Sermon de Mgr Lefebvre – Sitientes Diaconat – Ordres mineurs – 26 mars 1977

L'Immaculée Conception, par Bartomolé Esteban Murillo, Musée de Madrid. Domaine public, via Wikimedia Commons

Mes bien chers amis,
Mes bien chers frères,

Après les déci­sions qui ont été prises par ceux qui dirigent l’Église aujourd’hui, on pour­rait se deman­der, s’il est vrai­ment oppor­tun de confé­rer encore ces ordi­na­tions de Portier, de Lecteur, d’Exorciste et d’Acolyte, à ceux qui se pré­sentent pour les recevoir.

En effet, un décret a paru qui sup­pri­mait ces ordi­na­tions ain­si que le Sous-​Diaconat et qui rem­pla­çait ce que repré­sente ces ordi­na­tions par ce que l’on a appe­lé des minis­tères. Ministères d’ailleurs qui se limitent à deux : le Lecteur et l’Acolyte, mais qui peuvent éven­tuel­le­ment être mul­ti­pliés par les évêques s’ils le jugent utile.

Il me semble que cette trans­for­ma­tion, qui d’ailleurs cor­res­pond à toute la réforme litur­gique, n’a pas d’autre but que de pra­ti­quer un œcu­mé­nisme qui nous éloigne sin­gu­liè­re­ment de la véri­té de l’Église catholique.

Car ce ne sont pas seule­ment ces ordres mineurs qui sont frap­pés, en quelque sorte, par ces décrets qui régissent cette nou­velle litur­gie, c’est aus­si le sous-​diaconat – comme je vous l’ai dit – mais c’est toute la litur­gie et par­ti­cu­liè­re­ment le Saint Sacrifice de la messe, qui, dans ce but œcu­mé­nique, nous rap­proche des protestants.

Ce but est d’ailleurs affir­mé, il n’est pas caché par les auteurs de ces réformes. Et cela, à tel point, que l’on constate dans la réa­li­té que de nom­breuses céré­mo­nies, dites catho­liques, sont deve­nues, ni plus ni moins, des céré­mo­nies pro­tes­tantes. Et que, bien plus, c’est même l’esprit pro­tes­tant qui peu à peu pénètre dans la men­ta­li­té des prêtres et même des évêques, des fidèles à plus forte raison.

Comment pen­ser que ces réformes, cet œcu­mé­nisme aber­rant, contraire à un véri­table œcu­mé­nisme qui n’est pas autre chose que celui de faire tout ce qui est en notre pou­voir, avec la grâce de Dieu, pour conver­tir les pro­tes­tants ; voi­là le véri­table œcu­mé­nisme. Mais les pro­tes­tants eux-​mêmes le recon­naissent : Ce n’est pas nous qui allons vers les catho­liques, mais ce sont les catho­liques qui viennent vers nous. Ce sont les catho­liques qui deviennent pro­tes­tants. Ils le recon­naissent eux-​mêmes. Et ceux qui se sont conver­tis du pro­tes­tan­tisme au catho­li­cisme, se demandent pour­quoi ils se sont conver­tis, puisqu’ils vont bien­tôt retrou­ver ce qu’ils ont vou­lu quit­ter, pour deve­nir catholiques

Devant cette consta­ta­tion, devant ces faits qu’il nous est impos­sible de nier, mal­gré le désir que nous avons d’être entiè­re­ment sou­mis à la Sainte Église catho­lique, nous sommes obli­gé de consta­ter que ce qui se fait, ce qui se réa­lise actuel­le­ment dans l’Église, n’est pas catho­lique, nous éloigne du catho­li­cisme. Parce que le catho­li­cisme c’est toute une tra­di­tion. Et cette tra­di­tion elle a été codi­fiée ; elle a été dog­ma­ti­sée ; elle a été défi­nie par les conciles, par les papes, par les doc­teurs de l’Église, par tous ceux qui font par­tie de l’Église ensei­gnante. Et c’est pour­quoi, ce matin, comme d’ailleurs pour les autres ordi­na­tions, nous confé­re­rons ces ordi­na­tions dans l’esprit du concile de Trente. Car le saint Concile de Trente a pris la peine d’examiner, avec le Saint Sacrifice de la messe, tous les sacre­ments et d’une manière pro­fonde, d’une manière détaillée.

Et c’est le concile de Trente lui-​même qui affirme que le sacre­ment de l’Ordre est com­po­sé d’ordres majeurs et d’ordres mineurs. Et il énu­mère les quatre ordres mineurs. Et il prend la peine ensuite, de dire : « Celui qui dirait que le sacre­ment de l’ordre n’est pas com­po­sé des ordres majeurs et des ordres mineurs, qu’il soit, anathème ».

Comment com­prendre ces choses ? Est-​ce que les Pères du concile de Trente ont vou­lu rendre défi­ni­tive une tra­di­tion de l’Église sans réflexion ? Est-​ce qu’ils ont por­té un ana­thème contre ceux qui pré­ten­draient que le sacre­ment de l’ordre n’est pas com­po­sé d’ordres majeurs et d’ordres mineurs, si cela ne leur avait pas sem­blé néces­saire, oppor­tun, à cause pré­ci­sé­ment des erreurs protestantes ?

Alors com­ment ne pas pen­ser qu’il y a main­te­nant une néga­tion de ce que le concile de Trente a vou­lu faire ? Il est dif­fi­cile de ne pas le pen­ser. Or, le concile de Trente n’inventait pas. Le concile de Trente ne fai­sait que conti­nuer et confir­mer une longue tra­di­tion de l’Église.

C’est déjà au IIIème siècle, en l’an 251, que saint Corneille, pape, énu­mère les dif­fé­rents ordres : les prêtres, les diacres, les sous-​diacres, les aco­lytes, les exor­cistes et les lec­teurs et por­tiers. Il les énu­mère et il donne le nombre de ceux qui par­ti­cipent à ces ordi­na­tions, qui sont ordon­nés dans son dio­cèse, dans le dio­cèse de Rome.

On peut pen­ser légi­ti­me­ment que ce n’est pas saint Corneille, pape, qui a été le pre­mier à faire ces ordi­na­tions et à dis­tin­guer ces ordres mineurs des ordres majeurs, déjà en l’an 251. On peut pen­ser que peut-​être au moins quelques décades, si ce n’est un siècle avant, ces ordres mineurs exis­taient, pour qu’ils existent déjà en grand nombre dans le dio­cèse de Rome et ain­si on en arrive presque à l’époque des apôtres. Est-​ce que l’on ne pour­rait pas pen­ser que même les apôtres, avant la fin de leur vie, ont déjà légué cette pre­mière tra­di­tion dans une cer­taine mesure, à leurs suc­ces­seurs. C’est d’ailleurs ce que dit le concile de Trente.

Ab ini­tia eccle­siæ. Le sacre­ment de l’ordre a été com­po­sé d’ordres majeurs et d’ordres mineurs. Qu’est-ce que cela veut dire ? « Au com­men­ce­ment de l’Église » ? Mais l’Église a com­men­cé avec les apôtres. Alors désor­mais, réduire à néant une tra­di­tion aus­si sainte de l’Église, qui a duré pen­dant près de 2 000 ans, pour nous rap­pro­cher des pro­tes­tants, pour pré­ci­sé­ment faire ce que le concile de Trente a vou­lu condam­ner ! Comment pouvons-​nous admettre une chose comme celle-​là ! Nous sommes obli­gé de consta­ter que dans tous ces phé­no­mènes, qui sont nom­breux d’ailleurs – il n’y a pas que celui-​là – nous devrions par­ler de la Sainte Bible œcu­mé­nique, qui est deve­nue une Bible qui n’est plus celle du Saint-​Esprit. Ce n’est pas pos­sible que la Bible soit cen­su­rée, pour en faire une qui soit adap­tée aux pro­tes­tants et aux catho­liques. Ce n’est pas le Saint-​Esprit qui peut ins­pi­rer cette chose-​là, et non seule­ment la Bible, mais les catéchismes.

Est-​ce que les caté­chismes nou­veaux peuvent être ins­pi­rés du Saint-​Esprit ? Ce n’est pas pos­sible ! Catéchismes qui ne sont plus conformes au Catéchisme du concile de Trente, ni au caté­chisme de saint Pie X, ni au caté­chisme du car­di­nal Gasparri. Ce sont des consta­ta­tions. Ce n’est pas nous qui cher­chons ces choses-​là. Nous en sommes trau­ma­ti­sé, dou­lou­reu­se­ment pei­né, parce que nous sen­tons qu’avec cela c’est la foi qui s’en va. C’est l’apostasie géné­rale qui est en train de se répandre dans l’Église, l’apostasie géné­ra­li­sée. Et cela, néces­sai­re­ment, c’est inévi­table ; c’est logique. Dans la mesure où l’on aban­donne la foi catho­lique pour en arri­ver à la croyance pro­tes­tante, ce n’est plus le catho­li­cisme. Ce n’est plus la vraie reli­gion ; ce n’est plus ce que Notre Seigneur nous a ensei­gné et ce n’est plus por­teur de grâces ; ce n’est plus por­teur de la vie divine.

Et c’est pour­quoi nous voyons cette sté­ri­li­té se répandre par­tout, la vie de la grâce ne passe plus. Dans la plu­part de ces cas du moins, la vie de la grâce ne passe plus. Parce que l’on ne croit plus à la grâce ; on ne croit plus à la vie sur­na­tu­relle ; on ne croit plus à la par­ti­ci­pa­tion à la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ.

On ne croit plus que notre foi est une foi sur­na­tu­relle qui nous fait entrer dans un monde infi­ni­ment supé­rieur à celui de la nature, par la volon­té de Dieu, par la grâce de Dieu, par la cha­ri­té de Dieu. On ne croit plus à ces choses-là.

Or, nous, nous vou­lons y croire ! Nous vou­lons conti­nuer la foi qu’ont pro­fes­sée nos ancêtres ; qu’ont pro­fes­sée tous les papes pen­dant 2 000 ans ; qu’ont pro­fes­sée tous les conciles. Nous ne pou­vons pas nous sou­mettre à cette dété­rio­ra­tion de la foi, à cette dété­rio­ra­tion de tout ce qui fait l’Église et de tout ce qui fait la richesse et la vie de l’Église.

Et c’est pour­quoi, mal­gré notre dou­leur, mal­gré même les peines qui peuvent s’en suivre pour nous, nous conti­nuons à vous don­ner les ordi­na­tions telles que les papes et telles que l’Église les ont défi­nies et telles que le concile de Trente en par­ti­cu­lier, les a défi­nies pour tou­jours. Puisque des ana­thèmes ont été por­tés contre ceux qui diraient le contraire, c’est que dans l’intention du concile de Trente, ce qu’il affir­mait était por­té pour toujours.

Aussi nous sommes per­sua­dé, mes chers amis, que les ordi­na­tions que nous allons vous don­ner, comme la théo­lo­gie l’enseigne et non point en nous basant sur les opi­nions théo­lo­giques qui sont quelque peu diverses au sujet de la sacra­men­ta­li­té des ordres mineurs, cette ques­tion est encore dis­cu­tée et dis­pu­tée. L’Église n’a pas fait une défi­ni­tion défi­ni­tive à ce sujet. Par consé­quent, nous les don­nons dans l’esprit de l’Église. Si l’Église un jour, défi­nit ces choses-​là, eh bien, elle les définira.

Nous le fai­sons donc dans l’esprit dans lequel l’Église veut que ces ordres mineurs soient don­nés. Et même si ce ne sont pas des sacra­men­taux, vous rece­vrez quand même une grâce. Et, par la prière, par l’intermédiaire de l’Église, par votre propre inter­ces­sion, par vos propres dis­po­si­tions vous rece­vrez une grâce. Peut-​être pas ex ope­ra ope­ra­to, comme disent les théo­lo­giens, mais ex operæ ope­ren­tis et par consé­quent selon les dis­po­si­tions dans les­quelles vous vous trou­vez. Et aus­si, sui­vant la puis­sance d’intercession que nous pou­vons avoir auprès de Notre Seigneur par l’intermédiaire de la très Sainte Vierge Marie, par l’intermédiaire de tous les saints, de tous ceux qui sont venus prier avec vous ici pour cette ordination.

Par consé­quent, les Portiers auront une grâce par­ti­cu­lière pour veiller aux choses du temple de Dieu, de la mai­son de Dieu et non pas de la mai­son du peuple de Dieu, comme l’on dit aujourd’hui, de la Maison de Dieu. Hæc domus est domum Domini : Cette mai­son c’est la mai­son du Seigneur, c’est la Maison de Dieu. Il l’habite ; c’est pour Lui que nous l’avons édifiée.

Et par consé­quent, la charge de Portier est très grande. Et si jus­te­ment, ces ordres mineurs – dits mineurs – peuvent paraître mineurs dans leur réa­li­sa­tion et leur concep­tion – disons dans leur objet – eh bien ils ne sont pas mineurs par rap­port à Dieu. Ce n’est pas pos­sible. Ils sont mineurs, par rap­port aux ordres majeurs, parce que les ordres majeurs donnent un pou­voir sur le Corps de Notre Seigneur Jésus-​Christ bien sûr. Ils sont par consé­quent beau­coup plus saints, beau­coup plus impor­tants, beau­coup plus divins.

Mais ce sont des ordres majeurs, en ce sens qu’ils donnent des pou­voirs et un devoir de vigi­lance qui concernent Dieu Lui-​même, Notre Seigneur Jésus-​Christ qui est Dieu.

Le Portier a la garde des choses de la cha­pelle et – dit le Rituel – il doit veiller à ce que n’entrent pas les infi­dèles. Pourquoi cela ? Parce que si l’on n’a pas la foi catho­lique, on ne peut pas par­ti­ci­per aux saints Mystères de l’Église catho­lique. Et celui qui n’a pas la foi catho­lique, ne peut pas par­ti­ci­per à la Sainte Communion, ne peut pas s’approcher des choses saintes, parce qu’il n’y croit pas. Parce qu’il n’a pas la foi catho­lique. C’est un sacri­lège que de faire appro­cher les infi­dèles du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-​Christ, de nos saints Mystères.

Le Lecteur, lui, devra étu­dier les Saintes Écritures, médi­ter les Saintes Écritures. Pourquoi ? Parce qu’autrefois il était de cou­tume dans l’Église, ou lorsque le prêtre prê­chait, ou lorsque l’évêque à plus forte rai­son s’adressait au peuple fidèle, on lisait des pas­sages de la Sainte Écriture ; on lisait des pas­sages des Pères. Et le prêtre deman­dait au Lecteur de lire tel ou tel pas­sage des Écritures. Et ensuite l’évêque ou le prêtre, com­men­tait ces pas­sages de l’Écriture, ces pas­sages des Pères. Voilà ce que fai­sait le Lecteur.

Mais si ces choses ne se font plus aujourd’hui, elles pour­raient se refaire, mais si elles ne se font plus d’une manière habi­tuelle aujourd’hui, il n’en est pas moins vrai que le Lecteur doit se péné­trer de ces lec­tures qu’il fai­sait autre­fois et qu’il doit faire main­te­nant, sur la Sainte Écriture : se péné­trer des exemples de Notre Seigneur, pour les repro­duire dans son attitude.

L’Exorciste a donc le pou­voir de chas­ser les démons. C’est une preuve que l’Église croit en ces démons et qu’elle croit qu’ils existent tou­jours et qu’ils ont une influence consi­dé­rable dans le monde et qu’ils tra­vaillent à la des­truc­tion du règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ ; qu’ils s’opposent au règne de Notre Seigneur Jésus-​Christ ; qu’ils s’opposent sur­tout au Saint Sacrifice de la messe. Car, rien ne détruit le règne de Satan, comme le Saint Sacrifice de la messe. Parce que Notre Seigneur a régné sur le bois de la Croix. Et c’est par le Saint Sacrifice de la messe que le démon est chas­sé, que le démon est vain­cu ; que le monde et le péché sont vaincus.

C’est pour­quoi le démon se réjouit cer­tai­ne­ment de la dimi­nu­tion des Sacrifices de la messe. Il se réjouit de l’invalidité des sacri­fices de la messe, dans la mesure où ils sont inva­lides, parce qu’ainsi son règne peut s’étendre davan­tage. Il est tou­jours le Prince de ce monde. Notre Seigneur l’a nom­mé comme cela. Alors, il est néces­saire que les clercs puissent chas­ser les démons.

Il est vrai que pour user de ce pou­voir du moins dans ces cir­cons­tances par­ti­cu­lières, lorsqu’il s’agit de pos­ses­sion par­ti­cu­lière, l’Église dans sa tra­di­tion, demande que ce soit des prêtres et même des prêtres délé­gués par leur évêque, qui exercent ces exor­cismes. Mais il n’en est pas moins vrai que l’Exorciste uti­lise son pou­voir et que le prêtre uti­lise les exor­cismes constam­ment. Dans tous les sacre­ments ou à peu près dans tous les sacre­ments, il y a des exor­cismes. Dans les béné­dic­tions du Rituel, par exemple pour faire de l’eau bénite, on uti­lise les exor­cismes, les exor­cismes sont uti­li­sés constam­ment dans la Sainte Église, dans beau­coup de prières. On pour­rait dire que la prière Sancte Michaël Archangele est un exor­cisme, Imperet illi Deus : Que Dieu lui demande – au démon – de retour­ner en enfer. C’est un véri­table exorcisme.

Par consé­quent, il n’est pas du tout exclu que l’Exorciste puisse uti­li­ser son pou­voir et que lorsqu’il récite ces prières, son pou­voir sur le démon est plus grand que s’il n’avait pas reçu son pou­voir d’exorciste.

Et puis l’Acolyte, lui, repré­sente la lumière, la lumière de Notre Seigneur : Fructus enim lucis est in omni boni­tate, et jus­ti­tia, et veri­tate, dit le Rituel. « Les fruits de la lumière ce sont la bon­té, la jus­tice et la véri­té ». C’est-à-dire la bon­té, la sain­te­té et la véri­té. Ce n’est pas autre chose que tout ce que repré­sente Notre Seigneur pour nous.

Et d’ailleurs aujourd’hui, dans l’Évangile, Notre Seigneur est appe­lé la lumière du monde : « Je suis la Lumière du monde » : Ego sum lux mon­di, dit Notre Seigneur. Par consé­quent les Acolytes doivent res­sem­bler encore davan­tage à Notre Seigneur : ils portent la lumière : ils doivent être la lumière du monde et ils doivent la mon­trer en eux ; ils doivent la mon­trer par leur atti­tude. Ils doivent donc aimer par­ti­cu­liè­re­ment ces ver­tus qui leur sont recom­man­dées ; qui sont les fruits de la lumière : la bon­té. Rappelez-​vous cela : la bon­té, la misé­ri­corde, la condes­cen­dance, la cha­ri­té, la sain­te­té. Imiter Notre Seigneur dans sa sain­te­té et la véri­té. La Vérité que Notre Seigneur est Lui-​même. Tout cela c’est Dieu Lui-​même. Ressembler davan­tage à Dieu, à Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et c’est ce que sont aus­si les Diacres. Eux reçoivent cer­tai­ne­ment un sacre­ment. Les Diacres aus­si, doivent être plus que jamais la Lumière qui illu­mine le monde. Ils vont désor­mais pou­voir réci­ter l’Évangile, pro­cla­mer l’Évangile à la face du monde. Commenter même l’Évangile. Il leur est per­mis de prê­cher. Par consé­quent, ils seront acti­ve­ment la lumière de ce monde. Et ils le seront d’autant plus, qu’ils s’approchent davan­tage de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Ils peuvent tou­cher le Corps de Notre Seigneur Jésus-​Christ dans la Sainte Eucharistie. Ils peuvent por­ter le pré­cieux Sang. Sans doute ils ne sont pas les ministres ordi­naires de la Sainte Eucharistie. Parce que – c’est saint Thomas qui le dit – : « Celui qui fait la Sainte Eucharistie est le ministre et le dis­tri­bu­teur de l’Eucharistie ». C’est le prêtre qui fait l’Eucharistie ; c’est donc vrai­ment le prêtre qui est le ministre de l’Eucharistie. Le Diacre ne l’est que dans des cir­cons­tances extra­or­di­naires. Mais tout de même le seul fait qu’il puisse por­ter Notre Seigneur Jésus-​Christ le met donc en com­mu­nion très proche avec Notre Seigneur ; il est donc nor­mal et juste qu’il rayonne la lumière de Notre Seigneur autour de lui par son atti­tude, par ses ver­tus, par sa pure­té en par­ti­cu­lier. Voilà ce que sont les Diacres.

Mes chers amis, que le Bon Dieu fasse des­cendre ses grâces sur vous qui allez être ordon­nés. Nous le deman­de­rons tous ensemble, tous vos prêtres qui vous aiment et qui se dévouent tous les jours pour vous, pour vous édu­quer, pour vous for­mer, pour for­mer en vous l’image de Notre Seigneur Jésus-​Christ. Tous ceux qui col­la­borent à l’œuvre des prêtres ici, reli­gieuses, reli­gieux et tous les fidèles qui vous entourent de leur affec­tion. Tous vos parents, qui pour beau­coup ne sont pas ici, mais qui pensent à votre ordi­na­tion, cer­tai­ne­ment qui s’unissent à vous aujourd’hui, tous ensemble et ceux de vos confrères qui ne sont pas ordon­nés, tous ensemble nous prions, pour que vous qui allez rece­voir ces grâces, vous les rece­viez en abondance.

Et nous prions tout par­ti­cu­liè­re­ment la très Sainte Vierge Marie ; la Mère du Prêtre éter­nel. Qu’elle fasse en sorte que les grâces que Notre Seigneur veut qu’elles passent par elle, elle vous les donne en grande abondance.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-​Esprit. Ainsi soit-il.

Fondateur de la FSSPX

Mgr Marcel Lefebvre (1905–1991) a occu­pé des postes majeurs dans l’Église en tant que Délégué apos­to­lique pour l’Afrique fran­co­phone puis Supérieur géné­ral de la Congrégation du Saint-​Esprit. Défenseur de la Tradition catho­lique lors du concile Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-​Pie X et le sémi­naire d’Écône. Il sacre pour la Fraternité quatre évêques en 1988 avant de rendre son âme à Dieu trois ans plus tard. Voir sa bio­gra­phie.