La dévotion au Sacré Cœur de Jésus

Origine

La dévo­tion au Sacré-​Cœur est, dans son essence, aus­si ancienne que l’Eglise. C’est sur le Calvaire même, que Notre Seigneur mani­fes­ta pour la pre­mière fois son divin Cœur, à tra­vers la bles­sure faite à son côté sacré par la lance du soldat.

Notre-​Seigneur Jésus-​Christ, pour pro­pa­ger cette dévo­tion, sous sa forme actuelle, s’est ser­vi d’une humble reli­gieuse de la Visitation, sainte Marguerite Marie (1646–1690). Un jour de l’octave de la Fête-​Dieu (juin 1675), Notre Seigneur décou­vrant son Cœur, lui dit :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épar­gné, jusqu’à s’épuiser et se consu­mer pour leur témoi­gner son amour ; et pour recon­nais­sance, je ne reçois de la plu­part que des ingra­ti­tudes, par leurs irré­vé­rences et leurs sacri­lèges, et par les froi­deurs et les mépris qu’ils ont pour moi, dans ce Sacrement d’amour ».

Et le divin Maître confia à sa ser­vante la mis­sion d’enrichir le monde entier du tré­sor de cette dévotion.

Objet et but

La dévo­tion au Sacré Cœur de Jésus honore ce Cœur ado­rable, vivant dans la poi­trine du Sauveur, elle l’honore comme le tou­chant sym­bole de l’amour d’un Dieu pour nous, dans l’œuvre de notre salut, et spé­cia­le­ment dans le Sacrement de l’Eucharistie.

La vue de ce Cœur sacré, embra­sé d’amour pour les hommes, nous presse d’aimer Jésus-​Christ d’une véri­table affec­tion. Témoins de l’indifférence d’un si grand nombre, nous nous effor­çons, par notre amour et notre zèle, de répa­rer tant d’ingratitude.

Pratiques

Selon le désir du divin Maître, célé­brer avec pié­té la fête du Sacré Cœur.— Consacrer le pre­mier ven­dre­di de chaque mois au Sacré Cœur, spé­cia­le­ment en fai­sant une fer­vente com­mu­nion répa­ra­trice ce jour-​là. — Chaque matin, offrir au Cœur de Jésus les actions de la jour­née. — Par amour pour Notre-​Seigneur, fuir le péché et lut­ter contre nos défauts. — Placer dans notre mai­son une belle image du sacré Cœur de Jésus, pour avoir part aux béné­dic­tions pro­mises à ceux qui lui feraient cet hom­mage et faire la céré­mo­nie de l’intronisation.

Promesses

Promesses faites par Notre Seigneur à sainte Marguerite Marie, en faveur des per­sonnes qui ont une vraie dévo­tion à son divin Cœur. Voici com­ment elles sont résumées :

  1. Je leur don­ne­rai toutes les grâces néces­saires dans leur état.
  2. Je met­trai la paix dans leur famille.
  3. Je les conso­le­rai dans toutes leurs peines.
  4. Je serai leur refuge assu­ré, pen­dant la vie, et sur­tout à la mort.
  5. Je répan­drai d’abondantes béné­dic­tions sur toutes leurs entreprises.
  6. Les pécheurs trou­ve­ront dans mon Cœur la source et l’océan infi­ni de la miséricorde.
  7. Les âmes tièdes devien­dront ferventes.
  8. Les âmes fer­ventes s’élèveront à une grande perfection.
  9. Je béni­rai même les mai­sons où l’image de mon Cœur sera expo­sée et honorée.
  10. Je don­ne­rai aux prêtres le talent de tou­cher les cœurs les plus endurcis.
  11. Les per­sonnes qui pro­pa­ge­ront cette dévo­tion, auront leur nom ins­crit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé.
  12. Dans l’excès de la misé­ri­corde de mon Cœur, son amour tout-​puissant accor­de­ra à tous ceux qui com­mu­nie­ront neuf fois de suite, le pre­mier ven­dre­di du mois, la grâce de la péni­tence finale.

Consécration du genre humain au Sacré-​Cœur du Christ-Roi

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous, qui sommes hum­ble­ment pros­ter­nés devant votre autel. Nous sommes à vous et nous vou­lons être à vous ; et, afin de vous être plus étroi­te­ment unis, voi­ci que, en ce jour, cha­cun de nous se consacre spon­ta­né­ment à votre Sacré-Cœur.

Beaucoup ne vous ont jamais connu, beau­coup ont mépri­sé vos com­man­de­ments et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-​les tous à votre Sacré-Cœur.

Seigneur, soyez le Roi, non seule­ment des fidèles qui ne se sont jamais éloi­gnés de vous, mais aus­si des enfants pro­digues qui vous ont aban­don­né ; faites qu’ils rentrent bien­tôt dans la mai­son pater­nelle, pour qu’ils ne péris­sent pas de misère et de faim. — Soyez le Roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la dis­corde a sépa­rés de vous ; ramenez-​les au port de la véri­té et à l’unité de la foi, afin que bien­tôt il n’y ait plus qu’un seul trou­peau et qu’un seul pas­teur. — Soyez le Roi de tous ceux qui sont encore éga­rés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme, et ne refu­sez pas de les atti­rer tous à la lumière de votre Royaume.

Regardez enfin avec misé­ri­corde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre pré­fé­ré ; que sur eux aus­si des­cende, mais aujourd’hui en bap­tême de vie et de rédemp­tion, le Sang qu’autrefois ils appe­laient sur leur têtes.

Accordez, Seigneur, à votre Eglise, une liber­té sûre et sans entraves ; accor­dez à tous les peuples l’ordre et la paix ; faites que d’un pôle du monde à l’autre, une seule voix reten­tisse : « Loué soit le divin Cœur, qui nous a acquis le salut ; à Lui, gloire et hon­neur dans tous les siècles ». Ainsi soit-il.

Acte de réparation au Sacré-​Cœur de Jésus

Très doux Jésus, vous avez répan­du sur les hommes les bien­faits de votre cha­ri­té, et leur ingra­ti­tude n’y répond que par l’oubli, le mépris. Nous voi­ci donc pros­ter­nés devant votre autel, ani­més du désir de répa­rer par un hom­mage spé­cial, leur cou­pable indif­fé­rence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.

Cependant, nous sou­ve­nant que nous-​mêmes, nous nous sommes dans le pas­sé ren­dus cou­pables d’une si indigne conduite, et péné­trés d’une pro­fonde dou­leur, nous implo­rons d’abord pour nous-​mêmes votre misé­ri­corde. Nous sommes prêts à répa­rer, par une expia­tion volon­taire, les fautes que nous avons com­mises, tout prêts aus­si à expier pour ceux qui, éga­rés hors de la voie du salut, s’obstinent dans leur infi­dé­li­té, refu­sant de Vous suivre, Vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les pro­messes de leur baptême.

Nous vou­drions expier pour tant de fautes lamen­tables, répa­rer pour cha­cune d’elles : désordre de la conduite, indé­cence des modes, scan­dales cor­rup­teurs des âmes inno­centes, pro­fa­na­tions des dimanches et des fêtes, blas­phèmes exé­crables contre Vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, aban­don et vio­la­tions odieu­se­ment sacri­lèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l’autorité de votre Église.

Que pouvons-​nous effa­cer de notre propre sang tant d’offenses ! Du moins, pour répa­rer votre hon­neur outra­gé, nous vous pré­sen­tons cette même satis­fac­tion que Vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont Vous renou­ve­lez l’offrande, chaque jour, sur l’autel ; nous Vous la pré­sen­tons, accom­pa­gnée de toutes les satis­fac­tions de la Très Sainte Vierge Votre Mère, des Saints, des chré­tiens fidèles. Nous Vous pro­met­tons, de tout notre cœur, autant qu’il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de répa­rer nos fautes pas­sées, celles de notre pro­chain, l’indifférence à l’égard d’un si grand amour, par la fer­me­té de notre foi, la pure­té de notre vie, la doci­li­té par­faite aux pré­ceptes de l’Évangile, à celui sur­tout de la cha­ri­té. Nous Vous pro­met­tons aus­si de faire tous nos efforts pour Vous épar­gner de nou­velles offenses et pour entraî­ner à votre suite le plus d’âmes possible.

Agréez, nous Vous en sup­plions, ô très bon Jésus, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie répa­ra­trice, cet hom­mage spon­ta­né d’expiation ; gardez-​nous jusqu’à la mort, inébran­la­ble­ment fidèles à notre devoir et à votre ser­vice, accordez-​nous ce don pré­cieux de la per­sé­vé­rance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-​Esprit, Vos régnez, Dieu, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Intronisation du Sacré-​Cœur dans les familles

Le Cœur de Jésus est Roi des indi­vi­dus, des familles, des socié­tés. Il veut et doit régner par son Cœur !
Il ne règne pas dans beau­coup de cœurs qui L’ignorent ou Le méprisent, dans tant de foyers où règne l’indifférence ou le paga­nisme, dans nos socié­tés moderne qui L’excluent ou Le per­sé­cutent.
Il faut qu’Il règne, car il n’y a pas de paix sans Lui !
Proclamons sa Royauté dans les cel­lules de la socié­té : dans nos familles, par l’installation de son image à la place d’honneur, sym­bole sacré et per­ma­nent d’adoration, de répa­ra­tion, de sou­mis­sion, d’amour filial.
Famille par famille, rega­gnons à son amour le monde entier. Ce sera le gage infaillible et unique de la Paix, de la Joie, du Bonheur !

CÉRÉMONIAL

  1. Bénédiction de l’image par le prêtre.
  2. Récitation du Credo.

Acte de Consécration au Sacré-Cœur.

CONSÉCRATION DE LA FAMILLE
AU SACRÉ-​CŒUR de Saint Pie X

Cœur Sacré de Jésus, Vous qui avez mani­fes­té à sainte Marguerite Marie, le désir de régner sur les familles chré­tiennes, nous venons aujourd’hui, pro­cla­mer votre Royauté la plus abso­lue sur la nôtre. Nous vou­lons vivre désor­mais de votre vie, nous vou­lons faire fleu­rir dans notre sein, les ver­tus aux­quelles Vous avez pro­mis la paix dès ici-​bas, nous vou­lons ban­nir loin de nous l’esprit mon­dain que Vous avez maudit.

Vous régne­rez sur nos intel­li­gences par la sim­pli­ci­té de notre foi. Vous régne­rez sur nos cœurs, par l’amour sans réserve dont ils brû­le­ront pour Vous, et dont nous entre­tien­drons la flamme par la récep­tion fré­quente de la divine Eucharistie.

Daignez, ô divin Cœur, pré­si­der nos réunions, bénir nos entre­prises spi­ri­tuelles et tem­po­relles, écar­ter nos sou­cis, sanc­ti­fier nos joies, sou­la­ger nos peines. Si jamais l’un ou l’autre d’entre nous avait le mal­heur de Vous affli­ger, rappelez-​lui, ô Cœur de Jésus, que Vous êtes bon et misé­ri­cor­dieux pour le pécheur péni­tent. Et quand son­ne­ra l’heure de la sépa­ra­tion, quand la mort vien­dra jeter le deuil au milieu de nous, nous serons tous, et ceux qui partent et ceux qui res­tent, sou­mis à vos décrets éter­nels. Nous nous conso­le­rons par la pen­sée qu’un jour vien­dra où toute la famille, réunie au Ciel, pour­ra chan­ter à jamais vos gloires et vos bienfaits.

Daigne le Cœur Immaculé de Marie, daigne le glo­rieux Patriarche Saint Joseph, Vous pré­sen­ter cette consé­cra­tion, et nous la rap­pe­ler tous les jours de notre vie !

Vive le Cœur de Jésus, notre Roi et notre Père.

Toute la famille répète : Vive le Cœur de Jésus, notre Roi et notre Père.

Personne ne devant man­quer au foyer en un jour si solen­nel, à cette heure bénie, évo­quons le sou­ve­nir et la pré­sence des chers défunts de la famille, et réci­tons pour eux un Pater et un Ave.

Prière
( lue par le prêtre et toute la famille )

« Gloire au Sacré-​Cœur de Jésus pour la misé­ri­corde infi­nie dont Il a usé envers les heu­reux membres de ce foyer, en le choi­sis­sant entre mille autres, comme un héri­tage d’amour et un sanc­tuaire de répa­ra­tion où on le dédom­ma­ge­ra de l’ingratitude des hommes.
Quelle n’est pas, ô Seigneur Jésus ! la confu­sion de cette por­tion de votre trou­peau fidèle en accep­tant l’honneur insigne de Vous voir pré­si­der notre famille ! Comme elle Vous adore en silence et se réjouit de Vous voir par­ta­ger sous le même toit les fatigues, les sou­cis et les joies inno­centes de Vos enfants ! Nous ne sommes pas dignes, il est vrai que Vous entriez sous ce toit ; mais déjà Vous avez pro­non­cé la parole qui nous ras­sure lorsque Vous avez révé­lé la beau­té de Votre Cœur très saint, et nos âmes qui ont soif de Vous, ont trou­vé dans la bles­sure de Votre côté, ô bon Jésus, les eaux vives qui jaillissent jusqu’à la vie éter­nelle.
Ainsi donc, contrits et confiants, nous venons nous don­ner à Vous qui êtes la Vie immuable. Restez au milieu de nous, ô Cœur trois fois saint, car nous sen­tons l’irrésistible besoin de Vous aimer et de Vous faire aimer, Vous qui êtes le buis­son ardent qui doit embra­ser le monde pour le puri­fier. Oh ! oui, que cette mai­son soit pour Vous un asile aus­si doux que celui de Béthanie, où Vous puis­siez trou­ver le repos près des âmes aimantes qui ont choi­si la meilleure part dans l’heureuse inti­mi­té de Votre Cœur ! Qu’elle soit, ô Sauveur aimé, l’humble mais hos­pi­ta­lier refuge de l’Egypte pen­dant l’exil Vous infligent vos enne­mis !
Venez, Seigneur Jésus, venez, car ici, comme à Nazareth, on aime d’un tendre amour la Vierge Marie, cette douce Mère que Vous-​même nous avez don­née. Venez rem­plir par Votre douce pré­sence les vides que le mal­heur et la mort ont lais­sés par­mi nous. O ami très fidèle, si Vous aviez été ici aux heures de la dou­leur et du deuil, nos larmes auraient été moins amères, nous aurions sen­ti le baume salu­taire sur ces secrètes bles­sures que Vous seul connais­sez : venez, car voi­ci que s’approche peut-​être pour nous le soir angois­sant de nos cha­grins, et que décline le jour fugi­tif de notre jeu­nesse et de nos illu­sions. Restez avec nous, car déjà il se fait tard et le monde per­vers veut nous enve­lop­per de sombres de ses néga­tions, alors que nous ne vou­lons nous atta­cher qu’à Vous, parce que seul Vous êtes la Voie, la Vérité et la Vie. Laissez entendre ô Jésus, ces mots des temps pas­sés : « Il faut qu’aujourd’hui vous me don­niez l’hospitalité dans cette mai­son » (St Luc. XIX, 5).
Oui, Seigneur, éta­blis­sez ici votre séjour, pour que nous vivions de votre amour et dans votre com­pa­gnie, nous qui vous pro­cla­mons notre Roi car nous n’en vou­lons pas d’autre que Vous.
Aimé, béni et glo­ri­fié, soit à jamais dans ce foyer le Cœur triom­phant de Jésus ! Que son règne arrive ! Ainsi soit-il. »

On récite le Salve Regina, comme hom­mage d’amour au Cœur Immaculé de Marie.

Puis :
Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous ! (3 fois)
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
Saint Joseph, priez pour nous !
Sainte Marguerite Marie, priez pour nous !

Le prêtre bénit ensuite l’assistance : Benedictio Dei omnipotenti…

Petite consé­cra­tion
( à réci­ter chaque jour en commun )

« Cœur Sacré de Jésus, nous nous consa­crons à Vous et Vous recon­nais­sons comme Roi et Chef de notre foyer ; bénis­sez notre famille, notre mai­son, nos entre­prises ; donnez-​nous d’accomplir de notre mieux tous nos devoirs ; met­tez entre nous la paix et la confiance ; consolez-​nous dans nos peines et faites que nous Vous aimions tou­jours de plus en plus !

Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !
Cœur Sacré de Jésus, nous avons confiance en Vous !
Cœur Sacré de Jésus, nous croyons à Votre amour pour nous !
Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous, sauvez-nous ! »