien de la cha­ri­té, qui est la perfec­tion de la jus­tice, pour que, ani­més d’un amour réci­proque, ils tra­vaillent à se faire du bien les uns aux autres. Sur ce de­voir d’aide mutuelle qui incombe à toutes les classes de la so­ciété, écou­tez les ensei­gne­ments du Souverain Pontife dans l’Encyclique Graves de com­mu­ni : « Il faut mettre la démo­cra­tie chré­tienne à cou­vert d’un autre grief : à savoir qu’elle consacre ses soins aux inté­rêts des classes infé­rieures, mais en parais­sant lais­ser de côté les classes supé­rieures, dont l’utilité n’est pas moindre pour la conser­va­tion et l’amélioration de l’État […] A cause de l’union natu­relle du peuple avec les autres classes de la socié­té, union dont la fra­ter­ni­té chré­tienne rend les liens en­core plus étroits, ces classes elles-​mêmes res­sentent l’influence de tous les soins empres­sés appor­tés au sou­la­ge­ment du peu­ple, d’autant plus que, pour obte­nir un bon résul­tat, il est con­venable qu’elles soient appe­lées à prendre leur part d’action. […] On doit sur­tout faire appel au bien­veillant concours de ceux à qui leur situa­tion, leur for­tune, leur culture d’esprit ou leur culture morale assurent dans la socié­té plus d’influence. A dé­faut de ce concours, à peine est-​il pos­sible de faire quelque chose de vrai­ment effi­cace pour amé­lio­rer, comme on le vou­drait, la vie du peuple. Le moyen le plus sûr et le plus rapide d’y arri­ver est que les citoyens les plus hauts pla­cés mettent en com­mun les éner­gies d’un zèle qui sait se multiplier. »

c) Il serait sou­ve­rai­ne­ment injuste de pré­sen­ter les associa­tions et œuvres catho­liques fon­dées jusqu’à ce jour comme ayant peu méri­té de l’action popu­laire chré­tienne, alors que, au contraire, le Saint-​Père a décer­né les éloges sui­vants à l’épis­copat, au cler­gé ita­lien et à ces œuvres au moment où elles étaient per­sé­cu­tées : « Par vos géné­reux efforts, Vénérables Frères, et par ceux du cler­gé et des fidèles qui vous sont con­fiés, on obtint des résul­tats heu­reux et salu­taires qui pou­vaient en faire pré­sa­ger de plus grands encore dans un ave­nir pro­chain. Des cen­taines d’associations et des Comités sur­girent en diverses contrées d’Italie, et leur zèle infa­ti­gable fit naître des caisses rurales, des four­neaux éco­no­miques, des asiles de nuit, des cercles de récréa­tions pour les fêtes, des œuvres de caté­chisme, d’autres ayant pour but l’assistance des malades ou la tutelle des veuves et des orphe­lins, et tant d’autres insti­tutions de bien­fai­sance. » [13]

d) On ne pour­rait approu­ver dans les publi­ca­tions catho­liques un lan­gage qui, s’inspirant de nou­veau­tés mal­saines, semble­rait railler la pié­té des fidèles et pous­ser à de nou­velles orien­tations de la vie chré­tienne, à de nou­velles direc­tions de l’É­glise, à de nou­velles aspi­ra­tions de l’âme moderne, une nou­velle voca­tion sociale du cler­gé, une nou­velle civi­li­sa­tion chré­tienne, etc. Pour évi­ter toute ten­dance dan­ge­reuse, tous les catho­liques se rap­pel­le­ront et appli­que­ront à leur situa­tion ces graves aver­tissements don­nés par le Saint-​Père au cler­gé français :

« Assurément, il y a des nou­veau­tés, avan­ta­geuses, propres à faire avan­cer le royaume de Dieu dans les âmes et dans la so­ciété. Mais, nous dit l’Évangile [14], c’est au père de famille, et non aux enfants et aux ser­vi­teurs, qu’il appar­tient de les exa­miner et, s’il le juge à pro­pos, de leur don­ner droit de cité, à côté des usages anciens et véné­rables qui com­posent l’autre par­tie de son tré­sor. » [15] – On sait que le Siège apos­to­lique « a de tout temps réglé la dis­ci­pline, sans tou­cher à ce qui est de droit divin, de façon à tenir compte des mœurs et des exi­gences des nations si diverses que l’Église réunit dans son sein. Et qui peut dou­ter que celle-​ci ne soit prête à agir encore de même si le salut des âmes le demande ? Toutefois, ce n’est pas au gré des parti­culiers faci­le­ment trom­pés par les appa­rences du bien que la ques­tion se doit résoudre ; mais c’est à l’Église qu’il convient de por­ter un juge­ment, et tous doivent y acquies­cer, sous peine d’en­courir la cen­sure por­tée par Notre pré­dé­ces­seur Pie VI. Celui-​ci a décla­ré la pro­po­si­tion 73 du Synode de Pistoie « inju­rieuse pour l’Église et l’Esprit de Dieu qui la régit, en tant qu’elle sou­met à la dis­cus­sion la dis­ci­pline éta­blie et approu­vée par l’Église, comme si l’Église pou­vait éta­blir une dis­ci­pline inutile et trop lourde pour la liber­té chré­tienne. » Et le des­sein des nova­teurs est encore plus dan­ge­reux et plus oppo­sé à la doc­trine et à la dis­ci­pline catho­liques. Ils pensent qu’« il faut intro­duire une cer­taine liber­té dans l’Église, afin que la puis­sance et la vigi­lance de l’autorité étant, jusqu’à un cer­tain point, res­treintes, il soit per­mis à chaque fidèle de déve­lop­per libre­ment son ini­tia­tive et son acti­vi­té ». [16]

e) Plus encore que les simples fidèles, les prêtres, et spécia­lement les jeunes, doivent avoir en hor­reur cet esprit de nou­veauté ; et bien qu’il soit très dési­rable que ceux-​ci aillent au peuple, confor­mé­ment à la volon­té du Saint-​Père, néan­moins ils doivent pro­cé­der en cela avec la néces­saire subor­di­na­tion à leurs supé­rieurs ecclé­sias­tiques, met­tant ain­si en pra­tique ces très impor­tants aver­tis­se­ments don­nés par l’auguste Pontife même à ceux qui ont déjà méri­té de justes éloges pour avoir fait preuve de grande acti­vi­té et d’esprit de sacri­fice dans l’ac­tion popu­laire chrétienne :

« Nous connais­sons, et le monde entier connaît comme Nous, les qua­li­tés qui vous dis­tinguent. Pas une bonne œuvre dont vous ne soyez ou les ins­pi­ra­teurs ou les apôtres. Dociles aux conseils que nous avons donnes dans Notre Encyclique Re­rum Novarum, vous allez au peuple, aux ouvriers, aux pauvres. Vous cher­chez par tous les moyens à leur venir en aide, à les mora­li­ser et à rendre leur sort moins dur. Dans ce but, vous pro­vo­quez des réunions et des Congrès ; vous fon­dez des patro­nages, des cercles, des caisses rurales, des bureaux d’as­sis­tance et de pla­ce­ment pour les tra­vailleurs. Vous vous ingé­niez à in­troduire des réformes dans l’ordre éco­no­mique et social, el, pour un si dif­fi­cile labeur, vous n’hésitez pas à faire de nota­bles sacri­fices de temps et d’argent. C’est encore pour cela que vous écri­vez des livres ou des articles dans les jour­naux et les revues pério­diques. Toutes ces choses en elles-​mêmes sont très louables, et vous y don­nez des preuves non équivo­ques de bon vou­loir, d’intelligent et géné­reux dévoue­ment aux besoins les plus pres­sants de la socié­té contem­po­raine et des âmes. Toutefois, très chers Fils, Nous croyons devoir appe­ler pater­nel­le­ment votre atten­tion sur quelques prin­cipes fon­da­men­taux, aux­quels vous ne man­que­rez pas de vous con­former si vous vou­lez que votre action soit réel­le­ment fruc­tueuse et féconde. Souvenez-​vous avant toute chose que, pour être pro­fi­table au bien et digne d’être loué, le zèle doit être « accom­pa­gné de dis­cré­tion, de rec­ti­tude et de pure­té. » Ainsi s’exprime le grave et judi­cieux Thomas A‑Kempis Mais la dis­cré­tion dans les œuvres et dans le choix des moyens pour les faire réus­sir est d’autant plus indis­pen­sable que les temps pré­sents sont plus trou­blés et héris­sés de diffi­cultés nom­breuses. Tel acte, telle mesure, telle pra­tique de zèle pour­ront être excel­lents en eux-​mêmes, les­quels, vu les cir­constances, ne pro­dui­ront que des résul­tats fâcheux. Les prê­tres évi­te­ront cet incon­vé­nient et ce mal­heur si, avant d’agir et dans l’action, ils ont soin de se confor­mer à l’ordre éta­bli et aux règles de la dis­ci­pline. Or, la dis­ci­pline ecclé­sias­tique exige l’union entre les divers membres de la hié­rar­chie, le res­pect et l’obéissance des infé­rieurs à l’égard des supé­rieurs, si donc, Nos chers Fils, comme tel est cer­tai­ne­ment votre cas, vous dé­sirez que, dans la lutte for­mi­dable enga­gée contre l’Église par les sectes anti­chré­tiennes et par la cité du démon, la vic­toire reste il Dieu et à son Église, il est d’une abso­lue néces­si­té que vous com­bat­tiez tous ensemble, en grand ordre et en exacte dis­ci­pline, sous le com­man­de­ment de vos chefs hié­rar­chiques. N’écoutez pas ces hommes néfastes qui, tout en se disant chré­tiens et catho­liques, jettent la ziza­nie dans le champ du Sei­gneur et sèment la divi­sion dans son Église en atta­quant et sou­vent même en calom­niant les évêques « éta­blis par l’Esprit-Saint pour régir l’Église de Dieu [17]. » Ne lisez ni leurs bro­chures ni leurs jour­naux. Un bon prêtre ne doit auto­ri­ser en aucune ma­nière ni leurs idées ni la licence de leur lan­gage. Pourrait-​il ja­mais oublier que, le jour de son ordi­na­tion, il a solen­nel­le­ment pro­mis à son évêque, en face des saints autels, obe­dien­tiam et reve­ren­tiam ? Par-​dessus tout, Nos chers Fils, rappelez-​vous que la condi­tion indis­pen­sable du vrai zèle sacer­do­tal et le meilleur gage du suc­cès dans les œuvres aux­quelles l’obéissance hiérar­chique vous consacre, c’est la pure­té et la sain­te­té de la vie. » [18]

f) Également, en s’occupant de l’action popu­laire chré­tienne, que les prêtres le fassent tou­jours avec digni­té et sans compro­mettre cet esprit ecclé­sias­tique d’où émanent tout leur pres­tige et toute leur force. Les ensei­gne­ments et décrets du Concile de Trente sur la vie et la conduite des clercs sont au­jourd’hui plus néces­saires encore que par le pas­sé. « A ces recom­man­da­tions du saint Concile, écri­vait le Saint-​Père dans la Lettre au cler­gé fran­çais que nous venons de citer, que Nous vou­drions, Nos chers Fils, gra­ver dans tous vos cœurs, man­que­raient assu­ré­ment les prêtres qui adop­te­raient dans leurs pré­di­ca­tions un lan­gage peu en har­mo­nie avec la digni­té de leur sacer­doce et la sain­te­té de la parole de Dieu, qui as­sisteraient à des réunions popu­laires où leur pré­sence ne ser­virait qu’à exci­ter les pas­sions des impies et des enne­mis de l’Église, et les expo­se­raient eux-​mêmes aux plus gros­sières injures, sans pro­fit pour per­sonne et au grand éton­ne­ment, sinon au scan­dale, des pieux fidèles, qui pren­draient les ma­nières d’être et d’a­gir et l’esprit des sécu­liers. Assurément, le sel a besoin d’être mélan­gé à la masse qu’il doit pré­ser­ver de la cor­rup­tion, en même temps que lui-​même se défend contre elle sous peine de perdre toute saveur et de n’être plus bon à rien qu’à être jeté dehors et fou­lé aux pieds [19]. De même le prêtre, sel de la terre, dans son contact obli­gé avec la socié­té qui l’entoure, doit-​il conser­ver la modes­tie, la gra­vi­té, la sain­teté dans son main­tien, ses actes, ses paroles, et ne pas se lais­ser enva­hir par la légè­re­té, la dis­si­pa­tion, la vani­té des gens du monde. »

En fai­sant par­ve­nir la pré­sente Instruction aux Révérendissimes Ordinaires d’Italie, Sa Sainteté a la confiance que tous, col­la­bo­rant à l’action popu­laire chré­tienne, les plus âgés avec leur expé­rience, et les jeunes avec leur saint enthou­siasme, on par­vien­dra à obte­nir ces salu­taires effets de paix et de con­corde que Sa Sainteté a tant à cœur, sui­vant ce qu’Elle répé­tait encore dans le Bref adres­sé au Congrès de Tarente en août 1901, et dans le dis­cours pro­non­cé le 23 décembre de la même année devant le Sacré-​Collège. « Nous deman­dions, disait le Saint-​Père, le concours una­nime et la coopé­ra­tion concor­dante de toutes les bonnes volon­tés. Qu’ils viennent, les jeunes, qu’ils apportent volon­tiers l’éner­gique et ardente acti­vi­té qui carac­térise leur âge ; qu’ils viennent, ceux qui ont la matu­ri­té, et qu’ils apportent avec confiance, outre leur foi éprou­vée, la pon­dération et le juge­ment, fruits de l’expérience. Unique et com­mun est le but, égal et éga­le­ment sin­cère doit être le zèle chez les uns et chez les autres. Pas de défiance, mais une confiance réci­proque ; pas de cri­tiques, mais une tolé­rance chré­tienne ; pas de froi­deur, mais une mutuelle charité. »

Rome, 27 jan­vier 1902.

M. Card. Rampolla.

Source : Lettres apos­to­liques de S. S. Léon XIII, tome 7, La Bonne Presse – ASS, vol. 34, p. 401.

Notes de bas de page

  1. Lettre à S. Em. le car­di­nal Parocchi, 14 mai 1895.[]
  2. Lettre aux évêques, au cler­gé et au peuple d’Italie, 5 août 1898.[]
  3. Discours au Sacré-​Collège, 23 décembre 1890.[]
  4. « Les membres du cler­gé, sécu­lier ne doivent pas publier de livres même trai­tant d’arts et sciences pure­ment natu­rels sans consul­ter leur Ordinaire, don­nant ain­si l’exemple de l’o­béis­sance à son égard. Il leur est éga­le­ment in­terdit de prendre, sans l’autorisation préa­lable de l’Ordinaire, la direc­tion de jour­naux ou publi­ca­tions pério­diques. »[]
  5. Encyclique Nobilissima Gallorum gens, 8 février 1884.[]
  6. Lettre Epístola tua, à l’Archevêque de Paris, 17 juin 1885.[]
  7. Lettre Est sane moles­tum, à l’Archevêque de Tours, 17 décembre 1888.[]
  8. Lettre Cum huic, à l’Evêque d’Urgel, 20 mars 1893.[]
  9. « Tous les fidèles sont tenus de sou­mettre préa­la­ble­ment à la cen­sure ecclé­sias­tique au moins les livres qui traitent des divines Ecritures, de la Théologie, de l’Histoire ecclé­sias­tique, du Droit Canon, de la Théologie natu­relle, de l’Éthique et autres sciences reli­gieuses ou morales du même genre, et en géné­ral tous les écrits qui traitent spé­cia­le­ment de la reli­gion et des mœurs. »[]
  10. Conc. Trid., sess. V., cap. II, De Reform.[]
  11. Discours du Saint-​Père aux ouvriers fran­çais, 18 octobre 1887.[]
  12. Motu pro­prio Ut mys­ti­cam spon­sam Christi, 14 mars 1891.[]
  13. Encyclique Spesse volte, 5 août 1898.[]
  14. Matth., xiii, 5.[]
  15. Encyclique Depuis le jour, 8 sep­tembre 1899.[]
  16. Lettre Testem bene­vo­len­tiæ, au cardinal-​archevêque de Baltimore, 22 jan­vier 1892.[]
  17. Act., XX, 28.[]
  18. Lettre au Clergé fran­çais, 8 sep­tembre 1899.[]
  19. Matth., v, 13.[]
fraternité sainte pie X
2 octobre 1931
Sur la très dure crise économique, sur le lamentable chômage d’une multitude d’ouvriers et sur les préparatifs militaires croissants
  • Pie XI