Le troisième secret de Fatima : historique et chronologie

Ce n’est qu’en juin 1943, suite à une grave mala­die, que sœur Lucie rédige sur papier le troi­sième secret. Mis sous enve­loppe et cache­tée, Mgr da Silva en devint le dépo­si­taire. Il pla­ça l’en­ve­loppe dans une autre plus grande, cache­tée à la cire, et écri­vit dessus :

« Cette enve­loppe avec son conte­nu sera remise à Son Éminence le car­di­nal don Manuel, Patriarche de Lisbonne, après ma mort. Leiria, 8 décembre 1945. José, évêque de Leiria. »

Cette grande enve­loppe fut ensuite pla­cée dans un coffre de la curie car le Vatican refu­sa d’en deve­nir le dépositaire.

Le troi­sième secret, selon la demande de Notre-​Dame, devait être lu au monde en 1960. Cette date avait été expres­sé­ment fixée par la Très Sainte Vierge Elle-​même car à cette date son conte­nu aurait été mieux compris.

Au début de l’an­née 1957, le Vatican demande à la curie de Leira l’en­voi pho­to­co­pié de tous les écrits de sœur Lucie, ain­si que l’en­ve­loppe conser­vée par Mgr da Silva. C’est donc le 16 avril de la même année que le Saint-​Siège accuse récep­tion des docu­ments deman­dés : les pho­to­co­pies, ain­si que l’o­ri­gi­nal de la fameuse enve­loppe cache­tée conte­nant le troi­sième secret.

Pourquoi le Vatican qui, en 1943, avait refu­sé de deve­nir le dépo­si­taire du troi­sième secret se déci­da tout d’un coup à vou­loir ce docu­ment ?. En 1957, on pou­vait pen­ser que ce serait en vu de sa publi­ca­tion en 1960… mais aujourd’­hui on se demande si ce n’au­rait pas été plu­tôt pour le faire dis­pa­raître selon l’im­por­tance de son conte­nu. Après la publi­ca­tion en 2000 d’un faux secret, le Saint-​Siège se refuse tou­jours à mon­trer l’en­ve­loppe et à auto­ri­ser l’a­na­lyse des docu­ments pré­sen­tés afin d’ô­ter toute sus­pi­cion sur la valeur du dos­sier dont tous les papes, depuis 1960, refu­sèrent la publi­ca­tion. On peut pen­ser que Jean-​Paul Ier avait l’in­ten­tion de le faire, mais il dis­pa­rut trop tôt, dans des cir­cons­tances mystérieuses.

Le 25 jan­vier 1959, le nou­veau pape Jean XXIII annonce la convo­ca­tion d’un Concile qui s’ou­vri­ra le 11 octobre 1962 (1), et le 17 août il prend connais­sance du troi­sième secret et dès lors on ne sait où est pas­sée cette lettre écrite quelques années plus tôt par sœur Lucie.

Arriva l’an­née 1960 avec cette attente, pour les catho­liques du monde entier, de connaître le mes­sage du Ciel ; mais le 8 février, l’a­gence de presse A.N.I. annonce le com­mu­ni­qué sui­vant qui tombe comme une bombe ! : « Cité du Vatican : Il est pro­bable que le « secret de Fatima » ne sera jamais ren­du public ». Que contient donc ce texte pour que le Vatican décide de ne « jamais » le rendre public ?

Face à cette stu­pé­fiante déci­sion, l’é­vêque de Leiria s’a­dresse cou­ra­geu­se­ment à tous les évêques du monde, sans deman­der l’a­vis du pape. Il envoie donc un cour­rier dans lequel il demande d’or­ga­ni­ser une nuit de prière à Fatima-​ville, les 12 et 13 octobre 1960 afin d’o­bli­ger le Vatican à écou­ter les ordres de la Sainte Vierge.

Le 12 octobre, 500 000 pèle­rins venus du monde entier, par­ti­ci­pe­ront à cette nuit de prières ; mais le pape ne tien­dra aucun compte et conti­nua à mépri­ser la demande de Notre-​Dame d’une part, et les catho­liques eux-​mêmes par la même occasion.

C’est dès ce moment là que, peu à peu, les moder­nistes purs et durs, les gens d’é­glises plus ou moins francs-​maçons (plu­tôt plus que moins), entre­ront en masse dans les hautes sphères de la hié­rar­chie vaticane !.

Le 3 juin 1963, le pape Jean XXIII meurt et Paul VI lui suc­cède. Il se fait com­mu­ni­quer le texte du troi­sième secret, mais comme son pré­dé­ces­seur il n’en tint aucun compte. Lors du Concile Vatican II, les pré­lats refu­sèrent même de défi­nir la média­tion uni­ver­selle de la Vierge Marie, Mère de Dieu et sup­pri­mèrent plu­sieurs fêtes de la Vierge dans le nou­veau calen­drier litur­gique, rédui­sant le culte au strict mini­mum : sup­pres­sion du Saint Nom de Marie, de Notre-​Dame de la Merci, des Sept-​Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie ; la Visitation a été pla­cée le 31 mai, à la place de Marie Reine, tan­dis que la fête de « Marie Médiatrice de toutes grâces », célé­brée autre­fois ce même jour, a dis­pa­ru défi­ni­ti­ve­ment du mis­sel. Le nou­vel Ordo ne fait qu’une simple mémoire facul­ta­tive de la fête du Cœur Immaculé de Marie le same­di après le deuxième Dimanche après la Pentecôte. Cette fête est donc sans office et messe propres, et elle passe après la férie, après les fêtes ordi­naires des saints et les mémoires obli­ga­toires. Cette mémoire facul­ta­tive est donc omise dès qu’il y a une autre mémoire en concur­rence. Dans les textes votés lors des ses­sions dudit concile, n’ap­pa­raî­tront jamais les mots : « Cœur Immaculé de Marie », « Sacré-​Cœur », « rosaire », « cha­pe­let », « coré­demp­trice » et « média­trice ». Bref, l’es­prit de satan s’in­fil­trait dans l’é­glise, lui fai­sant perdre le culte de Marie et de Jésus pour lui ouvrir une nou­velle ère : celle du culte de l’homme, nou­veau et seul dieu dans l’es­prit inavoué de ce sinistre concile !.

Paul VI se rend à Fatima le 13 mai 1967. On aurait naï­ve­ment pen­sé qu’il révé­le­rait au monde ce qui aurait dû être fait 7 ans plus tôt ; mais décep­tion, il ne fit rien !.

Arrivée à l’aé­ro­port por­tu­gais vers 9h30, le pape se ren­dit en Rolls-​Royceà la Cova da Iria. Il dit la messe moder­niste qui se fait depuis Vatican II et à la fin de la célé­bra­tion, la voyante lui fut pré­sen­tée. Sœur Lucie lui implo­ra à genoux, à plu­sieurs reprises, un entre­tien seule à seul, mais — selon le témoi­gnage du Père Almeida — le pape refu­sa en ces termes :

Voyez, ce n’est pas le moment ; et puis si vous vou­lez me com­mu­ni­quer quelque chose, dites-​le à votre évêque (de Leiria) ; c’est lui qui me le com­mu­ni­que­ra. Soyez bien obéis­sante à votre évêque ».

On ne peut trai­ter une per­sonne avec plus de mépris !… La voyante se reti­ra donc. Très attris­tée, elle pleu­ra. Elle qui connaît le troi­sième secret, sans doute avait-​elle de bonnes rai­sons d’être triste !…

Pourtant, le pape Paul VI accor­da une série d’au­diences : à l’é­pis­co­pat por­tu­gais, au corps diplo­ma­tique, à un groupe de chré­tiens non catho­liques, mais non à sœur Lucie. Pourquoi ?

Lors de son voyage, il refu­sa de se rendre à la cha­pelle des Apparitions située sur l’es­pla­nade même. Pourquoi ? Tout n’é­tait que dis­cours à la gloire et au culte de l’homme ; comme dans ces paroles lors de son homélie :

Hommes, rendez-​vous dignes du don divin de la Paix ;
Hommes, soyez des hommes ;
Hommes, soyez bons, sages, ouverts à la consi­dé­ra­tion du bien géné­ral du monde ;
Hommes, soyez magnanimes ;
Hommes, sachez voir votre pres­tige et votre inté­rêt, non comme étant contraires, mais comme étant soli­daires avec le pres­tige et l’in­té­rêt d’autrui.
Hommes, pen­sez aux pro­jets de com­mun bien-être ;
Hommes, recom­men­cez à vous appro­cher les uns des autres avec la volon­té de construire un monde nou­veau : le monde des hommes vrais ».

Quelques mois plus tard, sœur Lucie remit une lettre à l’é­vêque de Leiria qui devait se rendre à Rome pour un pèle­ri­nage. Le 27 sep­tembre 1967, l’é­vêque remet­tait donc ladite lettre au pape, qui n’en don­na aucune suite, ni ver­bale, ni écrite… l’a t‑il au moins lu ? On ne le sait… ! Quoi qu’il en soit, de 1967 à 1978 Notre-​Dame de Fatima est com­plè­te­ment oubliée au Vatican !… Personne, der­rière les murs de cette cité ne par­le­ra plus de la Vierge du Portugal.

Le 26 août 1978, le car­di­nal Luciani devint Pape et prend le nom de Jean-​Paul Ier. On sait que Mgr. Lugiani, patriarche de Venise, a vu sœur Lucie à Fatima. Selon le livre : « El dia­rio secre­to de Juan Pablo I », (éd. Planeta, 1990) (« Le jour­nal secret de Jean-​Paul I ») l’au­teur, Ricardo de la Cieva y de Hoces, raconte sous forme de fic­tion lit­té­raire et d’une manière roman­cée, les faits sui­vants : Dans son jour­nal secret le pape écri­vit le 21 sep­tembre 1978, huit jours avant son martyr :

« Le 11 juillet 1977, don Diego Lorenzi m’ac­com­pa­gnait à la concé­lé­bra­tion dans l’é­glise des car­mé­lites de Coimbra. Sœur Lucie, qui vivait dans le couvent, deman­da à me voir. J’acceptais avec quelques défiances. Ces choses me causent une cer­taine perturbation.

Lucie était une petite reli­gieuse vive et com­mu­ni­ca­tive qui m’en­tre­tint deux longues heures alors que j’a­vais pré­vu quelques minutes pour la bénir et puis m’en aller. Elles me pas­sèrent comme un souffle.

Elle ne par­la pas des Apparitions, ni du fameux Secret, mais d’une pré­oc­cu­pa­tion qui lui tour­men­tait l’âme à pro­pos de la dégra­da­tion du cler­gé et de la foi des fidèles. Elle res­ta alors comme assou­pie et quelques moments de silence pas­sèrent. Elle me par­lait avec les yeux bais­sés, mais sou­dain elle me regar­da fixe­ment pen­dant quelques secondes : « Quant à vous mon­sieur le patriarche, me dit-​elle avec des paroles qui mani­fes­te­ment n’é­taient pas les siennes, la cou­ronne du Christ et les jours du Christ. » Elle retom­ba dans le silence pen­dant que je me tai­sais très ému.

Depuis lors je n’ai pas ces­sé de pen­ser à cela une seule nuit. La cou­ronne du Christ, quelque chose me le dit à l’in­té­rieur de moi-​même, est peut-​être ce que j’ap­pelle « oppres­sion » : les jours du Christ seront mes jours, mes semaines, mes années… je ne sais pas. Aujourd’hui est le 25 ème jour de mon pon­ti­fi­cat. Les années du Christ on été 33… Je ne sais pas ! »

L’hebdomadaire Gente Veneta daté du 23 juillet 1977 (voir aus­si le bul­le­tin de la CRC n° 325, sep­tembre 1996, p.8), dans lequel fut publié l’ar­ticle du Cardinal Luciani sur sa ren­contre avec sœur Lucie, ne parle pas de la confi­dence ci-​dessus. Toutefois, à en croire Ricardo de la Cieva y de Hoces, lors de cet entre­tien, la reli­gieuse lui avait pré­dit « la Couronne du Christ », c’est-​à-​dire la cou­ronne du mar­tyr, et « les jours du Christ » qui ont été les 33 jours de son bref pontificat.

« La Couronne du Christ et les jours du Christ », cette phrase ne ces­sa d’en­va­hir la pen­sée de Mgr. Lugiani, sur­tout à par­tir du 26 août 1978 où il fut élu Pape. Il confia alors à un théo­lo­gien ami, don Germano Pattaro :

« Ce que sœur Lucie m’a dit au mois de juillet 1977 m’é­tait deve­nu un poids sur le cœur. Cette pen­sée était trop embar­ras­sante, trop contraire à tout mon être. Ce n’é­tait pas croyable, et pour­tant la pré­vi­sion de sœur Lucie s’est avé­rée. Je suis Pape. Si je vis, je retour­ne­rai à Fatima pour consa­crer le monde et par­ti­cu­liè­re­ment les peuples de la Russie à la Sainte Vierge, selon les indi­ca­tions que Celle-​ci a don­nées à sœur Lucie ».

Son très bref pon­ti­fi­cat de 33 jours ne lui a pas per­mis de dévoi­ler au monde [l’au­then­tique] der­nier mes­sage de Notre-​Dame de Fatima, mais quelques confi­dences de gens très bien pla­cés per­mettent de pen­ser qu’il en avait l’in­ten­tion. Voulait-​il en outre chas­ser les pré­lats francs-​maçons du Vatican ? Tout res­tau­rer dans le Christ ? On ne le sait au juste, mais pour l’en empê­cher, il aurait été assas­si­né par empoisonnement !.

Puis, le 16 octobre 1978, Jean Paul II lui suc­cède et annonce tout de suite la cou­leur : il ne divul­gue­ra pas l’ul­time secret, mais conti­nue­ra l’ou­ver­ture prô­née par le concile Vatican II.

Après l’at­ten­tat du 13 mai 1981 (64 ans, jour pour jour, après la pre­mière appa­ri­tion de Notre-​Dame, à Fatima), place st. Pierre à Rome, le pape se rend à Fatima les 12 et 13 mai de l’an­née sui­vante. Il ren­contre sœur Lucie et lui accorde un entretien.

La voyante lui par­la du troi­sième secret, de sa divul­ga­tion vou­lue par Dieu, et le ques­tion­na sur le pro­cès de béa­ti­fi­ca­tion de François et de Jacinthe. Sur le pre­mier point, Jean-​Paul II dit : « Il n’est ni néces­saire ni pru­dent de révé­ler main­te­nant le conte­nu du secret » ; quant à la Consécration de la Russie, en com­mu­nion avec tous les évêques du monde, il ne la fera pas !. Sur le second point, il ne pro­mit rien : « Priez, ma fille, pour que cela se réa­lise durant votre vie et durant la mienne », lui a t‑il répondu.

Donc, de ce voyage à Fatima, comme ce fut le cas lors du pèle­ri­nage de Paul VI quelques années aupa­ra­vant, rien ne serait fait pour répondre aux demandes de la Très Sainte Vierge ; et s’il était besoin encore d’of­fen­ser d’a­van­tage Notre Mère du ciel, il men­tion­na publi­que­ment dans une pré­dic­tion, la prière de Notre-​Dame en ces termes : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conver­sion des pécheurs, et en répa­ra­tion des péchés ». Jusqu’à preuve du contraire, cette prière se ter­mine ain­si : « … com­mis contre le Cœur Immaculé de Marie ». Hors, il ne men­tion­na pas cette fin de phrase. Détail direz-​vous ? La reli­gion new look ins­tau­rée par Vatican II peut bien évi­de­ment se pas­ser de ce détail et de beau­coup d’autres d’ailleurs… !

Au soir du 13 mai, Jean-​Paul II n’a­vait pas accom­pli la demande de Notre-​Dame.

Neuf ans plus tard, il se rend de nou­veau à Fatima. Il y ren­con­tra seul à seule sœur Lucie pen­dant 22 minutes, mais aucune infor­ma­tion ne fil­tra de cet entre­tien. D’après les com­por­te­ments de Jean-​Paul II et de la voyante, avant et après l’en­tre­tien ; il semble bien que le Vatican ne dévoi­le­ra jamais le der­nier mes­sage que la Sainte Vierge fit connaître à Lucie en 1917, pas plus qu’il ne consa­cre­ra la Russie au Cœur Immaculé de Marie, en com­mu­nion avec tous les évêques du monde.

Pourtant, le 13 mai 2000 au Portugal, à l’oc­ca­sion de la béa­ti­fi­ca­tion de Jacinta et Francisco Marto, le pape Jean-​Paul II char­gea le car­di­nal Angelo Sodano de lire un com­mu­ni­qué de la plus haute impor­tance qui, selon le Vatican, « semble concer­ner ce qu’on appelle “la troi­sième par­tie” du secret de Fatima ».

Cet acte fut offi­cia­li­sé le 26 juin 2000 par la publi­ca­tion d’un docu­ment de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, pré­sen­té par le car­di­nal Ratzinger au cours d’une confé­rence de presse. L’analyse appro­fon­die du docu­ment prouve en fait que le Saint-​Siège a déli­vré au monde un FAUX SECRET !.

Chronologie de la troi­sième par­tie du secret

1941 Juillet-​août : En rédi­geant son 3ème MÉMOIRE, sœur Lucie men­tionne pour la pre­mière fois la divi­sion du Secret de Fatima en trois par­ties dis­tinctes : « Le Secret com­prend trois choses dis­tinctes, écrit-​elle, et j’en dévoi­le­rai deux. »
7 octobre : Au cha­noine Galamba qui lui demande de rédi­ger le Secret, sœur Lucie répond qu’elle n’en a pas encore reçu la per­mis­sion du Ciel.
Octobre-​décembre : Dans le 4ème MÉMOIRE, souur Lucie écrit la pre­mière phrase du Secret : « Em Portugal se conser­vará sempre o dog­ma da fé », qu’elle fait suivre d’un « etc. ».
1943 Juin : Une pleu­ré­sie frappe sœur Lucie et fait craindre au cha­noine Galamba et à Mgr da Silva qu’elle ne dis­pa­raisse avant d’avoir révé­lé l’ultime Secret.
Été : Une entre­vue mémo­rable à Valença do Minho : Le cha­noine Galamba sug­gère à Mgr. da Silva de deman­der à sœur Lucie d’é­crire dès main­te­nant le texte du troi­sième Secret, puis qu’elle le place dans une enve­loppe cache­tée à la cire.
15 sep­tembre : À Tuy, Mgr da Silva demande à la voyante de rédi­ger le Secret.
Mi-​octobre : Mgr da Silva lui donne l’ordre for­mel d’en écrire le texte. sœur Lucie res­sen­tit alors, pen­dant presque trois mois, une mys­tè­rieuse et ter­rible agonie.
1944 2 jan­vier : À l’infirmerie de Tuy, la TSV appa­raît à sœur Lucie, la récon­forte et lui confirme que c’est bien la volon­té de Dieu qu’elle écrive les paroles de l’ultime Secret
9 jan­vier : Elle aver­tit Mgr da Silva que le Secret est rédigé.
Printemps : Elle confie à son direc­teur son désir de s’entretenir avec le Pape Pie XII.
Mai : le père belge jésuite Edouard Dhanis, publie une thèse qui met en doute l’au­then­ti­ci­té du secret du 13 juillet 1917.
17 juin : L’enveloppe conte­nant le Secret est remise à Mgr da Silva, qui refuse de l’ouvrir.
● Mgr da Silva pro­pose au Saint-​Office de trans­mettre le Secret à Rome qui refuse.
1945 8 décembre : Mgr da Silva insère l’enveloppe de sœur Lucie dans une autre enve­loppe, cache­tée éga­le­ment à la cire, pré­ci­sant qu’après sa mort le Secret devra être trans­mis au car­di­nal Cerejeira, patriarche de Lisbonne.
1946 Jusqu’en 1960 : De nom­breux témoi­gnages affirment que le Secret devra être lu au monde en 1960, parce que la sainte Vierge le veut ainsi.
Mai : Elle se rend à Fátima. Il est ques­tion qu’elle aille à Rome pour faire connaître le Secret au Saint-Père.
1952 2 sep­tembre : Le P. Schweigl l’interroge notam­ment sur le Secret.
1955 Mai : Le car­di­nal Ottaviani s’entretient avec elle et l’interroge sur le Secret.
1956 Fin 1956 – début 1957 : Le Saint-​Office réclame une copie de tous ses écrits ain­si que le manus­crit du Secret que Mgr da Silva n’a pas vou­lu lire.
1957 Mi-​mars : Mgr Venãncio porte au nonce apos­to­lique à Lisbonne l’enveloppe scel­lée conte­nant le Secret.
16 avril : L’enveloppe par­vient au Vatican. Elle fut sans doute pla­cée presque aus­si­tôt par le Pape Pie XII dans son bureau per­son­nel, dans un petit coffre por­tant la men­tion « Secretum Sancti Officii ».
14 mai : Mère Pascalina confie à Robert Serrou que le Secret se trouve dans l’appartement du Saint-​Père, dans le cof­fret des « secrets du Saint-Office ».
4 décembre : Mort de Mgr da Silva.
26 décembre : Elle dit au Père Fuentes au sujet du Secret : « Seuls le Saint-​Père et Mgr l’évêque de Fátima pour­raient le savoir, mais ils ne l’ont pas vou­lu ».
1958 9 octobre : Pie XII meurt sans avoir lu le Secret.
● Le Père Fuentes publie son entre­vue avec Lucie. On la lit par­tout sans que son authen­ti­ci­té soit mise en doute.
1959 2 juillet : Un rap­port ano­nyme éma­nant de la chan­cel­le­rie épis-​copale de Coïmbre dénonce l’entrevue Lucie /​Fuentes comme étant enta­chée de fraude. À ce jour, aucun offi­ciel n’a pris ce rap­port à son compte.
25 jan­vier : Jean XXIII annonce la convo­ca­tion du IIème Concile du Vatican.
17 août : Jean XXIII, à Castelgandolfo, reçoit l’enveloppe du 3e Secret et le lit dans les jours sui­vants. Il prend la déci­sion de ne pas publier le texte, alors que la Vierge Marie vou­lait cette publi­ca­tion en 1960 ; mais rien n’est encore annoncé.
● Le monde catho­lique reste donc dans l’at­tente una­nime et anxieuse de la divul­ga­tion du Secret.
1960 Février (?) : Jean XXIII fait lire le Secret au car­di­nal Ottaviani.
8 février : En dépit du désir exprès de la Très Sainte Vierge, des pro­messes répé­tées de l’évêque de Fátima et du Patriarche de Lisbonne, un simple com­mu­ni­qué de l’agence de presse por­tu­gaise A.N.I. annonce : Le Vatican fait savoir que le Secret ne sera pas divulgué.
24 février : Jean XXIII jete publi­que­ment la plus infa­mante sus­pi­cion sur la cré­di­bi­li­té du témoi­gnage de sœur Lucie et sur l’en­semble du Message de Fatima. Selon Mgr. Capovilla, Jean XXIII aurait deman­dé conseil à plu­sieurs pré­lats de la Curie, mais le car­di­nal Cerejeira déclare : « J’affirme caté­go­ri­que­ment que je n’ai pas été consul­té. »
17 mai : Mgr Venãncio adresse une lettre aux évêques du monde entier.
Mai-​juin : Jean XXIII reçoit Mgr Venãncio.
18 juin : Un article men­son­ger du P. Caprile, sj, dans Civilta cattolica.
Septembre : On espère à Fátima un geste de Jean XXIII à l’occasion du 13 octobre.
13 octobre : Journée mon­diale de prière et de péni­tence, à l’i­ni­tia­tive de Mgr. Venancio. Le Vatican fit la sourde oreille. Rien ne fut fait.
● Sœur Lucie est offi­ciel­le­ment bâillon­née en ce qui a trait au Secret.
1961 ● Le Père Fuentes, sur la foi du rap­port ano­nyme de Coïmbre, est démis de ses fonc­tions de pos­tu­la­teur de la Cause de béa­ti­fi­ca­tion de François et de Jacinthe.
1963 3 juin : Jean XXIII meurt sans avoir fait de décla­ra­tion publique au sujet du Secret.
Été : Paul VI, peu après son élec­tion [21 juin], réclame le texte du Secret.
15 octobre : La revue alle­mande Neues Europa publie une fausse ver­sion du Secret.
1965 ● Le Père Alonso est nom­mé archi­viste de Fátima et se dit d’accord avec le rap­port ano­nyme de Coïmbre concer­nant le Père Fuentes.
13 mai : Le car­di­nal Cento, légat de Paul VI, pré­sente la Rose d’Or à NDF lui confiant l’Église entière. Dans son homé­lie, il résume en deux mots le mes­sage de Fátima : Prière et pénitence !.
1966 15 novembre : Le nou­veau Droit cano­nique per­met à qui­conque dans l’Église de par­ler ouver­te­ment des appa­ri­tions sans qu’il soit néces­saire d’obtenir un impri­ma­tur, mais sœur Lucie pour en par­ler doit avoir la per­mis­sion directe du Vatican.
1967 11 février : Déclaration du car­di­nal Ottaviani concer­nant le Secret.
13 mai : D’après un expert de Fátima, elle aurait insis­té en vain auprès de Paul VI pour qu’il divulgue le Secret.
1975 ● Après dix années d’étude des docu­ments, le P. Alonso recon­naît que l’entrevue du P. Fuentes, en 1957, rap­por­tait bien les vues de sœur Lucie.
1977 7 juillet : Le car­di­nal Ottaviani répond à trois ques­tions à pro­pos du Secret.
1980 Novembre : Problématiques décla­ra­tions de Jean-​Paul II à Fulda (Allemagne).
1981 13 sep­tembre : L’évêque de Fátima se refuse à dire quoique ce soit du conte­nu du Secret ; il dément les faux secrets s’inspirant du texte de Neues Europa, et pré­cise qu’il avait consul­té sœur Lucie à ce sujet.
12 décembre : Le P. Alonso meurt, lais­sant 14 volumes inédits de docu­men­ta­tion sur Fátima. Ses articles et opus­cules expriment sa pen­sée, sur­tout concer­nant le 3ème Secret : il s’agirait de la crise de la foi et de la res­pon­sa­bi­li­té de la Hiérarchie à cet égard.
1982 ● Jean-​Paul II, avant son pèle­ri­nage du 13 mai à Fátima, consulte un prêtre por­tu­gais de la Curie et se fait tra­duire le Secret selon les nuances de la langue.
Mai : Sœur Lucie aurait dit au car­di­nal Oddi que de son entre­tien avec le Pape avait résul­té la déci­sion de Jean-​Paul II de ne pas révé­ler le Secret, de peur qu’il soit mal inter­pré­té. ND vou­lait pour­tant qu’il fut divul­gué en 1960.
1984 10 sep­tembre : L’évêque de Fátima déclare à Vienne que le conte­nu du 3ème Secret ne concerne que notre foi, la perte de la foi.
Octobre 1984 – juin 1985 : Variations du card. Ratzinger au sujet du Secret.
1985 Février : Le P. Messias Dias Coelho relaie la décla­ra­tion de l’évêque de Fátima à pro­pos du Secret.
1986 20 jan­vier : Mgr do Amaral, contraint (?), rétracte ses pro­pos sur le conte­nu du Secret. Ceux qui savent la véri­té ne doivent donc pas la faire connaître ou la lais­ser deviner…
Juin : Frère Paul Leonard signe l’article : The Plot to Silence Our Lady, in : The Fatima Crusader.
14–19 sep­tembre : Laurentin fait allu­sion au sym­po­sium de Fátima à l’œuvre monu­men­tale du frère Michel mais pour stig­ma­ti­ser la secte fatimiste.
● Le témoi­gnage du car­di­nal Oddi sur le Secret et Jean XXIII confirme le fait que Jean XXIII a lu ce docu­ment en 1960 et qu’il le scel­la, parce qu’il n’aimait pas les « pro­phètes de malheurs ».
● Laurentin édul­core la thèse du P. Alonso, publiée dès 1976, et de nou­veau en 1981. L’annonce des défi­ciences de la hié­rar­chie et des papes eux-​mêmes explique tout.
1987 Avril : Fr. Leonard pré­cise son pré­cé­dent article par : The [USA] Blue Army Leadership Has Followed a Deliberate Policy of Falsifying the Fátima Message où il évente le faux du maga­zine Soul (1982) et la dés­in­for­ma­tion sub­sé­quente concer­nant la consé­cra­tion que ND a demandée.
● Le Messagem de Fátima rap­porte plus vrai­sem­bla­ble­ment que, d’après le car­di­nal [Oddi], Jean-​Paul II avait pas­sé pra­ti­que­ment les vingt minutes de l’entretien du 13 mai 1982 à ten­ter de convaincre Lucie qu’il n’était pas néces­saire, ni pru­dent de divul­guer main­te­nant le conte­nu du Secret, vu que le monde ne le com­pren­drait pas.
1988 ● Le car­di­nal Édouard Gagnon gronde Frère Nicholas Gruner pour avoir publié le rap­port de l’Abbé Pierre Caillon. Le car­di­nal admet avoir par­lé à l’Abbé Caillon, et dit que ce rap­port n’était pas pour publication.
1989 Février : Mgr Luciano Guerra écrit dans Voz da Fátima que tout est lié au secret de Fátima, dont l’étendue nous semble atteindre les dimen­sions de la planète.
● Le Secret, selon le P. Freire, ne concer­ne­rait que le Portugal. Cette réac­tion ne vise­rait pas tant à contrer des esprits dés­équi­li­brés [de la secte fati­miste !] qu’à faire bar­rage à la thèse du P. Alonso, gênante pour Rome.
● Le car­di­nal Seper pousse le P. A.M. Martins, sj, à se ral­lier fina­le­ment à la thèse Freire.
Novembre : Fr. Gruner lance une cam­pagne mon­diale deman­dant la libé­ra­tion de sœur Lucie, et encou­ra­geant le Saint-​Père à divul­guer le Secret.
● Le car­di­nal Oddi : La consé­cra­tion de la Russie n’a pas encore été effec­tuée ; il ne sera pos­sible d’exécuter la demande de Notre-​Dame qu’après la révé­la­tion du Secret.
1990 Août-​septembre : René Laurentin annule pra­ti­que­ment la thèse du Père Alonso, reprise par le frère Michel, en sou­te­nant que le Secret ne vise qu’une époque révo­lue : 1960 à 1980. Il pousse l’au­dace jus­qu’à publier dans Chrétiens-​Magazine un article inti­tu­lé : « Le troi­sième secret de Fatima est enfin révé­lé », dans le but d’en­ter­rer défi­ni­ti­ve­ment ce Secret.
2000 13 mai : Jean-​Paul II charge le car­di­nal Sodano de faire une annonce sur la troi­sième par­tie du Secret et charge la Congrégation pour la doc­trine de la foi de rendre public le texte officiel.
15 juin : Report au 26 juin de la confé­rence de presse sur le troi­sième Secret.
19 juin : Pour enle­ver toute cré­di­bi­li­té au « vrai » troi­sième Secret, le car­di­nal Ratzinger n’hé­site pas à trai­ter sœur Lucie d’af­fa­bu­la­trice dans un inter­view au quo­ti­dien « La Repubblica »
26 juin : Présentation à la presse du « Message de Fatima » dont l’au­then­ti­ci­té semble pour le moins très dou­teux. Beaucoup parlent déjà d’un « vrai-​faux » secret !

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