Credo n° 193 – juin-​juillet 2009

Chers amis,

« Introibo ad altare Dei… Je mon­te­rai vers l’au­tel de Dieu…»: C’est en pro­non­çant ces paroles que le prêtre com­mence la sainte Messe. Phrase effrayante mais pleine d’es­poir : « je suis choi­si pour mon­ter au Calvaire et ain­si m’u­nir à mon Dieu et Sauveur, pour être Vous Seigneur ! Sacerdos alter Christus ». Le psaume qui suit exprime bien cette situa­tion : « … Délivrez-​moi de l’homme inique… vous êtes ma force, … pour­quoi dois-​je mar­cher abat­tu ? … envoyez votre lumière et votre fidé­li­té, qu’elles me guident vers votre mon­tagne sainte et vos taber­nacles ». Le prêtre sait ce qu’il va accom­plir ; il en est heu­reux mais aus­si il craint. Rappelons-​nous Notre Seigneur : « Père, s’il est pos­sible que ce calice … ».

Nous sommes très, très loin de « Frères et sœurs, nous sommes invi­tés à par­ta­ger le repas du Seigneur » ou encore « nous sommes réunis en ce dimanche pour entendre la bonne Parole ! »

Alors devant ce qui l’at­tend, le prêtre ne peut que deman­der par­don à Dieu pour ses péchés et invi­ter les assis­tants à faire de même : « Confiteor … Enlevez nos ini­qui­tés afin que nous puis­sions entrer, l’âme pure dans le Saint des Saints ». Heureux d’être par­don­nés, en remer­cie­ment nous chan­tons le Gloria : « Toi seul est saint ! Toi seul est le très-Haut!… ».

Ensuite après un moment d’ins­truc­tion, avec les lec­tures de l’épître et de l’é­van­gile, puis quelques minutes (?) pour com­men­ter ces textes qui for­ti­fie­ront nos cœurs et nos âmes, nous affir­mons notre foi par le chant du Credo et nous arri­vons alors à l’es­sen­tiel : au renou­vel­le­ment non san­glant du Sacrifice de la Croix.

D’abord la pré­sen­ta­tion des offrandes : le pain, avec le ciboire ouvert dans lequel sont les hos­ties qui sont des­ti­nées aux fidèles, ensuite refer­mant le ciboire, le prêtre offre le vin conte­nu dans le calice ain­si que notre goutte d’eau. Les offrandes ter­mi­nées, le prêtre encense l’au­tel. L’encens qui, d’une part, sym­bo­lise la prière chré­tienne mon­tant vers Dieu comme un par­fum qu’il agrée, est aus­si une marque de culte et d’hon­neur dont on entoure les choses saintes : l’Eucharistie, l’au­tel, les offrandes, l’é­van­gile et les per­sonnes elles-​mêmes : le célé­brant, le cler­gé, les fidèles, comme membres du Christ consa­crés à Dieu (Dom Lefebvre, 1947).

Avec le chant de la pré­face, nous entrons dans le nou­veau Saint des Saints. Nous sommes alors au Cénacle au soir du Jeudi-​Saint. Cette entrée se fait en prière, le prêtre demande à tous les Saints de l’ac­com­pa­gner et le sou­te­nir. C’est main­te­nant le moment solen­nel où le prêtre, pre­nant la place de notre Rédempteur, pro­nonce les mêmes mots : « Ceci est mon Corps. Prenez et man­gez ». Le texte litur­gique conti­nue : « De même après le repas… Hic est enim Calix san­guis mei, novi et aeter­ni tes­ta­men­ti … ». Ces mots marquent le début de l’acte offi­ciel de la nou­velle et éter­nelle Alliance entre Dieu et les Humains. « Eternelle » : cela est bien pré­ci­sé, il n’y en aura donc plus d’autre ! Une fois ces paroles dites, Notre Seigneur entre len­te­ment en ago­nie. Suivi des Apôtres, Il des­cend l’es­ca­lier qui conduit à Gethsémani et qui existe encore actuel­le­ment. Depuis ce jour, cette Alliance Nouvelle et éter­nelle est sans cesse renou­ve­lée. Avec le déca­lage horaire, pen­dant que nous lisons ce texte, il y a quelque part sur notre terre un prêtre qui pro­nonce ces paroles « hic est enim cor­pus meum … Hic est enim Calix san­guis mei … » aux­quelles nous pou­vons nous unir. Cette alliance entoure notre terre et son renou­vel­le­ment ne s’in­ter­rompt qua­si­ment jamais !

A l’of­fer­toire, le prêtre après avoir pré­sen­té l’hos­tie, referme le ciboire dans lequel se trouvent les hos­ties des­ti­nées aux fidèles. A l’é­lé­va­tion, il fait de même après la consé­cra­tion du pain. Ces hos­ties consa­crées sont vrai­ment le Corps, le Sang et l’Âme de Notre Seigneur. Lorsque nous les rece­vons à la sainte com­mu­nion nous sommes plei­ne­ment unis à notre Rédempteur. Le prêtre com­mu­nie aus­si comme les fidèles.

Mais lors de la consé­cra­tion du vin, le prêtre entre en ago­nie comme Notre Seigneur. Cette ago­nie s’a­chève aus­si sur la Croix lors­qu’il com­mu­nie en buvant le vin du calice, deve­nu sang de notre Rédempteur, répan­du pour la rémis­sion de nos péchés. « Sacerdos alter Christus » : ces trois mots prennent alors tout leur sens. On peut dire qu’à par­tir de la consé­cra­tion et jus­qu’à la com­mu­nion du célé­brant, nous sommes sur la Via Dolorosa. Nous pou­vons revivre, avec la Très Sainte Vierge Marie, toutes les sta­tions du Chemin de Croix, dont les tableaux ornent les murs de nos églises et de nos cha­pelles. Être la Très Sainte Vierge Marie nous est impos­sible. Soyons pré­sents comme Marie-​Madeleine et l’a­pôtre saint Jean. Ne soyons pas absents comme les autres apôtres. Suivons cette par­tie cen­trale de la sainte Messe, par­tie sacri­fi­cielle et expia­toire, avec tout notre cœur. Représentons-​nous de nou­veau toutes les souf­frances que notre Rédempteur a endu­rées pour nous conduire à la béa­ti­tude éternelle.

Cette par­tie cen­trale, extra-​ordinaire et même sur­na­tu­relle, de la sainte Messe ter­mi­née, le prêtre des­cend de l’au­tel, comme le Christ res­sus­ci­té, et nous apporte notre divine Nourriture, Corps, Sang et Âme de notre Seigneur auquel nous nous unis­sons pour ne faire qu’un avec Lui. Cette force nou­velle qui est en nous, nous fait deve­nir, apôtres dans ce monde enva­hi, occu­pé par le Prince des ténèbres.

En assis­tant à la Messe dite de tou­jours ou de St-​Pie V nous allons du Cénacle au Golgotha. La Passion de N.-S. est ain­si indé­fi­ni­ment renou­ve­lée afin que tous « les hommes de bonne volon­té » puissent « entrer dans la Vie » après leur séjour dans cette val­lée de larmes.

Malheureusement il n’est abso­lu­ment pas cer­tain que le N.O.M., appe­lé aus­si Eucharistie, repas du Seigneur, rite ordi­naire et équi­voque, etc… pro­cure les mêmes bien­faits aus­si abon­dants. Alors soyons très pru­dents lorsque nous enten­dons des expres­sions telles que : « La réforme de la réforme », « les deux rites doivent s’en­ri­chir mutuel­le­ment », etc…

« Introïbo ad altare Dei …» Je mon­te­rai au Golgotha avec notre Rédempteur, sa Très Sainte Mère, l’a­pôtre saint Jean et sainte Marie-Madeleine.

Jean BOJO

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