Saint Pie X, pape de 1903 à 1914, un vrai saint de la papauté, un modèle et un guide

Plus que jamais aujourd’hui, l’Eglise trouve en saint Pie X, pape de 1903 à 1914, un vrai saint de la papau­té, un modèle et un guide.

Dans le bref de béa­ti­fi­ca­tion (3 juin 1951), Pie XII énu­mère les prin­ci­paux traits dignes de rete­nir l’attention et l’admiration des foules :

Le sou­ci de la sain­te­té du cler­gé, clef pour réno­ver toutes choses dans le Christ, selon sa sublime devise [1]. Pie X veut un cler­gé qui se dis­tingue par sa pié­té, son obéis­sance et sa science.

La réno­va­tion des études ecclé­sias­tiques. Pie X exhorte les phi­lo­sophes chré­tiens à défendre la véri­té sous la ban­nière de saint Thomas d’Aquin. Il fonde à Rome l’Institut Biblique Pontifical, encou­rage les sciences théo­lo­giques, une exé­gèse ins­pi­rée et une pré­di­ca­tion soi­gnée de la part du clergé.

La pré­oc­cu­pa­tion du salut éter­nel des âmes. Si Pie X vou­lut un cler­gé saint, c’était en vue de l’instruction des fidèles à qui il don­na un caté­chisme, des­ti­né aux adultes comme aux enfants. Envers ces der­niers, il res­te­ra à tout jamais le pape de l’Eucharistie, favo­ri­sant la com­mu­nion pré­coce, mais aus­si – et pour tous – la com­mu­nion fré­quente et même quo­ti­dienne si possible.

La défense de la foi intègre et pure. Les fausses doc­trines qui renou­ve­laient l’ensemble des erreurs furent démas­quées sous le nom de moder­nisme, et sage­ment répri­mées (ency­clique Pascendi, 8 sep­tembre 1907). En ces cir­cons­tances, comme dans son com­bat contre les lois anti­clé­ri­cales et la sépa­ra­tion laïque des Etats, saint Pie X fut, aux dires du Pasteur angé­lique, un « maître infaillible de la foi », le « ven­geur intré­pide de la reli­gion » et le « gar­dien de la liber­té de l’Eglise ».

L’amour de la litur­gie. Initiateur d’un authen­tique mou­ve­ment litur­gique, Pie X rénove la musique sacrée, mais aus­si le Bréviaire, le calen­drier des fêtes de manière à orien­ter « réso­lu­ment l’Eglise vers une vie litur­gique toute impré­gnée de pié­té tra­di­tion­nelle, de grâce sacra­men­telle et de beau­té ins­pi­rée » [2].

Tels sont les prin­ci­paux traits de la sain­te­té de Pie X, sain­te­té d’un gou­ver­ne­ment tout péné­tré des gran­deurs et des richesses sur­na­tu­relles qui sont le tré­sor de l’Eglise. Pie XII évoque éga­le­ment l’œuvre réfor­ma­trice accom­plie dans la Curie romaine, dans les écoles et les paroisses, le for­mi­dable tra­vail de ras­sem­ble­ment en un seul corps, adap­té aux condi­tions de la socié­té, des lois de l’Eglise jusqu’alors dis­per­sées (Code de droit cano­nique, pro­mul­gué en 1917). Sans oublier l’attention don­née aux mis­sions évan­gé­li­sa­trices et même les appels à l’union en direc­tion des « Orientaux séparés ».

Cette sain­te­té pon­ti­fi­cale, Pie XII la cano­ni­sait dans un but bien pré­cis : afin de « dis­po­ser les esprits à affron­ter nos propres luttes et pour assu­rer nos vic­toires et celles des géné­ra­tions à venir » [3]. Proclamé « saint et guide des hommes d’aujourd’hui », « apôtre de la vie inté­rieure », saint Pie X est don­né comme un « exemple pro­vi­den­tiel pour le monde moderne dans lequel la socié­té ter­restre, deve­nue tou­jours plus une sorte d’énigme à elle-​même, cherche avec anxié­té une solu­tion pour se redon­ner une âme ! Qu’il regarde donc comme un modèle l’Eglise réunie autour de ses autels » [4]. Car ce pape « sus­ci­tait par­tout un immense mou­ve­ment de retour aux splen­deurs de la litur­gie et de la musique sacrées, et ban­nis­sait la lai­deur hors du temple saint de Dieu » [5].

Plus que jamais aujourd’hui, l’Eglise trouve en saint Pie X, vrai saint de la papauté, un modèle et un guide.

Pour le cler­gé : afin qu’il retrouve le sens de sa digni­té émi­nente et de sa voca­tion à être avant tout des hommes de Dieu, voués à son culte et à sa louange. Les rites sacro-​saints de la litur­gie forment d’abord un culte public offert à la divine Majesté, l’acte même du sacri­fice de la Messe, que l’unique Sauveur des hommes per­pé­tue par le minis­tère de ses ministres. Il ne s’agit pas de l’animation d’une Cène plus ou moins pro­tes­tan­ti­sée, sans gran­deur ni sacer­doce clai­re­ment défi­ni. Il s’agit de redon­ner à chaque prêtre son iden­ti­té propre : celle d’être un autre Christ, média­teur entre Dieu et les hommes, char­gé de par­don­ner les péchés, de dis­tri­buer les biens divins aux âmes et de les conduire au Ciel.

Pour les fidèles et l’ensemble du peuple chré­tien : afin qu’ils com­prennent l’ardente néces­si­té de sau­ver leurs âmes, de sanc­ti­fier leur foyer, leur tra­vail et leur cité. Sagement ins­truits de leur sainte reli­gion, qu’ils sachent se gar­der de la cor­rup­tion du monde, spé­cia­le­ment de la cor­rup­tion morale et intel­lec­tuelle. Saint Pie X vou­lut que le peuple priât sur de la beau­té, et « recon­nût dans l’Eucharistie le pou­voir d’alimenter sub­stan­tiel­le­ment sa vie intime » [6]. Il orga­ni­sa sur des bases saines l’Action catho­lique et pro­mut les acti­vi­tés sociales et pro­fes­sion­nelles des catho­liques dans un cadre confessionnel.

Pour les peuples et l’ensemble des hommes de bonne volon­té : afin qu’ils trouvent dans l’Eglise l’accès à Jésus-​Christ. Ce fut son pre­mier sou­ci, explique encore Pie XII, car Dieu « est l’origine et le fon­de­ment de tout ordre, de toute jus­tice, de tout droit dans le monde. Là où est Dieu règnent l’ordre, la jus­tice et le droit ». D’où le grand chan­tier du pon­ti­fi­cat de saint Pie X pour orga­ni­ser le droit de l’Eglise. D’où encore le pri­mat de la foi et de la saine doc­trine qui fut « un ser­vice d’une extrême cha­ri­té, ren­du par un saint, en tant que chef de l’Eglise, à toute l’humanité » [7].

Pour les enne­mis de l’Eglise enfin : afin qu’ils connaissent l’intrépidité et la force que Dieu seul peut don­ner à son Vicaire sur la terre et, par lui, à ses enfants répan­dus par tout l’univers. Emblématique fut le cou­rage avec lequel Pie X reje­ta les lois de sépa­ra­tion de l’Eglise et de l’Etat ; il « don­na à la France, cruel­le­ment per­sé­cu­tée, de nou­veaux évêques, et résis­ta aux assauts des méchants » [8].

Sources : FSSPX.news

Notes de bas de page

  1. « Omnia ins­tau­rare in Christo » ; phrase de saint Paul (Eph 1, 10) reprise comme devise du pon­ti­fi­cat dans la pre­mière ency­clique de saint Pie X, E supre­mi apos­to­la­tus, 4 octobre 1903.[]
  2. O. Rousseau, Histoire du mou­ve­ment litur­gique, Paris, Cerf, 1945, p. 201.[]
  3. Allocution du 3 juin 1951 (béa­ti­fi­ca­tion) in Documentation catho­lique n° 1097, col. 713–720.[]
  4. Allocution du 29 mai 1954 (cano­ni­sa­tion) Documentation catho­lique n° 1175, col. 711–716.[]
  5. Abbé Victor-​Alain Berto, « Sainteté de Pie X », in Pour la Sainte Eglise romaine, op. cit., p. 98.[]
  6. Allocution du 29 mai 1954.[]
  7. Ibidem.[]
  8. Ibidem.[]