Pourquoi devons-​nous refuser le projet de loi bioéthique ?

Au regard de la morale natu­relle, c’est la PMA dans son prin­cipe qui est gra­ve­ment défi­ciente (voir l’en­sei­gne­ment de Pie XII en bas de l’ar­ticle). Non seule­ment parce qu’on a recours à un pro­ces­sus arti­fi­ciel pour mettre au monde une nou­velle vie humaine, mais aus­si parce que ce pro­ces­sus com­prend des étapes inacceptables.

Le pro­jet de loi bioé­thique annon­cé depuis le début du quin­quen­nat et actuel­le­ment en dis­cus­sion au Sénat com­porte de nou­velles trans­gres­sions majeures dans trois domaines prin­ci­paux : l’ac­cès aux tech­niques arti­fi­cielles de pro­créa­tion humaine, le déve­lop­pe­ment de la recherche sur les embryons humains et l’ac­crois­se­ment de la sélec­tion anté­na­tale. Ces mesures consti­tuent une rup­ture avec des prin­cipes moraux pour­tant fon­da­teurs de notre société :

Élargissement de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules :

  • Il n’y a pas de droit à l’en­fant, mais un droit de l’en­fant à être éle­vé par son père et sa mère. Le désir d’en­fant, pour légi­time et com­pré­hen­sible qu’il soit, ne doit pas impo­ser à la socié­té l’o­bli­ga­tion d’en four­nir à ceux qui en font la demande, à plus forte rai­son si leurs choix de vie les rendent inca­pables de pro­créer sans assis­tance médi­ca­li­sée. Les cas où un enfant n’est pas éle­vé par ses parents est tou­jours source de mal-​être et ne doit pas être déli­bé­ré­ment orga­ni­sé par la loi.
  • Il n’y a pas d’in­jus­tice à ce que les couples de femmes ne puissent avoir d’en­fant, à moins d’ac­cu­ser la nature elle-​même d’être injuste. Il serait en revanche illé­gi­time d’ins­tau­rer volon­tai­re­ment une dis­cri­mi­na­tion entre enfants éle­vés par leurs parents et enfants pri­vés de repère pater­nel et d’ac­cès à leurs origines.
  • L’absence de repère mas­cu­lin dans l’é­du­ca­tion d’un enfant est tou­jours source de dés­équi­libre, aux dires de nom­breuses auto­ri­tés dans le domaine psycho-éducatif.

Dérégulation des recherches sur les embryons humains :

  • La bana­li­sa­tion des recherches sur les embryons humains met en dan­ger notre huma­ni­té. Est-​il inno­cent de créer des embryons hybrides homme-animal ?

Intensification du diagnostic prénatal :

  • Le dépis­tage des bébés malades encou­rage la dérive eugé­niste déjà bien pré­sente dans la loi. L’extermination des han­di­ca­pés avant la nais­sance est une honte pour notre pays.

Usage indû des avancées scientifiques :

  • Tout ce que per­met la science n’est pas néces­sai­re­ment moral, comme le clo­nage ou les expé­riences dan­ge­reuses sur des sujets humains… Le rôle de la bioé­thique n’est pas d’en­té­ri­ner sys­té­ma­ti­que­ment toutes les avan­cées scien­ti­fiques, mais de leur mettre des bornes.
  • L’élargissement de la PMA ouvre la porte à une mar­chan­di­sa­tion du corps humain, pour­tant contraire à la tra­di­tion fran­çaise en matière de bioé­thique. On voit mal com­ment évi­ter une pénu­rie de sperme par manque de don­neurs, et donc un recours à brève échéance à un com­merce de gamètes.
  • Le rôle de la loi est aus­si de pro­té­ger les citoyens contre les dérives d’un mar­ché finan­cier très lucra­tif et poten­tiel­le­ment rem­bour­sé par la Sécurité sociale. Dérives qui se font jour dans les pays ayant déjà auto­ri­sé ces pratiques.

Ces prin­cipes ne sont pas des lubies reli­gieuses arbi­traires, mais se fondent sur la réa­li­té de la nature humaine. Par consé­quent, s’il est de notre devoir de catho­liques de pro­té­ger le mys­tère de la vie contre les ten­ta­tives de consi­dé­rer l’être humain comme un maté­riau com­mer­cia­li­sable, tous les hommes de bonne volon­té peuvent nous rejoindre dans ce combat.

Ce que pense l’Eglise de toute fécondation artificielle : Pie XII, Discours aux médecins, 29 septembre 1949

« La fécon­da­tion arti­fi­cielle, hors du mariage, est à condam­ner pure­ment et sim­ple­ment comme immo­rale. Telle est en effet la loi natu­relle et la loi divine posi­tive, que la pro­créa­tion d’une nou­velle vie ne peut être le fruit que du mariage. Le mariage seul sau­ve­garde la digni­té des époux (prin­ci­pa­le­ment de la femme dans le cas pré­sent), leur bien per­son­nel. De soi, seul il pour­voit au bien et à l’é­du­ca­tion de l’en­fant. Par consé­quent, sur la condam­na­tion d’une fécon­da­tion arti­fi­cielle hors de l’u­nion conju­gale, aucune diver­gence d’o­pi­nions n’est pos­sible entre catho­liques. L’enfant conçu dans ces condi­tions serait, par le fait même, illégitime ».

« La fécon­da­tion arti­fi­cielle dans le mariage, mais pro­duite par l’élé­ment actif d’un tiers, est éga­le­ment immo­rale et, comme telle, à réprou­ver sans appel. Seuls les époux ont un droit réci­proque sur leur corps pour engen­drer une vie nou­velle, droit exclu­sif, inces­sible, inalié­nable. Et cela doit être, en consi­dé­ra­tion aus­si de l’en­fant. À qui­conque donne la vie à un petit être, la nature impose, en ver­tu même de ce lien, la charge de sa conser­va­tion et de son édu­ca­tion. Mais entre l’é­poux légi­time et l’en­fant, fruit de l’élé­ment actif d’un tiers (l’é­poux fût-​il consen­tant), il n’existe aucun lien d’o­ri­gine, aucun lien moral et juri­dique de pro­créa­tion conjugale ».

« Quant à la licéi­té de la fécon­da­tion arti­fi­cielle dans le mariage, qu’il Nous suf­fise, pour l’ins­tant, de rap­pe­ler ces prin­cipes de droit natu­rel : le simple fait que le résul­tat auquel on vise est atteint par cette voie, ne jus­ti­fie pas l’emploi du moyen lui-​même ; ni le désir, en soi très légi­time chez les époux, d’a­voir un enfant, ne suf­fit à prou­ver la légi­ti­mi­té du recours à la fécon­da­tion arti­fi­cielle, qui réa­li­se­rait ce désir ».

Sources : http://www.genethique.org/fr/themes/pma-gpa /​https://afc-france.org/attachments/article/3105/Livret%20PMA%20041 1 18.pdf /​http://www.vatican.va/content/pius-xii/fr/speeches/1949/documents/hf_p-xii_spe_19490929_votre-presence.html /​ La Porte Latine du 23 jan­vier 2020