HISTOIRE
DE LA FSSPX

chronologie de l’histoire de la
Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X

fraternité sainte pie X

1969
1970

LA FONDATION

Dès les années du Concile, Monseigneur Lefebvre, alors Supérieur général de la congrégation des Pères Spiritains, recevait des appels angoissés de la part de séminaristes désemparés.

En effet, la dégra­da­tion de la for­ma­tion sacer­do­tale se fai­sait déjà sen­tir un peu par­tout. Il com­men­ça par les diri­ger vers des sémi­naires ou des uni­ver­si­tés qu’il esti­mait plus « tra­di­tion­nels ». Malheureusement, la révo­lu­tion conci­liaire sem­blait devoir tout empor­ter : par­tout on jetait le froc aux orties, on aban­don­nait les exer­cices de pié­té, l’oraison, le cha­pe­let, la dévo­tion à la Sainte Vierge et aux Saints. L’enseignement de la foi était sac­ca­gé, les méthodes nou­velles fai­saient table rase du pas­sé, de la phi­lo­so­phie pérenne comme du magis­tère constant de l’Eglise, la divine Liturgie lais­sait place aux expé­riences les plus diverses et les moins sacrées. Devant le constat d’échec des solu­tions d’attente – comme le Séminaire fran­çais de Rome ou l’Université pon­ti­fi­cale du Latran –, Mgr Lefebvre se trou­va bien­tôt libre de toute fonc­tion après qu’il eût été ame­né à démis­sion­ner de sa charge, en 1968. Evêque retrai­té âgé de 63 ans, il se décide alors, comme pous­sé par la Providence, à ouvrir lui-​même une mai­son de for­ma­tion à Fribourg en Suisse. Nous sommes en octobre 1969 et la mai­son de la route de la Vignettaz voit frap­per à sa porte les pre­miers sémi­na­ristes deman­deurs d’une for­ma­tion spi­ri­tuelle vrai­ment catho­lique. Parallèlement, ils suivent les cours de l’Université catholique.

1969–1970

C’est l’année cruciale pour l’Église qui se voit imposer la nouvelle messe.

A Fribourg les débuts sont dif­fi­ciles : mala­die de Mgr Lefebvre, départs de plu­sieurs sémi­na­ristes. A la même époque, en Valais, un groupe de fer­vents catho­liques rachète la mai­son et le domaine d’Ecône mis en vente par les cha­noines du Grand Saint-​Bernard. Leur but est de sau­ver les bâti­ments d’un usage pro­fane, car ils ont le ferme espoir de gar­der à la pro­prié­té une fina­li­té reli­gieuse. Bientôt, ils en font don à Mgr Lefebvre qui décide, dans un pre­mier temps, d’y ins­tal­ler l’année pré­pa­ra­toire ou de spi­ri­tua­li­té qu’il veut ins­ti­tuer avant les études de phi­lo­so­phie et de théo­lo­gie. C’est ain­si qu’à la ren­trée 1970, 11 sémi­na­ristes de 1ère année font leur entrée à Ecône tan­dis que leurs aînés repartent à Fribourg pour y pour­suivre leur formation.

SURTOUT LE 7 NOVEMBRE 1970, Monseigneur Lefebvre annonce fièrement à ses séminaristes l’érection officielle de la « Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X » dans le diocèse de Fribourg par Son Excellence Mgr François Charrière.

L’acte est signé du 1er novembre 1970, fête de la Toussaint. L’Eglise catho­lique recon­nais­sait ain­si la fon­da­tion de la Fraternité sacer­do­tale Saint-​Pie X. Le 18 février 1971, le cardinal-​préfet de la Congrégation du Clergé adres­sait une lettre de louange pour l’œuvre accom­plie. Munie de la recon­nais­sance et de la béné­dic­tion de l’Eglise, la Fraternité Saint-​Pie X sem­blait pro­mise à un ave­nir pro­met­teur et serein.

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1971
1975

L’EXPANSION ET LES PREMIÈRES DIFFICULTÉS

En juin 1971 Monseigneur bénit la première pierre du bâtiment Saint-​Pie X à Ecône, pour loger les séminaristes désormais trop nombreux pour les locaux existants.

L’apostolat de ces débuts est encore bien limi­té : vers 1972, la Fraternité n’exerce de minis­tère qu’en Grande-​Bretagne et en Californie, ain­si qu’en France, où elle assure l’aumônerie d’une modeste école de filles. Mais, en décembre 1972, une cam­pagne de presse est lan­cée de France contre Ecône. Certains évêques s’agacent de voir par­tir des jeunes gens pour ce qu’ils ne veulent consi­dé­rer que comme un « sémi­naire sauvage ».

En 1973, s’ouvre une nouvelle maison à Armada (Michigan), pour accueillir le séminaire nord-​américain. Puis en 1974, c’est l’acquisition d’un ancien noviciat des Frères du Sacré-​Cœur à Albano-​Laziale, aux portes de Rome.

En octobre 1974, 40 nouveaux candidats se présentent à la porte du séminaire. Ecône compte alors 130 aspirants au sacerdoce, sans compter 5 postulants frères.

Mais, sou­dain, c’est l’orage. Le 11 novembre 1974, deux visi­teurs apos­to­liques arrivent à Ecône. Ces deux pré­lats, Mgr Descamps et son secré­taire, Mgr Onclin, tiennent des pro­pos qui choquent les sémi­na­ristes, sou­te­nant que « l’ordination de gens mariés était nor­male », ajou­tant qu’ils « n’admettaient pas une Vérité immuable », émet­tant enfin des « doutes sur la manière tra­di­tion­nelle de conce­voir la Résurrection de Notre-​Seigneur »… Scandalisé par cette atti­tude, et ne vou­lant pas col­la­bo­rer à ce que le pape Paul VI a déjà appe­lé « l’auto-démolition de l’Eglise », Mgr Lefebvre rédige et publie sa fameuse décla­ra­tion du 21 novembre 1974.

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1975
1976

LES SANCTIONS

En juin 1971 Monseigneur bénit la première pierre du bâtiment Saint-​Pie X à Ecône, pour loger les séminaristes désormais trop nombreux pour les locaux existants.

Le 13 février 1975, Mgr Lefebvre est invi­té à « s’entretenir » avec les membres d’une com­mis­sion de trois car­di­naux (Leurs Eminences Garrone, Wright et Tabera). Ce n’est qu’une fois devant eux qu’il com­prend qu’ils ont charge d’instruire un pro­cès contre lui, et ce, sans qu’il ait eu connais­sance de la com­pé­tence d’aucun « tri­bu­nal ». Il « com­pa­rait » une seconde fois le 3 mars sui­vant. Le 6 mai 1975, sans qu’un juge­ment soit sur­ve­nu, la Fraternité est illé­ga­le­ment sup­pri­mée par Mgr Mamie, suc­ces­seur de Mgr Charrière au siège de Fribourg, la sen­tence étant « immé­dia­te­ment effec­tive ». Du jour au len­de­main, Mgr Lefebvre doit aban­don­ner 104 sémi­na­ristes, 13 pro­fes­seurs et le per­son­nel, les ren­voyer séance tenante, et cela à deux mois de la fin de l’année sco­laire ! Nous sommes le 8 mai 1975, pro­cla­mée par le Saint-​Père « année de la réconciliation » !

Ayant fait appel de cette injustice, Mgr Lefebvre emmène tout le séminaire en pèlerinage à Rome pour l’Année sainte. La Fraternité compte en 1975 quelque 15 prêtres et un évêque.

Durant l’année 1976, devant la calme résistance de « l’évêque de fer », des mesures plus radicales sont alors prises :

blo­cage (illé­gal) du recours dépo­sé par Mgr Lefebvre à la Signature apos­to­lique sur inter­ven­tion du secré­taire d’Etat, le car­di­nal Villot ; lettre de la Secrétairerie d’Etat aux confé­rences épis­co­pales du monde entier par laquelle les Ordinaires sont invi­tés à ne pas accor­der l’incardination dans leur dio­cèse aux can­di­dats de la Fraternité Saint-​Pie X ; enfin, menace de sanc­tion si Mgr Lefebvre pro­cède aux ordi­na­tions sacer­do­tales à la fin de l’année. Le nœud autour duquel se joue désor­mais « le drame d’Ecône » est l’acceptation expli­cite de tout le Concile Vatican II, de toutes ses déci­sions et des réformes qui en sont issues, en com­men­çant par l’acceptation de la nou­velle messe. Il aurait suf­fi que l’évêque accep­tât de concé­lé­brer une seule fois dans le nou­veau rite, et toute dif­fi­cul­té aurait été aplanie.

Vient l’été 1976, le célèbre « été chaud ».

Après l’ordination de douze prêtres le 29 juin, Mgr Lefebvre est frap­pé de « sus­pens a divi­nis« . Une sanc­tion qui, observe-​t-​il avec humour, l’empêche de dire la messe… nou­velle ! Le 29 août 1976, il se rend à Lille pour y célé­brer la messe devant des mil­liers de fidèles. Il y pro­nonce un ser­mon reten­tis­sant qui fait aus­si­tôt la une des journaux.

Une autre épreuve s’abat sur Mgr Lefebvre et son œuvre encore fra­gile lorsque, à la ren­trée 1976, le corps pro­fes­so­ral fait en par­tie défec­tion. Mgr Lefebvre décide alors de prendre lui-​même la direc­tion du sémi­naire d’Ecône, avec un corps pro­fes­so­ral renou­ve­lé. A la ren­trée 1977, tous les pro­fes­seurs sont issus de la Fraternité.

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1976
1983

LA FRATERNITÉ CONTINUE

Dès la ren­trée de 1975, s’était ouvert à Weissbad, dans le can­ton d’Appenzell, un sémi­naire de langue alle­mande dont M. l’abbé Franz Schmidberger avait pris la direc­tion. En octobre 1977, la Fraternité compte 40 prêtres, 150 sémi­na­ristes, 20 mai­sons et trois sémi­naires (Ecône et Weissbad en Suisse, Armada aux Etats-Unis).

En 1978 le sémi­naire de Weissbad se trans­porte à Zaitzkofen, en Bavière (Allemagne). L’année sui­vante voit la fon­da­tion du sémi­naire de Buenos Aires avec 12 sémi­na­ristes en année de spi­ri­tua­li­té. Le sémi­naire d’Armada démé­nage à Ridgefield, à 100 miles de New York. Mgr Lefebvre quitte alors la direc­tion du sémi­naire d’Ecône et s’établit à Rickenbach (can­ton de Soleure) où il ins­talle la Maison géné­rale. C’est M. l’abbé Tissier de Mallerais qui le rem­place à la tête du séminaire.

La sus­pense de 1976 n’a jamais arrê­té les contacts avec Rome. Mais il faut attendre l’élection de Jean-​Paul II, jeune pape venu de Pologne, pour que naisse quelque espoir d’entente. En effet, reçu en audience en novembre 1979, Mgr Lefebvre esquisse une for­mule qui semble devoir satis­faire son illustre inter­lo­cu­teur. Il parle du « concile Vatican II reçu à la lumière de la Tradition ». Mais le car­di­nal Seper, pré­sent, inter­vient pour dénon­cer l’attitude du pré­lat d’Ecône qui « fait de la messe un dra­peau », dit-​il sur un ton polé­mique. L’entretien tourne court. En 1980, la Fraternité compte 82 prêtres, et un évêque.

1983

UN NOUVEAU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL

Le 29 juin 1983, au sermon prononcé lors des ordinations à Ecône, Mgr Lefebvre annonce que M. l’abbé Schmidberger, qu’il a désigné l’année précédente comme son vicaire général, prend sa place à partir de ce jour comme Supérieur général de la Fraternité.

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1983
1986

LUTTE CONTRE LES SCANDALES DE L’ÉGLISE. EXPANSION

En 1983, une nou­velle étape est fran­chie : le pape Jean-​Paul II mul­ti­plie décla­ra­tions et gestes de sym­pa­thie à l’égard de Luther dont les pro­tes­tants célèbrent le cinq-​centième anni­ver­saire de la nais­sance. Plus que jamais, le pape s’engage au nom des droits de l’homme et pose des gestes d’un œcu­mé­nisme pour­tant condam­né. Face à tant de scan­dales venus de haut, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer, évêque du dio­cèse de Campos au Brésil, lui écrivent une lettre ouverte le 21 novembre 1983. Ils le font dans l’esprit de saint Paul résis­tant publi­que­ment à saint Pierre, lorsque celui-​ci « ne mar­chait pas selon l’Evangile » (épître aux Galates 2,14).

En 1985, année où la Fraternité compte 156 prêtres, et un évêque, Mgr Lefebvre publie chez Albin Michel une Lettre ouverte aux catholiques perplexes où, dans un langage clair, accessible à tous, il précise les raisons de sa résistance face aux réformes destructrices du catholicisme. Malheureusement, au Synode de cette même année, synode extraordinaire réuni à l’occasion du vingtième anniversaire de la clôture du concile Vatican II, Jean-​Paul II décide de continuer en allant toujours plus loin. Il convoque pour le 21 octobre 1986 une réunion inter-​religieuse à Assise, où toutes les religions réunies et placées sur le même pied d’égalité invoquent leurs idoles. Une fois encore, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer réagissent vigoureusement, en successeurs des apôtres, forts dans la foi. Ils dénoncent en particulier un syncrétisme implicite et l’abandon pratique du premier commandement.

Parallèlement à une crise qui semble devoir s’aggraver, la Fraternité connaît tou­jours le même déve­lop­pe­ment. En France, le sémi­naire de Flavigny-​sur-​Ozerain (Côte‑d’Or) ouvre ses portes pour accueillir les sémi­na­ristes désor­mais trop nom­breux à Ecône. Par ailleurs, la Fraternité étend son apos­to­lat de manière spec­ta­cu­laire, en ouvrant de nou­velles mai­sons au Gabon, au Chili, en Nouvelle-​Zélande, aux Antilles, au Zimbabwe et en Inde. Elle est désor­mais pré­sente dans tous les conti­nents et implan­tés dans quelque 23 pays.

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1983
1986

LES SACRES

La mesure de l’apostasie de la Rome conciliaire étant comble avec la confirmation des thèses de la fausse liberté religieuse, Mgr Lefebvre annonce aux ordinations du 29 juin 1987 qu’il n’hésitera pas, si Dieu le veut, à se donner des successeurs dans l’épiscopat pour que l’œuvre de la Fraternité continue.

Rome réagit aus­si­tôt en pro­po­sant de pro­cé­der à une visite des mai­sons de la Fraternité afin de mieux connaître l’œuvre de for­ma­tion sacer­do­tale et d’en consta­ter les fruits de sain­te­té et de catho­li­ci­té à tra­vers le monde. Mgr Lefebvre s’en réjouit et accueille, flan­qué de son secré­taire, Mgr Camille Perl, le car­di­nal Edouard Gagnon, de la Congrégation des Pères du Saint-​Esprit, nom­mé visi­teur apos­to­lique. Cette visite est une sorte de recon­nais­sance de l’illégitimité des sanc­tions et des sup­pres­sions por­tées aupa­ra­vant, puisqu’il visite une Fraternité qui, offi­ciel­le­ment, n’existe pas. Le car­di­nal assiste d’ailleurs à la messe de l’évêque « sus­pens » le 8 décembre 1987 à Ecône. 1

Le même jour, il déclare :

« je veux dire que nous avons été frap­pés, par­tout, nous gar­dons une grande admi­ra­tion pour la pié­té des per­sonnes, pour l’actualité et l’importance des œuvres, sur­tout en ce qui concerne la caté­chèse, la for­ma­tion, l’administration des sacre­ments. Certainement nous avons en main tout ce qu’il faut pour faire un rap­port très positif. »

Ce rap­port ne paraî­tra jamais et sera, pra­ti­que­ment, étouf­fé. A ce jour, il n’a jamais été publié. Par contre, on peut tou­jours lire dans le Livre d’or du sémi­naire d’Ecône le sou­hait du car­di­nal, que « le mer­veilleux tra­vail de for­ma­tion sacer­do­tale accom­pli ici rayonne un jour pour le bien de toute la sainte Eglise ».

Mgr Lefebvre avait repoussé la date des sacres dans l’espoir d’un accord acceptable. Une formule doctrinale peu satisfaisante est malgré tout signée par Mgr Lefebvre après une nouvelle réunion à Rome, le 5 mai 1988, avec le cardinal Ratzinger. Dès le lendemain, Monseigneur demande de nouvelles garanties concernant le sacre et le secrétariat romain qui serait chargé de la Tradition. Le refus de ces conditions indispensables conduit Mgr Lefebvre à décider le sacre de quatre évêques membres de la Fraternité pour le 30 juin 1988. Le sacre est légitimé par le cas de nécessité devant lequel l’Eglise se trouve placée, qui rend illégitime le refus explicite du sacre par le pape : en effet, celui-​ci doit avoir la volonté habituelle de donner à l’Eglise les moyens indispensables au bien commun de celle-​ci. Pour de plus amples détails sur la légitimité des sacres de 1988, voir l’étude théologique de la revue SiSi NoNo – Courrier de Rome.

En mars 1988, s’ouvre le sixième sémi­naire de la Fraternité, Holy Cross Seminary, implan­té en Australie. En sep­tembre de la même année, le sémi­naire des Etats-​Unis se trans­porte à Winona, dans le Minnesota, dans les beaux bâti­ments res­tau­rés d’un ancien novi­ciat de domi­ni­cains. En 1988 la Fraternité Saint-​Pie X compte 209 prêtres et 5 évêques.

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1989

LES JUBILÉS

Le 19 novembre 1989 au Bourget, près de Paris, Monseigneur Lefebvre célèbre le jubilé de ses 60 ans de sacerdoce devant 23.000 fidèles. L’année suivante, la Fraternité Saint-​Pie X célèbre ses 20 ans d’existence. Elle compte, en 1990, 236 prêtres et 5 évêques.

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1991

MORT DE MGR LEFEBVRE ET DE MGR DE CASTRO MAYER – CONSÉCRATION D’UN ÉVÊQUE

Le 25 mars 1991, Monseigneur Lefebvre rend son âme à Dieu. Visitant Ecône, et se recueillant devant la tombe du fondateur de la Fraternité, un cardinal murmure : « Merci, Monseigneur ». Un mois plus tard, le 26 avril, c’est au tour de son compagnon de combat, Mgr de Castro Mayer, de passer à une vie meilleure. L’année de la mort de son fondateur, la Fraternité Saint-​Pie X compte 249 prêtres et 4 évêques.

L’année sui­vante, Mgr Tissier de Mallerais, assis­té de Mgr Williamson et de Mgr de Galarreta comme co-​consécrateurs, sacre Mgr Licinio Rangel évêque auxi­liaire pour la Fraternité Saint Jean-​Marie Vianney à Campos, au Brésil. Dans ce pays, les fidèles pour­ront conti­nuer à vivre de la Tradition bimil­lé­naire de l’Eglise.

Cette même année 1992, la Fraternité ouvre une mai­son aux Philippines. Dans le même temps, l’apostolat se déve­loppe dans les pays de l’Est, à par­tir de la chute du rideau de fer. Le 25 mars 1993, la pre­mière messe est célé­brée au Schloss Schwandegg, la nou­velle Maison géné­rale de la Fraternité Saint-​Pie X, située à Menzingen, dans le can­ton de Zoug. Elle accueille aus­si le novi­ciat des sœurs Oblates jusqu’à ce que le nombre de voca­tions amène les sœurs à ins­tal­ler leur novi­ciat à Salvan, dans le Valais.

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1994

ÉLECTION DE MGR FELLAY

En juillet 1994, Mgr Fellay est élu supérieur général pour succéder à M. l’abbé Schmidberger, qui est élu premier Assistant général. L’année suivante est fêté le jubilé d’argent de la Fraternité, à Ecône, tandis qu’est bénie la première pierre de la future église du Cœur Immaculé de Marie. En 1995, la Fraternité compte 329 prêtres et 4 évêques.

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1994
1999

FIN DE SIÈCLE : PAISIBLE CROISSANCE

Durant les années 1994–1999, la Fraternité vit une paisible croissance. 

La Tradition 2 dans son ensemble se déve­loppe grâce à l’opération « sur­vie » vou­lue et réa­li­sée par Mgr Lefebvre.

Le nombre crois­sant du cler­gé, des reli­gieux et des reli­gieuses, des fidèles, l’épanouissement des familles et de la vie catho­lique montrent dans les faits la légi­ti­mi­té du choix de l’évêque « rebelle ». L’expansion géo­gra­phique cor­ro­bore l’état de néces­si­té qui motive le secours à appor­ter aux âmes, quelle que soit la lati­tude ou la lon­gi­tude. Alors que l’esprit reli­gieux, sous l’effet du déca­pant conci­liaire, s’anémie et tend à dis­pa­raître, « l’expérience de la tra­di­tion » semble bien réussir !

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2000

PÈLERINAGE À ROME EN L’AN 2000

L’année jubilaire, Monseigneur Fellay décide d’emmener la Fraternité vénérer les Apôtres à Rome et de marquer ainsi notre attachement au centre de la catholicité, à la papauté, ainsi que notre refus de nous laisser enfermer dans une attitude soit-​disant schismatique. 

C’est ain­si que plus de 5.000 per­sonnes – un record pour l’Année sainte ! – vien­dront en plein mois d’août péré­gri­ner dans les Basiliques majeures. Un jour­nal titre : « Cinq mille excom­mu­niés dans la Basilique Saint-​Pierre ! » sou­li­gnant par cette gen­tille iro­nie un aspect mar­quant de cette crise : ceux qui cherchent à gar­der la foi et qui luttent contre les enne­mis du catho­li­cisme sont mis au ban de l’Eglise.

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2000

CONTACTS AVEC ROME

Favorablement impres­sion­né par cette démons­tra­tion de catho­li­ci­té, le car­di­nal Castrillón Hoyos, pré­fet de la Congrégation du Clergé nou­vel­le­ment pla­cé à la tête de la com­mis­sion Ecclesia Dei 3, sai­sit l’occasion d’établir quelques « contacts » plus étroits. Une solu­tion est avan­cée, sans tou­te­fois qu’aucune forme concrète soit pro­po­sée. Mais, une fois encore, la com­pré­hen­sion des membres de la hié­rar­chie vis-​à-​vis de la Tradition montre de claires limites. Les yeux sont encore loin d’être des­sillés sur la pro­fon­deur et l’origine de la for­mi­dable crise qui secoue l’Eglise depuis 40 ans déjà.

A la suite de Mgr Lefebvre, le Supérieur général doit rappeler que le temps n’est pas encore venu pour une pleine collaboration, et que toute recherche d’un accord purement pratique (un statut juridique au sein de l’Eglise conciliaire) est voué à l’échec. Par contre, reprenant la balle au bond, Mgr Fellay oriente le débat sur le fond, à savoir les questions doctrinales. Conformément au souhait de Mgr Lefebvre formulé peu avant sa mort, si la Tradition doit reprendre langue avec les autorités romaines, ce ne peut être désormais que sur les problèmes doctrinaux.

Au préa­lable, Mgr Fellay demande deux signes d’apaisement, sus­cep­tibles de mon­trer que quelque chose a enfin chan­gé au Vatican. Il demande la libé­ra­li­sa­tion de la Messe tra­di­tion­nelle pour tous les prêtres catho­liques, et la levée des injustes cen­sures qui pèsent sur les évêques pré­ten­du­ment excom­mu­niés depuis 1988, et qui sont comme une marque d’infamie jetée à la face de l’Eglise de tou­jours. En l’an 2000, la Fraternité atteint le nombre de 400 prêtres, aux­quels s’ajoutent les quatre évêques.

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2000
2005

LE COMBAT DOCTRINAL : LE PROBLÈME DE LA RÉFORME LITURGIQUE

Dès le commencement de son combat pour la foi, Mgr Lefebvre avait justifié et expliqué, par des conférences, des articles et des livres, les raisons de son attitude. Il n’avait cessé par la suite de dénoncer le mal et de proposer les remèdes pour guérir la plaie ouverte par le récent concile.

De nom­breux auteurs, tant ecclé­sias­tiques que laïques ont éga­le­ment mis leur intel­li­gence et leur plume au ser­vice de la défense de la foi dès les pré­misses du désastre. Il serait trop long de les citer tous. Afin de conti­nuer cette action très néces­saire, la Fraternité a fon­dé des organes de presse, orga­ni­sé des col­loques et des congrès, sou­te­nu des revues, sans comp­ter toutes les publi­ca­tions des­ti­nées à la for­ma­tion caté­ché­tique et doc­tri­nale des fidèles.

Depuis quelques années des tra­vaux et des publi­ca­tions appro­fon­dissent l’analyse des causes et des consé­quences de l’esprit et de la lettre conci­liaire. En 2001, la Fraternité publie un ouvrage sur la réforme litur­gique, le Novus Ordo Missæ, qui renou­velle les cri­tiques faites à ce rite néo-​protestant. Adressé au Saint-​Père et à plu­sieurs car­di­naux, ain­si qu’à de nom­breux évêques, il n’a à ce jour pas reçu de réfu­ta­tion sérieuse.

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2004

DE L’OECUMÉNISME À L’APOSTASIE SILENCIEUSE

En janvier 2004, Mgr Fellay et ses deux Assistants (M. l’abbé Schmidberger et Mgr de Galarreta), auxquels s’associent les deux autres évêques (Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Williamson) envoient à tous les cardinaux une lettre sur le désastre œcuménique qu’accompagne un document intitulé :

De l’œcuménisme à l’apostasie silen­cieuse – 25 ans de pon­ti­fi­cat. Ce docu­ment était à l’origine des­ti­né à être remis au pape à l’occasion de son jubi­lé. Mais l’état de san­té de ce der­nier conduit le Supérieur géné­ral à l’adresser aux car­di­naux. Mgr Fellay pré­sente le docu­ment lors d’une confé­rence de presse, sui­vie très atten­ti­ve­ment par une qua­ran­taine de vati­ca­nistes, le 2 février 2004, à Rome.

Là encore, la rigou­reuse démons­tra­tion n’a pas reçu à ce jour de réponse sérieuse et encore moins de réfu­ta­tion. Le sujet est pour­tant capi­tal : si l’on peut diag­nos­ti­quer une « apos­ta­sie silen­cieuse », en par­ti­cu­lier en Europe, selon les termes mêmes du Souverain Pontife, celle-​ci doit bien avoir une cause. Certes, celle-​ci n’est pas unique, mais il n’est pas dif­fi­cile de com­prendre que l’œcuménisme tel qu’il est conçu et pra­ti­qué aujourd’hui engendre iné­luc­ta­ble­ment un indif­fé­ren­tisme 4 qui mène pré­ci­sé­ment à cette apostasie.

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2005

L’ÉLECTION DE BENOÎT XVI

En 2005, le Supérieur général salue l’élection du nouveau pape comme « une lueur d’espoir ».

Bien qu’acquis à la doc­trine de Vatican II sur la liber­té reli­gieuse et au faux œcu­mé­nisme, comme l’illustrent ses visites aux syna­gogues et aux mos­quées, Benoît XVI est conscient de la situa­tion actuelle de l’Eglise, de la grave crise qu’elle tra­verse et des défauts, sinon des vices, de la réforme litur­gique. Quant à la Fraternité Saint-​Pie X, après 35 années d’existence, elle compte 451 prêtres et 4 évêques.

Le Chapitre géné­ral réuni à Ecône en 2006 voit la réélec­tion de Mgr Fellay pour un nou­veau man­dat de douze ans. A ses côtés, sont élus M. l’abbé Niklaus Pfluger, pre­mier Assistant, un Suisse ori­gi­naire du can­ton de Soleure, et M. l’abbé Alain-​Marc Nély, deuxième Assistant, un Français. La ligne de conduite est confir­mée ; le 15 juillet 2006, le Chapitre géné­ral rap­pelle l’actualité de la décla­ra­tion du 21 novembre 1974, et déclare :

Dans les échanges qu’elle a eus en ces der­nières années avec Rome, la Fraternité a pu consta­ter le bien-​fondé et la néces­si­té des deux préa­lables 5qu’elle a récla­més, qui pro­cu­re­raient un très grand bien à l’Eglise en res­ti­tuant à celle-​ci au moins une par­tie de ses droits à sa propre Tradition. Non seule­ment le tré­sor de grâces dont jouit la Fraternité serait sor­ti de des­sous le bois­seau, mais il appor­te­rait ain­si le remède dont le Corps mys­tique a tant besoin pour guérir.

« Si, après leur accom­plis­se­ment, la Fraternité attend la pos­si­bi­li­té de dis­cus­sions doc­tri­nales, c’est encore dans le but de faire réson­ner plus for­te­ment dans l’Église la voix de la doc­trine tra­di­tion­nelle. En effet, les contacts qu’elle entre­tient épi­so­di­que­ment avec les auto­ri­tés romaines ont pour seul but de les aider à se réap­pro­prier la Tradition que l’Église ne peut renier sans perdre son iden­ti­té, et non la recherche d’un avan­tage pour elle-​même, ou d’arriver à un impos­sible « accord » pure­ment pra­tique. Le jour où la Tradition retrou­ve­ra tous ses droits, « le pro­blème de la récon­ci­lia­tion n’aura plus de rai­son d’être et l’Église retrou­ve­ra une nou­velle jeu­nesse » 6

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2007
2012

DÉCISIONS PRÉALABLES ET DISCUSSIONS DOCTRINALES

L’année suivante, Benoît XVI publie, le 7 juillet 2007, un motu proprio dans lequel est enfin déclaré que la Messe tridentine n’a jamais été abrogée, et que c’est un droit pour tout prêtre de la célébrer. La Fraternité salue l’événement, bien qu’elle rejette la présentation de deux formes légitimes d’un unique rite latin, formule ambiguë et manifestement destinée à faire passer la mesure auprès d’épiscopats farouchement hostiles à tout ce qui respire la Tradition.

Le 16 jan­vier, Mgr Fellay remet à Rome un bou­quet spi­ri­tuel d’un mil­lion sept cent mille cha­pe­lets réci­tés pour obte­nir la réha­bi­li­ta­tion de la Tradition. Le 24 jan­vier 2009, après bien des dif­fi­cul­tés sur­mon­tées au cours de l’année 2008, le Saint-​Siège publie un décret du cardinal-​préfet de la Congrégation des évêques annu­lant les effets du décret de 1988 qui avait vou­lu jeter l’opprobre sur les évêques de la Tradition. Les entre­tiens doc­tri­naux, recon­nus néces­saires, peuvent enfin s’ouvrir. Ils débutent à par­tir de l’automne 2009, alors que la Fraternité entre dans sa qua­ran­tième année,et s’achèvent le 11 avril 2011. Huit réunions per­met­tront ain­si à la Fraternité de pré­sen­ter de manière rigou­reuse sa cri­tique des nou­veau­tés post-​conciliaires : réforme litur­gique, liber­té reli­gieuse, nou­velle concep­tion de l’Eglise, auto­ri­té du Magistère de tou­jours, œcu­mé­nisme… Pendant ce temps, les fidèles de la Fraternité ne lâchent pas leur rosaire : Mgr Fellay demande à Pâques 2009 une nou­velle croi­sade de douze mil­lions de cha­pe­lets pour le triomphe du Cœur imma­cu­lé de Marie. Le 25 mars 2010, plus de dix-​neuf mil­lions ont été récités…

Le 14 septembre 2011, le cardinal Levada remet à Mgr Fellay une ébauche de reconnaissance canonique, précédée d’un « préambule doctrinal » qui devrait être accepté par tous les membres de la Fraternité. Malgré plusieurs essais de reformulation, ce préambule est jugé inacceptable par la Fraternité, y compris au cours du chapitre général tenu en juillet 2012, car contenant une acceptation trop large des enseignements conciliaires.

Malgré ce refus, des voix s’élèvent dans la Fraternité pour cri­ti­quer ces contacts. Le 22 octobre 2012, Mgr Williamson est ren­voyé de la Fraternité pour des actes répé­tés d’insubordination et de vio­lentes attaques contre les supérieurs.

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2013
2017

LA FRATERNITÉ SOUS LE PAPE FRANÇOIS

Le 23 septembre 2013, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi reçoit Mgr Fellay. Il est décidé que des discussions auront lieu dans un cadre moins formel qu’en 2009–2012

Plusieurs pré­lats se rendent ain­si dans des sémi­naires de la Fraternité pour des échanges sur les points cru­ciaux de la réforme conci­liaire. Cependant, le nou­veau Pape estime que le dia­logue doc­tri­nal mène à une impasse et lui pré­fère des gestes spec­ta­cu­laires : à l’occasion du jubi­lé de la Miséricorde de 2015–2016, il déclare ain­si accor­der la juri­dic­tion ordi­naire aux prêtres de la Fraternité et des com­mu­nau­tés amies pour entendre les confes­sions, et pro­longe indé­fi­ni­ment cette dis­po­si­tion à la clô­ture du jubi­lé. De même les prêtres tra­di­tion­nels reçoivent la facul­té de célé­brer des mariages avec l’autorisation des auto­ri­tés dio­cé­saines en 2017 7.

Ces ouvertures n’empêchent pas la Fraternité d’élever la voix contre des actes qui aggravent la confusion dans l’Eglise. Pour les vingt-​cinq ans des sacres de 1988, le 27 juin 2013, les évêques de la Fraternité réaffirment leur volonté de poursuivre l’œuvre de Mgr Lefebvre.

La Fraternité ne manque pas de pro­tes­ter contre les actes déplo­rables qui émaillent le pon­ti­fi­cat : béa­ti­fi­ca­tion et cano­ni­sa­tion du pape Paul VI 8, remise en cause de la morale fami­liale au Synode sur la Famille, décla­ra­tion sur la Fraternité mon­diale, scan­dales à l’occasion du synode sur l’Amazonie… Mais elle a aus­si recours aux armes sur­na­tu­relles. De nou­velles croi­sades du Rosaire démontrent une nou­velle fois la volon­té des fidèles de la Tradition de tra­vailler de toutes leurs forces à la res­tau­ra­tion de l’Eglise : en 2014, six mil­lions de cha­pe­lets pour la consé­cra­tion de la Russie au Cœur imma­cu­lé de Marie et le retour de l’Eglise à sa propre tra­di­tion, douze mil­lions de cha­pe­lets pour le cen­te­naire des appa­ri­tions de Fatima en 2017…

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2018
2020

CONTRE VENTS ET MARÉES, UN MONDE TRADITIONNEL EN PLEINE CROISSANCE

En octobre, les cent cinquante ans des apparitions de Lourdes sont l’occasion pour la Fraternité de montrer sa vitalité en organisant un pèlerinage auquel participent près de 10 000 fidèles. Le 3 juin 2016, la Fraternité dépasse les 600 prêtres. Cette même année, le séminaire des Etats-​Unis, devenu trop petit, déménage : un saut de 1700 km entre le Minnesota et la Virginie, où des travaux sont menés depuis trois ans. Les 19 et 20 août 2017, 10 000 fidèles et 300 prêtres se retrouvent à Fatima pour célébrer Notre-Dame.

Du 3 au 21 juillet 2018 se tient le cha­pitre géné­ral : Mgr Fellay, après 24 ans de supé­rio­rat, cède la place à Don Davide Pagliarani, élu pour douze ans. Les Assistants géné­raux sont pour la même durée Mgr Alfonso de Galarreta et l’abbé Christian Bouchacourt. Le cha­pitre clôt ses tra­vaux par une décla­ra­tion où l’on peut lire :

La Fraternité Sacerdotale Saint-​Pie X entend pour­suivre son but prin­ci­pal qui est le sacer­doce tel que Notre Seigneur Jésus-​Christ l’a vou­lu, et à l’orienter tou­jours vers ce qui est essen­tiel­le­ment sa rai­son d’être : le saint Sacrifice de la Messe. Elle est ani­mée des mêmes sen­ti­ments que saint Pie X, son saint patron :

« Nous affir­mons en toute véri­té que Nous ne vou­lons être et que, avec le secours divin, Nous ne serons rien d’autre, au milieu des socié­tés humaines, que le ministre de Dieu qui nous a revê­tu de son auto­ri­té. Ses inté­rêts sont Nos inté­rêts ; leur consa­crer Nos forces et Notre vie, telle est Notre réso­lu­tion inébran­lable. C’est pour­quoi si l’on nous demande une devise tra­dui­sant le fond même de Notre âme, Nous ne don­ne­rons jamais que celle-​ci : Restaurer toutes choses dans le Christ. » 9

En 2020, la Fraternité célèbre son jubilé d’or : cinquante ans d’existence au service de l’Eglise et du combat de la Foi, pour l’honneur du Christ-​Roi, du sacerdoce et de la fidélité catholique.