30 juin 1909

Réponse de la Commission Biblique Sur le caractère historique des premiers chapitres de la Genèse

Question 1 : Les divers sys­tèmes exé­gé­tiques qui ont été conçus pour exclure le sens lit­té­ral his­to­rique des trois pre­miers cha­pitres du livre de la Genèse, et qui ont été défen­dus sous l’apparence de la science, s’appuient-ils sur un fon­de­ment solide ? 

Réponse : Non. 

Question 2 : Est-​il pos­sible, mal­gré le carac­tère et la forme his­to­rique du livre de la Genèse, le lien par­ti­cu­lier qui existe entre les trois pre­miers cha­pitres et entre ceux-​ci et les cha­pitres sui­vants, les mul­tiples témoi­gnages des Écritures aus­si bien de l’Ancien que du Nouveau Testament, l’opinion presque una­nime des saints Pères et l’opinion tra­di­tion­nelle, trans­mise éga­le­ment par le peuple israé­lite, que l’Église a tou­jours tenue, d’enseigner que les trois cha­pitres pré­ci­tés de la Genèse ne contiennent pas des nar­ra­tions de choses véri­ta­ble­ment arri­vées, c’est-à-dire qui cor­res­pondent à la réa­li­té objec­tive et à la véri­té his­to­rique, mais sont soit des fables emprun­tées aux mythes et aux cos­mo­go­nies des peuples anciens et adap­tées par l’auteur sacré à la doc­trine mono­théiste après expur­ga­tion de toute erreur poly­théiste, soit des allé­go­ries ou des sym­boles dépour­vus du fon­de­ment de la réa­li­té objec­tive et qui ont été pro­po­sés sous l’apparence de l’histoire pour incul­quer des véri­tés reli­gieuses et phi­lo­so­phiques, soit enfin des légendes pour une part his­to­riques et pour une part inven­tées qui ont été com­po­sées libre­ment en vue de l’instruction et de l’édification des âmes ? 

Réponse : Non pour les deux parties. 

Question 3 : Est-​il pos­sible en par­ti­cu­lier de mettre en doute le sens lit­té­ral his­to­rique lorsqu’il s’agit de faits racon­tés dans ces mêmes cha­pitres qui touchent au fon­de­ment de la reli­gion chré­tienne, comme sont, entre autres, la créa­tion de toutes choses faite par Dieu au com­men­ce­ment du temps ; la créa­tion par­ti­cu­lière de l’homme ; la for­ma­tion de la pre­mière femme à par­tir du pre­mier homme ; l’unité du genre humain ; le bon­heur ori­gi­nel des pre­miers parents dans l’état de jus­tice d’intégrité et d’immortalité ; le com­man­de­ment don­né par Dieu à l’homme pour éprou­ver son obéis­sance ; la trans­gres­sion du pré­cepte divin, à l’instigation du diable sous la forme du ser­pent ; la déchéance des pre­miers parents de cet état pri­mi­tif d’innocence ; ain­si que la pro­messe du Rédempteur à venir ? 

Réponse : Non. 

Question 4 : Dans l’interprétation des pas­sages de ces cha­pitres que les Pères et les doc­teurs ont com­pris de diverse manière sans trans­mettre quelque chose de cer­tain et de défi­ni est-​il per­mis, le juge­ment de l’Église étant sauf et l’analogie de la foi étant sau­ve­gar­dée, de suivre et de défendre l’opinion que cha­cun, avec pru­dence, aura consi­dé­rée comme juste ? 

Réponse : Oui. 

Question 5 : Toutes les choses et cha­cune, c’est-à-dire les mots et les phrases, qui figurent dans les cha­pitres pré­ci­tés, doivent-​elles tou­jours et néces­sai­re­ment être enten­dues au sens propre, de sorte qu’il n’est jamais per­mis de s’en écar­ter, même lorsqu’il appa­raît que les façons de par­ler ont été uti­li­sées de façon impropre, méta­pho­rique ou ana­lo­gique, et que la rai­son inter­dit de tenir le sens propre ou que la néces­si­té contraint à l’abandonner ?

Réponse : Non. 

Question 6 : Le sens lit­té­ral et his­to­rique étant pré­sup­po­sé, est-​il pos­sible de mettre en œuvre, de façon sage et utile, une inter­pré­ta­tion allé­go­rique et pro­phé­tique de cer­tains pas­sages de ces mêmes cha­pitres, confor­mé­ment à l’exemple lumi­neux des saints Pères et de l’Église elle-même ? 

Réponse : Oui. 

Question 7 : Bien que lors de la com­po­si­tion du pre­mier cha­pitre de la Genèse, l’intention de l’auteur sacré n’ait pas été d’enseigner de manière scien­ti­fique la consti­tu­tion interne des réa­li­tés visibles et l’ordre com­plet de la créa­tion, mais plu­tôt celle de trans­mettre à son peuple une connais­sance popu­laire telle que le per­met­tait le lan­gage com­mun de l’époque, et qui était adap­tée aux sens et aux capa­ci­tés des hommes, faut-​il, dans l’interprétation de ces choses, recher­cher exac­te­ment et constam­ment le carac­tère propre du dis­cours scientifique ? 

Réponse : Non. 

Question 8 : Dans cette dési­gna­tion et cette dis­tinc­tion des six jours dont il est ques­tion dans le pre­mier cha­pitre de la Genèse, le mot yôm (jour) peut-​il être com­pris aus­si bien au sens propre, comme un jour natu­rel, que dans un sens impropre, comme un cer­tain laps de temps, et est-​il per­mis de dis­cu­ter de cette ques­tion entre exégètes ? 

Réponse : Oui. 

fraternité sainte pie X