Sermon de Mgr Lefebvre – Purification Prise de soutane – Ordres mineurs – 2 février 1984

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers amis,
Mes bien chers frères,

Rendons grâces à Dieu de nous trou­ver réunis ici, en cette fête si tou­chante de la Purification de la très Sainte Vierge Marie et de la Présentation de Jésus au Temple. Cérémonie qui convient si bien à l’autre céré­mo­nie qui va avoir lieu aus­si au cours de cette fête, la céré­mo­nie d’ordination, de la ton­sure, de la prise de sou­tane et des pre­miers ordres mineurs.

Il y a en effet une grande simi­li­tude et un sens pro­fond et mys­té­rieux qui unit cette fête à la céré­mo­nie de la prise de sou­tane et de la ton­sure. Et c’est à vous par­ti­cu­liè­re­ment, mes chers amis, qui dans quelques ins­tants allez revê­tir l’habit ecclé­sias­tique et rece­voir la ton­sure, c’est à vous par­ti­cu­liè­re­ment que je m’adresserai.

Quand je disais qu’il y avait une res­sem­blance entre la fête de la Purification et de la Présentation de Jésus au Temple et cette céré­mo­nie de votre intro­duc­tion aus­si dans le Temple de Dieu – et je dirai que vos parents qui sont ici – ils ne sont peut-​être pas tous ici – mais cer­tains se trouvent pré­sents dans cette céré­mo­nie – viennent aus­si vous pré­sen­ter au Temple. Comme dans les céré­mo­nies du sacre­ment de mariage, les parents conduisent leurs enfants près de l’autel pour qu’ils reçoivent les grâces du sacre­ment de mariage, eh bien de même aujourd’hui, ils vous conduisent au pied de l’autel, pour ces noces mys­tiques de vos âmes avec Notre Seigneur Jésus-​Christ, avec Jésus et avec Jésus cru­ci­fié. Car c’est Lui qui est l’époux de vos âmes. C’est Lui qui devien­dra chaque jour davan­tage, si vous êtes bien dis­po­sés et si vous don­nez vrai­ment vos âmes entiè­re­ment à Notre Seigneur Jésus-​Christ – grand mys­tère en effet, que ce mys­tère du choix qui est fait par Notre Seigneur, choix tout particulier.

C’est bien ce que dit l’Évangile, lorsque nous lisions ensemble hier les pages de l’Évangile qui concerne la voca­tion. Il est dit : Notre Seigneur choi­sit ceux qu’il vou­lut : Vocavit dis­ci­pu­los suos, et ele­git duo­de­cim ex ipsis (Lc 6,13). Il a choi­si ceux qu’il a vou­lu et Il a appe­lé les douze.

Et de même pour vous. Il vous a appe­lés. Et le signe de cette voca­tion pour l’Église, offi­ciel­le­ment, ce signe de votre voca­tion, c’est pré­ci­sé­ment la céré­mo­nie de la ton­sure. Car c’est l’Église qui vous appelle au nom de Notre Seigneur Jésus-​Christ, repré­sen­tant son Divin Époux, son Époux mys­tique. Elle vous appelle. Elle va vous nom­mer et elle va vous consa­crer, comme membres de la hié­rar­chie. Désormais clercs, vous ne serez plus des laïques, vous serez des clercs, c’est-à-dire que vous serez peu à peu et tou­jours davan­tage, des ministres, ministres de Notre Seigneur Jésus-​Christ : dis­pen­sa­tores mys­te­ro­rum, dis­pen­sa­teurs des mys­tères de Dieu. Quelle voca­tion admi­rable, quelle voca­tion sublime. Présentez-​vous comme Jésus au Temple, le cœur pur, le cœur déta­ché. Et deman­dez à Marie aus­si, qu’elle vous pré­sente au Temple comme Notre Seigneur. Vous êtes ses fils, vous êtes ses enfants. C’est elle aus­si qui vous pré­sente dans le Temple, pour que vous soyez consa­crés à Dieu, consa­crés à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Demandez à cette Sainte Mère, de mettre dans vos âmes, dans vos cœurs, ces dis­po­si­tions qu’elle avait. Et ces dis­po­si­tions sont tout entières pru­dentes, déve­lop­pées, aug­men­tées dans leur sain­te­té, par le Saint-​Esprit. Si nous essayons de nous figu­rer ce que pou­vait être cette scène abso­lu­ment extra­or­di­naire de la Présentation de Jésus au Temple, nous y ver­rons par­tout l’action du Saint-​Esprit. L’action du Saint-​Esprit dans la très Sainte Vierge Marie qui a été rem­plie du Saint-​Esprit. Elle ne pou­vait pas agir autre­ment que mue par le Saint-​Esprit, par l’amour de Dieu, par cet amour sub­stan­tiel de Dieu Lui-même.

Saint Joseph aus­si est rem­pli du Saint-​Esprit, parce qu’il a été choi­si comme père nour­ri­cier de Jésus. Et c’est l’Évangile lui-​même qui nous dit aus­si que Siméon était rem­pli du Saint-​Esprit, était un saint de l’Ancien Testament, mais rem­pli éga­le­ment du Saint-Esprit.

Et c’est sous l’influence de l’Esprit Saint qu’il est venu au Temple. L’Esprit Saint lui avait dit qu’il ne mour­rait pas sans avoir vu Celui qui est le salut du monde. Et alors, il s’est pré­sen­té lui aus­si, au Temple. Et il a recon­nu dans l’Enfant-Jésus, por­té par la Vierge Marie, il a recon­nu le Sauveur du monde.

Anne éga­le­ment fut appe­lée par l’Esprit Saint et fut pré­sente à cette céré­mo­nie de la Présentation de Jésus au Temple. Le Saint-​Esprit était là, qui unis­sait toutes ces per­sonnes, pour dési­gner une fois de plus le Messie comme l’avaient fait les saints Anges, au moment où ils avaient appe­lé les ber­gers. De même que les ber­gers, avaient été pous­sés par l’Esprit Saint, qu’ils étaient allés s’incliner devant cet Enfant qui se trou­vait dans la Crèche. Les Rois Mages, appe­lés aus­si par l’Esprit Saint pour venir ado­rer Jésus. Tout converge vers l’affirmation, vers l’adoration de Notre Seigneur Jésus-​Christ, Dieu fait homme pour le salut du monde.

Et quel magni­fique chant que celui du vieillard Siméon, qui dit : « Maintenant, vous pou­vez me prendre, ô mon Dieu, parce que j’ai vu de mes yeux le salut du monde et Celui qui est la Lumière des nations ».

Eh bien le voi­ci dési­gné, mes chers amis, l’époux de vos âmes : salut du monde et Lumière des nations.

Vous aus­si vous devrez l’imiter. Vous aus­si vous serez par­ti­ci­pant à cette œuvre de la Rédemption et par consé­quent, vous serez aus­si hommes de Dieu, le salut du monde et la lumière des nations.

Participer à l’œuvre de la Rédemption, voi­là ce que vous venez deman­der ici. Vous venez vous offrir géné­reu­se­ment, cou­ra­geu­se­ment, aban­don­nant votre famille, aban­don­nant vos amis, aban­don­nant les rêves que vous avez pu faire dans votre jeu­nesse, d’autres rêves. Mais un jour, vous avez com­pris, vous avez choi­si et vous avez été appe­lés aus­si par l’Esprit Saint à réa­li­ser cette voca­tion. Vous avez pen­sé que vous pou­viez aus­si pour votre part, pour votre petite part, mais com­bien grande par rap­port à Celui qui réa­lise cela en vous, c’est Dieu Lui-​même, c’est l’Esprit Saint Lui-​même qui réa­lise en vous cette voca­tion, com­bien grande par rap­port au salut des âmes. Vous serez des ins­tru­ments de Dieu.

Et vous allez donc entrer, non seule­ment dans le temple maté­riel de Dieu, comme vous le faites aujourd’hui, dans cette mai­son de Dieu, pour rece­voir cette consé­cra­tion qui fera de vous des clercs, mais vous entrez dans l’Église, dans ce mys­tère de l’Église, d’une manière plus profonde.

Sans doute, tous les bap­ti­sés font par­tie de l’Église et par­ti­cipent à ce grand mys­tère qu’est l’Église, mys­tère de la Rédemption de Dieu, épouse mys­tique de Dieu, Corps mys­tique de Notre Seigneur Jésus-​Christ qui nous pré­pare à la béa­ti­tude céleste, mais vous y entrez d’une manière par­ti­cu­lière, car les clercs sont – comme je le disais tout à l’heure – char­gés de dis­pen­ser les mys­tères de Dieu pour la sanc­ti­fi­ca­tion des fidèles, pour la sanc­ti­fi­ca­tion des âmes.

Ce mys­tère de l’Église est extra­or­di­naire. C’est une créa­tion de la cha­ri­té du Bon Dieu, encore une preuve de plus que le Bon Dieu nous aime et qu’il nous aime infi­ni­ment. Car ce mys­tère Il l’a fait pour se don­ner Lui-​même, pour se conti­nuer Lui-​même à tra­vers les siècles. Il s’est don­né à son Épouse. Il s’est don­né en véri­té, en réa­li­té. Il a don­né son Corps et son Sang, son âme, sa divi­ni­té. Il l’a confiée à l’Église pour conti­nuer cette œuvre de la Rédemption, pour conti­nuer son Calvaire, pour conti­nuer son Sacrifice.

Et alors Il a vou­lu consti­tuer cette Église sainte, imma­cu­lée. Il lui a don­né ses carac­té­ris­tiques que nous lui connais­sons et que nous affir­mons dans notre Credo : une, sainte, catho­lique, apos­to­lique. Ce sont des marques divines, des marques qui ne peuvent jamais être absentes de l’Église. L’Église est tou­jours et sera tou­jours une sainte, catho­lique et apos­to­lique. Et c’est pour­quoi, c’est un mythe, une erreur pro­fonde que de recher­cher l’unité de l’Église. On recherche l’unité aujourd’hui. C’est une erreur pro­fonde. L’Église est tou­jours, elle ne peut être qu’une, parce qu’il n’y a qu’une foi, qu’il n’y a qu’un bap­tême, parce qu’il n’y a qu’un Dieu. C’est ce que dît l’Écriture et l’Église pos­sède cette foi, ce bap­tême et ce Dieu. Elle l’a. Elle l’a pour tou­jours, pour l’éternité. Elle veut pré­ci­sé­ment nous le don­ner. Quand bien même il n’y aurait que quelques catho­liques, quelques per­sonnes qui auraient cette véri­té, ce bap­tême, ce Dieu, cette foi, l’Église conti­nue­rait à être pré­sente sur la terre.

Or, ce mys­tère de l’Église est vrai­ment inson­dable, est vrai­ment une chose mer­veilleuse que Dieu a faite, que Notre Seigneur a faite. Cette Église qui monte jusqu’au Ciel : Église triom­phante. Église souf­frante du Purgatoire, Église mili­tante d’ici-bas, mys­tère éga­le­ment que cette Église qui est à la fois comme son Époux divin, elle est à la fois divine et humaine.

Et il faut que vous sachiez, mes chers amis, que l’Église est divine et humaine. Vous allez rece­voir, de cette Église, en tant qu’elle est divine, toutes les grâces de l’Esprit Saint qui viennent de cette Église, qui vous trans­forment en Dieu, qui vous trans­forment en Notre Seigneur Jésus-​Christ, qui vous divi­nisent, qui vous donnent cette vie de Dieu qui va cou­ler tou­jours davan­tage en vous si vous le vou­lez bien. Si vous don­nez vrai­ment vos âmes à Dieu et que vous les ouvrez toutes belles, toutes pures, toutes simples, dans la sim­pli­ci­té de vos cœurs. Alors la vie de Dieu cir­cu­le­ra en vous, la vie de Notre Seigneur par Notre Seigneur, par la Sainte Église, par le Sacrifice divin, par les sacre­ments, par la prière, par l’oraison, autant de canaux de la vie de Notre Seigneur qui vont vous inon­der de l’Esprit Saint, de la vie de la cha­ri­té de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Mais, si l’Église est divine et que vous vou­lez être atta­chés à cette Église divine et que vous vou­lez gar­der cette uni­té avec l’Église, avoir dans vos cœurs cette uni­té de l’Église avec Dieu, cette uni­té du bap­tême, vous pou­vez la gar­der et vous serez ain­si les témoins de la véri­table Église, de ce qu’est l’Église essen­tiel­le­ment, sub­stan­tiel­le­ment pour l’éternité. Elle ne peut plus chan­ger. Elle nous donne vrai­ment de par­ti­ci­per à l’éternité de Dieu et aux dons de Dieu qui sont indéfectibles.

Mais l’Église est humaine aus­si. De même que c’est un grand mys­tère que l’Incarnation, que Dieu, à la fois Dieu et homme, sou­mis aux souf­frances, sou­mis aux intem­pé­ries, sou­mis à la faim, au froid, sou­mis à la dou­leur, c’est ce que fut Notre Seigneur. Dieu est deve­nu homme et s’est fait l’un d’entre nous, mais bien sûr, sans le péché. Quel mys­tère extra­or­di­naire ! Eh bien l’Église aus­si. Si l’Église est divine par l’Esprit Saint qui cir­cule en elle, l’Esprit de Jésus, elle est aus­si humaine.

Et hélas, nous ne le voyons que trop. Au cours des siècles, que d’abandons, que de déchi­re­ments, que de lâche­tés dans cette Église. Alors, il faut tou­jours pen­ser que l’Église véri­table, l’Église défi­ni­tive, l’Église divine, c’est celle dans laquelle cir­culent les dons de Dieu, les dons divins de Dieu. Ceux qui n’ont plus la foi ; ceux qui n’ont pas le bap­tême ; ceux-​là n’ont pas Dieu et par consé­quent l’Esprit Saint ne cir­cule pas en eux, même si appa­rem­ment ils semblent membres de l’Église visible, extérieurement.

Et ceci vaut aus­si bien pour nous-​mêmes que pour ceux que nous pou­vons juger de l’extérieur.

Nous pen­sons que telle ou telle per­sonne fait par­tie de l’Église, membre de l’Église, même peut-​être membre éle­vé de la hié­rar­chie, eh bien, si nous avions les yeux de Dieu, les yeux des saints Anges, les yeux des élus, nous nous aper­ce­vrions que ces per­sonnes ne font plus par­tie de l’Église, ne sont pas membres de l’Église. L’Esprit Saint ne cir­cule plus en eux ; l’Esprit de Dieu ne cir­cule plus en eux. Parce qu’ils n’ont plus la foi. Ils n’ont plus la foi catho­lique. Ils n’ont plus cette uni­té avec l’Église, qui est l’unité de la foi.

Ils ont renié leur bap­tême. Et ain­si ils renient Dieu. Quel grand mys­tère ! Nous ne savons pas ; nous ne pou­vons pas dire : un tel n’est plus de l’Église ; dans celui-​ci le Saint-​Esprit ne cir­cule plus ; il n’est plus membre de l’Église. Cependant lorsque des affir­ma­tions contraires à la foi de l’Église, d’une manière claire et nette, détachent ces per­sonnes de la foi catho­lique, ces per­sonnes ne font plus par­tie de l’Église, même si elles se pré­sentent comme des per­sonnes consti­tuées de la hié­rar­chie de l’Église. Et c’est le mys­tère de l’Église. L’Église est humaine. C’est l’aspect humain de l’Église. Tout au cours de l’Histoire de l’Église, ces choses-​là se sont réa­li­sées. Ce n’est pas parce que nous appa­rais­sons être des membres de l’Église, que nous sommes véri­ta­ble­ment des membres vivants de l’Église. Nous pou­vons être des membres morts, des rameaux morts, desséchés.

Alors vous devez avoir confiance. Confiance dans cette Église, dans laquelle a cir­cu­lé le Sang de Jésus, la grâce de Jésus, l’Esprit de Jésus. Et qui n’est autre que cette Église de vingt siècles. Il n’est pas pos­sible que pen­dant vingt siècles l’Église se soit trom­pée et que tous ses membres, que l’on a dit membres de l’Église ne soient pas membres de l’Église. Ce n’est pas possible.

Dieu sait ceux qui en font par­tie et ceux qui n’en font pas par­tie. Mais nous devons croire en véri­té que l’Église est tou­jours sainte et donc qu’il y a tou­jours des saints dans l’Église ; qu’il y a tou­jours des per­sonnes sanc­ti­fiées dans l’Esprit Saint.

Mais il nous faut bien recon­naître que de nos jours, depuis vingt ans, depuis trente ans, nous voyons de nos yeux de plus en plus nom­breux ceux qui se disent membres de l’Église, se déta­cher de l’Église, quit­ter cette Église de Dieu. Ils brisent l’unité de l’Église. Ceux qui brisent l’unité de l’Église sont ceux qui n’ont plus cette uni­té de la foi. La foi est essen­tielle à l’Église. Le Credo. On trans­forme notre Credo ; on trans­forme les caté­chismes, on trans­forme les véri­tés. Par consé­quent, s’il n’y a plus cette uni­té de l’Église, eh bien c’est la rup­ture avec l’Église véri­table, avec l’Église de Dieu, avec l’Église divine.

Alors, soyons heu­reux de nous main­te­nir unis à cette Église divine, unis dans cette foi à l’Église, cette foi de tou­jours, dont nous ne vou­lons pas que l’on nous arrache un seul article. Nous ne vou­lons pas que l’on nous sup­prime le consub­stan­tiel ; nous ne vou­lons pas que l’on nous sup­prime ab utroque, cette nais­sance de l’Esprit Saint, cette ori­gine de l’Esprit Saint, divine, du Père et du Fils, sinon le Saint-​Esprit n’est plus Dieu. Et Dieu n’est plus Dieu, alors nous refu­sons et nous affir­mons cette vérité.

De même que nous ne vou­lons pas que l’on nous fasse oublier la trans­sub­stan­tia­tion de la Sainte Eucharistie. C’est le terme qui nous a tou­jours divi­sés avec les pro­tes­tants. Un catho­lique est quelqu’un qui croit en la trans­sub­stan­tia­tion, c’est-à-dire la sub­stance du pain dis­pa­raît pour lais­ser place à la sub­stance du Corps et du Sang de Notre Seigneur. Voilà ce que crient les catho­liques. Voilà notre foi catho­lique. Il ne s’agit pas de par­ler de pré­sence. Une pré­sence de Dieu dans l’Eucharistie ; ce n’est pas cela que nous vou­lons. Nous vou­lons la trans­sub­stan­tia­tion, parce que l’Église l’a affir­mé solen­nel­le­ment, défi­ni­ti­ve­ment. Elle a dit que l’on ne pou­vait pas employer d’autre mot, car c’est le mot catho­lique. De même que la consub­stan­tia­li­té des Personnes divines, de même que l’origine divine du Saint-​Esprit, du Père et du Fils.

Nous ne pou­vons pas chan­ger ces choses-​là. Ce sont des choses qui sont jus­te­ment de cette Église divine qui ne change pas, qui ne peut pas chan­ger, qui sera pour l’éternité.

Dès lors que nous refu­sons ces véri­tés, nous quit­tons l’Église ; nous ne sommes plus membres de l’Église ; l’Esprit Saint ne cir­cule plus en nous ; l’Esprit Saint n’est plus en nous ; nous sommes des membres morts ; nous sommes des rameaux des­sé­chés. C’est grave.

Alors, pour nous, nous avons cette foi, nous avons cette confiance d’être atta­chés à l’Église de tou­jours ; de croire comme ont cru les apôtres ; comme ont cru les Pères de l’Église ; comme ont cru tous les conciles. Mais hélas ce nou­veau concile a ouvert des portes qui font perdre la foi aux gens. C’est un fait.

Voilà, mes bien chers amis, ce que vous devez pen­ser dans vos cœurs et vous réjouir et remer­cier Dieu et vous pré­pa­rer aux souf­frances, vous pré­pa­rer aux difficultés.

Si l’Église est humaine, il y a des per­sé­cu­tions. On peut être per­sé­cu­té par les frères, a fal­si fra­tri­bus, a dit saint Paul. J’ai été per­sé­cu­té par les faux-​frères. Eh bien, vous le serez aus­si ; vous subi­rez des per­sé­cu­tions. Notre Seigneur l’a annon­cé. Lorsqu’il a choi­si ses apôtres, Il leur a fait un dis­cours. Il leur a dit : « Je ne vous envoie pas au milieu des bre­bis, vous serez au milieu des bre­bis et des loups ». Il y aura des loups. Il leur a annon­cé. « Vous subi­rez des per­sé­cu­tions comme moi-​même je les ai subies ». Alors ne nous éton­nons pas et soyons fermes. Maintenons ferme notre foi.

Quant à vous, chers amis, qui allez rece­voir l’ordre de Portier, vous êtes les gar­diens du temple de Dieu. C’est aus­si une charge impor­tante. Garder le temple de Dieu, c’est vous qui son­nez les cloches pour appe­ler les fidèles à venir dans la mai­son de Dieu, pour y prier, pour rece­voir les grâces du Saint-​Esprit, pour vivre de la vie de Dieu, pour recou­vrer la vie de Dieu s’ils l’ont perdue.

Et puis ces cloches aus­si, éloignent les démons. C’est dans toute la béné­dic­tion de ces cloches, béné­dic­tion qui est admi­rable. Cette consé­cra­tion des cloches qui montre l’influence des cloches pour chas­ser les démons.

Oui le démon s’enfuit aux appels de ces cloches consa­crées, parce que c’est la voix de Dieu. C’est la voix de Dieu qui parle ; c’est la voix de Dieu qui appelle les fidèles. Alors quand vous son­nez ces cloches, le démon a peur ; il s’enfuit ; il s’éloigne.

Et puis vous gar­de­rez pré­cieu­se­ment tous les biens, tous les objets du culte. Vous ferez en sorte que ces mai­sons de Dieu et que tout ce qui concerne le culte de Dieu, soit propre, soit beau, soit pur, pour l’édification des âmes des fidèles et pour l’édification de vos propres âmes.

Quant à vous Lecteurs, vous êtes comme des caté­chistes offi­ciels de l’Église. Désormais, vous pou­vez lire publi­que­ment l’Écriture, les Pères, les véri­tés de l’Église. Vous pou­vez les annon­cer. Vous êtes Lecteurs, lec­teurs des Livres saints. Et donc caté­chistes offi­ciels de l’Église. C’est encore une belle fonc­tion qui tout dou­ce­ment vous mène­ra à gra­vir d’autres marches de l’autel. C’est ce que nous vous souhaitons.

En ter­mi­nant, deman­dons une fois de plus à notre bonne Mère du Ciel qui est rem­plie du Saint-​Esprit, de vous com­bler de ses grâces et, tous ensemble ici, parents, amis, prêtres qui sont venus vous entou­rer, nous prie­rons de tout cœur pour que le Bon Dieu fasse de vous de bons et saints Lévites, de bons et saints Séminaristes, en atten­dant d’être prêtres de l’Église.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.