Le cardinal Sarah : un conservateur en liturgie…

Le car­di­nal Sarah a for­mu­lé des cri­tiques du chaos litur­gique à plu­sieurs reprises [1]. De ce fait, même dans les milieux de la Tradition, on fait volon­tiers l’é­loge de ce car­di­nal, au point d’ou­blier cer­tains aspects de la réalité…

Le car­di­nal Robert Sarah a rete­nu notre atten­tion par la paru­tion de livres d’en­tre­tiens (Dieu ou rien en 2015, et La force du silence en 2016). De plus, comme pré­fet de la Congrégation pour le culte divin, dans le cadre d’un congrès inter­na­tio­nal orga­ni­sé par le mou­ve­ment Sacra Liturgia, il a don­né une allo­cu­tion remar­quée, à Londres, le 5 juillet der­nier. Elle est rap­por­tée avec les plus vifs éloges par Tu es Petrus, la revue des amis de la Fraternité Saint-​Pierre, en son numé­ro de sep­tembre 2016.

De prime abord, le car­di­nal Sarah, gui­néen, né en 1945, ordon­né prêtre en 1969, sacré évêque en 1979, attire notre estime. Il est issu d’un pays rava­gé par la per­sé­cu­tion du san­gui­naire Sekou Touré. Le car­di­nal sait rendre un hom­mage appuyé à son pré­dé­ces­seur, Mgr Raymond-​Marie Tchidimbo qui, par fidé­li­té au Seigneur Jésus, a connu l’a­tro­ci­té des geôles com­mu­nistes. Mais quelle concep­tion de la litur­gie promeut-​il aujourd’­hui, de Rome ? Fait-​il montre de cou­rage ? Et quand même il en ferait, est-​il en mesure de remé­dier au désastre litur­gique entraî­né par la révo­lu­tion conciliaire ?

Éloge des papes récents

Le car­di­nal, aus­si bien dans le cha­pitre troi­sième de La force du silence (« Le silence et le mys­tère sacré ») que dans son allo­cu­tion, invoque et cite sans cesse les der­niers pon­tifes qu’il tente de rat­ta­cher à leurs pré­dé­ces­seurs du début du XXe siècle. Dans le même temps, il se dit en plein accord de vue avec le pape François. Cependant, avec une naï­ve­té qui ne peut être que diplo­ma­tique, il ose quelques remarques acerbes. Il fait remar­quer entre autres choses :

« J’ai vu des prêtres, des évêques, habillés pour célé­brer la sainte messe, sor­tir leurs télé­phones ou leurs appa­reils pho­tos et s’en ser­vir au cours de la sainte litur­gie… Il est urgent, à mon sens, de réflé­chir et de poser la ques­tion de l’i­do­néi­té de ces immenses concé­lé­bra­tions… [2] »

Mais qui a mul­ti­plié les hap­pe­nings litur­giques avec des cen­taines de concé­lé­brants ? Jean-​Paul II ! De plus, à l’heure de Amoris Laetitia, il n’est pas non plus ano­din d’é­crire : « Certains prêtres traitent l’Eucharistie avec un par­fait mépris. Il voient la messe comme un ban­quet bavard où les chré­tiens fidèles à l’en­sei­gne­ment de Jésus, les divor­cés rema­riés, les hommes et les femmes en situa­tion d’a­dul­tère, les tou­ristes non bap­ti­sés qui par­ti­cipent aux célé­bra­tions eucha­ris­tiques des grandes foules ano­nymes peuvent avoir accès au corps et au sang du Christ, sans dis­tinc­tion. L’Église doit exa­mi­ner avec urgence l’op­por­tu­ni­té ecclé­siale et pas­to­rale de ces immenses célé­bra­tions eucha­ris­tiques com­po­sées de mil­liers et de mil­liers de par­ti­ci­pants. Il y a grand dan­ger à trans­for­mer le grand mys­tère de la foi en une vul­gaire ker­messe et à pro­fa­ner le corps et le pré­cieux sang du Christ [3]

Ne vise-​t-​il pas là les Journées Mondiales de la Jeunesse ins­ti­tuées par Jean-​Paul II et relayées par Benoît XVI et François ?

L’effort de la cohérence

Mais ne nous y trom­pons pas, le car­di­nal, tout rem­pli de bonnes inten­tions qu’il est, reste un conser­va­teur embar­ras­sé par les consé­quences de causes pro­fondes qu’il semble per­ce­voir par ins­tants, mais qu’il ne sau­rait dénon­cer, car il va de soi pour lui qu’en les pro­mul­guant, Paul VI a ren­du les réformes nor­ma­tives et leur a assu­ré licéi­té – autre­ment dit bon­té, légi­ti­mi­té – et vali­di­té [4]. Aussi, même s’il ne passe pas sous un entier silence le Bref exa­men cri­tique pla­cé sous le patro­nage des car­di­naux Alfredo Ottaviani et Antonio Bacci [5] – étude qui démontre que le nou­veau rite s’é­carte de manière impres­sion­nante, dans l’en­semble comme dans le détail de la théo­lo­gie de la sainte messe telle qu’elle fut défi­nie lors de la vingt-​deuxième ses­sion du concile de Trente [6] – , devant les nom­breuses dérives déplo­rables, le car­di­nal reste dému­ni : il ne peut que crier à la tra­hi­son des inten­tions des Pères du concile Vatican II, « à de mau­vaises inter­pré­ta­tions [7] », « à des pra­tiques abu­sives [8] ». Notre réponse de prin­cipe est simple et devrait ral­lier tout esprit non pré­ve­nu : qui a mis en oeuvre dans les dio­cèses, au fil des ans, la consti­tu­tion litur­gique Sacrosanctum Concilium et le Novus Ordo Missæ ? Les Pères du Concile ! C’est le légis­la­teur même qui a été l’in­ter­prète, l’or­ga­ni­sa­teur et l’exé­cu­teur de la réforme. Dans ces condi­tions, est-​il hon­nête d’en réfé­rer à une pré­ten­due her­mé­neu­tique des médias qui se serait impo­sée par de mys­té­rieux canaux ? Aussi ne pouvons-​nous pas lire le numé­ro pre­mier de la Constitution comme le car­di­nal Sarah le fait.

Mais com­men­çons par le repro­duire : « Puisque le saint concile se pro­pose 1° de faire pro­gres­ser la vie chré­tienne de jour en jour chez les fidèles ; 2° de mieux adap­ter aux néces­si­tés de notre époque celles des ins­ti­tu­tions qui sont sujettes à des chan­ge­ments ; 3° de favo­ri­ser tout ce qui peut contri­buer à l’u­nion de tous ceux qui croient au Christ 4° et de for­ti­fier tout ce qui concourt à appe­ler tous les hommes dans le sein de l’Église, il estime qu’il lui revient à un titre par­ti­cu­lier de veiller aus­si à la res­tau­ra­tion et au pro­grès de la litur­gie. » Quatre rai­sons sont don­nées pour entre­prendre la réforme litur­gique. Examinons-les.

En défense de la réforme

À la pre­mière et à la deuxième (« puisque le saint concile se pro­pose de faire pro­gres­ser la vie chré­tienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adap­ter aux néces­si­tés de notre époque celles des ins­ti­tu­tions qui sont sujettes à des chan­ge­ments »), nous pour­rions répondre que le pro­grès de la vie chré­tienne ne néces­si­tait plus aucune réforme litur­gique majeure. Cette der­nière était en voie d’a­chè­ve­ment. De saint Pie X à Jean XXIII, les papes y avaient travaillé.

Il fal­lait sur­tout s’ap­pli­quer à la mettre en oeuvre et à en vivre. Le pru­rit d’a­dap­ta­tion à tout crin au monde qui change ne serai­til pas le signe d’une incu­rable super­fi­cia­li­té, la mani­fes­ta­tion de la sub­sti­tu­tion du sou­ci de l’homme au sou­ci de la louange à l’a­dresse de la Trinité ado­rable ? Pourquoi ne pas conti­nuer de prier comme l’in­nom­brable cor­tège des saints l’a fait ? La troi­sième rai­son avan­cée – puisque le saint concile se pro­pose de favo­ri­ser tout ce qui peut contri­buer à l’u­nion de tous ceux qui croient au Christ – ne prête-​t-​elle pas le flanc à la cri­tique d’in­ten­tion oecu­mé­nique ? Bien sûr – répond le car­di­nal, en sub­stance – après le concile cer­tains ont eu ce but en vue et ont cru pou­voir user de la litur­gie comme d’un moyen, « mais les Pères eux-​mêmes savaient que cela n’est pas possible ».

Des aveux de taille ont pour­tant mani­fes­té le contraire. Témoin l’a­mi de Paul VI, le phi­lo­sophe Jean Guitton qui a pu dire : « … Je ne crois pas me trom­per en disant que l’in­ten­tion de Paul VI et de la nou­velle litur­gie qui porte son nom, c’est de deman­der aux fidèles une plus grande par­ti­ci­pa­tion à la messe, c’est de faire une plus grande place à l’Écriture, une moins grande place à tout ce qu’il y a, cer­tains diront de magique, d’autres de consé­cra­tion trans­ub­stan­tielle, ce qui est la foi catho­lique. Autrement dit, il y a chez Paul VI une inten­tion oecu­mé­nique d’ef­fa­cer, ou du moins de cor­ri­ger, d’as­sou­plir, ce qu’il y a de trop catho­lique au sens tra­di­tion­nel dans la messe, et de rap­pro­cher la messe, je le répète, de la cène cal­vi­niste [9] ».

Qui plus est, le prin­ci­pal auteur de la réforme litur­gique, Mgr Annibale Bugnini, n’a pas caché cette pré­oc­cu­pa­tion oecu­mé­nique en écri­vant, en 1965, à l’oc­ca­sion des modi­fi­ca­tions appor­tées à la litur­gie du ven­dre­di saint : « L’Église a été gui­dée par l’a­mour des âmes et le désir de tout faire pour faci­li­ter à nos frères sépa­rés le che­min de l’u­nion, en écar­tant toute pierre qui pour­rait consti­tuer ne serait- ce que l’ombre d’un risque d’a­chop­pe­ment ou de déplai­sir [10]. » Pour ne pas déplaire aux pro­tes­tants, l’of­fer­toire qui met­tait déjà en lumière le carac­tère sacri­fi­ciel de la messe a été rem­pla­cé par une for­mule juive de béné­dic­tion ; le ver­na­cu­laire a chas­sé le latin ; à l’au­tel, une table a été sub­sti­tuée, laquelle est bien évi­dem­ment tour­née vers l’as­sem­blée ; la com­mu­nion est dis­tri­buée dans la main, etc… Le car­di­nal s’en désole. Il vou­drait reprendre d’une manière ou d’une autre le chan­tier rat­zin­gé­rien de la réforme de la réforme, car c’est une ques­tion de vie ou de mort : « Malgré les grin­ce­ments de dents, elle advien­dra, car il en va de l’a­ve­nir de l’Église[11]. » Plus modes­te­ment, dans son allo­cu­tion, le car­di­nal avance : « ce débat a par­fois lieu sous l’in­ti­tu­lé de réforme de la réforme… Je ne pense pas qu’on puisse dis­qua­li­fier la pos­si­bi­li­té ou l’op­por­tu­ni­té d’une réforme offi­cielle de la réforme litur­gique [12]. »

Et le car­di­nal de sou­hai­ter la réin­tro­duc­tion des prières de l’of­fer­toire [13], de sou­li­gner l’im­por­tance de la messe célé­brée tour­née vers l’ab­side, autre­ment dit vers l’o­rient le plus sou­vent, afin de parer au dan­ger d’une assem­blée auto­cé­lé­brante. Mais conscient des oppo­si­tions que les pro­po­si­tions de redres­se­ment sus­citent, il se conten­te­rait en défi­ni­tive d’un simple orient mys­tique, d’une croix posée sur l’au­tel. Il demande le rééqui­li­brage entre les langues ver­na­cu­laires et l’u­sage du latin [14]. Certes, il n’ose pas abor­der de manière directe la ques­tion de la com­mu­nion sur la langue, mais ce qu’il dit de l’a­ge­nouille­ment pour sa récep­tion sup­pose le retour à la pra­tique mil­lé­naire. À vrai dire, sa réti­cence à trai­ter de ce sujet se révèle élo­quente ! Le car­di­nal est un pré­lat en cage, dénué de tout pou­voir véri­table. Il ne fait pas bon être un simple conser­va­teur ! Le camou­flet d’un désa­veu menace tou­jours ! Pour preuve, l’in­tro­duc­teur de l’al­lo­cu­tion, dans Tu es Petrus, nous apprend, en maniant la litote [15], que « la salle de presse du Vatican a don­né l’im­pres­sion de rela­ti­vi­ser la por­tée des pro­pos du car­di­nal, voire d’en infir­mer les déclarations ».

Quand l’Église s’au­to­dé­truit, le salut n’est que dans une réac­tion vive fai­sant suite à un diag­nos­tic lucide. Il faut por­ter le fer dans la plaie, ne pas se conten­ter d’une cotte mal taillée. Que pen­ser de cette pro­po­si­tion : « J’ajoute que la célé­bra­tion pleine et riche de la forme ancienne du rite romain, l’usus anti­quior, devrait être une part impor­tante de la for­ma­tion litur­gique du cler­gé. Sans cela, com­ment com­men­cer à com­prendre et à célé­brer les rites réfor­més selon l’her­mé­neu­tique de la conti­nui­té si l’on n’a jamais fait l’ex­pé­rience de la beau­té de la tra­di­tion litur­gique que connurent les Pères du concile eux-​mêmes et qui a façon­né tant de saints pen­dant des siècles [16] » ?

Sans le dire, le car­di­nal n’admet-​il pas ici l’é­qui­vo­ci­té fon­cière et irré­mé­diable du nou­veau rit ? Peut-​on alors conti­nuer de le pré­tendre légi­time ou licite alors même que le pape l’a pro­mul­gué ? Ce n’est pas sans rai­son que beau­coup de pro­tes­tants qui refu­saient bien évi­dem­ment la messe tra­di­tion­nelle, ont affir­mé qu’ils ne voyaient aucune dif­fi­cul­té à uti­li­ser le nou­veau rite pour célé­brer la cène pro­tes­tante [17] . Comme le disait un ancien supé­rieur du dis­trict de France de la Fraternité, notre com­bat litur­gique pren­dra fin quand on aura souf­flé la der­nière bou­gie de la der­nière nou­velle messe, pas avant !

Inculturation

La qua­trième rai­son – puisque le saint concile se pro­pose de for­ti­fier tout ce qui concourt à appe­ler tous les hommes dans le sein de l’Église – ne laisse pas non plus de nous inquié­ter. La litur­gie s’adresse-​telle à Dieu ou à l’homme ? Nous tourne-​telle vers notre Créateur et Sauveur ou vers le pro­chain, voire le loin­tain ? Nous assis­tons ici à la nais­sance de ce qui est main­te­nant appe­lé incul­tu­ra­tion. Notre car­di­nal se dresse là-​contre : « Je suis afri­cain. Permettez-​moi de le dire clai­re­ment : la litur­gie n’est pas le lieu pour pro­mou­voir ma culture. Elle est bien plu­tôt le lieu où ma culture est bap­ti­sée, où ma culture s’é­lève à la hau­teur du divin [18]. » Il ne veut pas d’une afri­ca­ni­sa­tion, d’une latino-​américanisation de la litur­gie, il ne veut pas « d’une litur­gie hori­zon­tale, anthro­po­cen­trique et fes­tive, res­sem­blant à des évé­ne­ments cultu­rels bruyants et vul­gaires [19] ».

Mais la des­truc­tion de l’of­fer­toire et son rem­pla­ce­ment par la pré­sen­ta­tion des dons n’en a‑telle pas été l’oc­ca­sion ? De l’in­cul­tu­ra­tion, le car­di­nal garde le mot, mais s’ef­force d’en inver­ser le sens cou­ram­ment admis : elle ne devrait plus être selon lui l’ap­pro­pria­tion de la culture locale par la litur­gie, mais l’ap­pro­pria­tion par la culture locale du mes­sage chré­tien. Faisons remar­quer qu’à gar­der le mot, on risque fort d’a­va­ler la chose telle qu’elle existe et non pas telle qu’on aime­rait qu’elle fût ! L’Église n’en a‑t- elle pas déjà fait l’ex­pé­rience amère avec le terme de démo­cra­tie, sous Léon XIII ?

En conclu­sion, peut-​on dire comme le car­di­nal que « les Pères n’a­vaient pas l’in­ten­tion de faire la révo­lu­tion, mais une évo­lu­tion, une réforme modé­rée [20] » ? Il nous faut dis­tin­guer. Sans doute, la plu­part des Pères ne savaient pas en 1963 qu’ils avaient don­né le branle à une machine infer­nale. La suite du concile avec sa nou­velle concep­tion de l’Église comme com­mu­nion hié­rar­chique qui place le peuple de Dieu en pre­mière ligne les pré­pa­re­rait bien­tôt à l’ad­mettre (cf. la consti­tu­tion Lumen Gentium).

La Révolution est un mou­ve­ment. La consti­tu­tion Sacrosanctum Concilium doit être lue à la lumière de tous les textes du concile. La Révolution litur­gique, les Pères fini­ront par l’ap­prou­ver ou du moins par y consen­tir à quelques notables excep­tions près. Mais elle était déjà ins­crite pour les ini­tiés dans ce pre­mier numé­ro de Sacrosanctum Concilium, sur lequel le car­di­nal veut s’ap­puyer pour enga­ger un renou­veau litur­gique [21].

Ce fon­de­ment n’est que du sable. On se doit de le dénon­cer se l’on veut rendre sa splen­deur au culte litur­gique. Le car­di­nal veut recons­truire, mais qu’il prenne garde de ne pas détruire ce qui reste debout, sur l’ordre du pape François.

La Révolution aime à uti­li­ser les conser­va­teurs ! Ainsi le car­di­nal Sarah a‑t-​il rédi­gé, le 6 jan­vier 2016, puis pro­mul­gué le 21 jan­vier, un décret qui modi­fie la céré­mo­nie du lave­ment des pieds dans le rite romain. Jusque là réser­vé aux hommes bap­ti­sés, il est désor­mais éten­du à l’en­semble du peuple dans sa diversité.

Le droit s’a­ligne sur le fait du pape !

Abbé Philippe Nansenet, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

Sources : Fideliter n° 237 de mai-​juin 2017

Notes de bas de page

  1. Notes de la rédac­tion de La Porte Latine, lire à ce sujet : La radi­ca­li­té du car­di­nal Sarah : un aver­tis­se­ment au pape François de l’un de ses fidèles col­la­bo­ra­teurs – 25 mars 2015 ; Le car­di­nal Sarah s’op­pose au car­di­nal Reinhard Marx : Synode sur la famille : le Rhin ne se jet­te­ra pas dans le lac Volta – 10 juillet 2015 ; La théo­rie du genre aus­si démo­niaque que l’État isla­mique, car­di­nal Sarah – 14 octobre 2015 ; Cardinal Sarah, Mgr Schneider : l’ac­cès des luthé­riens à la com­mu­nion ne peut pas se résu­mer à une affaire de conscience – 2 décembre 2015.[]
  2. Tu es Petrus, sep­tembre 2016 (TEP), p. 38. 2[]
  3. La Force du silence, Fayard, 2016 (LFS), p. 160. 3.[]
  4. TEP, p. 31.[]
  5. Ibid., p. 38.[]
  6. Nous lisons au début de la lettre à l’a­dresse de Paul VI : « Comme le prouve suf­fi­sam­ment l’exa­men cri­tique cijoint, si bref soit-​il, oeuvre d’un groupe choi­si de théo­lo­giens, de litur­gistes et de pas­teurs d’âmes, le nou­vel Ordo Missæ, si l’on consi­dère les élé­ments nou­veaux, sus­cep­tibles d’ap­pré­cia­tions fort diverses, qui y paraissent sou­sen­ten­dus, ou impli­qués, s’é­loigne de façon impres­sion­nante, dans l’en­semble comme dans le détail, de la théo­lo­gie catho­lique de la sainte messe, telle qu’elle a été for­mu­lée à la xxiie ses­sion du concile de Trente, lequel, en fixant défi­ni­ti­ve­ment, les « canons » du rite, éle­va une bar­rière infran­chis­sable contre toute héré­sie qui pour­rait por­ter atteinte à l’in­té­gri­té du mys­tère. » L’étude théo­lo­gique qui accom­pagne la lettre se ter­mine ain­si : « L’abandon d’une tra­di­tion litur­gique qui fut pen­dant quatre siècles le signe et le gage de l’u­ni­té de culte, son rem­pla­ce­ment par une autre litur­gie qui ne pour­ra être qu’une cause de divi­sion par les licences innom­brables qu’elle auto­rise impli­ci­te­ment, par les insi­nua­tions qu’elle favo­rise, et par ses atteintes mani­festes à la pure­té de la foi : voi­là qui appa­raît, pour par­ler en termes modé­rés, comme une incal­cu­lable erreur. ».[]
  7. TEP, p. 31.[]
  8. Ibid., p. 33. []
  9. Abbé Matthias Gaudron, Catéchisme catho­lique de la crise dans l’Église catho­lique, Sel de la Terre, 2e édi­tion, p. 185.[]
  10. Ibid., p. 186. []
  11. LFS, p. 203.[]
  12. TEP, p. 37. []
  13. LFS, p. 210. []
  14. TEP, p. 41. []
  15. Ibid., p. 38. []
  16. Ibid., p. 35. []
  17. Itinéraires n° 192, p. 16 et 17 : 1° Selon Max Thurian, de Taizé, le Novus Ordo Missæ « est un exemple de ce sou­ci fécond d’u­ni­té ouverte et de fidé­li­té dyna­mique, de véri­table catho­li­ci­té : un des fruits en sera peut-​être que des com­mu­nau­tés non catho­liques pour­ront célé­brer la sainte Cène avec les mêmes prières que l’Église catho­lique. Théologiquement, c’est pos­sible ». 2° Selon M. Siegvalt, pro­fes­seur de dog­ma­tique à la facul­té pro­tes­tante de Strasbourg, « rien dans la messe main­te­nant renou­ve­lée ne peut gêner le chré­tien évan­gé­lique ». 3° Selon le Consistoire supé­rieur de la Confession d’Augsbourg et de Lorraine, « étant don­né les formes actuelles de la célé­bra­tions eucha­ris­tique dans l’Église catho­lique et en rai­son des conver­gences théo­lo­giques pré­sentes… il devrait être pos­sible, aujourd’­hui à un pro­tes­tant de recon­naître dans la célé­bra­tion eucha­ris­tique catho­lique la cène ins­ti­tuée par le Seigneur… Nous tenons à l’u­ti­li­sa­tion des nou­velles prières eucha­ris­tique dans les­quelles nous nous retrou­vons et qui ont l’a­van­tage de nuan­cer la théo­lo­gie du sacri­fice que nous avions l’ha­bi­tude d’at­tri­buer au catho­li­cisme. Ces prières nous invitent à retrou­ver une théo­lo­gie évan­gé­lique du sacri­fice… » []
  18. TEP, p. 25. []
  19. LFS, p. 203.[]
  20. TEP, p. 27. []
  21. Sedes Sapientiæ n° 77, p. 74. En 1962, le car­di­nal Suenens fai­sait paraître simul­ta­né­ment en sept langes le livre Promotion apos­to­lique de la reli­gieuse, et citait J. Chevalier : « Une iden­ti­té de vie sup­pose un chan­ge­ment conti­nu dont la conti­nui­té même suf­fit à assu­rer l’u­ni­té. » Ce mobi­lisme géné­ral n’entraîne-​t-​il pas à une révo­lu­tion per­ma­nente ? []