Sermon de Mgr Lefebvre – Confirmations – 7 décembre 1975

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes chers enfants,

Vous allez dans quelques ins­tants rece­voir le sacre­ment de confir­ma­tion, je suis per­sua­dé que vous avez été par­fai­te­ment pré­pa­rés par vos parents, par vos prêtres qui vous ont ensei­gné ce qu’était le sacre­ment de confirmation.

Vous allez sans doute, dans ce sacre­ment, rece­voir le Saint-​Esprit, mais vous l’avez déjà reçu au bap­tême. Vous savez qu’au bap­tême, le prêtre, lorsqu’il a pro­non­cé les paroles de la céré­mo­nie du bap­tême sur vous, lorsque vous étiez enfant, a dit cette prière :

Exit abeo immunde spi­ri­tus : « Sors de cet enfant esprit immonde, » et date locum Spiritui Sancto :

« et donne la place au Saint-​Esprit, laisse la place au Saint-Esprit. »

Donc vous avez déjà reçu le Saint-​Esprit au bap­tême. Pourquoi donc allez-​vous rece­voir à nou­veau dans ce sacre­ment l’Esprit Saint ? Pour être confir­més dans la grâce du bap­tême. Pour que cette grâce du bap­tême soit plus pleine en vous ; qu’elle soit plus riche de consé­quences en vous ; que tous les effets de la grâce du bap­tême se répandent en vos âmes. Parce que vous avez besoin aujourd’hui, davan­tage de ces grâces, que vous soyez des sol­dats de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Vous vous êtes déjà ren­du compte, cer­tai­ne­ment, des dif­fi­cul­tés de votre vie chré­tienne. Vous avez déjà dû lut­ter contre les scan­dales de ce monde, contre tous ceux qui vou­laient dimi­nuer la grâce que vous avez en vous, l’arracher de vos cœurs.

Mais désor­mais, gran­dis­sant, vous serez l’objet des attaques du démon, plus grandes encore qu’autrefois. Le démon cher­che­ra par tous les moyens, à vous enle­ver ce pré­cieux don de la grâce. Eh bien, c’est pour­quoi le sacre­ment de confir­ma­tion va rem­plir vos âmes, par­ti­cu­liè­re­ment de ce don de force. Le don de force vous per­met­tra de lut­ter effi­ca­ce­ment contre tous les moyens que le démon emploie ici-​bas pour dimi­nuer la grâce dans nos âmes, ou même pour l’arracher de nos âmes.

Alors vous devez être heu­reux de rece­voir cette grâce du sacre­ment de confir­ma­tion et deman­dez au Bon Dieu, deman­dez au Saint-​Esprit, que vos âmes soient bien dis­po­sées pour rece­voir cette grâce.

Vous ver­rez que dans les céré­mo­nies que l’évêque va faire sur vous, dans quelques ins­tants, cette grâce de force qui est don­née dans le sacre­ment de confir­ma­tion, est par­ti­cu­liè­re­ment expri­mée. Elle est expri­mée par l’imposition des mains. Elle est expri­mée par le signe de la Croix que l’évêque va faire sur votre front, avec l’huile du Saint Chrême qui signi­fie pré­ci­sé­ment la force et la vigueur, la robus­tesse dont ont besoin les chrétiens.

Et puis les paroles elles-​mêmes : « Je te confirme du Chrême du salut », dit l’évêque. Donc cette force est expri­mée par le sacre­ment de confirmation.

Enfin l’évêque va vous don­ner un léger souf­flet pour mon­trer que vous devez savoir résis­ter à toutes les puis­sances de l’enfer qui veulent arra­cher cette grâce de vos âmes.

Voyez comme l’Église est une bonne mère et nous apprend par les céré­mo­nies qu’elle exprime, les paroles qu’elle pro­nonce sur ceux qui reçoivent le sacre­ment, exprime la grâce qui est don­née par le sacrement.

Enfin, à la fin de la céré­mo­nie, vous vous met­trez debout et vous réci­te­rez votre pro­fes­sion de foi : le Credo, avec le Notre Père et le Je vous salue Marie. Et cela sera en quelque sorte, le fruit de la grâce que vous aurez reçue dans le sacre­ment de confir­ma­tion. Vous mani­fes­te­rez devant le monde, devant l’Église, devant toutes les per­sonnes qui sont ici pré­sentes, vous mani­fes­te­rez votre foi.

Je crois, je crois en Dieu, je crois en Notre Seigneur Jésus-​Christ ; je crois en l’Esprit Saint ; je crois en la rémis­sion des péchés ; je crois dans la Sainte Église ; je crois dans la Résurrection. Vous direz toutes ces choses. Vous les direz à la face du monde et que, désor­mais, ce soit pour vous une loi, une règle, que vous pro­fes­siez votre foi ; que vous n’ayez pas peur de vous dire catho­lique et d’affirmer votre Credo par­tout où vous vous trouverez.

Voilà ce que donne le sacre­ment de confirmation.

Et enfin, comme toutes les grâces nous viennent par l’intermédiaire de la très Sainte Vierge, nous devons tou­jours jeter un regard vers la très Sainte Vierge Marie lorsque nous rece­vons les sacre­ments. C’est par elle que nous viennent ces grâces. Le Bon Dieu a tout confié à la très Sainte Vierge et à son Église. Par consé­quent, nous devons regar­der la très Sainte Vierge Marie et lui deman­der, la sup­plier de nous aider à bien pro­fi­ter de ces grâces et à faire en sorte que nos âmes soient par­fai­te­ment dis­po­sées à les recevoir.

Alors tous ensemble, nous allons pen­dant ces céré­mo­nies, prier à vos inten­tions afin que vous soyez chré­tiens, que vous soyez catho­liques, non seule­ment aujourd’hui, mais jusqu’à votre der­nier sou­pir, pour que vous puis­siez un jour rece­voir votre récom­pense au Ciel.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.