Sermon de Mgr Lefebvre – Saint-​Pierre – Saint-​Paul – Ordinations sacerdotales – 29 juin 1983

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers frères,

Cette solen­ni­té de la fête de saint Pierre et saint Paul revêt aujourd’hui pour notre Fraternité, une solen­ni­té par­ti­cu­lière. En effet, beau­coup d’entre vous savent déjà que l’année der­nière s’est réuni le Conseil géné­ral de notre Fraternité et a élu comme Supérieur géné­ral, M. l’abbé Franz Schmidberger, qui au cours de cette année a reçu les consignes, la suc­ces­sion en quelque sorte, mais désor­mais l’heure est arri­vée par la Providence, par la volon­té de Dieu, que M. l’abbé Schmidberger prenne en réa­li­té la direc­tion de la Fraternité. Et, par consé­quent, à par­tir d’aujourd’hui, c’est lui qui aura à la fois la charge et les grâces par­ti­cu­lières pour conti­nuer l’œuvre qui a été accom­plie par la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X.

Je ne doute pas que le choix qu’ont fait les capi­tu­lants a été réflé­chi, a été fait avec le secours du Saint-​Esprit et par consé­quent, la Fraternité se trou­ve­ra en de bonnes mains, assu­rée de conti­nuer l’œuvre que saint Pie X, notre saint Patron nous a ins­pi­ré de faire.

Que va faire la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X désor­mais ? Eh bien, elle conti­nue­ra tout sim­ple­ment avec cou­rage, avec fer­veur, dans la prière, dans l’union à Dieu, à main­te­nir la tra­di­tion de la foi catho­lique, à conti­nuer l’Église. Telle est l’œuvre de la Fraternité Saint-​Pie X, par­ti­cu­liè­re­ment en pour­sui­vant l’œuvre des sémi­naires, si impor­tante pour le bien des âmes, pour la gloire de l’Église, pour la gloire de Dieu.

Et si je vou­lais résu­mer en quelques mots quelle a été notre ligne de conduite au cours de ces treize années pré­cé­dentes depuis la fon­da­tion de la Fraternité, je dirai que nous n’avons vou­lu être ni schis­ma­tique, ni héré­tique, mais catholique.

Car c’est cela qui importe, pour vous mes bien chers frères, pour nous, de demeu­rer catho­lique et d’éviter pré­ci­sé­ment ces deux écueils qui conduisent aujourd’hui les âmes, dans une bien triste aven­ture, soit de deve­nir véri­ta­ble­ment héré­tiques, soit de deve­nir schis­ma­tiques en quit­tant Rome et en aban­don­nant notre Saint Père le pape et la hié­rar­chie, en pen­sant qu’il n’y a plus qu’eux qui sont dans l’Église.

Hélas, nous devons bien consta­ter que les dan­gers d’hérésie conti­nuent aus­si et que la Curie romaine étant tou­jours occu­pée par les moder­nistes, l’erreur conti­nue de se répandre et de se dif­fu­ser à l’intérieur de l’Église. Elle se dif­fuse par­ti­cu­liè­re­ment par ce vent d’hérésie que l’on appelle l’œcuménisme. Cet œcu­mé­nisme qui veut rap­pro­cher l’Église de toutes les reli­gions ; qui veut rap­pro­cher l’Église de toutes les idéo­lo­gies, et entraîne les fidèles – non pas l’Église, puisque l’Église est sainte et demeu­re­ra tou­jours dans la foi – mais entraîne les fidèles dans l’hérésie, dans l’éloignement de la foi catho­lique. Nous le consta­tons tous les jours.

Car il est bon de réflé­chir tout de même aux prin­cipes fon­da­men­taux qui ont conduit Luther à se sépa­rer de l’Église. C’est bien cela qu’il a fait, en refu­sant le Magistère de l’Église, en pré­ten­dant que chaque catho­lique ou chaque fidèle, chaque chré­tien, pou­vait inter­pré­ter l’Écriture comme il l’entendait sous l’inspiration du Saint-​Esprit. Il s’éloignait du Magistère de l’Église ; il rom­pait avec Rome et par le fait même il s’éloignait de l’Église.

L’Église mère et maî­tresse de véri­té, l’Église notre guide, que pouvons-​nous faire sans l’Église ? Pour nous, nous conti­nuons l’Église ; nous conti­nuons comme l’ont fait nos pré­dé­ces­seurs ; comme l’ont fait nos parents ; comme l’ont fait nos ancêtres. Nous conti­nuons, tout sim­ple­ment l’Église. Nous ne vou­lons pas nous sépa­rer de l’Église, jamais. L’Église pen­dant vingt siècles a main­te­nu l’œuvre de Notre Seigneur Jésus-​Christ et la foi en Notre Seigneur Jésus-​Christ et nous vou­lons continuer.

Luther, lui, a rom­pu avec l’Église et par le fait même, éloi­gnant les fidèles de l’Église, il les a éloi­gnés aus­si de Dieu. Et c’est peut-​être la chose la plus grave, la plus dou­lou­reuse pour le pro­tes­tan­tisme et pour les mou­ve­ments issus du pro­tes­tan­tisme, comme le libé­ra­lisme, comme le pro­gres­sisme, comme le moder­nisme. Tous ces mou­ve­ments éloignent de Dieu. Dieu a vou­lu vivre avec nous. Dieu a vou­lu être l’un des nôtres ; Dieu a vou­lu vivre en nous, bien plus qu’avec nous, en nous. Par la grâce de notre bap­tême, par la grâce sanc­ti­fiante, nous savons que nous sommes fils de Dieu ; que Dieu est avec nous ; que Dieu est en nous ; qu’il vît en nous ; que nous sommes deve­nus des temples du Saint-​Esprit. Ce n’est pas une petite chose, c’est ce qui pré­pare notre éternité.

Qu’avons-nous à faire ici-​bas, sinon de nous pré­pa­rer à vivre avec Dieu pour l’éternité ? Mais si nous n’avons pas Dieu en nous ici-​bas, l’aurons-nous au Ciel ? L’aurons-nous dans l’éternité ? Alors l’Église a tou­jours ensei­gné que par le bap­tême nous rece­vons cette grâce insigne, la grâce sanc­ti­fiante qui nous fai­sait par­ti­ci­per à la nature même de Dieu, à la nature de Notre Seigneur Jésus-​Christ, à sa nature divine et que, par consé­quent, nous étions vrai­ment fils de Dieu, frère de Jésus-​Christ, unis à Dieu par cette grâce sanc­ti­fiante. Quelle merveille !

Hélas, nous l’oublions aujourd’hui. Combien même de chré­tiens vivent comme s’ils ne connais­saient plus ces grandes réa­li­tés : comme s’ils ne connais­saient plus Notre Seigneur Jésus-​Christ. Et c’est pré­ci­sé­ment la grande erreur de Luther. Luther a vou­lu ima­gi­ner à lui seul, se faire une idée de la Rédemption de Notre Seigneur Jésus-​Christ, une idée fausse : que nous res­tions pécheurs et que Notre Seigneur Jésus-​Christ, par sa Croix, par son Sacrifice, par son Calvaire, cou­vrait nos péchés, mais que nos péchés n’étaient pas remis ; que nous demeu­rions pécheurs, mais que nous deve­nions justes par notre foi en Jésus-​Christ. Et le bap­tême étant le sym­bole de la foi en Jésus-​Christ, bap­ti­sés, nous deve­nions justes, mais nous demeu­rions en même temps pécheurs. Point de grâce sanc­ti­fiante, point de pré­sence du Saint-​Esprit dans nos cœurs et dans nos âmes, point de pré­sence de trans­for­ma­tion de nos âmes dans la divi­ni­té de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Nos âmes n’étaient pas lavées par le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est tout un autre monde. Et depuis ce temps, cette pré­sence de Dieu en nous a dimi­nué dans l’esprit de tant et tant d’âmes.

Donc l’œuvre de Luther a été à la fois d’éloigner les âmes de l’Église et d’éloigner les âmes de Dieu, de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Eh bien, nous devons consta­ter mal­heu­reu­se­ment, que depuis que ce vent d’œcuménisme a souf­flé dans l’Église, ce sont les mêmes résul­tats qui appa­raissent à l’intérieur de l’Église. Car en véri­té, les âmes se séparent de l’Église ; elles se séparent de l’Église parce qu’elles n’ont plus la foi dans l’Église seul moyen de salut, seul moyen de sau­ver nos âmes.

Des idées se répandent par­tout, dans les revues catho­liques, dans les pré­di­ca­tions, dans la concep­tion qu’ont désor­mais les prêtres de la sainte Église et même les évêques, que l’on peut se sau­ver dans 576

toutes les reli­gions ; que toutes les reli­gions sauvent.

On place dans les revues catho­liques, par­mi les reli­gions, une reli­gion qui s’appelle catho­lique. Il y a d’abord la reli­gion chré­tienne et puis, la reli­gion catho­lique, la reli­gion musul­mane et la reli­gion boud­dhiste. L’Église catho­lique n’étant plus qu’une reli­gion par­mi les autres reli­gions. C’est une héré­sie ! Il n’y a qu’une seule véri­table reli­gion fon­dée par Notre Seigneur Jésus-​Christ qui est Dieu : la sainte Église catho­lique, seul moyen de salut pour nos âmes.

Il faut que d’une manière ou d’une autre, toute âme pour se sau­ver, passe par l’Église catho­lique. Consciemment ou incons­ciem­ment, toute âme ne peut se sau­ver que par Notre Seigneur Jésus-​Christ et son Épouse mys­tique, en étant membre du Corps mys­tique de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Voilà ce que l’Église nous a tou­jours ensei­gné. Il n’y a pas d’autre reli­gion que celle-​là. Nous ne pou­vons pas choi­sir. Ce n’est pas nous qui avons fon­dé notre sainte Religion, c’est Dieu Lui-même.

Or, main­te­nant, dans l’Église, nous voyons ces erreurs se répandre par­tout. Si bien que les âmes se séparent de l’Église catho­lique. Que d’âmes main­te­nant, que de catho­liques adhèrent à des sectes et s’éloignent de l’Église. Et cela, il faut bien le dire, à cause de ces nou­veau­tés, à cause des nou­velles idées et par­ti­cu­liè­re­ment cette idée d’œcuménisme qui s’est répan­due depuis le concile Vatican II. Nous avons vu fleu­rir cette idée, dans le concile Vatican II. Et c’est ain­si que toutes les réformes sont issues de cet esprit d’œcuménisme, esprit faux, esprit qui détruit l’Église catho­lique. Ce n’est pas pour rien que le pape Paul VI a dit que l’on consta­tait « l’auto-démolition » de l’Église.

Et puis, l’on ne parle plus de la grâce sanc­ti­fiante. Nous reve­nons à ce natu­ra­lisme, à ce ratio­na­lisme de la reli­gion pro­tes­tante. Et en cela, nous nous éloi­gnons de Dieu ; nous nous éloi­gnons du Ciel ; nous nous éloi­gnons de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Mes bien chers frères, ayons conscience de la gran­deur et de notre digni­té de chré­tien. Par cette grâce nous sommes faits déjà, des élus du Ciel. Si nous gar­dons cette grâce jusqu’à la fin de nos jours, nous pou­vons être assu­rés d’être des élus du Ciel, de péné­trer dans le sein de la Trinité Sainte un jour et de chan­ter la gloire du Bon Dieu, unis à Notre Seigneur Jésus-​Christ et à son Corps mystique.

Et tous les sacre­ments viennent récon­for­ter, viennent aug­men­ter cette grâce sanc­ti­fiante, viennent lui redon­ner une vie nou­velle. Et cette grâce sanc­ti­fiante n’est pas autre chose que la divi­ni­té de Notre Seigneur Jésus-​Christ qui est répan­due dans nos âmes par l’Esprit Saint d’une manière per­ma­nente, que nous donnent ces belles ver­tus de foi, d’espérance, de cha­ri­té, toutes les ver­tus sur­na­tu­relles. C’est déjà le Ciel dans nos âmes.

Alors si nous aban­don­nons cette doc­trine, nous ne sommes plus catho­lique ; nous ne sommes plus de la lignée de tous ces saints qui ont mani­fes­té pré­ci­sé­ment la pré­sence de la grâce sanc­ti­fiante dans leur âme.

Quelle gran­deur dans le Sacrifice de la messe, où nous savons que par le Sang de Jésus-​Christ, que par Jésus que nous rece­vons, notre grâce sanc­ti­fiante croît en ver­tu, en force, en sagesse, que notre âme s’unit à Celui qui sera notre bon­heur au Ciel. Comme tout cela est beau ; comme tout cela est récon­for­tant au milieu des souf­frances, des dif­fi­cul­tés, des sacri­fices de la vie. Pauvres pro­tes­tants, vrai­ment pauvres protestants !

Et c’est ce qu’ils nous ont tou­jours envié. Ils ont envié notre concep­tion de la grâce sanc­ti­fiante et du bap­tême. Ils nous ont envié l’Eucharistie ; ils nous ont envié cette trans­for­ma­tion de nos âmes, dans la divi­ni­té de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Ils nous ont envié le sacre­ment de péni­tence qui réta­blit nos âmes dans l’amitié de Jésus-​Christ, tan­dis qu’eux pauvres pro­tes­tants, croient qu’ils sont tou­jours pécheurs, tou­jours pécheurs ! Que seul un sen­ti­ment de foi, de confiance en Notre Seigneur les sauve. Ils savent bien que ce n’est pas pos­sible, que ce n’est pas vrai. Et c’est pour cela que beau­coup se sont conver­tis au catho­li­cisme et qu’ils étaient atti­rés par l’Église catho­lique. Et aujourd’hui, ils ne se conver­tissent plus, puisqu’ils ont l’impression que les idées qu’ils avaient, ils les retrouvent à l’intérieur de l’Église catholique.

On n’a plus ce res­pect dans la réa­li­té du sacre­ment de péni­tence ; on n’a plus le res­pect de la Présence réelle de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans la très sainte Eucharistie. On ne sait plus ce que c’est que le Sacrifice de la messe, sacri­fice rédemp­teur de Notre Seigneur qui nous sanc­ti­fie tous les jours. Alors ils ne se conver­tissent plus et les catho­liques deviennent pro­tes­tants. Voilà la réa­li­té d’aujourd’hui.

Devant cela, c’est à vous mes chers amis, qui allez être ordon­nés dans quelques ins­tants, qui allez deve­nir prêtres, prêtres de Notre Seigneur, com­mu­niant à la grâce. Cette grâce d’union hypo­sta­tique de Notre Seigneur qui l’a fait Prêtre. Car c’est par sa grâce d’union de l’humanité et de la divi­ni­té que Jésus est deve­nu Prêtre – le Prêtre – le Prêtre de tou­jours, le Prêtre d’hier, le Prêtre d’aujourd’hui, le Prêtre de demain, le Prêtre de l’éternité.

Vous allez par­ti­ci­per par cette grâce à la grâce d’union de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Vous serez aus­si prêtre pour l’éternité.

Alors, ce sera votre rôle à vous, de mani­fes­ter cette foi, cette espé­rance, cette cha­ri­té sur­na­tu­relle, par­tout où vous serez. Que dans votre pré­di­ca­tion, que dans votre manière de célé­brer le Saint Sacrifice de la messe ; que dans votre manière de don­ner les sacre­ments, que dans votre manière de prê­cher, de vous conduire vis-​à-​vis des fidèles, vous soyez vrai­ment ce qu’a été saint Jean-​Baptiste : Ille erat lucer­na, ardens et lucens (Jn 5,35) : Une lumière, oui, vrai­ment écla­tante et en même temps une cha­ri­té, le rayon­ne­ment de la cha­ri­té, le rayon­ne­ment de l’Esprit Saint, voi­là ce qu’attendent les fidèles de vous, dans ce monde paga­ni­sé, dans ce monde maté­ria­li­sé, ratio­na­li­sé, qui ne croit plus qu’à sa rai­son ; qui ne croit plus qu’à sa pen­sée, à sa libre-​pensée, à sa libre-​volonté. Vous ensei­gne­rez ces réa­li­tés sur­na­tu­relles et vous ensei­gne­rez ces ver­tus de foi, d’espérance et de cha­ri­té. Foi en Jésus-​Christ, car c’est Lui qui est l’objet de notre foi ; c’est Lui qui est la source de notre foi ; c’est Lui qui sera l’épanouissement de notre foi, dans la gloire du Ciel, dans la vision béatifique.

Alors vous prê­che­rez ces grandes et belles réa­li­tés à tous les fidèles qui se sen­ti­ront sou­te­nus, conti­nuant vrai­ment ce qu’a tou­jours été l’Église catho­lique. Vous gar­de­rez aus­si l’espérance. L’espérance, c’est la ver­tu du pèle­rin. Nous sommes en marche. En marche vers qui ? Mais vers Dieu ! vers le Paradis, vers le Ciel. Tous les jours, des cen­taines de mil­liers d’âmes quittent cette terre, pour aller où ? Où ? à quel but ? à quelle des­ti­na­tion ? C’est vous qui leur ensei­gne­rez l’espérance. L’espérance dans la parole de Dieu, mais aus­si l’espérance dans la crainte et le trem­ble­ment pour le salut de nos âmes. Et évi­ter le péché, qui nous éloigne de ce but essentiel.

Et puis enfin, vous serez les hérauts de la cha­ri­té. Charité comme celle qui a été celle des apôtres après la Pentecôte, après qu’ils aient reçu l’Esprit Saint.

Et reple­ti sunt omnes Spiritu Sancto (Ac 2,4) : Et ils ont été rem­plis de l’Esprit Saint, loquentes magna­lia Dei : ils par­laient des mer­veilles de Dieu.

Quel a été le résul­tat de cette effu­sion de l’Esprit Saint en eux ? Ils ont chan­té les gran­deurs de Dieu. Vous allez rece­voir l’Esprit Saint en abon­dance dans quelques ins­tants pour être les prêtres du Seigneur et vous chan­te­rez la gloire du Bon Dieu et vous chan­te­rez les gran­deurs de Dieu.

C’est cela que donne d’abord le Saint-​Esprit et c’est cela qui sera défi­ni­ti­ve­ment notre bon­heur dans le Ciel : chan­ter la gloire de Dieu. Et pour cela, vous vous dévoue­rez à votre pro­chain ; vous serez tout entier à votre pro­chain. Vous ne serez pas de ceux qui enver­ront d’autres per­sonnes pour aller por­ter la com­mu­nion aux malades ; pour aller por­ter le sou­tien à ceux qui souffrent, vous irez vous-​même. Et vous leur don­ne­rez les sacre­ments et vous leur don­ne­rez la vraie parole de cette foi que vous aurez en vous, cette foi pro­fonde en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Vous serez dévoués aus­si dans l’enseignement, ensei­gne­ment du caté­chisme, ensei­gne­ment de la Vérité. Soyez vrai­ment de vrais prêtres. Et puis sur­tout, vous serez sou­te­nus par le Saint Sacrifice de la messe. Le prêtre est fait pour le Sacrifice et le Sacrifice ne peut pas exis­ter sans prêtre.

Alors vous serez sacri­fi­ca­teurs qui mon­te­rez à l’autel tous les matins, avec quelle joie, avec quels sen­ti­ments de recon­nais­sance à Notre Seigneur Jésus-​Christ, avec quel désir de faire des­cendre Notre Seigneur Jésus-​Christ sur l’autel et de Le don­ner aux âmes. Il n’y a pas de plus belle chose pour un prêtre que de dis­tri­buer la Sainte Eucharistie, don­ner Jésus aux âmes. Rien de plus beau, rien de plus grand, rien de plus sublime.

Alors vous remer­cie­rez et vous ren­drez grâce à Dieu aujourd’hui après cette ordi­na­tion et tous ici pré­sents s’unissent à vous, qui sont venus pour cette ordi­na­tion, se réjouissent dans leur cœur à la pen­sée qu’il y aura un bon nombre de prêtres en plus, de vrais prêtres, de saints Prêtres, véri­tables apôtres conti­nuant la mis­sion de Notre Seigneur.

Voilà ce qu’est l’Église. Voilà une image de l’Église. Aujourd’hui nous vivons vrai­ment ces grands moments de l’Église et le plus grand moment de votre sémi­naire. Un sémi­naire sans ordi­na­tions, ce ne serait plus un sémi­naire. Votre sémi­naire avec ce 29 juin, ici, à Écône, alors oui, votre sémi­naire abou­tit à un résul­tat magni­fique pour la plus grande gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour votre bon­heur à vous.

Demandez à votre bonne Mère du Ciel, mes chers amis, de vous faire com­prendre ce qu’est votre sacer­doce, elle qui a été la Mère du Prêtre éter­nel. Elle a com­pris ce qu’était son divin Fils mieux que n’importe qui. Alors elle vous fera com­prendre aus­si, si elle a com­pris la gran­deur du sacer­doce de son Fils, elle vous fera com­prendre aus­si la gran­deur de votre sacerdoce.

Aimez la Vierge Marie et faites-​la aimer autour de vous et ain­si vous serez les vrais frères de Jésus et les vrais enfants de Marie.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.