Sermon de Mgr Lefebvre – Pentecôte – 18 mai 1986

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers amis,
Mes bien chers frères,

Cette fête de la Pentecôte nous rap­pelle l’anniversaire de la fon­da­tion de l’Église. Quel anni­ver­saire ! Quelle date mémorable !

Tout ce qui avait pré­cé­dé la fête de la Pentecôte dans l’histoire reli­gieuse de l’humanité pré­pa­rait cette jour­née extra­or­di­naire de la des­cente du Saint-​Esprit sur ceux qui désor­mais devaient prê­cher l’Évangile, la bonne nou­velle. La bonne nou­velle de la venue de Dieu sur terre, de sa mort sur la Croix, de sa Résurrection, de son Ascension.

Et effet, en ce jour, entou­rant la Vierge Marie qui, elle n’avait pas besoin de la Pentecôte, elle était déjà rem­plie du Saint-​Esprit, et c’est même par elle que la grâce du Saint-​Esprit va être don­née à ceux qui l’entourent. Il n’y avait pas seule­ment les apôtres, il y avait aus­si les dis­ciples puisque les Actes des Apôtres disent qu’ils étaient envi­ron cent vingt.

Ainsi, par la Vierge Marie, l’Esprit Saint est des­cen­du sur tous ceux qui étaient pré­sents dans le Cénacle et ils ont été trans­for­més. Alors que peu de temps avant son Ascension, Notre Seigneur repro­chait encore aux apôtres d’être des incré­dules et sur le lieu même de l’Ascension, les apôtres demandent encore à Notre Seigneur : Mais quand restituerez-​vous le royaume d’Israël ? Ses apôtres étaient encore aveu­glés. Ils croyaient encore à la res­ti­tu­tion du royaume tem­po­rel d’Israël. Ils n’avaient pas com­pris que le Royaume de Notre Seigneur Jésus-​Christ était un royaume uni­ver­sel, éter­nel, spi­ri­tuel ; tem­po­rel certes, mais par l’Esprit Saint.

Et voi­ci que par la des­cente du Saint-​Esprit, leurs yeux s’ouvrent. Ils prennent contact avec Dieu, d’une manière mys­té­rieuse, mais d’une manière pro­fonde, d’une manière réelle.

Et je pense que pour essayer de connaître mieux la psy­cho­lo­gie de ceux qui étaient dans le Cénacle et qui se sont trou­vés ain­si trans­for­més par la des­cente du Saint-​Esprit en eux, on ne peut mieux faire que d’examiner et de pen­ser aux fruits du Saint-​Esprit. On juge l’arbre à ses fruits. On peut juger de l’Esprit Saint qu’ont reçu les dis­ciples et les apôtres par les fruits du Saint-Esprit.

Et quels sont les fruits du Saint-Esprit ?

Eh bien, saint Paul nous les énu­mère. Ils sont au nombre de douze, douze fruits du Saint-​Esprit. On peut les regrou­per en quelque sorte en trois groupes.

Le pre­mier, c’est la cha­ri­té, la joie, la paix. Charité, joie, paix, c’est déjà le Ciel. Qu’y aura-​t-​il d’autre au Ciel ? La cha­ri­té, la cha­ri­té qui nous uni­ra à Dieu pour l’éternité. La cha­ri­té qui pro­dui­ra dans nos cœurs, une joie inef­fable et qui pro­dui­ra éga­le­ment une paix qui ne fini­ra pas.

Ainsi les fruits que les dis­ciples ont éprou­vés au moment de la des­cente du Saint-​Esprit, sont déjà une par­ti­ci­pa­tion à l’éternité. Ils se sont trou­vés en quelque sorte sur­éle­vés par la grâce du Saint-​Esprit, par cette grâce sur­na­tu­relle, à une connais­sance de Dieu, à un contact avec Dieu, extra­or­di­naire, qu’ils n’avaient jamais éprou­vé jusqu’alors.

Ils se ren­dirent compte que Dieu était tout ; qu’ils avaient tout reçu de Dieu et que toute leur vie devait être orien­tée vers Dieu. Pour eux, ce contact avec Dieu, eut l’effet d’une dona­tion défi­ni­tive. Ils étaient défi­ni­ti­ve­ment acquis à Dieu, à l’éternité, à la Trinité Sainte, par la pré­sence du Saint-​Esprit en eux. Désormais plus rien, ne pou­vait les déta­cher de Dieu – rien. Et ce sera pré­ci­sé­ment l’expression des autres fruits du Saint-​Esprit, car ils ne sont pas encore au Ciel. Si déjà ils ont une impres­sion d’avoir appro­ché Dieu d’une manière mys­té­rieuse, d’une manière pro­fonde, d’une manière extra­or­di­naire, ils sont encore sur la terre.

Et alors quels seront les fruits du Saint-​Esprit dans cette vie ter­restre ? Dans ces contacts avec les évé­ne­ments quo­ti­diens, avec les dif­fi­cul­tés, les épreuves, les doutes, les hési­ta­tions, les angoisses ? Eh bien, saint Paul énu­mère alors : patience, béni­gni­té, bon­té, lon­ga­ni­mi­té. Voilà les fruits qui seront ceux, en défi­ni­tive de l’espérance, voyez-​vous. Les yeux fixés sur le Ciel, les yeux fixés désor­mais sur Dieu, sur le bon­heur éter­nel qu’ils attendent à pré­sent avec un espoir profond.

In te. Domine, spe­ra­vi, non confun­dar in æter­num (Ps 70,1).

En vous, mon Dieu, j’ai pla­cé mon espoir, et nous ne serons pas confon­dus. C’est bien ce qu’ils devaient se dire. Et alors, désor­mais, toutes les choses de la terre, leur appa­rais­saient sous un autre jour. Ils n’y étaient plus atta­chés. Et alors dans les dif­fi­cul­tés, dans les souf­frances, dans les angoisses, c’étaient ces dis­po­si­tions de patience, de dou­ceur, de longanimité.

Et n’est-ce pas ce que l’on ren­contre chez les vrais chré­tiens, chez les vrais catho­liques ? Ce visage de dou­ceur, de bon­té, de patience, de lon­ga­ni­mi­té, dans les épreuves, dans les dif­fi­cul­tés, dans les sou­cis quotidiens.

Et puis, ils n’étaient pas néces­sai­re­ment deve­nus des saints. Des ten­ta­tions les guet­taient encore. Tentation de l’orgueil humain, l’orgueil de l’intelligence, l’orgueil de la rai­son, qui se révolte contre la foi, contre cet aveu­gle­ment de la foi, contre cette obéis­sance que repré­sente la foi.

Obéir à la Révélation qui nous est don­née par Dieu. Notre esprit, notre intel­li­gence doit se sou­mettre. Nous ne com­pre­nons pas les mys­tères que le Bon Dieu nous révèle, mais nous devons cepen­dant accep­ter, adhé­rer à ces mys­tères de toute notre âme, de tout notre cœur. C’est une épreuve très dure pour notre intel­li­gence, pour notre rai­son, une épreuve d’humilité.

Et puis il y a l’orgueil de la chair. Cette chair qui veut tou­jours se révol­ter contre l’esprit, qui veut satis­faire ses dési­rs, ses dési­rs désor­don­nés, sa volup­té, son intem­pé­rance. Alors quels seront les fruits de l’Esprit Saint ? Devant cet orgueil, devant cette révolte qui couve tou­jours dans nos âmes, qui couve tou­jours en nous ; eh bien ce seront jus­te­ment la foi, la modestie.

Je dirai – voyez – que la foi et la modes­tie s’unissent par­fai­te­ment. Modestie dans la rai­son, humi­li­té de notre rai­son devant la foi. Modestie, modes­tie de nos intel­li­gences ; nous sommes de petites intel­li­gences ; nous sommes au bas de l’échelle des esprits.

Et si les anges sont sou­mis à l’intelligence de Dieu et à la Vérité que Dieu leur enseigne, com­ment nous, pauvres humains que nous sommes, nous ne serions pas sou­mis, nous ne serions pas modestes devant Dieu qui nous révèle ses grandes véri­tés, ses grands mys­tères : mys­tère de la Trinité, mys­tère de l’Incarnation, de la Rédemption. Mystères d’ailleurs dans la nature, mys­tère de la Création. Nous sommes entou­rés de mystères.

Eh bien, l’esprit doit se sou­mettre à la volon­té de Dieu, à la Vérité de Dieu. Voilà le fruit du SaintEsprit en nous : la foi, la modestie.

Et puis la conti­nence et la chas­te­té ; conti­nence et chas­te­té fruits du Saint-​Esprit, pour modé­rer ces dési­rs désor­don­nés de la chair qui veut se révol­ter contre l’esprit.

Voyez comme saint Paul décri­vant les fruits de l’Esprit, nous donne une image admi­rable de ce que sont deve­nus en quelques ins­tants ces dis­ciples de Notre Seigneur, ces apôtres.

Ils sont deve­nus par l’effet de la des­cente du Saint-​Esprit en eux, rem­plis des fruits du Saint-​Esprit. Et alors, le résul­tat pour eux ce fut : par­ler. Et cœpe­runt loqui (Ac 2,4) : Ils ont com­men­cé à par­ler. Et par­ler de qui, de quoi ? Mais leur cœur était rem­pli de Dieu. Ils avaient en quelque sorte tou­ché Dieu. Ils avaient presque fait une expé­rience divine, de la connais­sance de Dieu. Cette science de la cha­ri­té dont parle saint Paul :

Scientiæ cla­ri­ta­tis Christi ; ad illu­mi­na­tio­nem scien­tiæ, cla­ri­ta­tis Dei (2 Co 4,6). Cette expé­rience les avait sou­le­vés. Tout le reste dis­pa­rais­sait – encore une fois – pour eux, devant Dieu. Ils ont prê­ché Dieu, ils ont par­lé de Dieu ; ils ont chan­té Dieu : cantantes, lau­dantes. Ils n’ont pas pu faire autre­ment que de chan­ter la gloire du Bon Dieu et les gran­deurs de Dieu et de prê­cher Notre Seigneur JésusChrist, de prê­cher l’Évangile.

Voilà ce que nous enseigne l’Évangile. Voilà ce que fut la Pentecôte. Et ce furent nos pères dans la foi et ce sont eux qui nous ont ensei­gné de rece­voir aus­si l’Esprit Saint. Ce sont eux qui ont été char­gés de nous com­mu­ni­quer l’Esprit Saint, par­ti­cu­liè­re­ment par la grâce du baptême.

Nous n’avons pas suf­fi­sam­ment confiance – je dirai – je pense dans la grâce de notre bap­tême. Notre bap­tême a été notre Pentecôte. Ce n’est pas autre chose. Souvenez-​vous, dans les Actes des Apôtres, il est bien dit que les dis­ciples de Notre Seigneur étaient bap­ti­sés du bap­tême de l’Esprit.

Baptême de l’eau, mais bap­tême de l’Esprit qui était plus que le bap­tême de l’eau, il était aus­si le bap­tême de l’Esprit. Et l’Esprit Saint, sou­vent, à l’occasion, des bap­têmes qui étaient don­nés par les apôtres, des­cen­dait visi­ble­ment sur ceux qui avaient reçu le bap­tême, mani­fes­tant ain­si la pré­sence du Saint-​Esprit, des­cen­dant dans ces cœurs, ces cœurs pré­pa­rés pour Le recevoir.

Eh bien, nous aus­si, nous avons été asso­ciés en quelque sorte, à ceux qui se sont trou­vés dans le Cénacle, par notre bap­tême, par la confir­ma­tion, confir­ma­tion qui n’est que le com­plé­ment de l’effusion du Saint-​Esprit que nous avons reçu au baptême.

Alors, nous avons vrai­ment reçu l’Esprit Saint. Est-​ce que nous en avons reçu les fruits ? Examinonsnous. Est-​ce que nous avons conscience d’avoir reçu les fruits du Saint-​Esprit ? Est-​ce que nous avons conscience vrai­ment d’être près de Dieu, d’avoir Dieu en nous, de connaître Dieu, de mesu­rer la cha­ri­té de Dieu ? Rappelons-​nous la magni­fique Épître de saint Paul que nous lisons si sou­vent à l’occasion de la fête du Sacré-​Cœur. L’Épître aux Éphésiens, dans laquelle saint Paul décrit la hau­teur, la pro­fon­deur, l’immensité de la cha­ri­té de Dieu. Est-​ce que nous avons conscience de cette cha­ri­té de Dieu envers nous ? Est-​ce que nous vivons vrai­ment près de Dieu ?

Et par consé­quent, est-​ce que nous par­ta­geons la paix et la joie de Dieu, dès ici-​bas, par la pré­sence du Saint-​Esprit en nous, par l’effusion du Saint-​Esprit en nous ?

Est-​ce que nous par­ti­ci­pons aus­si à tous ces fruits qui nous sont don­nés pour mar­cher vers notre éter­ni­té, au milieu de toutes les dif­fi­cul­tés de ce monde, au milieu de toutes les ten­ta­tions de ce monde cor­rom­pu, de tous les obs­tacles qui se pré­sentent à notre vie chré­tienne, à tous les attraits du péché ? Est-​ce que nous vivons vrai­ment de ces fruits du Saint-​Esprit qui sont la patience, la bon­té, la dou­ceur, la magna­ni­mi­té, la lon­ga­ni­mi­té ? Combien est-​il bon de se rap­pe­ler ces choses. Tous les jours, peut-​être, nous avons à exer­cer ces ver­tus. Ou alors nous nous révol­tons devant les évé­ne­ments qui nous entourent. Nous nous oppo­sons à la volon­té du Bon Dieu.

Nous souf­frons, comme nous souf­frons aujourd’hui dans l’Église et par l’Église. Est-​ce que nous sommes dans ces dis­po­si­tions de patience, de dou­ceur, de man­sué­tude, vis-​à-​vis des épreuves que le Bon Dieu per­met que nous ayons, même par nos frères.

Et puis, est-​ce que nous réa­li­sons vrai­ment dans notre vie, cette humi­li­té de l’intelligence : Redigentes omnem intel­lec­tum in obse­quium Christi (2 Co 10,5). Voilà la devise que nous donne saint Paul : Ramener tous les esprits à l’obéissance à Notre Seigneur Jésus-​Christ : In obse­quium Christi.

Ces intel­li­gences qui vou­draient se révol­ter ; cette Raison qui s’est fait ado­rer au moment de la Révolution fran­çaise, ado­rer la rai­son humaine, contre la volon­té de Dieu, contre la foi qui demande à cette rai­son de se plier et d’obéir et d’accepter la Révélation et toutes ses consé­quences et les com­man­de­ments de Dieu. L’homme se dresse dans son orgueil et il adore sa raison.

Est-​ce que nous, nous fai­sons aus­si tout ce que nous pou­vons pour que les fruits du Saint-​Esprit nous aident à modé­rer les dési­rs de notre chair, qui elle aus­si veut se révol­ter, qui elle aus­si vou­drait bien ne pas obéir aux com­man­de­ments de Dieu ; est-​ce que vrai­ment les dons du Saint-​Esprit agissent en nous pour vivre de la ver­tu de la tempérance ?

Demandons aujourd’hui spé­cia­le­ment tous ces fruits à l’Esprit Saint, afin que nous vivions vrai­ment en catho­liques, en catholiques.

Est-​ce qu’il y a eu une autre Pentecôte, dans une autre reli­gion ? Je vous le demande !

Est-​ce que l’on a jamais enten­du dire que l’Esprit Saint était des­cen­du dans une autre reli­gion que la reli­gion catho­lique ? Non ! Parce qu’il n’y a pas d’autres reli­gions. Il n’y a qu’une reli­gion : celle de Dieu. Il n’y a pas deux reli­gions, il n’y en a qu’une. Celle que Dieu a fon­dée ; celle que Dieu nous demande d’avoir : la sienne, la reli­gion de Dieu, la reli­gion divine.

Mais cette reli­gion divine, c’est la reli­gion de la Pentecôte. C’est celle de l’Esprit Saint ; c’est celle de l’Esprit qui nous est don­né par le bap­tême et par les sacre­ments et qui rénove com­plè­te­ment nos âmes, qui res­sus­cite nos âmes et les met en contact avec Lui pour l’éternité. Il n’y a pas d’autre reli­gion. C’est pour­quoi devant cet esprit que nous consta­tons depuis le concile Vatican II, nous sommes obli­gé de nous poser la ques­tion. Est-​ce que cet esprit (nou­veau) est vrai­ment conforme à l’Esprit de la Pentecôte ? Est-​ce que les fruits du Saint-​Esprit se recon­naissent dans cet esprit qui est issu de Vatican II ?

Eh bien je pense que mal­heu­reu­se­ment nous sommes obli­gé de consta­ter que non. L’esprit de Dieu n’est pas là. Il n’y a pas de nou­velle Pentecôte. On vou­drait nous faire croire qu’il y a une nou­velle Pentecôte, qu’il y a une deuxième nais­sance de l’Église.

Il y a eu la nais­sance de l’Église à la Pentecôte, au temps des apôtres et puis il y aurait main­te­nant avec Vatican II une deuxième nais­sance de l’Église, une nou­velle Pentecôte.

Il n’y a pas deux Pentecôtes. Il n’y a qu’une Pentecôte, à laquelle nous devons être fidèles, jusqu’à la fin des temps, à laquelle devront être unis tous ceux qui seront bap­ti­sés, tous ceux qui rece­vront les sacre­ments, tous ceux qui seront confir­més, tous ceux qui rece­vront les grâces de Notre Seigneur Jésus-​Christ, seront unis à cet Esprit qui est des­cen­du à la Pentecôte sur les apôtres. C’est le même Esprit, la même fidé­li­té, avec les mêmes fruits du Saint-Esprit.

Et c’est pour­quoi je dirai que l’on peut faire le dis­cer­ne­ment des esprits par les fruits du SaintEsprit. Dans la mesure où l’on constate les fruits du Saint-​Esprit dans une famille, dans une socié­té, dans une per­sonne, on peut dire cette per­sonne est vrai­ment le fruit de la Pentecôte, du Saint-​Esprit et elle a vrai­ment le Saint-​Esprit en elle, tel que les apôtres L’ont reçu.

Si au contraire, nous ne trou­vons pas ces fruits du Saint-​Esprit, mais le contraire des fruits du Saint-​Esprit, alors nous ne pou­vons pas croire qu’il s’agisse vrai­ment du même esprit, de l’Esprit de la Pentecôte.

Regardez, jetez un tout petit regard sur les der­niers fruits du Saint-​Esprit. Je vous ai dit que les der­niers fruits du Saint-​Esprit, tels qu’ils sont don­nés par saint Paul – ce n’est pas moi qui les enseigne, c’est saint Paul lui-​même – : la foi : fides, modes­tia, conti­nen­tia, cas­ti­tas : la foi, la modes­tie, la conti­nence, la chasteté.

Dites-​moi si depuis le concile Vatican II, ces fruits du Saint-​Esprit sont plus abon­dants dans l’Église qu’auparavant ?

La foi. Nous consta­tons nous-​mêmes que la foi disparaît.

La modes­tie. Nous consta­tons au contraire l’orgueil des hommes plus fort que jamais ; l’intelligence des hommes qui se dresse plus que jamais contre Dieu, avec ces « Droits de l’homme », cette révolte de l’homme contre la loi de Dieu. Dites-​moi si la conti­nence, si la chas­te­té est mieux appli­quée, est mieux éten­due depuis le concile Vatican II et vous aurez répon­du par vous-mêmes .

Ceci est très grave et très important.

Nous vou­lons gar­der l’Esprit de Dieu. Nous vou­lons gar­der l’Esprit de la Pentecôte. Nous ne vou­lons pas tra­hir l’Esprit de la Pentecôte que les saints Apôtres ont reçu. Nous vou­lons le gar­der tel que nous l’avons reçu au baptême…

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.