Pie XI

Lettre Cum alia

7 mars 1922

À l’occasion du tricentenaire de saint Fidèle de Sigmaringen, premier martyr de la S. Congrégation de la Propagande.

Au R.P. Joseph-​Antoine de Saint Jean in Persiceto, ministre géné­ral des frères mineurs capucins

Cher Fils, salut et béné­dic­tion apostolique.

Parmi les émi­nentes qua­li­tés qui ont brillé en Notre regret­té pré­dé­ces­seur Benoît XV, Nous vou­drions spé­cia­le­ment imi­ter le zèle dont il brû­lait pour la pro­pa­ga­tion du nom chré­tien ; dans ce but, en sou­ve­nir du troi­sième cen­te­naire de la fon­da­tion du Conseil sacré de la Propagation de la Foi, Nous célé­bre­rons, s’il plaît à Dieu, les solen­ni­tés que lui-​même avait pro­je­tées pour le pro­chain mois de mai. Mais on ne sau­rait com­mé­mo­rer cet heu­reux évé­ne­ment sans hono­rer en même temps le trois cen­tième anni­ver­saire du bien­heu­reux mar­tyr qui a consa­cré par son sang les débuts de cette S. Congrégation.

Si, d’ailleurs, Fidèle de Sigmaringen mérite de par­ti­cu­liers hom­mages, ce n’est pas seule­ment parce que, en affron­tant pour le Christ une mort pré­cieuse, il a été le pre­mier des saints mar­tyrs qui, depuis la fon­da­tion de la S. Congrégation, ont illus­tré les mis­sions catho­liques, mais encore parce que l’innocence de sa vie a été pour nos mis­sion­naires une leçon leur appre­nant com­ment ils doivent se dis­po­ser digne­ment à leur apos­to­lique fonc­tion. Nul, en effet, ne s’est jamais mon­tré mieux que lui pré­pa­ré et for­mé à l’apostolat, car, à une culture intel­lec­tuelle remar­quable, il unis­sait la pra­tique la plus exacte des ver­tus chré­tiennes. Mais, au-​dessus de toutes les autres, écla­tait sa cha­ri­té à l’égard des peuples catho­liques, qu’avec un zèle inlas­sable il s’appliquait a pro­té­ger contre le fléau de l’hérésie. Ainsi par­ve­nu à la pleine pos­ses­sion de la sain­te­té, il méri­ta, au seuil même de la mis­sion que lui avait confiée le Siège apos­to­lique, d’être appe­lé à la récom­pense céleste et de tom­ber mar­tyr de cette foi pour la défense et la pro­pa­ga­tion de laquelle il avait sup­por­té déjà de si labo­rieuses et si fécondes épreuves. Si le nom de ce héros ne peut man­quer d’être cher à tous les vrais fidèles, com­bien plus doit-​il l’être à votre Ordre, dont il fut la lumière et la gloire.

Aussi, cher Fils, appre­nant votre inten­tion de célé­brer pro­chai­ne­ment des fêtes et des solen­ni­tés spé­ciales en l’honneur de Fidèle de Sigmaringen, Nous vous don­nons, sachez-​le, Notre plus chaude appro­ba­tion. Des solen­ni­tés de ce genre ne peuvent, en effet, que favo­ri­ser un résul­tat vive­ment dési­ré par Nous, savoir : faire mieux connaître et hono­rer ce vaillant mar­tyr, pro­cu­rer à vos mis­sions de nou­veaux et bons ouvriers apos­to­liques, sur­tout sti­mu­ler le zèle et sou­te­nir la constance des mis­sion­naires eux-mêmes.

Afin d’assurer à cet heu­reux évé­ne­ment des fruits plus abon­dants, Nous vous accor­dons pour toute l’année de vos solen­ni­tés saintes, à dater du 24 avril pro­chain, les mêmes pou­voirs et indul­gences que la S. Congrégation des Rites, en son res­crit du 20 mai 1912, concède pour les tri­duums ou neu­vaines célé­brés en l’honneur d’un bien­heu­reux ou d’un saint.

En atten­dant, comme gage des faveurs divines et en témoi­gnage de Notre pater­nelle bien­veillance, Nous accor­dons très affec­tueu­se­ment la Bénédiction Apostolique à vous, cher Fils, et à toute la famille des Frères Mineurs Capucins pla­cée sous votre autorité.

Donné à Rome près Saint-​Pierre, le 7 mars 1922, de Notre Pontificat la pre­mière année.

PIE XI, PAPE.

fraternité sainte pie X
12 novembre 1923
À l’occasion du IIIe centenaire de la mort de saint Josaphat, martyr, archevêque de Polotsk, pour le rite oriental.
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