La chronologie de la consécration de la Russie

1917 13 juillet : Notre-​Dame dit aux enfants : « Pour empê­cher cela [guerre, famine, per­sé­cu­tions contre l’Église et le Saint-​Père], je vien­drai deman­der la consé­cra­tion de la Russie à mon Cœur Immaculé et la com­mu­nion répa­ra­trice des pre­miers Samedis du mois . »
1929 13 juin : À Tuy (Espagne), Notre-​Dame dit à Lucie que « le moment est venu où Dieu demande au Saint-​Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consé­cra­tion de la Russie à mon Cœur Immaculé », et elle pro­met de la sau­ver par ce moyen.
1930/​31 Entre sep­tembre 1930 et août 1931 : Le pape Pie XI a connais­sance des demandes du Ciel. Il s’est cepen­dant enga­gé depuis 1922 dans une poli­tique d’ou­ver­ture à l’Est, et ne répond que par le silence aux demandes du Ciel. Il cesse même de faire allu­sion à Fatima à par­tir de ce moment.
1931 13 mai : Les évêques du Portugal consacrent leur pays au Cœur Immaculé de Marie. Dès lors, le pays va connaître (jus­qu’à la fin du gou­ver­ne­ment de Salazar en 1968) un renou­veau reli­gieux et poli­tique mira­cu­leux. Le Portugal devient ain­si « la vitrine de Notre-​Dame », et le monde entier est témoin des grâces que le Ciel est prêt à accor­der aux nations qui se consa­cre­ront au Cœur Immaculé de Marie.
Août : À Rianjo (Espagne), Notre Seigneur dit à sœur Lucie dans une com­mu­ni­ca­tion intime : « Fais savoir à mes ministres, étant don­né qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retar­dant l’exé­cu­tion de ma demande, qu’ils le sui­vront dans le mal­heur. Jamais il ne sera trop tard pour recou­rir à Jésus et à Marie. »
1932 ● Le châ­ti­ment des hommes d’Église se met en place : cette année-​là, le père de Lubac, futur ins­pi­ra­teur de Vatican II, éla­bore sa nou­velle théo­lo­gie ; le père Congar com­mence à suivre des cours dans une facul­té de théo­lo­gie pro­tes­tante ; le père Chenu est nom­mé rec­teur des études au Saulchoir ; Karl Rahner suit les cours d’Heidegger à Fribourg. L’année sui­vante, Maritain expose ses nou­velles idées poli­tiques. C’est aus­si à ce moment que Moscou donne des direc­tives à tous les par­tis com­mu­nistes pour qu’ils envoient des sujets dans les sémi­naires pour infil­trer l’Église et la miner de l’intérieur.
1935 1er août : Notre Seigneur demande à une mys­tique por­tu­gaise, Alexandrina de Balasar [1904–1955] au dio­cèse de Braga, d’ob­te­nir de Pie XI la consé­cra­tion du monde au Cœur Immaculé de Marie. Le Ciel tente par là d’ob­te­nir un acte moins gran­diose que la consé­cra­tion de la Russie, mais qui pour­rait la préparer.
● Le Père Pinho (Compagnie de Jésus), confes­seur d’Alexandrina, écrit en vain à Pie XI à cet effet.
1936 11 sep­tembre : Le Père Pinho trans­met la demande au car­di­nal Eugenio Pacelli.
1937 ● La Secrétairerie d’État demande un com­plé­ment d’in­for­ma­tion à l’ar­che­vêque de Braga qui s’a­dresse au confes­seur d’Alexandrina.
19 mars : Éclairé par ses échecs dans le « tri­angle rouge de la ter­reur et du sang » (Russie, Mexique et Espagne), Pie XI écrit son ency­clique Divini Redemptoris où il déclare le com­mu­nisme « intrin­sè­que­ment pervers ».
Fin mars : Mgr da Silva, évêque de Leiria, demande à Pie XI la consé­cra­tion de la Russie. Silence de Rome.
1938 Juin : Le Père Pinho (Compagnie de Jésus), prêche les Exercices spi­ri­tuels aux évêques por­tu­gais à Fátima ; ceux-​ci signent une lettre du Père Pinho deman­dant au Pape la consé­cra­tion du monde au Cœur Immaculé de Marie. Silence de Pie XI, qui, selon le Père Wetter (Compagnie de Jésus), aurait remar­qué : « S’il fal­lait que je fasse tout ce que me demandent les Religieuses, j’au­rais beau­coup de tra­vail… »
25–26 Juin : Réalisation de la pro­phé­tie faite par Notre-​Dame le 13 juillet 1917 : une sorte d’au­rore boréale cou­leur rouge-​sang est aper­çue cette nuit-​là dans toute l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Nord, où elle cause stu­pé­fac­tion et inquié­tude. C’est le signe que la guerre qui va punir le monde est proche.
1939 10 février : Mort de Pie XI.
● Mgr Manuel Maria Ferreira da Silva conseille à Lucie d’é­crire à Pie XII pour deman­der la consé­cra­tion du monde avec men­tion spé­ciale de la Russie. Depuis, on n’ar­rive plus à sor­tir de la confusion !
● Notre Seigneur dit à Lucie que la consé­cra­tion du monde avec men­tion spé­ciale de la Russie par Sa Sainteté obtien­dra que la guerre de 1939 soit abré­gée. [N.-B. : L’objet de la demande et de la pro­messe de Notre Seigneur dif­fère de celui de Notre-​Dame à Tuy, qui était la consé­cra­tion de la Russie devant ame­ner la conver­sion de cette der­nière et la paix au monde.]
Mars (ou mai) : Notre Seigneur dit à Lucie : « Insiste de nou­veau pour qu’on divulgue la com­mu­nion répa­ra­trice des pre­miers Samedis en l’hon­neur du Cœur Immaculé de Marie . Le moment approche où les rigueurs de ma jus­tice vont punir les crimes de plu­sieurs nations. Quelques-​unes seront anéan­ties. À la fin, les rigueurs de ma jus­tice tom­be­ront plus sévè­re­ment sur ceux qui veulent détruire mon règne dans les âmes. »
1940 avril : Le père Gonçalves, confes­seur de sœur Lucie, trans­met au pape Pie XII la demande de consé­cra­tion de la Russie ; mais rien ne vient de Rome.
Octobre : Notre Seigneur accède aux dési­rs du confes­seur de Lucie et demande la consé­cra­tion du monde avec men­tion spé­ciale de la Russie pro­met­tant seule­ment d’a­bré­ger la guerre.
2 décembre : Lucie écrit à Pie XII au sujet de la consé­cra­tion du monde avec men­tion spé­ciale de la Russie.
1941 juillet : Alors qu’il avait conclu un pacte avec Hitler en 1939, pré­ci­pi­tant le déclen­che­ment de la guerre, Staline passe main­te­nant dans le camp des alliés. Cela va don­ner à la Russie une influence consi­dé­rable dans le monde.
août : Sœur Lucie reçoit l’ins­pi­ra­tion divine de faire connaître publi­que­ment les deux pre­mières par­ties du grand secret du 13 juillet 1917 afin d’a­ver­tir le monde du dan­ger qui le menace.
sep­tembre : Sur pres­sion de Roosevelt qui vou­lait s’en­ga­ger dans la guerre aux côtés de l’Angleterre et aus­si de Staline, Pie XII accepte que la hié­rar­chie catho­lique se taise sur la per­ver­si­té intrin­sèque du com­mu­nisme ; mais il n’en refuse pas moins éner­gi­que­ment toute ombre de col­la­bo­ra­tion avec Moscou.
1942 Au cou­rant de l’an­née : Selon Mgr. Roche, Mgr. Montini (futur Paul VI) passe un accord secret avec Staline sans en infor­mer le pape Pie XII.
6 sep­tembre : Dans une lettre au père Gonçalves, sœur Lucie écrit que, lors de leur retraite à Fatima, les évêques por­tu­gais ont envoyé à Rome une sup­plique pour que le monde soit consa­cré au Cœur Immaculé de Marie.
31 octobre : Pie XII accom­plit cette en por­tu­gais, mais sans l’u­nion avec tous les évêques du monde que demande Notre-Dame .
3 novembre : Rommel est bat­tu à El-​Alamein ; Montgomery le pour­suit sur mille km jus­qu’en Tunisie.
8 novembre : Les Américains débarquent en Afrique du Nord.
8 décembre : Pie XII renou­velle la consé­cra­tion en italien.
● Lucie fait savoir que la consé­cra­tion n’est pas faite, et mul­ti­plie les instances.
1943 2 février : La sixième armée alle­mande du maré­chal von Paulus capi­tule à Stalingrad ; Churchill pro­nonce le dis­cours fameux : La roue du des­tin a tour­né.
1944 4 mai : Pour rap­pe­ler le sou­ve­nir de la consé­cra­tion de 1942, le pape Pie XII fixe la fête du Cœur Immaculé de Marie au 22 août, au rang de fête de deuxième classe.
1945 4–11 février : A la confé­rence de Yalta, Roosevelt livre à Staline toute l’Europe cen­trale et orien­tale ; puis il lui aban­don­ne­ra d’im­menses régions d’Extrême-​Orient, pré­pa­rant l’in­va­sion de l’Asie par le communisme.
mai : Le père jésuite belge Edouard Dhanis pré­tend qu’il est mora­le­ment impos­sible de consa­crer la Russie en rai­son des réac­tions que cela susciterait.
1946 15 juillet : Lucie répond à une ques­tion de William T. Walsh : Notre-​Dame n’a pas deman­dé la consé­cra­tion du monde mais seule­ment et nom­mé­ment celle de la Russie. C’est à cette pro­messe que Notre-​Dame a atta­ché la conver­sion de la Russie et la paix.
1947 13 mai : Une sta­tue de Notre-​Dame de Fatima est por­tée triom­pha­le­ment depuis la Cova da Iria jus­qu’au congrès marial de Maastricht aux Pays-​Bas. C’est le début de la « route marial » au cours de laquelle la Vierge pèle­rine par­cour­ra les cinq conti­nents, y pro­dui­sant de nom­breuses conver­sions et atti­rant les non catho­liques. Pendant cinq ans, le monde entier va être témoin de la puis­sance du Cœur Immaculé de Marie.
octobre : A la suite d’un long entre­tien avec sœur Lucie, l’ab­bé Colgan et John Haffert fondent l’Armée Bleue. Le but est de faire vivre le mes­sage de Fatima aux fidèles au jour le jour, et de tra­vailler pour obte­nir la consé­cra­tion de la Russie. L’Armée Bleue se répan­dra rapi­de­ment dans 110 pays.
8–14 octobre : La très sainte Vierge empêche un coup d’é­tat soviéto-​communiste en France en appa­rais­sant à quatre petites filles à l’Ile-Bouchard.
1949 ● Le père Dhanis est nom­mé pro­fes­seur à l’Université Grégorienne à Rome. Son influence ne va ces­ser de gran­dir bien que sa thèse ait été magis­tra­le­ment réfu­tée par le père da Fonseca.
1950 ● Le châ­ti­ment de Dieu sur les hommes d’Église se pour­suit : les années 1950–1953 voient une mon­tée alar­mante du pro­gres­sisme dans l’Église, avec des sou­tiens puissants.
6 juin : Mgr. Roncalli (futur Jean XXIII), alors nonce apos­to­lique à Paris, écrit à Marc Sangnier, une lettre qui réha­bi­lite le fon­da­teur du Sillon (repro­duite dans « Itinéraires », nov.1980, p.152–153). Cette lettre cir­cule dans les milieux poli­tiques français.
8 sep­tembre : Dans un entre­tien avec le phi­lo­sophe Jean Guitton, Mgr. Montini (futur Paul VI) rela­ti­vise beau­coup les condam­na­tions de l’en­cy­clique Humani gene­ris, pour ras­su­rer les théo­lo­giens fran­çais visés par l’en­cy­clique (voir « Toute la véri­té sur Fatima », éd. 1986, tome III, p. 234).
● Sur le front poli­tique, c’est le début de la déco­lo­ni­sa­tion, livrant au com­mu­nisme d’im­menses ter­ri­toires où l’Église perd son influence mis­sion­naire et civilisatrice.
30 octobre – 8 novembre : Dans les jours enca­drant la défi­ni­tion solen­nelle du dogme de l’Assomption, le pape Pie XII voit se renou­ve­ler pour lui seul, dans les jar­dins du Vatican, le miracle du soleil du 13 octobre 1917.
1952 mai : Notre-​Dame appa­raît de nou­veau à sœur Lucie pour dire qu’elle attend tou­jours la consé­cra­tion de la Russie.
7 juillet : Pie XII, par la Lettre Apostolique « Sacro Vergente Anno », « consacre et voue d’une manière très spé­ciale tous les peuples de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. » La Russie est nom­mée dans le texte, mais il n’y a eu aucune céré­mo­nie publique et solen­nelle et les évêques du monde entier n’ont pas été appe­lés à s’y unir. Au cours de l’é­té, sœur Lucie écrit à pro­pos de cette consé­cra­tion : « Je suis pei­née qu’elle n’ait pas été faite comme Notre-​Dame l’a­vait deman­dé ». A par­tir de ce moment, Pie XII parle de moins en moins de Fatima et ordonne que les visites à sœur Lucie soient restreintes.
● Selon le Père Joseph de Sainte-​Marie : jus­qu’en 1982, c’est pra­ti­que­ment le silence sur Fátima. C’est l’é­poque de la détente !
1953 29 août au 1 sep­tembre : A Syracuse en Sicile, une sta­tue de plâtre du Cœur Immaculé de Marie se met à pleu­rer et à opé­rer de nom­breux miracles qui bou­le­versent le monde entier. Pie XII, appa­rem­ment, ne fait pas le lien avec Fatima.
1954 automne : Le pape Pie XII découvre avec stu­pé­fac­tion et dou­leur la tra­hi­son de Mgr. Montini (futur pape Paul VI), sub­sti­tut à la secré­ta­rie d’Etat, qui conti­nuait ses rela­tions secrètes avec le Kremlin. Il l’é­loigne de Rome en le nom­mant arche­vêque de Milan, mais sans le créer cardinal.
1957 26 décembre : Sœur Lucie dit au Père Fuentes que plu­sieurs nations dis­pa­raissent et que nombre d’âmes vont en enfer parce qu’on fait peu de cas du Message de Notre-​Dame de Fatima.
1958 9 octobre : Mort du pape Pie XII. Des papes à l’es­prit libé­ral et moder­niste accèdent au siège de Pierre. Plus que jamais allait se réa­li­ser l’a­ver­tis­se­ment de Notre-​Seigneur : « Fais savoir à mes ministres, étant don­né qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retar­dant l’exé­cu­tion de ma demande, qu’ils le sui­vront dans le mal­heur » (Notre Seigneur à sœur Lucie, en août 1931). L’Église entre dans une crise qui n’a connu aucun pré­cé­dent dans toute l’his­toire ; c’est le châ­ti­ment de sa hié­rar­chie. Imbus des idées modernes, les nou­veaux papes ne peuvent qu’être très mal à l’aise avec le mes­sage authen­ti­que­ment catho­lique de la Vierge Marie à Fatima.
1959 sep­tembre : Lorsque la Vierge pèle­rine arrive triom­pha­le­ment à Rome, Jean XXIII mani­feste une indif­fé­rence gla­ciale. Cette même année, il prend des mesures pour qu’il ne soit plus pos­sible de voir sœur Lucie sans une licence de Rome. — Il ne sera jamais ques­tion de la consé­cra­tion de la Russie pen­dant ce pontificat.
1960 12–13 octobre : A l’i­ni­tia­tive de Mgr. Venancio, évêque de Leira-​Fatima, un pèle­ri­nage de prière et de péni­tence est orga­ni­sé à la Cova da Iria en répa­ra­tion pour les offenses envers les saints cœurs de Jésus et de Marie, et pour obte­nir du Ciel une vraie paix par la conver­sion de la Russie. Le car­di­nal Cerejeira est pré­sent ain­si que des mil­liers de pèle­rins. Les évêques du monde entier ont été invi­tés à s’y joindre dans leurs dio­cèses. Plusieurs cen­taines répon­dront, mais Jean XXIII res­te­ra réser­vé. Le pèle­ri­nage se déroule au milieu d’une tem­pête de vent et d’a­verses vio­lentes. — Le résul­tat ne se fait pas attendre : alors que nous sommes à l’un des som­mets de la guerre froide et que Khrouchtchev se montre de plus en plus arro­gant et mena­çant, ce mois d’oc­tobre voit des échecs catas­tro­phiques dans les expé­ri­men­ta­tions aéro­spa­tiales et nucléaires des sovié­tiques. Le 12 octobre, à l’O.N.U., Khrouchtchev se déchausse pour taper sur son pupitre avec sa chaus­sure, car il vient d’ap­prendre que le lan­ce­ment de la pre­mière sonde sur Mars a été un fias­co. Le 24 octobre, sur la base de Baïkonour, un mis­sile R‑16, der­nier cri de l’ar­me­ment stra­té­gique russe, explose au cours d’une démons­tra­tion, tuant le maré­chal Nédéline (com­man­dant en chef des uni­tés de fusées sovié­tiques et vice-​ministre de la Défense) et 164 militaires.
1962 ● Pour obte­nir l’en­voi de deux repré­sen­tants de l’Église ortho­doxe russe au concile Vatican II, Jean XXIII, par l’in­ter­mé­diaire de Mgr. Willebrands et du car­di­nal Tisserant, négo­cie avec Khrouchtchev et s’en­gage à ce que le concile Vatican II ne condamne pas le com­mu­nisme. Rome inau­gure une poli­tique radi­ca­le­ment oppo­sée aux demandes de Notre-​Dame de Fatima. Khrouchtchev n’en conti­nue pas moins ses per­sé­cu­tions contre l’Église.
1963 6 juin : Mgr. Montini devient pape sous le nom de Paul VI. Le Saint-​Siège fait par­ve­nir aux évêques fran­çais et supé­rieurs majeurs des reli­gieux rési­dants en France une note du car­di­nal Wyszinski les met­tant en garde contre les acti­vi­tés du mou­ve­ment Pax qui n’est qu’une cour­roie de trans­mis­sion de Moscou pour noyau­ter et asser­vir l’Église (voir L’affaire Pax en France, sup­plé­ment au n°86 de la revue Itinéraire (3ème tri­mestre 1964).
29 octobre : Pour des rai­sons œucu­mé­niques, le concile Vatican II refuse de faire un sché­ma par­ti­cu­lier sur la sainte Vierge Marie. L’abbé Berto écrit : « La sainte Vierge encom­brait le Concile. […] Elle est sor­tie dis­crè­te­ment […] et les des­tins de la deuxième ses­sion ont été scel­lés. […] Pendant ce temps-​là, l’Esprit-​Saint […] attend dans le para­dis. (voir Sel de la terre n°43, p.29–30). Pas un seul pas­sage de ce concile « pas­to­ral » ne fera même allu­sion à la réci­ta­tion du cha­pe­let pour l’en­cou­ra­ger par­mi les fidèles. Cette même année 1963, Paul VI nomme le père Dhanis rec­teur de l’Université gré­go­rienne à Rome.
1964 3 février : Mgr. de Proença Sigaud remet per­son­nel­le­ment au pape Paul VI une requête signée de 510 évêques de 78 nations deman­dant que le Concile renou­velle la consé­cra­tion du monde au Cœur Immaculé de Marie avec une men­tion spé­ciale de la Russie.
21 novembre : Paul VI consacre le genre humain au Cœur Immaculé de Marie à la fin de la 3ème Session du IIème Concile du Vatican mais sans men­tion­ner la Russie. Il s’a­git là que d’un dis­cours et non d’une céré­mo­nie solen­nelle comme le veut la sainte Vierge. Des accords secrets [1942 et 1962] deman­daient que l’on ména­gea la Russie pour que les obser­va­teurs russes et les évêques des pays de l’Est pussent res­ter au Concile.
1965 octobre : Mgr. Lefebvre porte au secré­ta­riat du Concile une sup­plique signée de 450 évêques, et deman­dant la condam­na­tion du com­mu­nisme. La péti­tion dis­pa­raît dans un tiroir, le Vatican s’é­tant enga­gé à ne pas condam­ner le communisme.
1966 ● Mgr. Venancio charge le père Alonso, cla­ré­tain, d’é­ta­blir une his­toire cri­tique com­plète des appa­ri­tions de Fatima pour défendre le mes­sage contre ses oppo­sants, spé­cia­le­ment contre le père Dhanis.
1967 ● Sœur Lucie publie ses MÉMOIRES où elle révèle les demandes de 1929 de la consé­cra­tion de la Russie.
● Une vaste cam­pagne de pres­sion sol­li­cite du Pape cette consé­cra­tion de la Russie.
13 mai : Pour le cin­quan­te­naire des appa­ri­tions, Paul VI fait un voyage-​éclair à Fatima. Dans Signum mag­num, il exhorte sim­ple­ment les fidèles à renou­ve­ler per­son­nel­le­ment leur consé­cra­tion au Cœur de Marie. Il ne va pas prier à la Capelinha, et fait un ser­mon où il exhorte l’hu­ma­ni­té à tra­vailler pour la paix, sans aucune allu­sion au mes­sage de Notre-​Dame. Il confie plus tard à Jean Guitton que ce voyage lui a été une péni­tence. — Les idées de Paul VI sont en effet bien loin du mes­sage de Fatima. C’est à cette époque qu’il inau­gure offi­ciel­le­ment son Ostpolitik avec les gou­ver­ne­ments com­mu­nistes de l’Est de l’Europe. Le maître d’œuvre en est Mgr. Casaroli.
Mgr Hnilica sur­prend sœur Lucie dans la basi­lique de la Cova da Iria : age­nouillée auprès de la tombe de Jacinthe, elle pleure. Paul VI, le matin de ce 13 mai, refuse de conver­ser avec elle.
1969 ● Dans sa réforme litur­gique, Paul VI fait des­cendre la fête du Cœur Immaculé de Marie au rang de simple mémoire.
1973/​75 ● A la confé­rence d’Helsinki, la délé­ga­tion vati­cane obtient la recon­nais­sance expli­cite de la liber­té reli­gieuse dans les pays de l’Est. — « En réa­li­té, déclare Mgr. Hnilica, la situa­tion des catho­liques ne fait qu’empirer dans les pays com­mu­nistes. Les évêques concé­dés à l’Église catho­lique sont les ins­tru­ments du parti. »
1978 26 août : Mgr. Luciani est élu pape sous le nom de Jean-​Paul Ier. Ayant ren­con­tré lon­gue­ment sœur Lucie en 1977 lors­qu’il était arche­vêque de Venise, il confia à l’un de ses conseillers qu’il vou­lait consa­crer la Russie selon les demandes de Notre-​Dame de Fatima. De fait, son très court pon­ti­fi­cat (33 jours) ne lui lais­sa pas le temps de faire quoi que ce soit. Il n’est pas cer­tain qu’il aurait eu le cou­rage et les convic­tions néces­saires pour faire un tel acte, étant lui-​même acquis aux erreurs de Vatican II.
● Jean-​Paul Ier reçoit Mgr. Nikodim, métro­po­lite schis­ma­tique de Leningrad, qui meurt subi­te­ment au cours de l’au­dience, après, semble-​t-​il, s’être conver­ti. Le 22 mai 1975, il avait fait un pèle­ri­nage pri­vé à Fatima. Rien ne per­met de confir­mer l’i­dée avan­cée par Vladimir Volkoff dans son roman L’Hôte du pape (2004) selon lequel cet entre­tien aurait été cen­tré sur Fatima car le pape a vou­lu gar­der secret les pro­pos échan­gés avec Mgr. Nikodim.
16 octobre : Élection du pape Jean-​Paul II qui conti­nue immé­dia­te­ment l’Ostpolitik de Paul VI.
1980 ● Après trois ans seule­ment d’une vaste cam­pagne, le car­di­nal Josef Slipyl apporte au Vatican trois mil­lions de signa­tures deman­dant la consé­cra­tion de la Russie.
● Mgr Hnilica, au cours d’un repas en pré­sence du car­di­nal Wyszynski, déclare à Jean-​Paul II que la chose la plus impor­tante qu’il avait à faire durant son pon­ti­fi­cat, c’é­tait la consé­cra­tion de la Russie au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques. Réponse du Pape : « une telle consé­cra­tion serait consi­dé­rée par les Russes comme une ingé­rence dans leurs affaires inté­rieures et cela aurait des consé­quences poli­tiques. La juri­dic­tion du Pape n’en­globe que l’Église catho­lique ; le Pape n’est pas le Pape de tous les hommes… »
● A. Marenches pré­vient le Vatican que le KGB (= police secrète en Union sovié­tique) our­dit un atten­tat contre le pape.
1981 13 mai : Attentat contre Jean-​Paul II place Saint-​Pierre. Le Saint-​Père, à l’hô­pi­tal Gemelli, se fait lire les écrits de sœur Lucie. Le 7 juin il remet « toute la famille humaine » entre les mains de la « Mère des hommes et des peuples ».
Pentecôte : Jean-​Paul II se relève, mal gué­ri, pour accueillir les repré­sen­tants des divers épis­co­pats. Il fait allu­sion à la consé­cra­tion de la Russie.
18 novembre : Les Évêques amé­ri­cains, lors de leur Conférence annuelle, s’en­tendent pour pré­sen­ter au Saint-​Père une demande de la consé­cra­tion col­lé­giale du monde et de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
8 décembre : Autre allu­sion de Jean-​Paul II à la consé­cra­tion de la Russie.
1982 Mars : Le Vatican cherche à savoir ce que Jean-​Paul II doit faire lors de son voyage au Portugal.
21 mars : A la suite d’une inter­ven­tion de l’ab­bé Caillon, le Nonce de Lisbonne Mgr. Sante Portalupi, rend visite à sœur Lucie, qui lui dit que la Russie n’a tou­jours pas été consa­crée et lui explique très bien ce qu’il fal­lait faire, mais le texte envoyé au Vatican dit seule­ment que chaque évêque doit s’u­nir spi­ri­tuel­le­ment au Pape.
9 mai : Mme Pestana, à Porto, déclare à l’ab­bé Pierre Caillon : « N’attendez pas pour demain la consé­cra­tion de la Russie ; l’é­pis­co­pat mon­dial n’est pas prêt. »
13 mai : Jean-​Paul II est à Fatima où il s’en­tre­tient avec sœur Lucie pen­dant 25 minutes. Puis il pro­nonce son acte d’of­frande ou consé­cra­tion du monde dans les mêmes termes qu’en juin 1981. Sœur Lucie fait aus­si­tôt savoir au nonce que ce n’est pas ce que la sainte Vierge demande : la consé­cra­tion de la seule Russie, en union avec tous les évêques du monde.
● Depuis, les pro­pos de Mme Poltavska et de John Haffert égarent l’o­pi­nion. Et Lucie n’a pas le droit de par­ler des évé­ne­ments de Fátima sans la per­mis­sion du Saint-Siège.
14 mai : Sœur Lucie affirme à Mgr Hnilica, qu’ac­com­pagnent don Luigi Bianchi et Mme Wanda Poltavska : « Il reste beau­coup à faire… Ne chan­ce­lez pas. »
19 mai : Jean-​Paul II, expli­quant pour­quoi il n’a pas nom­mé­ment consa­cré la Russie, affirme qu’il a fait tout ce qu’il pou­vait dans les circonstances.
Juillet-​août : La revue Soul, de la sec­tion amé­ri­caine de l’Armée bleue, publie une soi-​disant entre­vue où sœur Lucie aurait dit que le Pape avait fait la consé­cra­tion de la Russie un mois plus tôt. Le com­bat de l’Armée Bleue n’a désor­mais plus lieu d’être. Elle adopte peu à peu les thèses moder­nistes sur Fatima et prend pour nou­veau nom « L’Apostolat Mondial de Fatima ».
11 août : Sœur Lucie dit à sa petite cou­sine Maria do Fetal Neves Rosa : « La consé­cra­tion de la Russie, n’est pas faite telle que Notre-​Dame l’a deman­dée ». Ce qu’elle répète en pri­vé à ses parents et amis.
● Au Père Joseph de Sainte-​Marie, qui lui demande de le dire publi­que­ment, Lucie répond qu’elle ne le peut sans la per­mis­sion du Vatican.
1983 19 mars : Le nonce Portalupi, qu’ac­com­pagnent le Dr Lacerda et le Père Messias Dias Coelho, visite à nou­veau, à la demande du Saint-​Père, Lucie qui explique encore que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite comme Notre-​Dame l’a demandée.
25 mars : Mgr Portalupi tombe malade et meurt six jours plus tard.
De mai à octobre : L’abbé Caillon et le Frère Gruner publient des articles où ils éventent l’his­toire de l’en­tre­vue frau­du­leuse qu’a publiée la revue Soul de juillet-​août 1982.
8 Juin : Place St-​Pierre à Rome. 9 heures. Grâce à l’ab­bé Wach, l’Abbé Caillon, Frédéric et Micheline M. prennent place au pre­mier rang sur le pas­sage de Jean-​Paul II. Enfin, après trois ou quatre heures d’at­tente, de soleil, de dis­cours, les voi­là en face du Saint-​Père. L’Abbé Caillon d’a­bord lui tend la main et lui pré­sente sa récente bro­chure sur la consé­cra­tion de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Il ose :
— « Très Saint Père, quand comptez-​vous faire la consé­cra­tion de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ? »
— « C’est fait, c’est fait. On recom­mence tou­jours. », répond le Pape.
— « Puis-​je me per­mettre, Très Saint Père, de vous offrir cette petite bro­chure que j’ai faite… »
Pas de réponse, mais un refus caté­go­rique de la main. C’est à Frédéric de lui ser­rer la main en même temps que des dizaines d’autres qui pas­saient par-​dessus nos têtes. Micheline arrive enfin à émer­ger aus­si­tôt après sans tendre la main d’ailleurs et à crier presque :
— « Très Saint Père, quand ferez-​vous la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie ? »
Même réponse à peu de chose près : — « C’est déjà fait. On recom­mence tou­jours. »
Micheline, insa­tis­faite : — « Non, non, ce n’est pas fait comme Lucie l’a dit. Il faut que vous sau­viez tous nos enfants de la guerre. »
Pas de réponse mais un sou­rire cris­pé, mécon­tent qu’on l’im­por­tune ain­si à pro­pos de Fátima, alors que tous pleu­raient, bal­bu­tiaient des mots incom­pré­hen­sibles, l’ac­cla­maient, lui bai­saient la main. Le pho­to­graphe offi­ciel a eu le temps de prendre neuf fois la scène.
16 octobre : Le Saint-​Père, pro­fi­tant de la pré­sence à Rome d’une délé­ga­tion de chaque épis­co­pat venu au Synode, relit la for­mule d’acte d’of­frande qu’il avait lue à Fátima.
20 octobre : Mgr Beltriti, patriarche latin de Jérusalem, pré­sente aux évêques un texte expli­quant que ni la consé­cra­tion faite par le Pape le 13 mai 1982, ni celle qu’il a répé­tée sur la place Saint-​Pierre le 16 octobre 1983 ne pou­vait obte­nir la conver­sion de la Russie.
● L’abbé René Laurentin com­mence à pro­pa­ger la thèse que Paul VI et Jean-​Paul II, et avant eux Pie XII, ont obéi à la voyante Lucie, en consa­crant solen­nel­le­ment le monde et la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
8 décembre : Lettre du Pape deman­dant à tous les évêques de relire, cha­cun dans son dio­cèse, la même for­mule uti­li­sée à Fátima. Lettre morte…
1984 14 février : Mgr Alberto do Amaral confie au frère Michel de la Sainte Trinité que le Pape accom­pli­ra une nou­velle consé­cra­tion le 25 mars ; ce sera un nou­veau pas en avant…
18 février : Jean-​Paul II rend publique sa Lettre du 8 décembre 1983 aux évêques du monde entier.
22 mars : L’abbé Laurentin, sans faire la moindre allu­sion aux révé­la­tions de Fátima, pré­sente aux lec­teurs du Figaro la consé­cra­tion que le Pape accom­pli­ra le 25 mars.
● Sœur Lucie déclare à Mme Pestana de Vasconcelos Costa : Cette consé­cra­tion [l’acte du 25 mars 1984] ne peut avoir un carac­tère déci­sif. La Russie n’ap­pa­raît pas net­te­ment comme étant le seul objet de la consécration.
25 mars : Devant 250 000 per­sonnes, Jean-​Paul II refait à Rome la consé­cra­tion du monde à la « Mère des hommes et des peuples », sans aucune men­tion à la Russie. Le matin même, il avait décla­ré qu’il ne vou­lait rien faire de plus que ce que ses pré­dé­ces­seurs avaient fait ; et le soir, dans une prière à Marie, il dit : « Tu attends toi-​même notre acte de consécration. ».
25 mars : Maria do Fetal Neves Rosa rend visite à sa « tante » Lucie qui lui aurait dit : « Aujourd’hui est un grand jour ».
26 mars : L’Osservatore Romano rap­porte les mots exacts du Pape lors de sa consé­cra­tion du monde. Le Pape, délais­sant son texte, demande à Notre-​Dame de Fatima d’é­clai­rer spé­cia­le­ment ces peuples, « dont Vous atten­dez de nous la consé­cra­tion ».
27 mars : Selon Avvenire, le jour­nal des Évêques d’Italie, le Saint-​Père après avoir consa­cré le monde, deman­da à Notre-​Dame de bénir ces peuples « pour les­quels Vous atten­dez notre acte de consé­cra­tion ».
6 avril : Le pape Jean-​Paul II annonce la ren­contre pro­je­tée de prières pour la paix à Assise le 27 octobre.
1er août : Jean-​Paul II déclare à l’ab­bé Caillon à Rome : « Maintenant, c’est inutile, puisque la consé­cra­tion est faite… On ne peut pas consa­crer la Russie à part. Nous avons consa­cré toutes les nations et nous avons ajou­té une men­tion spé­ciale de la nation dont Notre-​Dame atten­dait la consé­cra­tion ».
Automne : L’abbé Caillon aver­tit Mme Pestana que le Pape pré­tend que la consé­cra­tion est faite. Réaction de cette amie de vieille date de sœur Lucie : « Vous savez, si le Pape le dit, alors il faut être pru­dent… »
● Le Père Dias Messias Coelho, expert por­tu­gais de Fátima, affirme publi­que­ment que la consé­cra­tion n’est pas encore faite, posi­tion qu’il main­tien­dra fer­me­ment jus­qu’au prin­temps 1985.
1985 Juillet : L’Armée bleue de Notre-​Dame de Fatima doit se sabor­der. La revue L’Armée bleue, sec­tion fran­çaise, change de titre.
Automne : À Rome, les car­di­naux Ratzinger et Sin ain­si que Mgr Luna, ofm, pré­parent un sym­po­sium théo­lo­gique qui aura lieu à Fátima en sep­tembre 1986. Ils se disent pré­oc­cu­pés de don­ner à l’Armée bleue une dévo­tion bien équilibrée.
Septembre : Publication d’une entre­vue de sœur Lucie avec des amis de la sec­tion espa­gnole de l’Apostolat Mondial de Fatima (revue Sol de Fatima); elle affirme que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas encore faite, puisque la Russie n’y est pas clai­re­ment men­tion­née et que les Évêques n’y ont pas plei­ne­ment participé.
Octobre : Mgr Salvatore Asta, nou­veau nonce à Lisbonne, répond à l’ab­bé Caillon qui lui sug­gé­rait de rendre visite à sœur Lucie pour l’in­ter­ro­ger sur les volon­tés du Ciel : « La sainte Église a le temps devant elle ».
Novembre : L’abbé Caillon demande au car­di­nal Ratzinger : — « Savez-​vous que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite ? »
— « Mais si, de pro­tes­ter le car­di­nal, elle est faite. Nous nous sommes adres­sés aux meilleurs experts. »
— « Ces meilleurs experts, qui sont-​ils ? », demande l’ab­bé Caillon.
— « C’est cou­vert par le secret du Saint-​Office ! … », répond le prélat.
22 novembre : Quand l’Abbé Caillon sug­gère au car­di­nal Oddi qu’il fau­drait que le nonce de Lisbonne retourne voir sœur Lucie, il s’en­tend dire : « Surtout ne par­lez pas de ça au Vatican ; ils télé­pho­ne­raient aus­si­tôt au nonce pour lui inter­dire d’al­ler voir Lucie ».
● Le car­di­nal Gagnon affirme à l’ab­bé Pierre Caillon que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas encore faite.
1986 Février : Mgr Luciano Guerra, direc­teur de Voz da Fátima, écrit : « Pour nous qui écri­vons à Fátima, Gorbachev est l’homme choi­si par Dieu pour faire le pre­mier pas vers la réa­li­sa­tion de la pro­phé­tie de Marie en ce lieu sacré ».
Été : Soul, organe de la sec­tion USA de l’Armée bleue, s’en prend à The Fátima Crusader de Frère Nicholas Gruner qui dif­fuse le mes­sage inté­gral de Notre-​Dame de Fatima.
20 Juillet : Le jour­na­liste Enrico Romero inter­roge sœur Lucie qui, à l’oc­ca­sion d’une sor­tie pour motif de vota­tion, répond briè­ve­ment : « La consé­cra­tion de la Russie n’est pas encore faite ! »
Début sep­tembre : Le car­di­nal Édouard Gagnon demande au Pape la per­mis­sion de pas­ser quelques jours au Portugal.
— « Pourquoi ? » demande le Pape.
— « Pour voir Sœur Lucie. », répond le cardinal.
— « Ah ! non. Ce n’est pas la peine… La consé­cra­tion, c’est fait, c’est fini. On a fait tout ce qu’il y avait à faire. »
12 sep­tembre : Mme Pestana, à Porto, mar­tèle à l’ab­bé Caillon : « Si vous le vou­lez, je puis vous le jurer la main sur l’Évangile : La consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite. Lucie dit donc tou­jours NON ! »
14 – 19 sep­tembre : Un impor­tant sym­po­sium réunit à Fátima un nombre res­treint de théo­lo­giens ; les experts por­tu­gais y brillent par leur absence ; l’ab­bé Caillon est refou­lé hors de locaux de l’Armée bleue. Le cha­noine René Laurentin et le Père Fernandez, cla­ré­tin, sont les prin­ci­paux confé­ren­ciers. Laurentin doit annon­cer et démon­trer que les papes ont fait tout ce qu’ils pou­vaient pour réa­li­ser la demande de la Vierge. L’argument péremp­toire : la Russie est en train de se convertir !
18 sep­tembre : Maria do Fetal Neves Rosa déclare à l’ab­bé Laurentin : « La consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite. Il fau­dra qu’un jour la Russie appa­raisse net­te­ment comme étant l’u­nique objet de la consé­cra­tion et qu’au­cun fatras diplo­ma­tique ne vienne mas­quer qu’il s’a­git de la Russie. Cela, je puis le dire, puisque Lucie le répète à tout le monde ». Et Maria main­tien­dra fer­me­ment cette posi­tion jus­qu’en juillet 1989.
22 sep­tembre : Jean-​Paul II, rece­vant à Rome les membres du sym­po­sium de Fátima, évoque les pré­cé­dents actes de consé­cra­tion sans faire allu­sion aux demandes de Notre-​Dame de Fatima, ni à la Russie, ni à une quel­conque consé­cra­tion qu’il res­te­rait à faire. Il parle de répa­ra­tion sans men­tion­ner la dévo­tion répa­ra­trice des cinq pre­miers Samedis du mois .
Octobre : Le frère Michel de la Sainte Trinité (CRC) a en sa pos­ses­sion le rap­port dac­ty­lo­gra­phié de Laurentin sur Les Cœurs de Jésus et de Marie selon le magis­tère. Ce rap­port ne sau­rait jus­ti­fier le refus, de jour en jour plus lourd, que nos Pasteurs opposent aux demandes du Ciel.
27 octobre : Invités par Jean-​Paul II, des fidèles de toutes croyances se ren­contrent à Assise pour prier pour la paix du monde, ce qui est dia­mé­tra­le­ment oppo­sé à ce que la Reine du Ciel avait deman­dé à Fatima. La paix du monde ne peut venir que par la consé­cra­tion de la Russie.
1987 Mars : Dans Chrétiens-​Magazine, Laurentin excuse le Pape et affirme que les hési­ta­tions et les variantes de Lucie font ques­tion ; en quoi, il res­sus­cite la thèse du Père Dhanis, sj, contre la cré­di­bi­li­té de sœur Lucie. À noter qu’une seule des trois pages de l’ar­ticle de Laurentin ne ren­ferme pas moins de dix erreurs grossières !
Mars : L’abbé Messias Dias Coelho cer­ti­fie à l’ab­bé Caillon que la consé­cra­tion de la Russie n’a­vait jamais été faite comme l’a­vait deman­dé Notre-Dame.
Avril : Frère Leonard expose le faux du maga­zine Soul en 1982 et la dés­in­for­ma­tion sub­sé­quente concer­nant la consé­cra­tion que Notre-​Dame a demandée.
18 avril : Le car­di­nal Gagnon affirme à l’ab­bé Caillon sa ferme convic­tion que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite. Mais ce n’est pas facile d’a­bor­der le Saint-Père…
● L’abbé Caillon, deve­nu à la même époque, pré­sident natio­nal de l’Apostolat mon­dial de Fátima, se pré­sente au Pape :
— « Très Saint Père, je suis l’ab­bé Caillon… Ne pourriez-​vous pas consa­crer la Russie au Cœur Immaculé durant l’an­née mariale ? Ce sera l’an­née du mil­lé­naire du bap­tême de la Russie. »
— « J’ai déjà consa­cré la Russie trois fois ! », s’ex­clame le Pape en s’é­loi­gnant. Puis, reve­nant sur ses pas, et pre­nant les mains de l’ab­bé Caillon dans les siennes, il lui glisse à l’oreille :
« Priez pour la Russie comme je prie pour la Russie ».
25 avril : Sœur Lucie répond tou­jours NON à la ques­tion de savoir si la consé­cra­tion est faite, mais se tait par res­pect pour le Saint-​Père quand on men­tionne que le Pape croit qu’elle est faite.
19 mai : Laurentin avoue publi­que­ment que Lucie est insa­tis­faite… « C’est une énorme ques­tion. … Je pense que le Pape reste pré­oc­cu­pé des réti­cences de Lucie… Il faut prier pour que le Pape trouve toutes les lumières… C’est peut-​être dom­mage que Fátima soit un signe de contra­dic­tion… C’est une cer­taine dif­fi­cul­té pour moi d’en­trer dans ce mes­sage de Fátima… »
20 juillet : rapi­de­ment inter­ro­gée hors du couvent, alors qu’elle va voter, sœur Lucie confirme au jour­na­liste Enrico Romero que la consé­cra­tion de la Russie n’a pas été faite.
Été : Le car­di­nal Gagnon, au cours d’un repas avec le Pape, reparle devant toute la tablée de la consé­cra­tion de la Russie. Le Pape élude la ques­tion. On a l’im­pres­sion, remarque le car­di­nal, que le Pape veut res­ter maître de la manœuvre. Il ne veut pas que l’on prenne sa place dans le gou­ver­ne­ment de l’Église.
22 août : La crise dans l’Église ne ces­sant de s’ag­gra­ver en châ­ti­ment de la déso­béis­sance de la hié­rar­chie, Mgr. Lefebvre se rend en pèle­ri­nage à Fatima avec ses prin­ci­paux col­la­bo­ra­teurs. Après le saint Sacrifice de la Messe célé­bré devant 2000 fidèles, le fon­da­teur de la Fraternité Saint Pie X lit un texte de consé­cra­tion de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. (voir Sel de la terre n° 53, été 2005).
25 octobre : Lors d’une audience avec douze chefs catho­liques, le car­di­nal Meyer recon­naît publi­que­ment que la consé­cra­tion n’a pas été faite selon les demandes de Notre-Dame.
12 novembre : L’abbé Caillon déjeune avec Mgr Séjourné, de la Secrétairerie d’État : « Le Pape est amu­sé de vous voir lui faire par­ve­nir par divers canaux les textes concer­nant la consé­cra­tion de la Russie qu’il pos­sède main­te­nant en un grand nombre d’exem­plaires ».
● Un Accord Rome-​Moscou serait lan­cé par un nou­veau pèle­ri­nage du Pape à Fátima, augure l’ab­bé R. Laurentin.
● À la fin de 1987 ou au début de 1988, tout se passe comme si une consigne était venue de Rome obli­geant à dire et à pen­ser : La consé­cra­tion est faite. Le Pape ayant fait tout ce qu’il pou­vait, le Ciel a dai­gné agréer son geste.
1988 15 avril : Le car­di­nal Gagnon écrit à Frère Gruner et nie avoir affir­mé publi­que­ment que les demandes de Notre-​Dame de Fatima n’a­vaient pas encore été hono­rées par le Pape ; mais il ne contre­dit pas expli­ci­te­ment les termes de son entre­vue avec l’ab­bé Caillon.
13 mai : Le mes­sage du car­di­nal Dadaglio, l’en­voyé du Pape à Fátima, tra­ves­tit le mes­sage de la Vierge par sa pré­di­ca­tion du Masdu (Église = Mouvement d’a­ni­ma­tion spi­ri­tuelle de la démo­cra­tie uni­ver­selle) et de la Perestoïka.
● Le car­di­nal Dadaglio s’en­tre­tient à Coïmbre avec sœur Lucie. Dans le temps, rien ne trans­pire de cette entrevue.
Printemps : Le Pape est convain­cu qu’il a fait tout ce qu’il pou­vait. Et sur­tout, il ne veut plus entendre par­ler de cette affaire. Selon les propres termes du car­di­nal Gagnon : Le Pape s’est aven­tu­ré dans cette affaire à l’a­veu­glette. Il aurait honte, main­te­nant, de se déju­ger à la face de l’univers.
17 mai : L’abbé Caillon affirme : « Il semble bien qu’on fasse pres­sion sur sœur Lucie… En tout cas, le Pape et Lucie s’é­crivent… Ce qui est sûr, c’est que la consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite et qu’elle se fera en des temps meilleurs… »
1989 Janvier : Complot au Vatican ? où les meilleurs sou­tiennent que la consé­cra­tion a été faite dans les règles et que d’ailleurs la grande offen­sive de paix de Gorbachev en est l’ef­fet tangible.
● Sœur Lucie a reçu l’ordre de ne plus par­ler de la consécration.
● Le Père de Solages, dans La Croix du Tarn : « J’ai appris au mois de sep­tembre que le car­di­nal Dadaglio, pré­sident du Comité cen­tral de l’Année sainte, avait été voir Lucie à Coïmbre pour lui deman­der si le mou­ve­ment actuel (les chan­ge­ments sur­ve­nant en Russie) était en rap­port avec la consé­cra­tion de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. La réponse a été affir­ma­tive. »
● Le Père Laurentin, dans Chrétiens-​Magazine, s’empresse de jeter cette nou­velle en pâture au grand public.
● Plus de 350 évêques répondent à une lettre du père Nicholas Grüner, et l’as­surent de leur volon­té de consa­crer la Russie conjoin­te­ment avec le Pape tel que deman­dé par Notre-​Dame de Fatima.
Depuis 1980 : Le Vatican a reçu plus d’un mil­lion de signa­tures deman­dant que le Pape et les évêques consacrent la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
Février : Mgr Luciano Guerra écrit dans Voz da Fátima : « tout est lié au secret de Fátima, dont l’é­ten­due nous semble atteindre les dimen­sions de la pla­nète. »
Avril : Mgr do Amaral ne se rend au Congrès inter­na­tio­nal de l’Apostolat mon­dial de Fátima que pour y lire un dis­cours recom­man­dant la dévo­tion envers le Saint-​Père, la prière à son inten­tion et l’o­béis­sance aveugle à son magis­tère. Qui n’est pas avec le Pape n’est pas avec l’Église ni avec Jésus-Christ…
● Mgr Luciano Guerra, direc­teur du Sanctuaire, adresse aux congres­sistes la même monition.
● L’assemblée se sépare après avoir affir­mé sa réso­lu­tion una­nime d’une adhé­sion pleine et entière au Pape et à l’é­vêque de Leiria-​Fátima comme gar­dien du mes­sage de Fátima.
● L’abbé Messias Dias Coelho dans son Messagem de Fátima sou­tient main­te­nant que la consé­cra­tion récla­mée par la Mère de Dieu à Fátima et à Tuy était déjà faite… Et il ajoute : « C’est l’o­pi­nion auto­ri­sée du Saint-​Siège mais aus­si de la juri­dic­tion ecclé­sias­tique direc­te­ment en rela­tion avec les appa­ri­tions à la Cova da Iria et aus­si avec sœur Lucie. »
Printemps : Mme Pestana ne se fait plus l’é­cho de Lucie.
Mai : Le car­di­nal Law, arche­vêque de Boston, s’en­tre­tient au car­mel de Coïmbre avec sœur Lucie qui lui déclare : « La consé­cra­tion de la Russie n’est pas faite comme le veut Notre-​Dame ». C’est (semble-​t-​il) la der­nière fois que sœur Lucie affirme que la Russie n’a pas été consa­crée comme la sainte Vierge l’a demandé.
Juin : Maria do Fetal témoigne que sœur Lucie reste tou­jours ferme, inébran­lable dans sa convic­tion mal­gré les sou­haits et les dési­rs du Pape. Elle n’a donc pas encore subi les irré­sis­tibles pres­sions de la juri­dic­tion ecclé­sias­tique ? — A par­tir de là, elle dit que « la consé­cra­tion est bien faite ».
2 juillet : Maria do Fetal ren­verse car­ré­ment des posi­tions qu’elle avait tenues fer­me­ment jus­qu’en 1986, pour affir­mer : « Sœur Lucie m’a dit que Dieu avait accep­té la consé­cra­tion de 1984. »
10 juillet : À Fátima, Mgr do Amaral affirme aux jeunes de Fr. Fox que la tota­li­té des évêques du monde s’est jointe au Pape dans sa consé­cra­tion col­lé­giale [de 1984], y com­pris les évêques ortho­doxes de l’Est.. Et Mgr de conclure : « Parfois, les gens se laissent prendre et écrivent au Pape à pro­pos de la consé­cra­tion col­lé­giale. CELA NE DEVRAIT PAS SE FAIRE. Le Saint-​Père sait ce qu’il a à faire. Il a fait tout ce qu’il esti­mait devoir être fait. »
● Entre août 89 et juillet 90, appa­raissent tout à coup des lettres tapées à l’or­di­na­teur et por­tant la soi-​disant signa­ture de sœur Lucie ; c’est une volte-​face à tout ce que Lucie a affir­mé depuis plus de 50 ans à pro­pos de ladite consécration.
1er août : Maria do Fetal demande à sœur Lucie com­ment elle avait su que Dieu avait accep­té l’acte de consé­cra­tion de 1984. Tout se passe comme si on avait per­sua­dé sœur Lucie que seule la trans­mis­sion maté­rielle du mes­sage lui revient, et que l’in­ter­pré­ta­tion qu’en font son évêque et le Pape doit la trou­ver hum­ble­ment soumise.
29 août : Lettre authen­tique (?) de sœur Lucie à sœur Marie de Belém, affir­mant net­te­ment que le Saint-​Père a satis­fait aux demandes de la Vierge lors de la consé­cra­tion du 25 mars 1984.
30 août : Frère Robert J. FOX s’emploie à per­sua­der les masses que la consé­cra­tion de la Russie est faite ; que la Vierge est satis­faite, et que voi­ci le miracle : la conver­sion est en marche, car Dieu tient parole. Le Père Messias Coelho opine dans le même sens.
● Donc : Si Lucie de Fátima dit que la consé­cra­tion est faite et bien faite, c’est que Dieu et sa Sainte Mère bénissent Gorbachev et sa per­es­troï­ka, et donc tous ceux qui s’op­posent à ces vues et agis­se­ments doivent être excom­mu­niés. Cette pro­pa­gande repose sur au moins trois men­songes : — La consé­cra­tion de la Russie est faite, le Pape l’a dit. — L’épiscopat du monde entier y a par­ti­ci­pé. — Le témoi­gnage de sœur Lucie est là.
● Les lec­teurs du Fátima Family Messenger de Fr. Fox sont encou­ra­gés à prier pour le suc­cès de la ren­contre de novembre entre le Pape de Rome et le pré­sident Gorbachev de l’U.R.S.S.
Octobre : Fr. Fox lance sa cam­pagne d’in­toxi­ca­tion en s’ap­puyant essen­tiel­le­ment sur des comptes ren­dus de pré­ten­dus par­loirs de sœur Lucie avec Maria do Fetal.
● Mercedes Rivera et sa supé­rieure se voient reti­rer la per­mis­sion de s’en­tre­te­nir désor­mais avec sœur Lucie : Rome ne donne plus de permissions !
Novembre : Chute du Mur de Berlin. D’ordre du Vatican et secon­dé par l’é­vêque de Fátima, est lan­cée dans l’o­pi­nion catho­lique mon­diale une énorme cam­pagne pré­sen­tant la per­es­troï­ka comme le grand miracle annon­cé, de la conver­sion de la Russie et de la paix du monde obte­nues par Marie selon les pro­messes, en réponse à la consé­cra­tion du monde (et en secret… de la Russie !) au Cœur Immaculé de Marie par Jean-​Paul II à Rome le 25 mars 1984.
14 novembre : Fr. Paul Leonard Kramer écrit à sœur Lucie.
21 novembre : Sœur Lucie répond à Fr. Kramer avec sa signa­ture authen­tique : « Souvenons-​nous que le plus impor­tant de cette consé­cra­tion est l’u­nion de tout le peuple de Dieu, telle que le Christ l’a vou­lue et deman­dée au Père… Si nous nous sépa­rons du Pape qui est le suprême repré­sen­tant du Christ sur la terre, nous nous sépa­rons du Christ, chef et tête de Son Église, qui est pré­sent par­mi nous, en la per­sonne de Celui que l’Esprit-​Saint a choi­si, soit actuel­le­ment, Jean-​Paul II. »
1er décembre : La voie est libre pour la récon­ci­lia­tion de Rome avec Moscou ? C’est le som­met et le triomphe de l’Ostpolitik. Rencontre Wojtyla- Gorbachev à Rome. Cette ren­contre aurait-​elle comme divin fon­de­ment les pro­messes de Fátima ?
● Laurentin : « 70 minutes d’en­tre­tien ont ren­ver­sé 70 ans d’hos­ti­li­té » (Chrétiens-​Magazine).
28 décembre : Le Père Luis Kondor rap­porte d’une visite à sœur Lucie :
— « la consé­cra­tion du 25 mars 1984 était suf­fi­sante pour rem­plir la demande de Notre-​Dame concer­nant la consé­cra­tion de la Russie » ;
— « les chan­ge­ments qui se pro­duisent en Europe de l’Est sont un résul­tat direct de la consé­cra­tion et le début de l’ac­com­plis­se­ment de la pro­messe faite par Notre-​Dame de conver­tir la Russie ».
● À ce sujet, sœur Lucie et les auto­ri­tés de Fátima sont sou­cieuses de la confu­sion qui s’est pro­duite dans quelques cercles, par­ti­cu­liè­re­ment aux USA.
● Des lettres, des conver­sa­tions, des attes­ta­tions, docu­ments, mer­veilleu­se­ment authen­tiques, prou­vaient à l’é­vi­dence que sœur Lucie, la sainte voyante, la mes­sa­gère du Ciel, le savait, le disait : « C’est la Vierge qui sauve main­te­nant la Russie et la paix, par cet archange inat­ten­du, saint Michel… Gorbachev ! »
● L’an de grâce 1990 s’ouvre dans cette curieuse aurore boréale.
1990 1er jan­vier : Au Canada, le titre offi­ciel Apostolat mon­dial de Fátima devrait être à pré­sent en vigueur dans toutes les nations où l’Armée bleue est implan­tée. Les auto­ri­tés cen­trales (?) demandent de sup­pri­mer pro­gres­si­ve­ment le titre Armée bleue.
● Aux USA, Mgr Luna, ofm, pré­sident inter­na­tio­nal de l’Apostolat mon­dial de Fátima, sou­tient Fr. Fox contre Fr. Gruner : Les nom­breuses lettres qui sont envoyées au Saint-​Père lui deman­dant de consa­crer la Russie l’im­por­tunent. The Fátima Crusader est en train de créer une confu­sion universelle.
10 jan­vier : La prieure du car­mel de Coïmbre écrit à Fr. Gruner de ne pas s’ar­rê­ter en pèle­ri­nage dans la cha­pelle de son couvent : — « vous n’êtes pas en bons termes avec la hié­rar­chie de la sainte Église, ce qui nous est fon­da­men­tal. […] Vous avez abu­sé de notre hos­pi­ta­li­té en vous ser­vant des paroles et des pho­tos de nos sœurs externes, pour votre pro­pa­gande. »
29 jan­vier : Vers 8 h 30, l’ab­bé Caillon, à Fátima, frappe à la porte de Maria do Fetal qui s’ex­clame en l’apercevant :
— « J’allais vous écrire. La consé­cra­tion est faite ! »
— « Mais en juin 1989, n’affirmiez-​vous pas : La consé­cra­tion n’est pas faite. Ils la feront mais ce sera tard ? », dit le Père Caillon.
— « Quand je vous disais cela, je ne rap­por­tais pas les paroles de sœur Lucie. J’inventais… »
● Maria suit aveu­glé­ment aujourd’­hui les direc­tives de l’é­vêque de Fátima.
13 mai : Mgr do Amaral déclare devant le car­di­nal J. Meisner et plus de 500.000 pèle­rins : Tout nous porte à croire que la consé­cra­tion sol­li­ci­tée par Notre-​Dame a été faite. N’importunons pas davan­tage le Saint-​Père qui a fait tout ce qu’il lui est pos­sible de faire.
● Le car­di­nal Oddi : « La consé­cra­tion de la Russie n’a pas encore été effec­tuée ; il ne sera pos­sible d’exé­cu­ter la demande de Notre-​Dame qu’a­près la révé­la­tion du troi­sième Secret. »
Juillet : Fr. Fox détient main­te­nant ses infor­ma­tions non plus de Maria do Fetal mais direc­te­ment des car­mé­lites de Coïmbre.
Juillet : Un article de The Fátima Crusader (Father Fox fabri­ca­tions. The inven­tions of Maria do Fetal) engorge la boîte aux lettres et le télé­phone de Fr. Fox à qui on demande des expli­ca­tions. Fr. Fox se montre inca­pable d’ar­ti­cu­ler une seule preuve contre les soi-​disant fausses infor­ma­tions de The Fátima Crusader.
7 août : À la Capelinha, Fr. Fox, fort de l’ap­pui de l’é­vêque de Fátima et d’une docu­men­ta­tion four­nie par la prieure de Coïmbre, réitère son affir­ma­tion : « La Russie a été solen­nel­le­ment consa­crée au Cœur Immaculé de Marie par Sa Sainteté le pape Jean-​Paul II en union avec tous les évêques du monde, le 25 mars 1984, d’où l’ef­fon­dre­ment du com­mu­nisme en Europe de l’Est et l’ou­ver­ture d’une ère de paix. »
● Le Père Luis Kondor ne peut répondre direc­te­ment à la ques­tion de savoir quand Lucie a affir­mé pour la pre­mière fois que la consé­cra­tion avait été faite selon les requêtes du Ciel ; embar­ras­sé, il explique qu’au moment où Jean-​Paul II devait pro­non­cer le mot Russie, les haut-​parleurs ont été cou­pés et le Pape a mur­mu­ré de manière inaudible…
● Et ces lettres où Lucie affirme que l’acte du 25 mars 1984 a répon­du aux demandes de Notre-​Dame ? Le P. Kondor réplique : « Elles sont authen­tiques. Sœur Lucie se sert d’un ordi­na­teur à trai­te­ment de texte et elle est libre d’é­crire à n’im­porte qui. […] Il faut deman­der [la per­mis­sion de par­ler à sœur Lucie] uni­que­ment au car­di­nal Ratzinger. … Il revient à l’Église de juger des mes­sages du Ciel et non pas à la voyante elle-​même. »
● Le Père Kondor laisse entendre que le Saint-​Siège a fait la consé­cra­tion de la Russie et exige que l’on cesse de sou­le­ver des objections.
● Il affirme que Maria do Fetal a été blâ­mée, et qu’elle ne rever­rait plus sœur Lucie si elle n’ob­serve pas la dis­cré­tion imposée.
9 août : Une sœur tou­rière du car­mel de Coïmbre répond à M. David J. Boyce : — « Je pense comme vous, mais l’Église c’est comme ça. Il nous faut prier ». Elle opine en plus que sa sœur Prieure répon­drait de la même manière.
10 août : le Père Cristino affirme à M. Boyce : — « L’œuvre com­plète du Père Alonso ne sera jamais publiée. Il existe une com­mis­sion qui pré­pare une syn­thèse ».
— « Il ne se hasar­de­rait pas à faire une décla­ra­tion publique du genre de celle de Fr. Fox », rap­por­tée ci-haut.
— « Les trois lettres de sœur Lucie sont authen­tiques, mais l’ab­bé de Nantes et Fr. Gruner en ont contes­té l’au­then­ti­ci­té ».
L’abbé Cristino répond par un haus­se­ment d’é­paules quand M. Boyce lui signale : « que ces trois lettres men­tionnent erro­né­ment que Paul VI aurait fait une consé­cra­tion du monde le 13 mai 1967, et que la lettre à Noelker affirme que la consé­cra­tion de la Russie deman­dée par Notre-​Dame ne devait pas être faite au cours d’un concile. » L’abbé Cristino désire chan­ger de sujet quand on lui demande si entre février et août 1989, sœur Lucie a reçu du Saint-​Siège la per­mis­sion de répondre dans sa cor­res­pon­dance à des ques­tions por­tant sur les appa­ri­tions et le mes­sage de Fátima… Il avoue : « Je com­prends vos objec­tions, ça me trouble… Il est curieux que l’on ait lais­sé s’é­cou­ler cinq années avant de dire que la consé­cra­tion était accom­plie. »
Août : Durant son séjour à Fátima, M. D. J. Boyce tente vai­ne­ment de ren­con­trer Maria do Fetal, qui ne tient plus à faire de décla­ra­tions. Sa ligne télé­pho­nique est coupée.
Automne : Afin de relan­cer aux USA sa cam­pagne d’in­toxi­ca­tion, Fr. Fox rentre du Portugal avec un docu­ment qu’il vou­drait déci­sif : une nou­velle lettre (datée du 5 juillet 1990), de sœur Lucie, adres­sée à Fr. Fox lui-​même ! et trai­tant de la consé­cra­tion du 25 mars 1984. L’authenticité des nou­velles lettres qu’il pro­dui­ra res­te­ra douteuse.
11 octobre : À Fátima, Carolina dos Santos, sœur de Lucie, affirme à Fr. Gruner qu’on ne doit pas ajou­ter grand foi aux lettres tapées de sœur Lucie puisque cette der­nière ne sait même pas écrire à la machine…
22 octobre : Le rap­port écrit d’un expert étran­ger hau­te­ment pla­cé indique que la signa­ture de sœur Lucie fut for­gée sur une lettre com­po­sée à l’or­di­na­teur en novembre 1989. Des extraits de cette lettre, parue en mars 1990 dans une revue catho­lique ita­lienne, furent abon­dam­ment cités comme preuve que la consé­cra­tion avait été faite. De nom­breux ser­vices de nou­velles s’emparèrent de ce canu­lar ita­lien pour lui faire faire son tour du monde.
9 décembre : On apprend qu’on tien­drait main­te­nant la cer­ti­tude que sœur Lucie serait contre toutes ces manœuvres ten­dant à faire accré­di­ter que la consé­cra­tion est bel et bien faite selon ce que demande la Vierge de Fátima. Y aurait-​il là-​dessus des dis­cus­sions au sein même du car­mel de Coïmbre ?
1991 13 mai : Jean-​Paul II est de nou­veau à Fatima. Il ren­contre sœur Lucie pen­dant une demi-​heure, mais rien ne filtre de l’entretien.
8 décembre : fin de l’U.R.S.S., rem­pla­cée par la C.E.I. (Communauté d’États Indépendants).
1992 8 octobre : le père Nicholas Grüner réus­sit à faire venir 65 évêques à Fatima pour leur par­ler de la consé­cra­tion de la Russie. Mais près de 35 ont été dis­sua­dés de venir ; deux jours plus tard, le père Grüner est frap­pé vio­lem­ment par des employés du sanctuaire.
11 octobre : Au par­loir du Carmel de Sainte-​Thérèse, à Coimbre, de 12 h à 14 h, Sœur Lucia étant accom­pa­gnée de mère Maria das Mercês ; ont par­ti­ci­pé à l’entretien :
— Le car­di­nal Antony Padiyara, arche­vêque d’Ernakulan, en Inde ;
— Mgr Francis Michaelappa (†1993), évêque de Mysore, en Inde ;
— Carlos Evaristo, his­to­rien, qui ser­vait à l’oc­ca­sion d’interprète ;
— le père Francisco Veras Pacheco, de Fortaleza, au Brésil.
Plus tard, Evaristo publie un compte-​rendu extra­va­gant des conver­sa­tions ; il fait dire à sœur Lucia : « Oui, oui. La consé­cra­tion avait déjà été faite par­tiel­le­ment par le pape Pie XII, le 31 octobre 1942, mais il lui man­quait l’u­nion de tous les évêques du monde ; ce que le pape Jean-​Paul II est fina­le­ment par­ve­nu à obte­nir en 1984 ». (Cf. Carlos Evaristo, « Fatima. Sœur Lucia témoigne. Le mes­sage authen­tique », éd. Chalet, fin 1999, pp. 56–60).
1993 23 juin : les accords de Balamand, entre l’Église catho­lique et les ortho­doxes schis­mates, « excluent pour l’a­ve­nir tout pro­sé­ly­tisme et toute volon­té d’ex­pan­sion des catho­liques aux dépens de l’Église ortho­doxe. » Rome s’op­pose ain­si direc­te­ment à la conver­sion de la Russie.
11 octobre : Deuxième entre­tien avec Sœur Lucia au même endroit, de 22 h 30 à 23 h 30 (?!). Interlocuteurs :
— Carlos Evaristo, Mère Maria das Mercês, prieure du couvent ;
— le car­di­nal Ricardo Vidal, arch. de Cebu (Philippines) ;
— le père Edgardo Arellano (al. Bing), de Manille ;
— le père Joao Maria Rodrigues, de l’Ordre de la Sainte-​Croix, de Fatima ;
— John Santos, sémi­na­riste de Manille ;
— Mère Maria Pia, supé­rieure des Sœurs oblates de Fatima, à Rome ;
— Noreen Marbella et Elsa Regala, de Manille ; (Ibid., pp. 88, 100, 104)
1994 Octobre : Le secré­taire d’État et le nonce apos­to­lique du Portugal écrivent aux évêques du monde entier, leur don­nant pour direc­tive de ne pas assis­ter à la seconde confé­rence pour la paix orga­ni­sée par le père Nicholas Grüner, et qui doit se tenir au Mexique. Des visas sont refu­sés et beau­coup d’autres obs­tacles sont mis sur la route de 100 évêques catho­liques qui ont accep­té l’in­vi­ta­tion à la conférence.
1996 18–24 août : la com­mis­sion théo­lo­gique du congrès mario­lo­gique inter­na­tio­nal de Czestochowa et une note de l’Académie pon­ti­fi­cale mariale rejettent la demande de défi­ni­tion dog­ma­tique de Marie coré­dem­price, média­trice et avo­cate. De nom­breuses péti­tions étaient par­ve­nues à Rome en faveur de la défi­ni­tion de ce nou­veau dogme.
novembre : A Rome, une troi­sième confé­rence pour la paix, orga­ni­sée par le père Grüner, réunit 200 évêques mal­gré toutes les pres­sions exercées.
1997 ● La nou­velle loi sur la liber­té reli­gieuse en Russie place l’Église catho­lique dans une situa­tion aus­si pré­caire que les sectes.
1999 12–18 octobre : nou­velle confé­rence pour la paix orga­ni­sée par le père Grüner à Hamilton aux Etats-​Unis (Ontario) ; mais il est deve­nu de plus en plus dif­fi­cile d’at­teindre les prêtres et les évêques à cause des pres­sions du Vatican. Quelques évêques et prêtres seule­ment sont pré­sents, et 300 laïcs.
2000 13 mai : Le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’État du Vatican, au terme de la céré­mo­nie de béa­ti­fi­ca­tion de François et Jacinthe Marto, est char­gé par Jean-​Paul II de faire l’an­nonce concer­nant le Secret :
— « c’est une pro­tec­tion qui semble concer­ner aus­si ce qu’on appelle « la 3ème par­tie » du Secret de Fatima. […] La clé de lec­ture du texte ne peut que revê­tir un carac­tère sym­bo­lique. […] Bien que les situa­tions aux­quelles fait réfé­rence la 3ème par­tie du Secret semblent désor­mais appar­te­nir au pas­sé, l’ap­pel de la Vierge de Fatima à la conver­sion et à la péni­tence. […] Pour per­mettre aux fidèles de mieux rece­voir le mes­sage de la Vierge de Fatima le Pape a confié à la Congrégation pour le Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la 3ème par­tie du secret, après en avoir pré­pa­ré un com­men­taire appro­prié ».
5 juin : le car­di­nal Castrillon-​Hoyos envoie une lettre au père Grüner le mena­çant d’excommunication.
26 juin : la congré­ga­tion pour la Doctrine de la foi publie « le mes­sage de Fatima ». Dans le texte de pré­sen­ta­tion, Mgr. Bertone rap­porte des paroles de sœur Lucie disant que la consé­cra­tion de la Russie a été faite comme Notre-​Dame le deman­dait. Il ajoute que, désor­mais, toute dis­cus­sion ou nou­velle péti­tion est sans fon­de­ment. Dans le même docu­ment, le car­di­nal Ratzinger (futur Benoît XVI), se réfère expli­ci­te­ment au père Dhanis et dit que la dévo­tion au Cœur Immaculé de Marie est une notion « sur­pre­nante pour des per­sonnes pro­ve­nant de l’aire cultu­relle anglo-​saxonne et germanique ».
8 octobre : sur la place Saint-​Pierre, en pré­sence de 76 car­di­naux et 1400 évêques ras­sem­blés pour le grand jubi­lé de l’an 2000, Jean-​Paul II pro­nonce un « acte de confiance » à la Vierge Marie : « Nous sommes ici devant toi pour confier à tes soins mater­nels nous-​mêmes, l’Église et le monde entier. » La sta­tue de Notre-​Dame de Fatima a été appor­tée de la Cova da Iria pour cette occasion.
Décembre : paru­tion du der­nier livre de sœur Lucie : « Appels du mes­sage de Fatima », qu’elle avait ache­vé d’é­crire le 25 mars 1997. Non seule­ment elle ne fait aucune allu­sion à la consé­cra­tion de la Russie, mais le tableau qu’elle dresse de la situa­tion du monde prouve à l’é­vi­dence que la Russie n’a tou­jours pas été consacrée.
2001 12 sep­tembre : l’of­fice de presse du Vatican publie une mise en garde contre le père Grüner à pro­pos d’une nou­velle Conférence pour la paix dans le monde qui doit se tenir à Rome du 7 au 13 octobre. Le texte est signé par le car­di­nal Dario Castrillon Hoyos, pré­fet de la Congrégation pour le cler­gé, et déclare que le père Grüner est sus­pens a divi­nis.
17 novembre : Mgr. Bertone visite sœur Lucie au car­mel de Coïmbra. Le compte-​rendu de sa conver­sa­tion d’une heure et demie à deux heures avec la voyante com­porte seule­ment quelques dizaines de mots. Il fait dire à la voyante que la consé­cra­tion de 1984 a été accep­tée au Ciel, et qu’elle confirme tout ce que contient le docu­ment publié par la congré­ga­tion pour la Doctrine de la foi en juin 2000.
2005 13 février : sœur Lucie est rap­pe­lée à Dieu dans son car­mel de Coïmbra.
2 avril : décès de Jean-​Paul II à Rome, un pre­mier same­di du mois, alors qu’il n’a­vait jamais encou­ra­gé la dévo­tion répa­ra­trice des pre­miers same­dis. Les médias le saluent comme « le tom­beur du com­mu­nisme », mais lui-​même avait décla­ré en 1994 que le com­mu­nisme était tom­bé tout seul, sans même une inter­ven­tion directe de la Providence.
19 avril : le car­di­nal Ratzinger est élu pape, il prend le nom de Benoît XVI. C’est de lui que dépend main­te­nant l’ac­com­plis­se­ment ou le refus des demandes de Notre-​Dame à Fatima.

Suites des apparitions

Jeudi 29 mai 1930 : Les blas­phèmes des hommes contre le Cœur Immaculé de Marie