Sermon de Mgr Lefebvre – Pentecôte – 14 mai 1978

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers frères,
Mes bien chers amis,

C’est tou­jours avec une cer­taine émo­tion que nous célé­brons cette fête de la Pentecôte, qui mani­feste une inter­ven­tion de l’Esprit Saint d’une manière toute par­ti­cu­lière en ce monde. L’Église nous enseigne, en effet, que toutes choses ont été créées par l’Esprit Saint.

Emitte Spiritum tuum et crea­ban­tur : « Envoyez votre Esprit et tout sera créé ».

En effet, c’est par l’Esprit Saint que le monde a été créé. La Genèse elle-​même fait allu­sion à l’Esprit Saint au moment de la créa­tion du monde. C’est donc la pre­mière inter­ven­tion mani­feste de l’Esprit Saint en ce monde.

La der­nière inter­ven­tion, émou­vante, de l’Esprit Saint en ce monde ce fut la concep­tion de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans le sein de la Vierge Marie.

Et reple­ta est Spiritu Sancto : « Elle a été rem­plie du Saint-​Esprit ». Et c’est par l’opération du Saint-​Esprit que la très Sainte Vierge Marie a été mère de Dieu.

Et la fête de la Pentecôte n’est autre qu’une troi­sième inter­ven­tion mani­feste de l’Esprit Saint en ce monde. Esprit Saint consti­tuant d’une manière visible, d’une manière vivante l’Église, en pre­nant pos­ses­sion, en quelque sorte, des âmes des apôtres qui entou­raient la Vierge Marie.

Car il est évident que le récit des Actes des Apôtres et le récit de l’Évangile, nous montrent que les moments qui ont pré­cé­dé cette venue du Saint-​Esprit dans les apôtres, ces moments montrent que les apôtres n’avaient pas sai­si, n’avaient pas com­pris ce dont ils étaient l’objet : les grâces par­ti­cu­lières de choix que Dieu avait fait d’eux.

Certes, ils croyaient en Notre Seigneur Jésus-​Christ. Saint Pierre l’avait bien affir­mé. Cependant, peu de temps après, saint Pierre Le reniait.

Et puis pen­dant qua­rante jours de la pré­sence de Notre Seigneur Jésus-​Christ après la Résurrection, les apôtres devaient par­ler comme par­laient les dis­ciples d’Emmaüs. Notre cœur n’était-il pas brû­lant à l’intérieur de nous, lorsque nous che­mi­nions avec Lui. Mais mal­gré cela, ce n’est qu’à la frac­tion du pain que les dis­ciples d’Emmaüs L’ont recon­nu, parce que Jésus a dis­pa­ru à leurs yeux. Les apôtres dou­taient encore. L’exemple de Thomas est là pour nous le mon­trer. Ils dou­taient de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Bien plus, la veille de l’Ascension, après avoir pas­sé trois ans avec Notre Seigneur, les apôtres demandent encore à Notre Seigneur : « Quand restituerez-​vous le règne d’Israël ? » C’est-à-dire : Quand serez-​vous le roi tem­po­rel de cette nation et pour domi­ner le monde ?

Voilà quelles étaient encore les pen­sées des apôtres. Pensées tout imbues des gran­deurs de ce monde, de la gloire de ce monde. Ils étaient vrai­ment encore de ce monde, de la terre ; ils n’avaient que des pen­sées terrestres.

Par consé­quent, l’événement de la Pentecôte, cin­quante jours après la Résurrection de Notre Seigneur, cet évé­ne­ment est consi­dé­rable. Parce qu’après, les apôtres com­prennent. Enfin, les apôtres ont l’intelligence du mys­tère de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Le Ciel se découvre à leurs yeux. Et ils voient, comme saint Étienne a vu au moment de son mar­tyre, ils voient Notre Seigneur Jésus-​Christ sié­geant à la droite du Père.

Celui qu’ils ont connu ; Celui qu’ils ont tou­ché, comme dit l’apôtre Jean, Celui avec lequel ils ont par­lé, ils ont conver­sé pen­dant trois ans, cet Homme c’est Dieu. Cet Homme c’est le Fils de Dieu ; c’est le Verbe de Dieu.

Et Notre Seigneur leur avait dit ; il leur avait promis :

Accipietis vir­tu­tem super­ve­nien­tis Spiritum Sancti in vos, et eri­tis mihi testes (Ac 1,8) : « Vous rece­vrez l’Esprit Saint, et, rece­vant l’Esprit Saint, vous devien­drez mes témoins. »

Et eri­tis mihi testes in Judæa et Samaria et usque ad ulti­mum terræ (Ac 1,8) : « Vous serez mes témoins ici, en Judée, en Samarie et jusqu’aux extré­mi­tés de la terre, du monde. »

Et en effet, la pro­messe de Jésus se réa­lise. Les apôtres deviennent les témoins de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Quel a été en effet, l’effet immé­diat de la des­cente du Saint-​Esprit sur eux ?

Et cœpe­runt loqui : « Et ils ont com­men­cé à par­ler ». Et qu’ont-ils dit ? Et cœpe­runt loqui loquentes magna­lia Dei (Ac 2,11). C’est la conclu­sion de l’Épître que nous avons lue il y a quelques ins­tants : loquen­tis magna­lia Dei.

Il n’est pas pos­sible, en effet, que connais­sant la gloire de Notre Seigneur Jésus-​Christ, désor­mais per­sua­dés, per­sua­dés que Notre Seigneur Jésus-​Christ est le Fils de Dieu, que Notre Seigneur JésusChrist est le Verbe de Dieu, qu’il est Dieu, qu’il est retour­né dans la gloire du Père, ils ne peuvent pas s’empêcher de chan­ter les louanges de Notre Seigneur Jésus-​Christ, les louanges de Dieu, les grandes choses que Dieu a réa­li­sées – magna­lia Dei – les grandes réa­li­sa­tions de Dieu. Ils en sont convain­cus cette fois.

Et c’est pour­quoi, ils se mettent à prê­cher. Ils parlent. Ils parlent des langues que tous les audi­teurs pré­sents com­prennent, des langues dif­fé­rentes. Et alors, on les accuse d’être ivres.

Mais Pierre prend la parole et leur dit : « Non, c’est bien par l’Esprit Saint que nous par­lons. » Et il prêche Notre Seigneur Jésus-Christ.

Maintenant, nous pou­vons vous dire que Celui que vous avez nié, vous, vous juifs qui m’écoutez – et Dieu sait s’il y en avait un nombre consi­dé­rable, puisqu’après la pré­di­ca­tion de saint Pierre, il y a eu trois mille bap­têmes – par consé­quent c’était des mil­liers et des mil­liers de per­sonnes qui écou­taient Pierre.

Vous avez nié le Christ ; vous l’avez cru­ci­fié : Crucifix estis, vous. Eh bien. Celui que vous avez cru­ci­fié, il est res­sus­ci­té ; il est vivant et on ne peut être sau­vé que par Lui.

Alors beau­coup de ceux qui l’entendent, demandent – et l’Évangile nous le dit : Compuncti sunt corde (Ac 2,37), leur cœur est bri­sé. Ils se conver­tissent. Leur cœur est bou­le­ver­sé à la pen­sée que Celui qu’ils ont nié, que Celui qu’ils ont cru­ci­fié, c’est leur Dieu. C’est le Dieu d’Israël. C’est Celui qui leur a été pro­mis. C’est le Messie. C’est le Christ. Ils L’ont crucifié.

Alors, disent les Actes des Apôtres : Compuncti sunt corde : Ils se frappent la poi­trine, en disant : qu’allons-nous faire, qu’allons-nous deve­nir, que pouvons-​nous faire ? disent-​ils aux apôtres, que devons-​nous faire ?

Faites péni­tence. Soyez contrits en effet et soyez bap­ti­sés, bap­ti­sés pour la rémis­sion de vos péchés et vous rece­vrez aus­si l’Esprit Saint. Et alors, trois mille per­sonnes ont été bap­ti­sées et ont reçu l’Esprit Saint.

Et les Actes des Apôtres conti­nuent de rela­ter les évé­ne­ments magni­fiques, extra­or­di­naires, qui se passent alors, et mani­festent à nou­veau la volon­té des apôtres de prê­cher Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et cela, mes chers amis, vous êtes des­ti­nés à prê­cher Notre Seigneur Jésus-​Christ. Vous devez relire sou­vent ces pages émou­vantes, afin que vous soyez, vous aus­si, rem­plis de l’Esprit Saint – car vous l’êtes je l’espère – et vous le serez encore davan­tage au moment de votre ordi­na­tion ; vous aurez à prê­cher Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et il est dit de ces trois mille bap­ti­sés, qu’ensuite ils étaient : per­sé­vé­rantes in doc­tri­na ; erant autem per­sé­vé­rantes in doc­tri­na apos­to­lo­rum, et com­mu­ni­ca­tione frac­tio­nis pan­is, et ora­tio­ni­bus (Ac 2, 42) : « Ils per­sé­vé­raient dans la doc­trine des apôtres, dans la com­mu­nion de la frac­tion du pain, et dans les prières ».

C’est le sémi­naire ; c’est votre sémi­naire, in doc­tri­na, c’est ce que vous appre­nez : la doc­trine. Vous êtes ici réunis pour apprendre ce qu’est Notre Seigneur Jésus-​Christ ; ce qu’est Dieu ; apprendre tous les bien­faits qu’il nous a don­nés et tous les bien­faits dont il nous a com­blés. Et ce, afin de pou­voir à votre tour prê­cher l’Évangile : In doc­tri­na ; in frac­tione pan­is : le Sacrifice de la messe, la doc­trine, le Sacrifice de la messe, la prière.

Vous ne faites pas autre chose. Ainsi votre sémi­naire n’est pas autre chose que la conti­nua­tion de ce que les pre­miers chré­tiens ont fait. Comme cela doit vous récon­for­ter ; comme cela doit vous faire com­prendre l’importance de votre séminaire.

L’effet du Saint-​Esprit chez les pre­miers chré­tiens, les a réunis en sémi­naire, ni plus, ni moins.

Et ils ven­dirent leurs biens pour vivre en com­mun. Notre Seigneur, par là, nous montre que l’Esprit Saint détache des biens de ce monde. Ils ven­dirent leurs biens. Et vous aus­si, vous devez être déta­chés des biens de ce monde. Mais l’histoire des pre­miers Actes des Apôtres, n’est point terminée.

Saint Pierre et saint Jean ren­con­trant cet infirme qui est au bord du Temple, à la porte du Temple, ne pou­vant lui don­ner l’aumône, le gué­rissent : Au nom – In nomine Domini Jesu Christi surge et ambu­la – « Au nom de Jésus-​Christ, lève-​toi et marche ! »

Voilà ce que nous pou­vons faire pour toi. Et tout Jérusalem est bou­le­ver­sé. Cette nou­velle se répand immé­dia­te­ment. Tout le monde entoure les apôtres et se demande com­ment cet infirme, que tout le monde connaît – car il a plus de qua­rante ans ; il a donc été là à la porte du Temple peut-​être depuis trente ans, où il demande l’aumône. Tout le monde le connaît à Jérusalem. Et voi­là qu’il marche. Alors on entoure les apôtres et on leur demande : Comment avez-​vous fait ? Comment est-​ce possible ?

Et saint Pierre reprend : « Si nous avons pu faire cela, c’est par la force et la ver­tu du Nom de Notre Seigneur Jésus-​Christ, de Celui – encore une fois – que vous avez nié et que vous avez crucifié. »

Et voi­ci que les Princes des prêtres, les Pharisiens et les Scribes apprennent cela. Ils se pré­ci­pitent eux aus­si, mettent la main sur les apôtres, sur Pierre et Jean.

Première per­sé­cu­tion contre le nom de Jésus.

Et ils les enferment.

Et le len­de­main, devant tous les prêtres de Jérusalem réunis, devant tous les Princes des prêtres, devant toute l’assemblée des Scribes et des Pharisiens, tout le monde est réuni : Anne, Caïphe, tous ceux qui ont par­ti­ci­pé à la cru­ci­fixion de Notre Seigneur, tous ceux-​là sont présents.

Et ils demandent ; ils adjurent les apôtres Pierre et Jean : « Dites-​nous par quelle force vous avez fait cela ? Par quelle puis­sance avez-​vous gué­ri cet infirme ? »

Belle occa­sion pour saint Pierre, d’affirmer de nou­veau : « En aucun autre nom nous l’avons fait, sinon, dans le nom de Jésus-​Christ. Jésus-​Christ qui siège main­te­nant à la droite du Père, qui est res­sus­ci­té et que vous avez cru­ci­fié, vous aussi. »

Stupéfaits d’entendre les apôtres par­ler avec autant de fer­me­té – disent les Actes des Apôtres – ces gens qui étaient sine lit­te­ris et idiotæ – ce sont exac­te­ment les termes des Actes des Apôtres – ces hommes qui étaient sans lettres et sans culture et idiotæ, c’est-à-dire des gens d’aucune connais­sance et des pauvres gens.

Eh bien, ils étaient stu­pé­faits de voir la force et la vigueur avec les­quelles ces hommes parlaient.

Devant cette assu­rance des apôtres, devant cet homme qui était devant eux gué­ri, ils ne pou­vaient plus rien dire.

Mais ils leur ont dit ceci – Ils se sont réunis en secret et se sont deman­dé ce qu’ils pou­vaient bien faire – ils ont deman­dé ceci : « Écoutez bien » –— ceux-​là n’ont point frap­pé leur poi­trine et n’ont pas deman­dé aux apôtres, ce qu’ils devaient faire.

Qu’ont-ils dit aux apôtres ?

« Nous vous enjoi­gnons de ne plus par­ler de Jésus. Taisez-​vous ! Faites tout ce que vous vou­lez, mais ne par­lez plus du nom de Jésus. »

Et voi­là la dif­fé­rence entre les juifs conver­tis, entre les juifs bien dis­po­sés envers Notre Seigneur et deman­dant aux apôtres ce qu’ils doivent faire et qui se conver­tissent et ceux qui résistent et ceux qui ne veulent pas du nom de Jésus-Christ.

Ils sont là, tous les pré­dé­ces­seurs de tous ceux, qui pen­dant vingt siècles, depuis vingt siècles, renient Notre Seigneur Jésus-​Christ ; chassent Notre Seigneur Jésus-​Christ ; ne veulent pas en entendre parler.

Et nous assis­tons encore à notre époque, à une époque où par­ti­cu­liè­re­ment l’on renie Notre Seigneur Jésus-​Christ – non seule­ment les enne­mis de l’Église – mais à l’intérieur de l’Église – des enne­mis se sont infil­trés à l’intérieur de l’Église et renient Notre Seigneur Jésus-​Christ et ne veulent plus que Notre Seigneur Jésus-​Christ règne.

Et les apôtres, quit­tant les Princes des prêtres, évi­dem­ment se sont bien gar­dés de dire qu’ils allaient obéir à ce qu’ils leur deman­daient. Bien au contraire. Les Actes des Apôtres disent qu’ils ont retrou­vé les chré­tiens et que plus que jamais : loque­ban­tur ver­bum Dei cum fidu­cia (Ac 4,31) : Ils par­laient la parole de Dieu avec plus de puis­sance, avec beau­coup plus de puis­sance que précédemment.

Voilà ce qu’ont été les débuts de la chré­tien­té. Voilà ce qu’ont été les effets du Saint-Esprit.

Eh bien, le Saint-​Esprit, mes bien chers frères, mes bien chers amis, est aus­si vivant aujourd’hui qu’il l’était à ce moment-​là. De cela il n’y a aucun doute à avoir.

L’Esprit Saint désire encore se don­ner à nous, comme il s’est don­né aux pre­miers chré­tiens ; comme il s’est don­né aux apôtres ; cela ne fait aucun doute. Et nos sacre­ments, nous donnent le Saint-​Esprit, comme ils le don­naient du temps des apôtres.

Mais le recevons-​nous, nous, de la même manière ? Sommes-​nous vrai­ment dis­po­sés à Le rece­voir en abon­dance ? Sommes-​nous prêts à le prê­cher, à témoi­gner Notre Seigneur Jésus-​Christ ? Et quel sera ce témoi­gnage ? Témoignage par la parole, sans doute. Nous devons tous le faire. Nous devons tous prê­cher Notre Seigneur Jésus-​Christ, par­ti­cu­liè­re­ment vous, mes chers amis, qui êtes des­ti­nés à cela d’une manière plus par­ti­cu­lière évi­dem­ment, mais nous devons Le prê­cher aus­si par l’exemple, par l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ. C’est tout l’Évangile que nous avons lu aujourd’hui.

C’est l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ qui mani­feste notre foi en Notre Seigneur Jésus-​Christ. Et cet amour se mani­feste tout sim­ple­ment par la réa­li­sa­tion de notre voca­tion, de notre mis­sion. Nous sommes tous envoyés. S’il y a un jour où nous devons res­sen­tir cette mis­sion d’une manière plus par­ti­cu­lière, c’est bien le jour de la Pentecôte. Le Saint-​Esprit est l’envoyé de Dieu ; il envoie les apôtres et il nous envoie tous.

Dès notre nais­sance, nous avons une mis­sion, une mis­sion à accom­plir en ce monde, si modeste, si insi­gni­fiante soit-​elle, aux yeux de Dieu elle est tou­jours grande. Il n’y a pas de petites mis­sions. Dès lors que nous sommes une âme, dès lors que nous avons une âme, notre mis­sion est grande. Notre mis­sion est grande, parce qu’elle est spi­ri­tuelle ; parce que nous pou­vons chan­ter Dieu dans notre cœur ; nous pou­vons remer­cier Dieu dans notre cœur. Nous pou­vons tout au long de nos jour­nées, en accom­plis­sant notre devoir d’état, être constam­ment en action de grâces et en prière – en union avec Notre Seigneur Jésus-​Christ – dans l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ, dans l’accomplissement de ses commandements.

Si vous m’aimez, dit Notre Seigneur, vous accom­pli­rez mes commandements.

Par consé­quent, si d’une part nous devons avoir cet atta­che­ment à la volon­té du Bon Dieu, à accom­plir les com­man­de­ments de Dieu, à accom­plir notre devoir d’état, nous devons, aus­si, avoir la haine du péché. Car s’il est quelque chose qui s’oppose à notre mis­sion ; qui s’oppose à l’amour de Notre Seigneur Jésus-​Christ ; qui s’oppose à l’Esprit Saint, c’est le péché. C’est le mal, le mal qui s’oppose à l’Esprit Saint.

Et par consé­quent, nous devons pour­suivre nos péchés ; nous devons faire en sorte d’éviter le péché et d’être rem­pli du Saint-​Esprit, de l’amour de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Voilà ce que nous ins­pire l’Esprit Saint. Soyons donc de dignes suc­ces­seurs de ceux qui L’ont reçu en abon­dance et de ceux qui ont don­né tout leur sang, pour mani­fes­ter leur foi en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et après les apôtres, que de géné­ra­tions et de géné­ra­tions de mar­tyrs, que de géné­ra­tions de saints, que de géné­ra­tions de saints que nous ne connais­sons pas. Des mil­lions, des mil­liards d’âmes qui ont tout sim­ple­ment accom­pli leur devoir d’état et qui ont aimé Notre Seigneur Jésus-​Christ ; qui ont été unies à Notre Seigneur Jésus-​Christ pen­dant toute leur vie.

Nous sommes les héri­tiers de toutes ces âmes. Il nous faut prendre la réso­lu­tion, aujourd’hui, de faire en sorte que Notre Seigneur Jésus-​Christ règne et par la grâce du Saint-Esprit.

C’est ce que le Saint-​Esprit veut que nous réa­li­sions : le règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ ; règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ en nous, règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans nos familles, règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans la Société.

Promettons à Notre Seigneur Jésus-​Christ de tra­vailler à ce règne. Car, voyez, ce petit exemple, ce petit mot qui est dit dans la Sainte Écriture et qui est tel­le­ment signi­fi­ca­tif. Pendant les qua­rante jours, pen­dant les­quels Notre Seigneur s’est trou­vé avec les apôtres, après sa Résurrection, Notre Seigneur a dû leur dire des choses impor­tantes. Imaginez, ima­gi­nez que les apôtres étaient près de fon­der l’Église, que Notre Seigneur allait les quit­ter dans quelques jours. Par consé­quent, les der­nières paroles de Notre Seigneur, devaient être exces­si­ve­ment impor­tantes. De quoi Notre Seigneur leur a‑t-​il parlé ?

Deux mots : De regno Dei. C’est tout ce que dit l’Évangile. De quoi Notre Seigneur leur a‑t-​il par­lé pen­dant ces qua­rante jours : De regno Dei. « Du règne de Dieu » ! C’est tout. C’est simple. Et c’est com­plet. Tout s’y trouve.

Et nous aus­si, la seule chose que nous devions aimer, la seule chose que nous devons dési­rer : c’est le règne de Dieu. Que ce règne arrive en nous ; qu’il arrive autour de nous ; comme il est au Ciel. Comme nous le disons dans notre prière du Notre Père.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, par laquelle – c’est le pape Pie XII qui le dit expli­ci­te­ment – il dit que la grâce – répé­tant d’ailleurs ce que les Pères de l’Église ont dit – que la grâce du Saint-​Esprit est venue aux apôtres, le jour de la Pentecôte, par l’intermédiaire de la très Sainte Vierge Marie.

Parce que la très Sainte Vierge Marie n’avait pas besoin de rece­voir le Saint-​Esprit, elle était rem­plie du Saint-​Esprit. Elle ne pou­vait guère le rece­voir davan­tage. Par consé­quent, ce n’est pas la très Sainte Vierge Marie qui a été l’objet de la des­cente du Saint-​Esprit à la Pentecôte.

Mais c’est par la prière de la Vierge Marie, par sa souf­france unie à celle de Notre Seigneur Jésus-​Christ, que les apôtres ont reçu le Saint-Esprit.

Par consé­quent, deman­dons, nous aus­si, à la très Sainte Vierge Marie, notre bonne Mère du Ciel, elle qui est rem­plie des dons du Saint-​Esprit, de nous com­mu­ni­quer ces dons en abondance.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.