Projet de loi bioéthique : le gouvernement veut passer en force

« Vote à main levée au petit matin du same­di 1er août ou durant le week-​end » : c’est ain­si que le gou­ver­ne­ment veut faire pas­ser au plus vite le pro­jet de loi rela­tif à la bioé­thique pour l’examen duquel le Président de la République a sou­hai­té pro­lon­ger jusqu’au 31 juillet la ses­sion extra­or­di­naire du Parlement, alors que ce pro­jet de loi méri­te­rait au moins « un débat trans­pa­rent et serein, un débat sans pas­sion et sans faux-​fuyants », dénoncent des par­le­men­taires dans une tri­bune publiée dans Le Figaro du 22 juillet.

Les mesures immo­rales de ce pro­jet de loi sont clai­re­ment expli­quées par Mgr Aillet dans son com­mu­ni­qué du 18 juillet 2020 :

« C’est ain­si que la « méthode ROPA » (« récep­tion des ovo­cytes de la par­te­naire »), qui consiste à fécon­der l’ovocyte d’une femme avant de le réim­plan­ter dans l’utérus de sa com­pagne, pour que l’une et l’autre puissent être recon­nues comme étant la mère du même enfant, pour­rait être léga­li­sée, au prix d’un véri­table écla­te­ment de la mater­ni­té… A moins qu’il s’agisse d’une tac­tique visant à mini­mi­ser la gra­vi­té de la « PMA sans père » auprès des dépu­tés pour empor­ter plus faci­le­ment leur adhésion !

La com­mis­sion spé­ciale entend éga­le­ment auto­ri­ser la créa­tion d’embryons trans­gé­niques, c’est-à-dire la modi­fi­ca­tion géné­tique des embryons humains, qui risque fort d’aboutir, à plus ou moins brève échéance, à la nais­sance d’enfants géné­ti­que­ment modifiés.

Les membres de la com­mis­sion ont encore la pré­ten­tion d’autoriser la fabri­ca­tion d’embryons chi­mères homme-​animal, par inser­tion de cellules-​souches humaines dans des embryons d’animaux.

L’élargissement du diag­nos­tic pré­im­plan­ta­toire (DPI), c’est-à-dire du dépis­tage pré­na­tal en vue de la des­truc­tion des embryons por­teurs de cer­taines ano­ma­lies chro­mo­so­miques (telles que la tri­so­mie 21) serait auto­ri­sé, à des fins ouver­te­ment eugénistes.

Dans le même esprit, la com­mis­sion spé­ciale bioé­thique de l’Assemblée natio­nale auto­rise l’autoconservation des ovo­cytes (sans rai­son médi­cale) afin d’inciter les femmes en âge de pro­créer à remettre à plus tard leur pro­jet de mater­ni­té… par PMA. Elle valide la tech­nique du « bébé médi­ca­ment », qui consiste à per­mettre la nais­sance d’un embryon exempt d’anomalies en vue d’utiliser ses cel­lules pour soi­gner un frère ou une sœur. Elle a voté la sup­pres­sion du délai de réflexion d’une semaine avant une IMG (« Interruption Médicale de Grossesse », qui peut être pra­ti­quée jusqu’à la veille de la nais­sance). Elle pré­voit enfin la trans­crip­tion auto­ma­tique à l’état civil des enfants nés à l’étranger d’une GPA (« Gestation pour Autrui »).

Dans ces condi­tions, qui ne serait effrayé devant une telle mani­pu­la­tion de l’être humain, réduit à un maté­riau dis­po­nible aux dési­rs égoïstes d’une mino­ri­té de pri­vi­lé­giés qui pèsent sur le mar­ché, ou à des fins de recherche médi­cale, quand on pré­tend par ailleurs déployer tant d’énergies pour sau­ve­gar­der les espèces ani­males au nom de la pro­tec­tion de l’environnement ? »

Les dépu­tés signa­taires de la tri­bune du Figaro dénoncent encore l’absence d’un « enca­dre­ment strict de la recherche embryon­naire (…) sacri­fié sur l’autel du scien­tisme » : « alors que la Chine a fait sau­ter tous les ver­rous éthiques en la matière, obte­nant par la contrainte d’ouvrir la voie aux expé­ri­men­ta­tions dignes du Meilleur des Mondes, la France y court, dans un esprit de sui­visme pué­ril ».

L’évêque de Bayonne pose la question :

Comment ne pas mani­fes­ter son indi­gna­tion devant ce qui appa­raît comme un pas­sage en force, en plein cœur de la tor­peur esti­vale, alors qu’après l’épreuve du confi­ne­ment, les fran­çais sont en quête de détente et d’évasion ? Il est même à craindre que la psy­chose entre­te­nue par la classe politico-​médiatique autour d’une hypo­thé­tique deuxième vague de l’épidémie, condui­sant à la mise en œuvre auto­ri­taire de moyens dis­pro­por­tion­nés pour lut­ter contre la pan­dé­mie, serve à détour­ner l’attention des citoyens de ces basses manœuvres poli­tiques. Pourquoi en effet le Premier Ministre, dans son Discours de poli­tique géné­rale, omet-​il d’évoquer le pro­jet de loi bioé­thique, alors qu’il est trai­té en urgence à l’Assemblée nationale ?

Notre pays risque de s’engager encore plus avant dans l’ignominie avec ce pro­jet de loi contraire à la loi natu­relle et donc en oppo­si­tion à Dieu, créa­teur de cette loi naturelle.

Sources : diocese64.org /​genethique.org /​Le Figaro /​Le Saint Anne n°320.